"Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Suicides à France Telecom, Renault, etc, en débat sur notre plateau

@rrêt sur images, émission Par la rédaction discuté depuis 19:29 le 22/05/2009

Les conditions de travail sont-elles si dures dans les entreprises qu'elles poussent les employés au suicide ? Cette question fait régulièrement son apparition dans des articles ou des reportages. Pourtant, en l'absence de statistiques irréfutables, la machine médiatique semble hésiter à s'emparer de ce type d'affaire, comme si elle doutait. Comment savoir si les médias en font trop, ou trop peu?
Pour tenter de répondre à ces questions, nos invités sont : Patrick Ackermann, délégué Sud et responsable de de l'Observatoire du stress de France Télécom, Danièle Linhart, sociologue du travail, directrice de recherche au CNRS et auteure de Pourquoi travaillons-nous ? (Erès, 2008) et Virginie Roëls, journaliste et auteure d'un reportage sur les plateformes téléphoniques. Ils sont accompagnés de notre journaliste Dan Israel.
L'émission est animée par Daniel Schneidermann, et déco-réalisée par François Rose.

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Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par Vian's

Demande de contenu d'utilité publique

Si ce message arrive sous les yeux de la rédaction :

Je vous envoie une demande pour que cette émission soit dans les "contenus d'utilité publique" !

Parce qu'elle est COMPLETEMENT d'utilité publique !

Elle ne peut pas rester seulement dans le périmètre des @sinautes ; elle doit circuler le plus possible !

D'avance merci !...
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Par Annie Sétoualé

Regarder son avenir

Lorsque j'ai entendu la description des situations de travail de FT ou du Pole emploi, moi j'ai vu mon avenir dans la fonction publique.
Le fonctionnaire, ce privilégié insupportable tant décrit par certains dans les forums, va devenir grâce à la révision générale des politiques publiques un salarié jetable comme un autre. J'en vois déjà se réjouir, tant le nivellement par le bas à le vent en poupe à notre époque.
Entretien d'évaluation, objectifs à se donner soit même (vicelard) sans aucune idée sur les moyens, poste supprimable et pareil, il faudra se trouver un emploi. Je ne sais plus combien de temps on nous donne, mais à l'issu de la période, sans résultat, t'es viré.
Ici, à La Réunion,, la situation est rendue encore plus critique puisqu'on est à 10000 km de la Métropole, et qu'une perte d'emploi ça voudra dire la plupart du temps un déménagement coûteux, l'explosion des liens de famille pour aller là où il reste encore du boulot . De Saint-Denis de La Réunion à Paris, c'est pas la même chose que de Saint-Denis dans le 93 à Marseille.
Et c'est donc ce stress permanent qu'on veut nous imposer, ce stress, qui est la base du management moderne, l'insécurité permanente, qui comme la dit la journaliste conduit plein de gens chez le toubib et contribue à la mauvaise santé de la sécurité sociale. C'est cette idéologie pour laquelle ont voté 55% des Français. Cette idéologie dont je ne veux pas. Je ne vois pas en quoi on n'est plus efficace dans le stress permanent. C'est absolument n'importe quoi et contraire à tout ce qui est observé.
Mais qu'importe, la persistance dans l'erreur de tous ces grands mamamouchis du management, elle, n'est jamais sanctionnée. Jamais. Tous ces grands pontes de l'évaluation, qui créent des situations de travail qui génèrent mille fois plus de freins, qui ne connaissent pas le mot "équipe"ou "synergie" ou qui les prennent pour des gros mots, ces gens là, ceux qui décident que votre vie sera un enfer car il sont persuadés que seul l'enfer vous rendra efficace, ces gens là, se pensent au dessus de tout.
J'exècre cet état d'esprit où le seul objectif est d'arriver devant l'autre. C'est un objectif petit, une vue à court terme, la seule que savent avoir nos gouvernants actuellement. Au lieu d'arriver à du mieux, on arrive à la sclérose totale, puisqu'on agit plus qu'en fonction de la performance des autres, et non pas vers un objectif collectif. L'explosion de la sécurité au travail c'est tout simplement aussi l'explosion de l'entreprise. On ne se bat pas pour une entité qui vous maltraite. Faut pas se plaindre de la disparition de l'esprit d'entreprise, lorsque l'entreprise se fiche de vous.
Bref, je suis très inquiète sur mes prochaines années professionnelles.
Mais par contre une chose que je sais, c'est que je ne laisserai pas mon employeur détruire ce que j'ai construit ici. Si je perds mon emploi, je n'irai pas m'exiler à pétaouchnoque. Je cesserai d'être fonctionnaire et je ferai autre chose. Je trouverai, je me battrai pour ça, mais ce n'est pas eux, jamais, qui décideront à ma place d'où je vais vivre.
La mobilité choisie, oui. La mobilité subie, non.
Avec les tordus qu'on a au pouvoir, je me dis qu'un jour, je me trouverai dans une situation catastrophique. Dans la fonction publique, il faut décourager les gens avant qu'ils aient atteint le bon nombre d'annuité. Mon avenir, je préfère ne pas y penser, à cause de ça. A cause de ce nuage sombre qui se profile pas si loin somme toute.
Alors cette émission, même si je la trouve salutaire, elle me fiche le cafard, car nul ne devrait se voir révéler son avenir, surtout lorsqu'il est si peu engageant. Et c'est pourtant la sensation que j'ai eu aujourd'hui. Voir mon avenir, mon futur enfer ......
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Par Jovan

Temoignage d'un pigeon voyageur

1 - Preambule
Je travaille pour un editeur de logiciel francais.
Je suis un consultant, et j'ai eu l'occasion de voyager enormement pour mon entreprise. Je vis actuellement a New York.
Je ne tiens absolument pas a critiquer mon entreprise, mais a temoigner de mon experience sur les conditions de travail dans differents pays afin d'apporter un eclairage international et culturel. Je ne parle qu'en mon nom.

2 - Paris, France
Je viens de l'industrie. Un bureau. Les open space, j'ai deja pris l'habitude. Mes premiers jours sont etranges, j'arrive dans un open space a l'ambiance feutre. Je m'assoie a un bureau libre, duquel on me degage gentilment... puis un deuxieme.... J'ai l'impressions d'etre au milieu d'une meute de loups dominant qui se battent pour leur territoire. Cette situation est acceptable, je suis consultant, je ne passerai pas mon temps dans ce bureau. Je changerai tout le temps en fonction des clients chez qui j'interviendrais. Je suis paye pour ca, je l'accepte. Je trouve un coin.
Au bout de quelques semaines, je suis assigne a un bureau chez un client. 3 personnes, un bureau ferme. Le pied. J'oublie ces premiers jours rapidement et me concentre sur mon travail. Je changerai de bureau 3 fois en deux ans a chaque fois suite a de nouvelles affectations. Rien d'anormal, a chaque fois des bureaux fermes. De temps en temps je repasse sur le lieu de l'entreprise, je trouve un bureau libre. Il y a un telephone, je n'ai besoin de rien d'autre pour travailler. Mes papier sont a mon bureau, je ne m'inquiete pas. A mon dernier bureau j'avais vu sur la Seine.

3 - Montreal, Canada
Les entretiens annuel d'evaluation de performance, je connais. Et comme il est explique dans le sujet, je negocie mon avenir dans la societe. Et mon avenir a moi n'est pas en France. Je veux partir voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Ca sera Montreal, je suis donc mute.

Montreal en hiver c'est terne. Peu de lumiere.

Premier jour. Le batiment est en longueur. Quelques bureaux sont sur le cote. Au mileiu d'une grande salle, un open space. Et ca grouille. En amerique du nord, j'etais prevenu, on travaille dans des "cubicle" qui permettent d'etre en open space mais d'avoir une certaine "privacy". La rien de tout ca. Des bureaux en L de 1m par 1m (pardons 3 pieds carres) separes par des pannaux fins et bas. Des papiers partout de la personne qui a occupe le bureau precedement. un telephone, une chaise. Un bruit incessant des gens au telephone qui crient, parlent fort. Il n'y a pas de lumiere naturelle. En France c'est interdit par les coventions collectives. Sans cesse plonges dans une luminosite agressive, entoures de bruit... Est-ce que j'ai fais le bon choix?
Lorsque beaucoup de consultants reviennent de chez le client, il n'y a pas assez de place. Il faut donc se lever tot. Ou reserver son bureau comme chez IBM... La solution la plus efficace est de mettre tellement le Bronx sur sa table que personne ne veuilles s'y assoir. C'est pour dire.

On me presente ma manager. Elle a la fonction de "gestionaire de ressource". En gros c'est elle qui fait en sorte que je suis facture chez le client. Pas une personne qui connaisse mon metier. Une secretaire promue parcequ'elle savait faire du reporting. C'est cette personne la qui me fixe des objectifs, qu'elle ne comprends pas elle meme. Que je ne peux pas negocier. En France, c'etait tout le contraire. On parlait, mon manager d'alors fixait ce qu'il pensait etre de bons objectifs, je negociais des ressources en echanges, j'en mettais d'autres... enfin bref, j'avais l'impression d'avoir la main sur ma carriere. La non. Est-ce que je suis toujours dans la meme entreprise? Pourtant oui.
Ne pouvant parler avec ma manager direct qui ne comprends pas les challenges auquels je suis confrontes dans mon travail, je parle avec mon N+2. Qui est base a Charlotte en Caroline du Nord. Qui voyage souvent. Qui est nouveau dans ses fonctions. Bref ce n'est pas l'ideal. J'ai travaille pendant 6 mois dans ces conditions. Il y a de bons cotes, en particulier un esprit d'entraide, une emulation certaine, mais le bruit empeche de se concentrer.

3 - New York, USA
Voulant reprendre la main sur mon avenir, je m'ouvre a certaines personnes dans l'entreprise et fini par changer de poste. Et je choisi de demenager a New York pour travailler de chez moi. Les relations manageriales se passent mieux. Travailler de chez soi n'est pas facile, mais c'est la regle aux US. Moins de couts fixes. En tant que consultants, nous sommes obliger de voyager souvent, donc un bureau vide ca coute de l'argent. Chex nous un bureau ne coute rien a l'entreprise. C'est meme tou benef, vu qu'on a des reductions d'impots. Mais fini l'emulation. Et vive les conferences telephoniques.
Mais l'economie change. Vite. Notre entreprise se porte pas trop mal ,mais est affecte en debut d'annee par une chute des commandes. Notre PDG annonce qu'il fera tout pour ne virer personne. Tout le monde est rassure, mais ca continue et on ressoit des emails qui sonnent pas bon. Il va falloir degraisser, tout le monde le sens. Un matin, tout le monde est covoque dans une conference telephonique. Il y a eu une re-organisation decidee le matin a 8h. On a revu les performances de tout le monde, les capacites a s'adapter a de nouveaux challenge et on a demande a certaines personnes de partir.
Les bruits courrent vite. Voila comment ca se passe aux US. Tu travaille de chez toi, tu te connecte et la tu n'as plus access a tes mails. Tu appelle le service informatique qui t'explique qu'il y a un petit probleme mais que ca sera resolu dans la journee. a 10h, tu recois un coup de telephone de ton manager et de ta "conseillere RH" qui te notifie ton licenciement. On t'envoie une boite dans laquelle tu mets ton PC portable ainsi que toutes les affaires qui appartienne a l'entreprise. A renvoyer rapidement. Et c'est fini. 10 min. a 13h on convoque tout le monde et on annonce la nouvelle.
Ce ne sont pas des licenciements economiques, mais des licenciement pour manque de performance. Tu as droit a rien.
Je suis passe a tarvers des mailles du filet, mais j'avoue que meme en connaissance de cause (je sais ou j'habite quand meme!) ca fiche un coup au moral.
Secouer le cocotier. C'est exactement la bonne expression. On nous dis que c'est normal, que pour maintenir la reactivite des employe IBM licencie 3 a 4% de ses effectifs dans le service par an (non verifie). C'est donc un evenement normal dans la vie d'une societe. Je note qu'aucun manager n'est licencie.

4 - Seoul, Coree du Sud
Petit flash back. Envoye a Seoul pour un projet j'ai eu l'occasion de voir un peu les differences... la bas, encore moins de place que moi a Montreal. Les gens s'entassent dans des salles de reunions, quand ils ne sont pas dans des lignes. Les lignes c'est des bureaux ou tout le monde travaille les uns a cote des autres sans auncun espace prive. Mais on a une place assigne. Au bout de la ligne il y a un Line manager qui surveille tous les faits et gestes des emplyes. Combien de temps il s'absente etc. Peut-eter etait-ce particulier de l'endroit ou j'etais, mais ce fu experience assez bizarre (ca et les toilette qui te projettent de l'eau :)).

5 - Et pendant ce temps la a Paris
Afin de conserver une image sociale que mon entreprise possede a juste titre, pas de licenciement. On se sert des legisaltion locale plus souples pour degazer a l'etranger.

6 - Conclusion
Je vis tous les jours l'americanisation des conditions de travail francaises. Tout ce qui fait peur dans le sujet, ben ca existe deja ici. Et comment c'est gere? C'est externalise. La plupart des entreprises americaines souscrivent a des service d'aide psychologique anonymises que ses salaries peuvent appeler a n'importe quel moment. Pendant qu'on nous anoncait la reorganisation, on nous a d'ailleurs plusieur fois conseille de faire appel a eux.
Un article dans Rue89 faisait d'ailleurs reference a la monte de ces entreprises en France.
Je ne suis pas malheureux dans mon boulot. Je ne crois pas que mon entreprise en particulier raisone de facon asociale, je n'ai que peu a lui reprocher, et je le garde pour moi. Mais ce temoignage est pour montrer que l'organisation asservi l'humain de plus en plus et surtout en temps de crise. Les differences culturelles entre pays tendent a s'effacer pour laiser place a une machine implacable pour faire du rendement. Ce que nous avons vecu dans les annees 80 avec les ouvriers, se passe maintenant a tous les echelons de l'organization (l'oppresseur n'est plus le patron, c'est le marche...).
A cote de ca, notre societe est de plus en plus resiliente. On accepte plus maintenant qu'il y a 50 ans. Moi pas moins ni plus que les autres.
J'accepte cette insecurite parceque j'en ai fais mon mode de vie et que la plus importante des choses pour moi ne se situe pas dans mon travail mais dans les gens que je rencontre. Quand des gens sont presses par l'orgnisation, oppresse par son poids, et qui ne trouvent pas d'alternatives a la demotivation dans leur travail, alors je ne peux que comprendre qu'ils envisagent de passer a l'acte....
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Tous les commentaires (213)
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

houla vous invitez un syndiqué de Sud, vous lisez des extraits d'un communiqué CGT, y en a qui vont pas aimer....même si le sujet à un rapport avec la vie des salariés dans l'entreprise...mais au fait pourquoi traitez vous de ce genre de sujet? Avez-vous au moins demandé l'autorisation aux asinautes avant de donner la parole à des gauchistes?

en tout cas merci pour le décryptage au sujet de Besancennot mais prenez garde, Alex va vous traiter de benêts d'extrême gauche et va s'insurger de votre théorie du complot,tant il est évident que les coupes faites par canal + sont totalement involontaires, qui oserait sérieusement penser que ces coupes sont destinées à nous faire prendre les vessies pour des lanternes?

bon voilà ça c'est fait maintenant on va peut être discuter du fond..enfin il faut l'espérer.
Par Thanatos

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Il n'a pas totalement tord en même temps. Le forum (et les journalistes) sont effectivement assez à gauche. Clairement.

On me retorquera que les guignols de l'info aussi, le canard enchaîne également... il n'empêche pas que ce sont d'excellents médias. C'est vrai.

Je trouve cependant également dommage qu'il n'y ait pas plus d'intervenants de droite, tant dans les émissions que sur le forum. L'avantage de confronter ces idées avec d'autres tendances politiques et qu'elle permet, non pas tant de changer ses idéaux, que de les perfectionner.
Et il y a des personnes censés et intéressantes à droite comme à gauche.

Sur ce, je m'en vais regarde l'émission, ni la CGT ni l'extrême-gauche ne m'effrayant.
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 1/5max du 22/05/09.

Citation:
il y a des personnes censés et intéressantes à droite

Bon, ben, on va les attendre. Moi, je ne les ai jamais entendu et encore moins rencontré, donc, je vous laisse le premier tour de garde.
J' vous relèverai lorsque vous tiendrez votre premier spécimen. Bon courage.

;) yG
Par Florence Arié

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Le député dans l'émission Ligne jaune sur la loi Hadopi?
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 2/5max du 22/05/09.

J'ai bien fais de ne pas la regarder alors :)

yG
Par JREM

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Donc si vous ne les voyez pas parce que vous refusez de les voir...ils n'existent pas?
politiquement avancé?
Par Tom-

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Le toubib qui fait je sais pas quoi sur la grippe pour le gouvernement et celui qui consulte pour TF1 le coup d'avant. Si non y a eu Finkielkraut : les deux précédentes émissions tendaient le crachoir à des gens de droite.

Félicitation, et merci d'avoir invité un travailleur, un syndicaliste. Il me semble qu'en une quinzaine d'années d'émission, c'est la deuxième fois. Le précédent s'appelait Judith Bernard et vous n'avez pas à le regretter à ce jour. Oui, c'est injuste, comme reproche, mais c'est comme ça : la télé ne traite pas du monde du travail, suicides ou pas, et donc @si non plus, d'habitude.


Surtout n'hésitez pas à recommencer. Essayez avec les ouvriers, à l'occasion. Vous savez, les ouvrier : ces personnes dont on disaient que ça n'existe plus et qui ont fait irruption par effraction dans les médias ces derniers mois. Quand la poussière du cirque médiatique sera retombée, ce serait bien de faire venir un ouvrier de ces entreprises emblématiques de la crises, Caterpillar ou Continental, pour leur demander leur point de vue sur la médiatisation de lur bagarre, ce que ça leur a apporté, comment ils s'y sont pris. Qu'ils nous expliquent comment ils ont fait pour que les médias s'intéressent à eux. J'ai besoin de connaitre la recette. Ou alors vous pourriez demander à un syndicaliste de PME, l'un des sous-traitants de PSA à Charleville dont parlait envoyé spécial, par exemple, comment il n'arrive pas à fracturer le mur du silence médiatique.
Par Thanatos

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
Bon, ben, on va les attendre. Moi, je ne les ai jamais entendu et encore moins rencontré, donc, je vous laisse le premier tour de garde.
J' vous relèverai lorsque vous tiendrez votre premier spécimen. Bon courage.

C'est ça oui. Et sitôt que je vous aurai passé la relève, vous n'en trouverez aucun et votre filet à papillon restera éternellement vide. Même le chasseur que je suis, pourtant moins exigeant envers le gauchisme de ses proies, n'en a pas repéré beaucoup !

Bref, à droite, moi j'aime bien Zemmour et j'assume. J'aime aussi Eolas sinon... il me semble qu'il est de droite *. Quoi qu'il en soit, dans un cas comme dans l'autre, c'est des gens qui ont des idéaux, de la franchise et une certaine noblesse d'esprit. Zemmour est intéressant pour ses analyses et sa façon de voir les choses tandis qu'Eolas est une référence pour la justice.

*C'est de l'empirisme, je précise.
Par Nohcilop

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Relative bonne émission : un peu déçu par la journaliste invitée qui me paraît fonctionner beaucoup à l'émotion, sans chiffres solides, utilisant des termes dont elle ne connaît pas la signification comme "borderline"..., avançant des théories douteuses sur de simples observations...J'aurai aimé que DS la cuisine un peu plus pour qu'on remette un peu en cause ses paroles...
Par Jean-Marc FIORESE

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Pas d'accord à propos de la journaliste Virginie Roëls. Elle n'était pas dans l'émotion elle expliquait des phénomènes relationnels dans lesquels, entre autres, la culpabilisation en jouant sur l'affectif est un des moyens de pression utilisé par la hiérarchie. Dans cette émission d'asi (je n'ai pas vu le reportage qu'elle a co-réalisé) elle donnait les bonnes clés pour aborder le sujet sous le bon angle, pour essayer de le comprendre et pour qu'on se pose à nous même certaines question par rapport à notre propre expérience. Elle l'a fait sans imposer un point de vue. C'est une très bonne journaliste à mon sens.
Pour en revenir à cette culpabilisation : jouer sur l'affectif, c'est l'outil le plus répandu et le plus efficace pour faire plier quelqu'un mais chacun a du mal à l'admettre car, et c'est là ou c'est vicieux, être l'objet d'une telle intimidation et y céder est considéré comme une faiblesse, c'est dévalorisant alors on ne l'admet pas pour soi-même. Dans la pensée collective, admettre avoir été victime d'un jeu affectif c'est se dénigrer, c'est se sentir incapable de rester debout. Les manipulateurs savent très bien jouer avec ça et piéger leur monde dans cette spirale. On vous culpabilise à tort sur un objectif qui n'a pas été atteint, sur une erreur de stratégie, ou que sais-je encore, ce qu'on vous reproche n'est pas assez explicite pour être contesté, le temps passe et vous finissez par culpabiliser de ne pas avoir résisté ni contesté cette remise en cause alors que vous n'aviez aucun moyen de le faire. La culpabilisation de la hiérarchie demeure et vous y avez ajouté celle que vous vous infligez vous-même.
Je vois un autre aspect très vicieux de la culpabilisation jouant avec l'affect qui peut aggraver le sentiment d'écrasement : à la victime on associe généralement et à tort le statut de faible, statut que chacun se refuse. On refuse finalement d'aborder son problème en position de victime par crainte d'être jugé trop faible. La conséquence de cela est que si il n'y a pas de victime il n'y a pas de bourreau, si il n'y a pas de bourreau il n'y donc pas de volonté ni d'intention d'écrasement propre à celui qui commande et si cette intention n'existe pas chez celui qui a le pouvoir c'est donc que ce qui est subi est naturel et normal. D'ailleurs ça été dit à plusieurs fois sur le plateau d'asi : les personnes victimes de conditions de travail insupportables et imposées par leur hiérarchie pensent que le problème vient de ce qu'elles sont puisque, pensent-elles, pour les autres collègues tout va bien.
Ce problème de suicides dus au travail est-il propre aux grosses structures ? Qu'en est-il des petites structures ? j'ai la naïveté de croire qu'elles doivent être épargnées. Je travaille dans une petite structure (12 salariés et deux patrons) j'y suis depuis de nombreuses années, je sais que je pourrai gagner plus ailleurs mais j'aurai le sentiment de perdre une maison qui a beaucoup de défauts mais qui reste humaine et que je ne retrouverais plus.
Par BibiTaupe

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Je suis dans le même cas que Jean-Marc = en fin de carrière, je suis juste à 1100 € mensuel, sans 13e mois, sans prime mais avec une équipe (quatre personnes) dont l'humanité vaut toutes les noisettes du monde ! D'accord aussi avec Gamma, grâce à ma future retraite, je ferai sûrement partie des heureux bénéficiaires du dernier machin inventé par Hirsch !
Cette façon de travailler (de tripalium = instrument de torture...) existe depuis longtemps, importée par les amerlocains (merci Mr Korkos) et j'ai eu à le vivre dans un groupe d'édition qui a eu l'heureuse idée de me licencier un jour.... Le deal des directeurs du groupe à l'époque = tous les 6 mois, un Directeur devait se séparer d'un de ses cadres. Un jour ce fut mon tour. Et hop ! Dehors !
J'ai cependant un espoir pour les jeunes (les 20 / 35 ans) qui n'ont pas la même approche du "tripalium" que ma génération. Le travail, il l'adapte à une nouvelle façon de vivre, certes, qui terrorisent les parents et grand-parents mais qui leur permet d'échapper à ce destin de souris de laboratoire, coincées dans un labyrinthe où ils ne peuvent avancer que dans le circuit imposé par le grand capitalisme.
Je pense à 2 petits jeunes, bardés de diplômes, 5 langues à eux 2, qui s'éclatent en vendant leurs produits bio sur des marchés. Ou à celui, brillant titulaire d'une maîtrise de bio-neurologie, spécialiste du cerveau et qui s'éclatent avec son saxo dans les bars de l'Europe et de l'Afrique.... Revers de la médaille, ils ne consomment pas, because des revenus de misère, mais aussi parce qu'ils ont déjà tourné le dos à cette société de simili-esclavage. Cercle vicieux car ne participant qu'avec parcimonie au marché, ce n'est pas grâce à eux que la sacro-sainte consommation va repartir.
En tout cas, une excellente émission, des intervenants très impliqués, clairs dans leurs interventions, un sujet traité un peu plus en profondeur que les "pleurnicheries" télévisuelles.
Par Jean-Marc FIORESE

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Ah Brigitte, vous êtes en fin de carrière. Bientôt la retraite bien méritée. Et bien je ne suis pas tout à fait dans la même situation car j'ai encore pas mal d'années à travailler surtout que la retraite passera à 65 ans entre temps en n'étant pas sûr que la Caisse de retraite existe toujours...
Pour ajouter une chose, je suis arrivé au smic dans cette petite boite, sans diplôme et sans expérience. Pour évoluer je n'avais pas beaucoup de choix mais j'ai vu que c'était possible. J'ai saisi cette possibilité au prix de quelques années de contrainte en reprenant des cours par correspondance liés à la profession en étant soutenu par mes employeurs mais aussi en m'affirmant par le refus des pressions que j'estimais inacceptables. Cela nécessitait des rapports conflictuels avec mes patrons mais toujours humains avec au final toujours quelque chose de positif. Aujourd'hui mon salaire est légèrement au dessus de la moyenne nationale avec les avantages humains évoqués précédemment en plus. Je ne pense pas que ces rapports soient possibles dans les grosses structures.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 20:18 le 23/05/2009 par Jean-Marc FIORESE.
Par Gamma gt

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

J'ai solutionné ce problème,
( j'avais pas envie de me flinguer)
j'ai arrété de bosser en 89,
et je me suis éclaté pendant 20 ans,
bon! il est vrai que je ne vais touché que 302 euros pas moi, (retraite)
à partir de juin,
point de regret, je me suis éclaté pendant 20 ans,
ma vie est derrière moi,
alors ?
gamma réagir !!!! merde
je vis.... encore :-(((
Par Thanatos

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Vous plaignez pas. Moi j'ai encore au moins 60 ans à attendre avant la retraite... je me le dis chaque année.
Par Didier

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Je suis en train d'écouter l'émission.

Il ne faut pas comparer les statistiques de suicides à France Telecom avec les statistiques de la population nationale. En effet, cette dernière contient d'autres catégories que "les personnes ayant en emploi dans une grande entreprise de télécommunication", telles que les chomeurs, les ado, etc qui peuvent augmenter les statistiques nationales et faire passer les chiffres de France Telecom pour bas en comparaison alors qu'ils pourraient paraitre plus élevés si on comparait avec une autre entreprise.
Par Nohcilop

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Par Thomas Richard

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

+1
Vous pourriez pas faire une chronique genre 'les stats pour les nuls' où vous prendriez un chiffre qui a fait parler de lui dans la semaine et montreriez les limites de ce chiffre ?
Par Vincent

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
Vous pourriez pas faire une chronique genre 'les stats pour les nuls' où vous prendriez un chiffre qui a fait parler de lui dans la semaine et montreriez les limites de ce chiffre ?


+1
Par Vincent

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

En ce qui concerne les organisations au travail, plusieurs courants de pensée s'opposent. La sociologue en a décrit une en particulier (appellée néo-taylorisme), effectivement critiquable à certains égards, mais ce n'est pas la seule. D'ailleurs on voit bien que Daniel lui a une approche totalement différente dans le management de sa TPE.

Voir cette page pour une description de tout ces courants d'organisation au travail : [www.ecogesam.ac-aix-marseille.fr]

[EDIT : désolé si le message est mal positionné, il aurait du être tout en bas de page]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:25 le 22/05/2009 par Vincent.
Par Vincent

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

[message à supprimer suite à erreur]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:25 le 22/05/2009 par Vincent.
Par loblat

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Au cas ou vous il vous serait inconnu, je vous recommande le "Petit cours d'autodéfense intellectuelle" de Normand Baillargeon ...

Ou comment garder son esprit alerte et remettre en cause les statistiques que certains nous donne à manger ...
Par BP

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Par Oblivion

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

C'est une émission intéressante. Enfin, surtout pour DS qui découvre le monde de l'entreprise…
Danièle Linhart relate exactement cette réalité contre laquelle on ne peut trouver que peu de solutions.

La mienne a été de me mettre à mon compte. YG sur un forum de Judith a critiqué cette décision, jugée sans doute comme
bien trop capitaliste. Le capitalisme contre lequel je lutte est celui qui asservit l'humain, celui qui considère que le salariat est la norme. Selon mon avis, un salariat de masse place l'homme comme engrenage de l'entreprise. Reprendre une certaine indépendance m'a donné, pour le moment, le pouvoir de dire stop momentanément quand le réel du travail est trop dur. Je sais, ça ne durera pas. Et puis, c'est du précaire.

J'ai l'impression parfois d'aller à reculons. J'ai connu ce que décrit Danièle Linhart, voire pire. Par exemple, un patron qui menace
de vous balancer son téléphone dans la tronche et qui, une autre fois, vous sort : "je fais vivre ces personnes, j'ai donc le droit de les faire mourir".
Ensuite une multinationale qui vous déménage en interne tous les 6 mois, qui lors des évaluations vous estime "très bien, mais attention à votre humour" (véridique) et ne vous laisse jamais progresser. Cette multinationale, comme d'autres sans doute, avait placé un logiciel mouchard sur chaque ordinateur enregistrant l'activité de l'ordinateur toute la journée. Autre fantaisie, un numéro de téléphone pour dénoncer toute pratique douteuse de ses collègues. J'ai eu droit à un test que je qualifierais de psychologique. La secrétaire de direction m'a demandé de répondre à des questions après soumissions d'images et de textes. J'ai répondu n'importe quoi.

Enfin, après quelques années sans reconnaissance et l'intime conviction que l'on est peu de chose, on se casse.

Pour se donner un peu de force, il est bon soit de s'unir - mais pour de nombreux salariés, c'est du gauchisme beurk ou pas imaginable -
soit de se retourner contre celui qui est responsable de votre état toute seule comme une grande.

Mais certaines personnes n'imaginent même pas que l'on puisse lever le petit doigt contre ce qu'elles considèrent comme une figure d'autorité légitime.

Hier, j'avais au téléphone une proche qui déprime à cause du travail depuis plusieurs années. Elle a démissionné
après harcèlement moral. Il était hors de question pour elle de "profiter du chômage". Et puis, il y a toujours pire que sa situation, voyez-vous…
Je lui ai demandé de ne pas faire de connerie.
Par yannick G

L'indépendance, la fin de la société.

Message 3/5max du 22/05/09.

Citation:
cette réalité contre laquelle on ne peut trouver que peu de solutions.
La mienne a été de me mettre à mon compte. YG sur un forum de Judith a critiqué cette décision, jugée sans doute comme
bien trop capitaliste.

Qu'est-ce que j'ai encore fais moa ?

Désolé, me souviens plus. Vous devez comprendre cela avec votre pseudo, Oblivion.

Toutefois, ce que je peux dire sur le fait d'échapper au salariat en se mettant à son compte, c'est que c'est précisément ce que ceux qui exploitent les salariés prônent également comme ultime solution.

Tous patrons. Voilà leur seul et unique horizon.

L'intérêt pour les partisans de la droite, c'est qu'alors vous ne dépendez que de vous. Or, ne devoir rien à personne d'autre que soi (narcissisme) permet aussi de ne devoir rien aux autres (égoïsme), soit les deux piliers de toute mentalité droitière.
Une mentalité gerbante.

Cela étant dit, on peut être indépendant (artiste par exemple) et ne pas développer ou entretenir ce genre de mentalité, le tout, c'est de ne pas en faire l'apologie et le référent pour tous, genre, "soyez comme moi, z'avez qu'à vous bouger le cul, Moi, Je mérite mon fric, je l'ai gagner tout seul, et patati et patata...". Enfin, vous voyez...

yG
Par Oblivion

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Oui, je sais.
Mais je ne fais juste qu'un témoignage pour ceux qui aurait la possibilité et l'envie comme moi
de s'extraire momentanément ou définitivement d'un contexte pas trop supportable.
Mon métier n'existe pas sous forme d'intérim. Alors c'est direct l'indépendance.
C'est pour cela que j'écrivais "avoir l'impression d'aller à reculons".

Rassurez vous, je prône volontiers la solidarité sociale. C'est pas trop mon truc le "bougez votre popotin".

Et puis, travaillez un peu votre mémoire. 5 exercices par jour. Je relève la copie demain. :)
Par philippe malavieille

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Citation:
Message 3/5max du 22/05/09.


Tous patrons. Voilà leur seul et unique horizon.

L'intérêt pour les partisans de la droite, c'est qu'alors vous ne dépendez que de vous. Or, ne devoir rien à personne d'autre que soi (narcissisme) permet aussi de ne devoir rien aux autres (égoïsme), soit les deux piliers de toute mentalité droitière.
Une mentalité gerbante.

Cela étant dit, on peut être indépendant (artiste par exemple) et ne pas développer ou entretenir ce genre de mentalité, le tout, c'est de ne pas en faire l'apologie et le référent pour tous, genre, "soyez comme moi, z'avez qu'à vous bouger le cul, Moi, Je mérite mon fric, je l'ai gagner tout seul, et patati et patata...". Enfin, vous voyez...

yG


narcissisme, egoisme mentalité droitiere gerbante vous y allez fort mon cher, je ne saurai dire qui, du patron tel que vous le depeignez ou de vous même est le plus misanthrope

vous voyez vous avez peut etre debusqué un de ces horribles patrons à la mentalité gerbante (allez vomir un coup, ça va mieux ? bon un bonbon à la menthe et on va pouvoir continuer )

vous avez de l'artiste, en tant que travailleur independant une vision romantique avec tout ce que le mot comporte de sinistre, vous pronez l'artiste maudit en somme , à la van gogh qui crevera seul, pauvre et fou mais qui connaitra peut etre, post mortem, une gloire eternelle,

mais les autres, ceux qui auront eu la chance de vivre de leur art,ils le devront à qui à votre avis ? mais à ces cochons de capitaliste, !partant de ce principe ne pourrait on pas considerer que l'artiste exploite indirectement les masses laborieuses .le fruit de cette exploitation servant à payer son travail.ce qui fait qu'au final il s'avere etre le seul à rellement s'eclater dans ce qu'il fait ? mais revenons plutot au sujet de l'emission qui fait echo à une experience partagée avec un grand nombre.

Le sujet de l'emission peut toucher tout le monde quelque soit sa sensibilité politique. Ce n'est même pas une question partisane, mais de management . et dans cette matiere on assiste à des effets de balancier qui sont d'une rare violence, obligeant le salarié confronté à ces changements à faire preuve d'une adaptabilité parfois surhumaine

le cas de france telecom est à ce titre un cas d'ecole. Car cette entreprise tient à la fois du service public et du secteur privé autant essayer de melanger l'eau et l'huile. Le resultat : Une partie freine des quatre fers car elle ne se reconnait pas dans l'entreprise, tandis que l'autre applique les methodes du privé d'une maniere outranciere et maladroite

car oui je trouve que certaines methodes du privé mal comprises, mal appliquées peuvent avoir des effets desastreux
mais en même temps, l'individualisation de la relation au travail, les objectifs discutés avec le N+1 et l'entretien d'activité avec ce dernier sont pour moi des aspects que je trouve legitimes car tout le monde n'a pas obligatoirement la même vision du travail et de comment il souhaite evoluer
je concluerai ce point en considerant le "merite à l'ancienneté " comme étant une combinaison assez peu motivante,et peu glorieuse ( a vaincre sans merite on triomphe.....je vous laisse continuer)

le cas de cette quinqua qui demandait à un de ses subordonnes comme objectif de rendre possible l'impossible montre à quel point certaines notions peuvent etre mal comprises par les managers eux même (qui rappelons le sont AUSSI soumis à un pression très forte)., l'information descendante sera catastrophique et donnera lieu à des objectifs completement abscons. Cette quinquagenaire a du probablement entendre cet objectif de la part de sa hierarchie et son erreur a été d'etre incapable d'en faire une traduction comprehensible sur le terrain.

je partage avec DS une conception semble til un peu desuette du management avec l'idee que le salarié doit se sentir bien dans son entreprise et ne pas venir chaque matin avec la boule au ventre car c'est intenable et c'est pourquoi je trouve que l'individualisation de la relation au travail est une bonne chose, quand le manager est à la hauteur de la tache qu'il l'incombe et qu'il a une connaissance parfaite de ses subordonnés. il adapte alors son management en fonction de la personne en face de lui ; selon les capacites de cette derniere il sera plus ou moins directif et précis dans ses demandes.

alors même si le cas de france telecom est symptomatique est particulierement interessant par l'originalité de son statut mixte. La question du stress au travail on la trouve aussi bien dans le secteur privé pur que dans la fonction publique. C'est une question de relation humaine. la situation particuliere de france telecom n'est à mon sens pas plus anxiogene que celle vécue dans des entreprises de n'importe quel secteur du privé ou du public. Si votre superieur est incompetant ou qu'il ne peut pas vous sentir son management sera desastreux pour votre santé mentale

jpour en revenir à ma petite personne, aujourd'hui travailleur independant, je ne crois pas avoir fait preuve de narcissisme ou d'egoisme quand j'ai pris cette decision, c'etait une question de survie, j'ai subi un stress enorme qui ne m'a pas mené au suicide mais qui a mis en danger ma santé physique et mentale. je vais bien aujourd'hui et ne regrette nullement ma decision car je me suis fait la promesse de ne plus accepter que le travail soit un facteur de stress au dela de certaines limites

Car tout est une question de dosage, une petite dose de stress peut effectivement s'averer un stimulant à condition de savoir en user intelligemment et avec prudence

Vous voyez je n'ai même pas ete choqué par ce qui aurait peu etre vu comme un parti pris (par des esprits chagrins et par consequent de droite) que le thème de l'emission etait plus une mise en cause du changement de statut que reellement le stress au travail. Je suis resté au premier degré de lecture car ce sujet peut toucher tout le monde et ce quelque soit le bulletin qu'il met dans l'urne...
bon, le nom du notre petit timonier a quand meme ete prononcé mais en mode "Joke" of course

quand vous avez subi pareille situation cela demande à depasser une vision par trop manichéenne qui voudrait que le tortionnaire soit de droite et le "tortionné" de gauche
enfin, vous voyez...;:-)

cordialement
Philippe Malavieille-Massip
Par yannick G

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Message 1/5max du 23/05/09.

@ Philippe Malavielle.

Bonjour

Citation:
vos propos depassent ma comprehension limitée là j'avoue ne pas savoir quoi vous repondre tant votre vision du monde est apocalyptique. j'ai du mal à comprendre comment vous pouvez considerer que des micro entreprises soient des petits mondes coupés des autres, ces petits mondes comme vous dites ne peuvent exister que par les autres.dans un echange circulatoire de flux dont la redistribution fait evidemment partie et par pitié l'exemple du "petit patron de start up", je suis desolé mais je ne le crois en rien representatif des entrepreneurs les plus courrants

Premièrement, je ne parle pas tant entreprise que patron, la nuance est cruciale, y compris lorsque l'entreprise est à ce point micro qu'elle se résume à son patron, puisque ce qui m'intéresse, c'est la mentalité de certains de ces derniers, le regard qu'ils portent sur le reste de la société. Leurs rapport aux autres sont, certes, circulatoires, mais uniquement sur le mode de la chaine alimentaire, une façon d'être ouvert aux autres bien particulière et autocentré. L'entreprise, micro ou non, n'est qu'un moyen pour permettre à ce type de personne d'incarner leur perception de ce que doit être la société.

Deuxièmement, je ne fais pas du patron de start-up l'archétype de l'entrepreneur, seulement, je souligne ainsi que le comportement (vis-à-vis de la société) ne tient pas tant compte de la taille de l'entreprise que de ce qui le coupe déjà du reste du monde, à savoir sa propre rémunération (du même ordre parfois que celle de grand patron de multinationale).

Citation:
narcissisme, egoisme mentalité droitiere gerbante vous y allez fort mon cher, je ne saurai dire qui, du patron tel que vous le depeignez ou de vous même est le plus misanthrope

Par définition, et quand bien même je n'ai aucun respect pour au moins 53% des électeurs de ce pays, le patron que je décris est toujours plus misanthrope que moi, car, y compris envers l'un de ses congénères, il ne manifeste qu'une solidarité de principe, il ne va pas sortir son porte-feuille tout de même, l'autre n'a qu'à faire comme lui, s'démerder.

Citation:
vous avez peut etre debusqué un de ces horribles patrons à la mentalité gerbante (allez vomir un coup, ça va mieux ? bon un bonbon à la menthe et on va pouvoir continuer )

Quoi Daniel ? Ah, non, vous ?

Citation:
vous avez de l'artiste, en tant que travailleur independant une vision romantique avec tout ce que le mot comporte de sinistre, vous pronez l'artiste maudit en somme , à la van gogh qui crevera seul, pauvre et fou mais qui connaitra peut etre, post mortem, une gloire eternelle,

Euh... non. Le vote sur la loi hadopi a démontré amplement la diversité des mentalités artistiques, y compris, soit-disant à gauche.

Citation:
mais les autres, ceux qui auront eu la chance de vivre de leur art,ils le devront à qui à votre avis ? mais à ces cochons de capitaliste, !partant de ce principe ne pourrait on pas considerer que l'artiste exploite indirectement les masses laborieuses .le fruit de cette exploitation servant à payer son travail.ce qui fait qu'au final il s'avere etre le seul à rellement s'eclater dans ce qu'il fait ?

Vous parlez de ce type d'artistes bien particulier dont la rémunération est basée sur la valeur d'achat de son œuvre unique, un peintre ou un sculpteur par exemple, si j'ai bien compris. Outre que la plupart d'entre eux vivent chichement de leur travail, les quelques sommités mondiales qui touchent des millions vivent effectivement au crochet de "ces cochons de capitaliste", comme vous dites, et se comportent souvent comme tel (fuite fiscale par exemple). Ce que l'évnetuelle qualité de leur œuvre ne saurait le moins du monde excuser.

Citation:
Le sujet de l'emission peut toucher tout le monde quelque soit sa sensibilité politique.

La question n'est pas d'être touché, mais de savoir comment on y réagit, et là, la sensibilité politique ressurgit indubitablement.

Citation:
je trouve que certaines methodes du privé mal comprises, mal appliquées peuvent avoir des effets desastreux mais en même temps, l'individualisation de la relation au travail, les objectifs discutés avec le N+1 et l'entretien d'activité avec ce dernier sont pour moi des aspects que je trouve legitimes car tout le monde n'a pas obligatoirement la même vision du travail et de comment il souhaite evoluer

Vous n'avez qu'à établir des fiches de vœux, comme cela se fait dans le public, et basta. L'individualisation de la relation au travail ne vise pas tant à l'épanouissement personnel (l'entreprise n'en a rien à foutre, du moment que cela n'interagit pas avec elle, ce qui est fort possible dès lors que la demande pour ce poste est conséquente) qu'à pouvoir trier et manipuler à la guise de la hiérarchie son stock humain. Celui qui veut grimper à son rythme, sans se préoccuper des autres, est déjà dans la logique patronale, pas étonnant qu'il trouve son compte dans ce genre de relation.

Citation:
je concluerai ce point en considerant le "merite à l'ancienneté " comme étant une combinaison assez peu motivante,et peu glorieuse ( a vaincre sans merite on triomphe.....je vous laisse continuer)

Cela tombe bien, je ne vois aucun gloire, aucun mérite à faire son boulot correctement, juste une obligation contractuelle. Voilà, la gloire et le mérite, deux modes de rémunération symbolique purement narcissique. Pas la peine qu'on nous les fasse miroiter, les petits coqs sont toujours assez grands pour se les attribuer eux-mêmes. La gloire et le mérite du stakhanoviste de base est aussi abjecte que celle du patron.

Citation:
Cette quinquagenaire a du probablement entendre cet objectif de la part de sa hierarchie et son erreur a été d'etre incapable d'en faire une traduction comprehensible sur le terrain.

Son erreur n'a pas été son incapacité à retranscrire ce que sa hiérarchie lui a demandé, c'est de l'avoir fait. Quelque soit la formulation de cette requête, cela reste une connerie patronale dont elle s'est faite l'automatique complice.

Que comme vous dites : "les managers eux même (qui rappelons le sont AUSSI soumis à un pression très forte)", n'excuse rien, nous sommes tous responsable de relayer la politique absurde, lorsque ce n'est pas criminel (cf. le Procès Eichmann), de nos supérieurs.

Citation:
c'est pourquoi je trouve que l'individualisation de la relation au travail est une bonne chose, quand le manager est à la hauteur de la tache qu'il l'incombe et qu'il a une connaissance parfaite de ses subordonnés. il adapte alors son management en fonction de la personne en face de lui ; selon les capacites de cette derniere il sera plus ou moins directif et précis dans ses demandes.

Vous avez une vision monopolaire de l'individualisation de la relation au travail, top-down, une vision issue de la hiérarchie bienveillante (que vous et Daniel êtes certainement), mais ce n'est pas nécessairement ainsi qu'elle est vécu dans l'autre sens, bottom-up.

Que vous traitiez vos salariés au cas par cas, libre à vous, cette personnalisation est humanisation, mais cela n'a rien à voir avec le fait qu'eux doivent considérer qu'ils sont seuls face à vous, ici l'individualisation est coupure, désolidarisation, et donc fragilité.

Citation:
La question du stress au travail on la trouve aussi bien dans le secteur privé pur que dans la fonction publique. C'est une question de relation humaine. la situation particuliere de france telecom n'est à mon sens pas plus anxiogene que celle vécue dans des entreprises de n'importe quel secteur du privé ou du public. Si votre superieur est incompetant ou qu'il ne peut pas vous sentir son management sera desastreux pour votre santé mentale

C'est probable, mais la situation de France Télécom, c'est avant tout dans sa démesure qui permet (contrairement à l'entreprise de Daniel) justement ce type de comportement, et également le fait que les syndicats peuvent encore y faire ce boulot de recensement macabre, mais essentiel, alors qu'ailleurs, dans d'autres entreprises privés de la même taille...

Citation:
pour en revenir à ma petite personne, aujourd'hui travailleur independant, je ne crois pas avoir fait preuve de narcissisme ou d'egoisme quand j'ai pris cette decision, c'etait une question de survie, j'ai subi un stress enorme qui ne m'a pas mené au suicide mais qui a mis en danger ma santé physique et mentale. je vais bien aujourd'hui et ne regrette nullement ma decision car je me suis fait la promesse de ne plus accepter que le travail soit un facteur de stress au dela de certaines limites

Bien, tant mieux pour vous.

Citation:
Car tout est une question de dosage, une petite dose de stress peut effectivement s'averer un stimulant à condition de savoir en user intelligemment et avec prudence

Mouai, l'intelligence hiérarchique, i.e. c'est moi qui décide quand je dois vous stresser, j'ai un gros gros doute. Le stress se ressent déjà individuellement, l'individualiser davantage, c'est une certaine iniquité. En entreprise, on est tous dans le même bateau, les conscients du risque, comme les inconscients, les optimistes et les fumistes, comme les bosseurs, inutile d'en rajouter au niveau du stress personnalisé.

Citation:
quand vous avez subi pareille situation cela demande à depasser une vision par trop manichéenne qui voudrait que le tortionnaire soit de droite et le "tortionné" de gauche enfin, vous voyez...;:-)

Non, non, je ne suis pas aussi manichéen que cela... le "tortionné" ou la victime peut aussi être de droite (la preuve, les entreprises se bouffent entre elles), ce qui ne me fera pas pleurer sur son sort, là est juste la différence.

Sur ce, Cordialement, yG
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 4/5max du 22/05/09.

Citation:
C'est une émission intéressante. Enfin, surtout pour DS qui découvre le monde de l'entreprise…

Wouai, c'est exactement la même impression que j'ai eu.
Pendant un temps, je me suis dis, bon, là, Daniel fait son avocat du diable, comme souvent. Et après quelques minutes, et ben, visiblement, non, il semblait bien premier degré, notamment sur l'histoire des bureaux impersonnels. D'ailleurs, il n'a pas noté que ce type de management dépendait aussi de la taille de la structure. Une entreprise "familiale" comme la sienne n'a pas besoin de générer ce type de relation, le pouvoir est encore suffisamment visible (en plateau comme en coulisse) pour ne pas avoir à employer des méthodes plus sournoises pour s'exercer.

Enfin, il n'y a pas d'âge pour apprendre.

;) yG
Par Tom-

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

J'ai travaillé dans une petite boite de quatre salariés et le coup du "c'est pas ton post de travail", des changements à répétition, de l'incertitude érigée en méthode de travail, c'est parfaitement faisable dans une petite structure.
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 2/5max du 23/05/09.

@ Tom-

Citation:
J'ai travaillé dans une petite boite de quatre salariés et le coup du "c'est pas ton post de travail", des changements à répétition, de l'incertitude érigée en méthode de travail, c'est parfaitement faisable dans une petite structure.

Je n'en doute pas une seconde Tom-, ce que je disais, c'est qu'elle n'en a pas besoin, ce qui ne veut pas dire que cela n'a pas lieu, hélas.

@ JREM

Citation:
Donc si vous ne les voyez pas parce que vous refusez de les voir...ils n'existent pas?

C'était une grosse boutade, pour le reste, je ne peux répondre puisque je n'ai pas vu l'émission en question et que je ne la regarderai pas.

La question n'est pas de savoir s'il n'y a pas des mecs compétents à droite, la question est de savoir si les raisons de leur positionnement sont acceptables. La nature de leur vote est (presque) accessoire, tout dépend des raisons idéologiques qu'il y a derrière, et là, je n'en ai jamais rencontré qui trouvent grâce à mes yeux. Bref, un mec de droite peut se retrouver à voter comme un de gauche, mais cela ne veut pas dire que les raisons qu'il invoque soient acceptables pour autant.

yG
Par BibiTaupe

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Oblivion, je vous souhaite plein de courage. Bravo ! Vous avez pris la bonne décision, même si elle semble moins sécurisante qu'un boulot fixe. J'ai bien aimé le "trop d'humour". Lorsque j'ai été licenciée, je n'ai surtout pas fait intervenir les prud'hommes, je fais mon préavis, juste pour avoir le plaisir de voir "décoler de peur" les directeurs que je croisais dans les couloirs, et cerise sur le gateau, j'ai fait un méga-pot de départ. Mon équipe n'a compris que bien plus tard que j'avais été licenciée. Mon directeur, rencontré par hasard dans un salon professionnel, m'a avoué que je lui avais donné une leçon par mon attitude. JOUISSIF !
Pour la petite histoire, je suis partie à la concurrence (non, mais !) et mon directeur a été viré un an plus tard. Chacun son tour....

Désolée, pas au bon endroit.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:32 le 23/05/2009 par Brigitte Macadré.
Par Oblivion

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Si, si, votre réponse est au bon endroit !
Pour le "bon courage", merci, mais cela fait déjà 2 ans et demi que je suis en indépendante.
Alors maintenant, c'est la presque la routine. :)

Je vous souhaite une bonne retraite.
Par Joan38

Très bonne émission. Merci.

Très bonne émission. Merci. Le suicide est quand même révélateur d'un malaise dans les grandes entreprises actuellement.

Ayant travaillé en CDD dans plusieurs entreprises (ex-service-public), j'ai vécu ces ambiances tendues que Patrick Ackermann et Danièle Linhart ont évoquées.

Les employés titulaires et expérimentés voient leurs compétences constamment remises en question par leur hiérarchie et notamment ils voient des CDD inexpérimentés faire le même types de tâches qu'eux (l'efficacité en moins) et doivent en plus de leur travail, assurer le contrôle des erreurs de ces employés occasionnels (sans qu'on leur demande leur avis). C'est vécu par certains salariés (les plus consciencieux et honnêtes) comme une situation dégradante.

De plus, comme Danièle Linhart l'a dit, les employés qui travaillent autour des personnes qui "craquent" par moment, manque totalement de solidarité car si elles se solidarisent avec ces personnes leur hiérarchie remettra en cause leur investissement personnel pour l'entreprise. L'enjeux collectif du travail est totalement ignoré, le travail en équipe n'existe pas autrement que par les ordres directs du "petit chef" en entretien individuel le plus souvent.

Je ne sais pas si être constamment sur la brèche permet d'être plus efficace au travail. Ce que je sais (en tout cas c'est mon avis) c'est que l'entreprise peut ainsi détruire le rôle des syndicats et atomiser les revendications salariales. C'est également ce que font ces grandes entreprises envers leurs clients les moins rentables individuellement (particuliers et PME) : quand ils ont une réclamation, impossible d'avoir un interlocuteur efficace, par contre les vendeurs les sollicitent pour s'abonner très facilement à des services totalement inutiles.
Par Lorie

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

A un moment,les gens comprendront qu'il est inadmissible de subir de telles pressions,et là ça fera mal.J'espère(ou pas?)que c'est pour bientot!On se croirait dans des camps de concentration softs!Qui est le plus le plus fragilisé?celui qui s'investit le plus!Là on est tombé sur la tete!
Par Vian's

Demande de contenu d'utilité publique

Si ce message arrive sous les yeux de la rédaction :

Je vous envoie une demande pour que cette émission soit dans les "contenus d'utilité publique" !

Parce qu'elle est COMPLETEMENT d'utilité publique !

Elle ne peut pas rester seulement dans le périmètre des @sinautes ; elle doit circuler le plus possible !

D'avance merci !
Par Oblivion

Re: Demande de contenu d'utilité publique

Pas bête, je vais voter tout de suite.
Par Atom

Re: Demande de contenu d'utilité publique

je vote aussi
Par Jean-Yves GUEFFIER

Re: Demande de contenu d'utilité publique

Oui, cette question du suicide au travail est d'utilité publique.
Le suicide étant la partie visible de l'iceberg de la "pénibilité" du travail due aux techniques manageriales actuelles qui font tout pour que le salarié ne soit plus qu'un rouage jetable lorsqu'il est usé ou qu'il ne correspond plus : un simple bien de consommation.
On demande aux hommes de se comporter comme des machines ; fatalement, cela fait des dégâts, nous ne sommes pas fait du même métal !
Rappelons que nos grands managers passent d'entreprise en entreprise (avec les mêmes méthodes et les mêmes résultats consternants) et rien ne vient contrer leur logique purement comptable ... c'est-à-dire, rentable à court ou moyen terme.
Il est loin le temps où l'entreprise avait une histoire voire une culture, elles sont devenues elles-mêmes interchangeables, "OPAbles", fusionnables à loisir.
Nous sommes entrés dans le temps des machines et des prédateurs ... l'élite.
Bienvenue dans l'ère de la barbarie techno-bureaucratique : cf. le film BRASIL ...
Par Jérémie

Re: Demande de contenu d'utilité publique

Vous avez totalement raison. Le reportage de Virginie Roëls était lui-même extrêmement précieux selon moi... Mais bien sûr, il fallait qu'il passe en deuxième partie de soirée ! Pourtant, il mettait le doigt exactement là où il le fallait.
Par Elbe

Stress au travail et structures

Se pose également la question de l'influence de la structure sur l'employé. Les TPE/PME sont pour pourvoyeuses d'emplois et pour certaines garantissent un fonctionnement continu de la consommation. A ce titre, une certaine immunité préside leur relation au code du travail. J'évoque notamment les structures de petites tailles, artisanales, où l'employé travaille au quotidien, dans la proximité de son supérieur hiérarchique. Au sein de cette configuration des liens ambigus se tissent. Entre amitié, familial, collaboration, le rapport employeur/employé est superficiellement changé, mué en coopération dénué de l'esprit hiérarchique pourtant structure de l'entreprise.

En effet, derrière ces relations cordiales, l'employé est dans une situation délicate: celle d'un travailleur indirectement impliqué dans l'essor de l'entreprise - la présence du patron jouant le rôle de pression indirecte, ses colères, ses discours sur la croyance en son employé,l'exposition de crainte de rentablilité, participant à cet investissement - au point de ne pouvoir faire réellement valoir ses droits (refus d'heures supplémentaires, heures sup payé, libre choix des vacances etc) par peur de passer pour un employé infidéle, fainéant.

Cette réalité est vraie pour les jeunes employés d'aujourd'hui, arrivés sur un marché du travail peu fructif, dans des structures petites (restaurant, coiffure), élevé dans un idéal de citoyen responsable, en réalité atomisé, propice à ces excès managériaux.

Dans la même veine, les travailleurs précaires peuvent également s'inscrire dans cette analyse. Je vous invite d'ailleurs à consulter "le journal d'une femme de chambre" du journal Vacarme (disponible librement en ligne) pour toucher de cette difficulté à faire valoir ses droits dans contexte d'atomisation et de précarité.

En filigrane se pose également la question de la mobilisation des syndicats, peu présent dans ces structures. Actuellement des germes de mobilisations, originales par ses formes (originalité poussée par la spécificité des conditions de travail), se mettent en place, mais ceci reste microscopique. L'interrogation de la structure et de ses influences peut être constitutif d'un futur angle d'étude du monde du travail au XXI siècle.
Par Jean-Marc FIORESE

Re: Stress au travail et structures

Dans une petite structure où le patron est le seul supérieur hiérarchique la pression n'est pas indirecte comme vous le dites. Bien au contraire, elle est on ne peut plus directe. Le patron n'a pas d'intermédiaire derrière qui il pourrait se cacher et il n'y a pas d'intermédiaire qui pourrait se cacher derrière une forme de "ça vient d'au dessus." Non le patron met directement la pression sur son employé et pour cela il met lui même les mains dans le cambouis. En le faisant il s'expose directement et sans paravent à la contestation possible de son employé, le rapport de force se fait face à face. L'employé voit alors très vite ce qui est possible ou impossible d'obtenir de ce rapport de force. Même si cela tourne majoritairement à l'avantage de l'employeur, le salarié n'est jamais perdu et à l'issue de l'affrontement direct il voit ce qu'il se dessine devant lui avec beaucoup de certitudes. Ce facteur fait que c'est très différent des structures plus importantes où justement l'incertitude et le doute chez le salarié contribuent à l'affaiblir. Alors, certes le code du travail est souvent malmené dans les petites structure où il est quasiment impossible d'unir une force collective de contestation pour que les salariés fassent respecter leurs droits quand ils sont écornés (heures sup imposées au delà de ce qui est légal, heures sup non payées, ...) mais cette atteinte au droits n'est pas généralisée et répond davantage de la nature humaine de l'employeur que d'une stratégie de management. Dans une petite entreprise où le patron est le seul supérieur hiérarchique il n'y a pas les mêmes moyens que dans une structure plus importante. Un employeur qui met la pression doit-être en mesure de la tenir si il veut parvenir à ses ultimes fins et il doit la maintenir lui même, il ne peut la faire exercer par personne d'autre. C'est son point faible car dans sa petite structure il a bien d'autres chats à fouetter et cette pression est aussi usante pour lui. Pour peu qu'il tombe sur un salarié qui décide qu'il n'a plus rien à perdre, le rapport de force peut très vite tourner à l'avantage du salarié. Aussi, dans une petite structure je pense que la personnalité de chacun peut s'affirmer plus facilement. C'est peut être pour cela que c'est difficile d'y travailler car malgré les collègues et une bonne entente générale on reste seul à défendre ses droits. C'est ce que vous évoquez justement. Mais là ça tient davantage à la personnalité de chacun et le salarié reste responsable de son propre courage. L'employeur va alors jouer sur les faiblesses de certains pour passer ses nerfs ou ses volontés en évitant d'affronter ceux qui ont su s'affirmer. Dans ce schéma on est loin d'une mécanique de management où tout est uniforme et où tout se trame de façon indirectes et par personnes interposées. Dans une petite structure, la source du conflit est toujours identifiée, elle ne l'est jamais dans une structure importante.

Je parlais là de petites structures où la stabilité de son emploi est tout a fait possible (secteur tertiaire.) Pour parler des petites structure que vous évoquez, à savoir les petits commerces, la restauration, elles ont une tout autre nature et le rapport employeur/employé a toujours été, je pense, propice à un roulement permanent du personnel et où les stratégie "modernes" de management propres aux grosses structures sont insignifiantes quant à la mobilité et à la flexibilité contraignantes de ces secteurs. Quant aux secteurs qui emploient des personnels de facto fragiles professionnellement en raison de la nature même de notre société où les minorités ont du mal à faire entendre leurs droits dans leur vie quotidienne, les pressions n'ont nul besoin d'être stratégiques pour être efficaces, le droit du travail y est largement et impunément bafoué sur tous les plans à se demander si on est bien dans un pays de droits et évolué. Pour conclure en contradiction ou en complément à votre propos, je pense que ces petites structures ont chacune leur spécificités et ne peuvent être conglomérées pour en tirer une tendance applicable à un ensemble conrairement au grosses structure dont le mode de fonctionnement répond à la globalisation.
Par Elbe

Re: Stress au travail et structures

Je partage en partie votre analyse, dans le sens où la personnalité de l'employeur et des employeurs définissent les modes de relation à l'intérieur de l'entreprise. D'ailleurs je vois votre commentaire moins comme une contradiction qu'un complément à mon ébauche de réflexion. Le travail sociologique autour des petites structure est compliqué en raison de la polymorphie de ces dernière mais il peut être intéressant de voir quelles formes de mobilisations entrainent ces spécificités organisationnelle. je pense également que l'optique new management n'est pas, en soi appliqué voire étudié par les petits patrons toutefois je m'interroge sur le facteur performatif de l'exposition de ces thèses dans les journaux, dans des livres. Sans connaitre les rouages de cette pensée, certains patrons semblent agir par mimétisme en plaquant les grands principes (individualisation, responsabilisation, pression sur rentabilité par ex) or ceci est pire que l'original
Par Jean-Marc FIORESE

Re: Stress au travail et structures

Je pense également que la pression idéologique de notre modèle économique qui s'exerce essentiellement à travers les médias a une forte influence sur le mode de gestion du personnel dans les petites structures en reprenant les principes de base. Ce que j'observe c'est la disparition des valeurs de lieu et humaine.
Le lieu de travail n'est plus un lieu mais un espace dans le sens où il devient dépourvu de toute réalité géographique et matérielle (un local dans un bâtiment, une rue, un quartier, une ville, un pays) pour devenir immatériel à travers sa transformation en concept. Or un lieu est une réalité palpable que l'on peut appréhender et s'approprier tandis qu'un espace est impalpable on ne peut pas l'appréhender on ne peut pas se l'approprier. Par là on touche à l'un des principes qui conduit un salarié à manquer d'assurance pour faire valoir ses droits en le privant totalement de la possibilité de se sentir chez lui sur son lieu de travail : là où travail le salarié n'est pas son territoire mais celui de son patron.
D'autre part, la valeur humaine du salarié se perd dans le sens où le travail qu'il effectue est aujourd'hui déconnecté de sa personnalité. Le salarié n'a plus de valeurs personnelles enrichissantes pour son travail mais des compétences qui sont autant de modules techniques anonymes que l'employeur peut exploiter. L'expérience professionnelle, qui auparavant était considérée comme une valeur personnelle indissociable de celui qui la porte notamment à travers ce qu'on appelait le savoir faire, l'art, est considéré aujourd'hui comme un niveau de mise à jour qui dans l'esprit est semblable aux mises à jour logicielles et encore une fois anonyme.
Ainsi, le salarié n'est plus une personne mais un outil. Ce n'est pas nouveau dans les grosses structures où cet aspect "outil" contribue à inclure le salarié dans les variables d'ajustement structurel de l'entreprise. En revanche ces principes sont ceux qui tendent de plus en plus à toucher les petites structures. Même si les salariés n'y sont pas considérés comme "variables d'ajustement" en raison même de la petite taille de la structure, il n'en demeure pas moins qu'ils ont de moins en moins la possibilité de s'y sentir chez eux et d'autre part leur personnalité devient de plus en plus déconnectée du travail qu'ils effectuent. Cela conduit le salarié à ne se sentir rien du tout dans la petite entreprise qui l'emploie et de ne pas y exister. Mais dans ces petites structures l'avantage du rapport de force face à face demeure et il est encore possible d'imposer son sentiment de lieu de travail approprié et de travail indissociable de la personne qu'on est. Je crois en y réfléchissant mieux que c'est tout simplement imposer une existence réelle de l'ensemble (réalité physique) par opposition à la virtualité qu'on cherche à nous imposer (concepts.) C'est ce que j'appelle "faire son trou" celui qui permet d'avoir son territoire pour pouvoir être plus à l'aise dans les rapports de force.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:26 le 07/06/2009 par Jean-Marc FIORESE.
Par Henri

Re: Demande de contenu d'utilité publique

Rendre cette émission publique est indispensable.

Elle est d'utilité publique car elle peut aider par sa seule diffusion bien des personnes en difficultés.

Grand merci,
Par Fabien Ridal

Re: Demande de contenu d'utilité publique

de FabRid :

Cette émission m'a rappelé de douloureux souvenirs, dans l'entreprise qui m'a licencié, il y a quelques années...
j'ai subit le même sors : changements de méthodes de travail, de bureaux, de locaux, etc...
j'ai fait une tentative de suicide, puis été licencié pour soi-disant faute grave...
oui, cette émission est digne de figurer dans les contenus d'utilité publique !
et doit circuler un maximum sur la toile, voire même : traduite dans le plus grand nombre de langues possible !
beaucoup de gens s'y retrouverons, j'en ai la certitude !

très cordialement,
Fabien Ridal
Par VIRGINIE ROUSSEL

Re: Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail

Très bonne emission. Cela dit, il serait aussi très intéressant de faire une emission sur le BURN OUT:

Le B.O.S. «Burn Out Syndrome» des anglo-saxons, le «Kaloshi» (mort par la fatigue au travail) au Japon, est le syndrome d’épuisement professionnel pouvant conduire au suicide.
Les professions à fortes sollicitations mentales, émotionnelles et affectives sont les plus exposées. Plusieurs composantes ont été identifiées :
– l’organisation du travail ;
– une personnalité investie dans la relation;
– l’idéal professionnel.

Pour d'autres infos cherchez plutôt du côté du Québec qui reconnait depuis plus longtemps le burn out contrairement à la France où même beaucoup de médecins le mélangent avec la dépression.

Mon amie a fait un burn out, elle s'investissait beaucoup dans son travail de formatrice, dans une grosse entreprise. Ses conditions de travail, le nouveau management comme en parlait la sociologue de l'emission ont conduit à ce burn out. Résultat 2 ans d'arrêt et de souffrances pour remonter la pente ( et qui a payé ? la SECU ). Il y a vraiment un problème de ce côté là puisque effectivement l'entreprise ne paie quasiment rien donc pourquoi faire quelque chose ? Et je ne parle pas des dépressions, tentatives de suicide toujours dans cette même entreprise !!!
Aujourdh'hui mon amie a repris son emploi mais rien n'a changé donc seule solution changer d'entreprise ou créer son entreprise...une question de survie !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:53 le 25/05/2009 par VIRGINIE ROUSSEL.
Par Vian's

Utilité publique

Merci pour l'accès à l'émission pour les non-abonnés.
Cela va permettre à de nombreuses personnes de découvrir une émission essentielle !
Par mouche_jolie

Re: Demande de contenu d'utilité publique

j'ai entendu parler dans l'émission de choses que j'ai vécu chez thomsom-CSF/thales (sur les conditions de travail, car, par chance ou ignorance? je n'ai pas été confrontée au suicide professionnel). Je crois que cette évolution en gros SIMULTANEE de toutes les grosses boites a commencé le jour où on a changé le nom "Direction du Personnel" en "Direction des Ressources Humaines", ce qui regroupe en gros: les openspaces, les entretiens annuels d'évaluation par le n+1 (et les déstabilisations liées bien décrites par l'émission), la fin souhaitée de la solidarité des équipes, la mise à l'écart de ceux à qui on dit:"ton poste est supprimé; désormais, ton travail c'est d'en trouver un" -et ces gens-là se retrouvent confrontrés à des directions du personnel d'autres filiales qui collaborent entre eux pour "gérer"/déstabiliser le salarié-, les manoeuvres pour pousser certains salariés à la dépression (j'ai fait partie des 3 qui ont contrecarré une assistance sociale de la boite qui avait convaincu une secrétaire déprimée de se faire déclarer "inapte au travail" (ou équivalent), en lui disant qu'elle gagnerait autant par la complémentaire et l'assurance de son emprunt immobilier, que si elle travaillait!) , etc.
J'ajoute avoir observé qu'on y arrive très bien en mettant en poste en DRH des jeunes à peine sortis de l'école (et souvent pas formés pour cette branche) et en leur disant "à toi de faire tes preuves"... Résultat: quand ces jeunes, munies d'un peu d'expérience, comprennent comment elles ( j'y ai toujours vu des femmes) se sont fait manoeuvré, et ce qu'elles ont fait, grosses dépressions à la DRH...., on en prend d'autres et on recommence.
De telles évolutions, convergentes, y compris dans un vocabulaire surprenant -DRH, n+1, coach, supply chain, etc dans un sens quand même nocif, pour les sociétés autant que pour la Société, sans l'ombre d'un retour en arrière devant les résultats, ne peuvent qu'êtres coordonnées. Par qui? (je pense au medef et à ses prédécesseurs, bien sûr, mais ai-je raison?)
Par Aurélien Giard

Re: Demande de contenu d'utilité publique

Je connais un peu le sujet, et je peux vous dire que si je m'abonne (mon abonnement gratuit sous le parrainage de mon fils va prendre fin) elle y sera pour beaucoup. Cette émission mérite vraiment de dépasser le cadre étroit des abonnés. "Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés".
Par sophie lemond

Re: Demande de contenu d'utilité publique

Par sspicco

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

La pression au travail ça valorise certains qui se sentent très fort de pouvoir résister et pour ceux qui la font subir ils goutent le pouvoir. C'est grisant, C'est une drogue.

Et dire qu'il faudrait (selon Silicani) faire entrer les compétences du privée dans le public... Mais de quelles compétences parle-t-on ??

Exemple : on veut évaluer les enseignants à leur mérite. Ah, oui alors cette bande de planqués qui, quoiqu'ils fassent, voient leur salaire augmenter sans cesse !!! Une joli phrase mais qu'est-ce que le mérite d'un prof ? Accepter une tonne d'heure sup ? Dire OK à toutes les tâches qu'on lui met sur le dos sans le former ? Ah, oui le rendre plus rentable...

Le pire c'est que ce sont, nous dit-on, les plus investis dans leur travail qui se suicide. Cela motive bine pour s'investir pour une entreprise !!! Les patrons (ou supérieurs) n'ont pas compris que c'est grace à une ambiance détendue qu'ils obtiendront le meilleurs de leurs employés. Toujours ce sentiment de pouvoir, de supériorité pour des petits chefs bourrés du complexe d'infériorité....
Par LIMBES

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

J'ai complètement zappé la précédente émission sur les sataniques. L'émission est peut-être intéressante mais le sujet en lui-même ne me paraissait pas éclairer l'actualité des médias de façon pertinente. Là, je trouve par contre que l'on est vraiment dans quelques chose de très révélateur de notre époque, de notre société, de ses tabous et des doutes intérieurs du journaliste. J'ai beaucoup aimé cette émission et j'aimerai la partager à des amis proches qui travaillent eux-mêmes en entreprise pour confronter leurs regards sur ce sujet. Merci en tout cas et bravo ! Excellent travail de journaliste ! :)
Par xyl

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

bonjour à tous

émission intéressante. intervenants idem.

Deux remarques, la première concernant l'indifférence de l'opinion voire sa dureté vis à vis de la question des suicides au travail.

Outre les pistes concernant l'individualisation du parcours des salariés et leur mise en concurrence, je crois que Mme Lindhart pointe justement la raison principale de cette indifférence avec cette phrase: "chacun est enfermé dans son drame du travail". L'empathie est un effort pour nombre d'entre nous (il faut sortir de son propre drame). Et l'empathie avec quelqu'un qui a été mis en condition par son travail de faire ce choix du suicide est encore plus difficile car elle nous renvoie à la peur de notre propre mort. Serais-je mis un jour dans l'état de détresse de ces individus par mes conditions de travail? Serais-je mis en demeure d'avoir à choisir entre la vie sous antidépresseurs ou la mort par la logique managériale ou la férocité des conventions collectives de ma branche d'activité ? des questions qui ne sont pas agréables surtout quand on est dans l'état d'esprit devant lequel on regarde les infos à 20 h (aspiration profonde au repos et au mode "zéro cerveau").
Rappelons aussi que l'entrée sur le marché du travail "accoutume" les jeunes entrants à cette dureté . ils n'auront connu pour la plupart que les modes de gestion évoqués sur le plateau, la précarité et les angoisses liées au chômage font le reste et fabriquent dans une partie de l'opinion l'accoutumance et la résignation face aux aspects ténébreux du monde du travail.
Évoquons enfin la surdité de ceux qui nous gouvernent à ces questions, peut il en être autrement? la majeure partie de nos hommes politiques ont une formation de manager, sont passés par des concours, des formations et des carrières qui en ont fait des machines à vaincre. sociologiquement issus des grands fonds politiques, ces squales compétitifs sont absolument incapables à mon sens de comprendre le sens du mot "dureté" appliqué au monde du travail.

Seconde remarque à propos des propos de mme Röels vers la fin de l'émission: parler des suicides tend à faire augmenter ceux ci, d'où une responsabilité des journalistes.

Il me semble que la question est posée avec un angle biaisé: On n'est pas obligé d'en parler avec du pathos. c'est un choix, on pourrait aborder ces questions sous l'angle collectif, un peu de la manière dont vous l'avez fait sur le plateau (coût pour la collectivité, mise à jour des relations au sein du travail, etc.). la "responsabilité " évoquée se situe plutôt à ce niveau. Dans un monde idéal (promis c'est la dernière fois que j'en fais mention) ou les médias préféreraient l'information à l'émotion, il y a peu de chance me semble-t-il, que des vagues de suicides suivent ce type d'émission. si responsabilité des journalistes il y a, c'est ici qu'elle se situe et pas ailleurs.

Je ne regrette pas de m'être abonné, continuez ce travail indispensable. bon courage à tous.
Par dc

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Bonsoir,

Très bonne émission. Je me pose juste la question de savoir pourquoi l'observatoire du stress chez France Télécom est à l'initiative seule de Sud et CGC ?

J'ai apprécié les explications de Mme Linhart et surtout son avis sur l'évolution de France Télécom. Effectivement en 10/15ans, il est bien difficile de dire que ses salariés ont été immobiles et réticents aux changements.
Par erichake

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Petite incompréhension concernant la "démonstration" statistique de Dan Israel. Je cite :

"En gros, en 2008, il y a eu 7 suicides à france télécom liés au travail pour 100 000 salariés. On est à 7 pour 100 000, soit 0,007%.
Les chiffres nationaux : il y a entre 11000 et 12000 suicides par an selon le ministère de la santé, et en gros on tourne autour de 0,02%, c'est à dire 20 pour 100 000 de la population nationale, 7 pour 100 000 apparemment à France Télécom. On serait trois fois en dessous..."

Dan Israel compare donc la proportion A de suicides liés au travail à france télécom à la proportion B de suicides (tout court) dans la population en général et il en conclue que, finalement, on est en dessous. Aïe ça fait mal :

- Soit on compare A à la proportion de suicides liés au travail chez les actifs, et on est à peu près dans le sujet.

- Soit on compare la proportion de suicides (tout court) chez france télécom à la proportion B, mais là je crains fort qu'il vaille mieux parler de la reproduction des gastéropodes dans les mers du sud.

- Soit on dit rien !

Comparer ce qui est comparable ou surtout ne rien dire : je n'en veux pas à Dan, ce type d'erreur est un cas d'école, malheureusement très répandu dans la presse...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 00:03 le 23/05/2009 par erichake.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

merci j'allais rédiger en gros le même message. Mais j'aurais ajouté une chose. Ce qui aurait été vraiment mais vraiment très pertinent aurait été d'étudier l'évolution du pourcentage de suicidés chez Telecom. car si l'on passe de 0,001% à 0,007 % au seinde la même entreprise on peut alors affirmer sans risque que l'évlution des pratiques au sein de la boite a joué un role.
Par Serge ULESKI

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Extrait du titre inédit : "La consolation" - chapitre 4
Copyright 2008.Serge ULESKI. Tous droits réservés.


_________


L'aigle a déployé ses ailes.



Alors que les salariés ne connaissent de l'entreprise que le poste qu'ils occupent, l’aigle, lui, survole toutes les pistes de son territoire et explore toutes les voies qui mènent à eux. Le survol de cet aigle c’est celui du maître des lieux qui fait sa tournée comme un propriétaire fait le tour de ses terres, serrant des mains, opinant du bonnet ici et là. Jamais il ne se pose. Toujours en mouvement à l'écoute des rumeurs, à la recherche du moindre malaise et des conflits larvés.

Quand on surprend son vol, les rares fois où l'on pense à lever la tête, il annonce une nouvelle distribution des cartes qui célébrera bientôt l’apothéose de la vie accoucheuse de stratégies aussi surprenantes qu’inattendues, en un tour de main, jusqu’à rendre méconnaissables et les lieux et le travail qui y est effectué.

Son survol peut être celui d’un prédateur cherchant sa nouvelle proie l’appétit au ventre, affamé : les rêveurs, les tire au flanc, les faux culs, les fumistes, ceux qui ne doivent rien à eux-mêmes et tout à ceux qui les ont nommés.


Pour tous ceux-là, ce sera grandeur et décadence ou bien, grandeur et déchéance. C’est selon et... c'est du pareil au même.



Autre objet de son attention : le peuple silencieux. Toujours en retard sur la vie de leur travail, ces travailleurs candides, puisqu’ils n’en contrôlent ni les bouleversements ni les adaptations. Un jour, on leur signifiera leur congé définitif et en attendant, on se contentera de les conduire inévitablement et à leur insu, à leur perte et ce, bien avant que l’heure de la retraite ne sonne. Sur eux, la pression s'est accrue : horaires chaotiques, contraintes de résultats, menaces de licenciement. Outils de discipline au travail par excellence cette pression ! On leur parlera de flexibilité, d'autonomie et de polyvalence - comprenez : isolement et solitude - sans oublier de mentionner des changements permanents qui nécessiteront de nouveaux comportements.


Cet aigle, c’est aussi un sourcier ; un sourcier céleste fouillant du regard, scrutant, maladif, le sol, le sous-sol et ses plus petits interstices, en annonciateur de déluges qui viendront balayer tous les pauvres bougres en deçà de leurs attentes et au-delà de leurs craintes ; et les autres aussi : ceux qui se croyaient à l'abri.

Nouvelles exigences des temps modernes : le retour à l’instabilité généralisée et permanente du monde, après une courte période de stabilité des statuts qu'une matrice juridique a longtemps protégés de l'arbitraire. Il est tous les glissements de terrain purificateurs cet aigle blutoir qui tamise cette poudre farineuse que sont ses effectifs. Nichant dans les hauteurs, il ne risque jamais d’être emporté. Ces nouvelles injonctions, il ne les subit pas, cet aigle, il les accompagne, il les couve. Son dessein rend à intervalle régulier à l’océan et à ses profondeurs les épaves de son action pour mieux cacher ses méfaits.


Meurtre productif, il appelle cette instabilité ! Si vous l’interrogez dans l’intimité de sa retraite, c'est à voix basse qu'il vous fera cette confession, le regard inquiet de peur qu’on ne l’entende alors qu’il ne souhaite être entendu de personne.

Un fanatique, cet aigle aux pouvoirs surnaturels pour quiconque ne connaît pas ses outils d’analyses, d’action et ses astuces. Sans égarement, il peut se déplacer sur des distances considérables.


Pour lui, pas de frontière. Il est là où il faut être avant même qu’il n’y soit. Il poursuit partout et sans relâche la liquidation de l’ancien monde, celui d’hier matin et prépare déjà celle de demain. Cet ancien monde, c’est le monde tel qu'il ne lui convient pas mais qui pourrait tout aussi bien lui convenir si d’aventure ce monde devait servir ses intérêts.

Le territoire de cet aigle a pour le nom : DRH ! Et son occupation : gestion des ressources humaines, ou GRH ; territoire situé au dernier étage - le septième - d'un bâtiment qui en compte... sept justement !


Le sommet quoi !


***


Construction, mise en oeuvre, évaluation, ajustements à effectuer, régulation des outils de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, sans oublier leurs référentiels.

Stratégie d'organisation, renouvellement des règles ! Accroissement de la concurrence ! Fusions, restructurations et transformations. Et puis aussi, l’entreprise et son environnement : quelles relations nouer pour quelle valeur ajoutée ?

Et pour finir, quand tout leur a réussi : maximisation de la profitabilité de l’entreprise.

Seul a voix au chapitre, ce qui peut être mesuré. Une science cette discipline qui ne peut se permettre le moindre chahut. Un puzzle, cette gestion des ressources humaines. Un travail de titan cette optimisation et cette mise en correspondance : chaînages, maillage, enjeux stratégiques et organisationnels.


Finie l'opposition salariés/patrons ! Il n'y a plus que l'entreprise. Et gare à ceux qui s'en détournent tout en y demeurant !

Dans l'entreprise, plus de conflits dits collectifs. Il n'y a plus que l'individu et si conflit il y a, il ne peut s'agir que d'un individu seul face à sa hiérarchie. Un champ de force univoque, ce monde de l'entreprise au sein d'une communication et d'une interrogation permanente des bonnes ou mauvaises volontés des acteurs en présence, depuis que la portée de l'exemple s'accroît et ce, dans toutes les directions : une note, un avertissement, un blâme, un licenciement pour l'exemple. Et puis, celle ou celui que l'on montrera en exemple.

Pensez donc ! Voici un niveau de réussite digne des plus belles performances sportives là où des collègues besogneux ont tout juste été capables d'accomplir leur objectif.

L'émulation vaut autant pour la chute que l'ascension. Et tout le monde y trouve du grain à moudre, du souci à se faire et d'aucuns leur compte de rêves de promotion. Oui ! Tout le monde y trouve matière à réflexion dans cet accroissement de la valeur exemplaire de l'exemple à suivre, à méditer du fond de son isolement ; valeur érigée en totem ; et d'aucuns ajouteront, sans scrupules et sans tabous quand cette valeur revêt les apparences d'un épée de Damoclès qui tranchera les têtes.

Alors, mieux vaut être du côté de celui qui tranchera celle des autres, d'un mouvement vif et parfait dans son exécution aveugle.

Si pour commander il faut avoir su longtemps obéir, on ne pourra s'empêcher de noter que l'on dirige tête baissée. Toujours ! En haut, trône celui qui vous dirige et ce faisant, regarde aussi vers le bas. Dans cette configuration verticale, c'est tête baissée que les dirigeants s'adonnent à leur sport favori : diriger des dirigeables qui, à leur tour, dirigent ceux qui doivent être dirigés jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne à… orienter.

Édifice à la triste figure, cette chaîne de commandement, et cette pyramide qui… pique du nez !


Et ceux d'en bas, où regardent-t-ils ?

Ils regardent leurs mains et leurs pieds - cadence oblige ! Et puis, prudence ! Gare aux accidents ! - ou bien, ils regardent droit devant eux, leur écran d'ordinateur, seul point de regard pour fuir tous les regards car il y a des jours où ils ne souhaitent croiser le regard de personne. Ils n'attendent qu'une chose ceux d'en bas : qu'on ne leur demande pas d'attendre quoi que ce soit de qui que ce soit.

Une prison en liberté cette solitude au poste comme la chèvre à son piquet de peur qu'elle ne s'égare ou bien, qu'elle ne s'enlise dans ses déplacements ou tout simplement dans l'exécution de sa tâche. Stress et souffrance, l'angoisse tassée au ventre, seront tus et cachés ; et les cernes infinis de la fatigue et de la peur qui plissent la moindre pensée jusqu'à la rendre lâche et veule aussi, incapables de rompre l'étau de l'assujettissement à cette roue géante qui distribue au passage blâmes et encouragements dans le but de maintenir sur le qui-vive et le quant-à-soi un être qui n'a plus qu'une vie : la sienne - vie qui se languit de ne jamais pouvoir en réaliser une autre dans une alternative d'une simplicité redoutable : soumission ou relégation.

Et c'est alors que les chemins de la mémoire se rétrécissent jusqu'au méconnaissable, sans plus d'imagination. En effet, on aura tout oublié, pour ne rien regretter de ce qui devait faire de nous des êtres de croissance.



Mais diable, qui donc peut aujourd'hui se permettre de regarder en haut, à ciel ouvert, là où nul n'aura besoin de craindre le regard de quiconque sinon celui des nuages et la nuits, celui des étoiles bienveillantes ?

__________

Mon blog à l'adresse suivante : [sergeuleski.blogs.nouvelobs.com]



Modifié 3 fois. Dernière modification le 00:06 le 23/05/2009 par Serge ULESKI.
Par gilù

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Attention sujet important et ultra sensible,
DS pose la question importante à la 50ème minute:
cette pression constante sur les salariés n'est-elle pas au final contre productive? Que ce soit dans le secteur privé ou public, cette situation de souffrance au travail débouche sur des situations contre économique. Et en externe, c'est la sécu. qui paye. Un médecin me disait qu'en dernier recours, c'est la médecine qui assure la fonction de soupape de sécurité.
Alors, à qui profite le crime...
Voila déja un certain nombre de sujet que l'émission ne fait qu'effleurer. Mais elle a le mérite d'exister dans une ambiance de déni quasi général car le sujet est explosif!
Le prisme de la souffrance au travail est hélas passionnant dans la mesure où il permet l'analyse des maux parmi les plus graves dont souffre notre société.
Merci à asi et svp developpez le sujet.
Par Guy

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

DS découvre le monde de l'entreprise... Moi aussi. Et ce que j'en apprends est tout bonnement horrifiant ! Comment de telles "techniques" peuvent-elles être mises au point ? Il me semble que certaines d'entre elles peuvent s'assimiler à de la torture mentale, ou du harcèlement.
Comment ne pas craquer dans ces conditions ?

Mais pire que les bourreaux, il y a les réactions des victimes ! Selon la sociologue, Il existe peu d'empathie vis à vis de la souffrance d'autrui, chacun étant englué dans son propre individualisme égoïste.

Le système a été élaboré avec un tel machiavélisme que chaque victime est en même temps bourreau de son voisin !

Cette société crée les nouveaux esclaves d'aujourd'hui. Qui n'osent même plus se révolter, acceptant passivement des conditions humiliantes et inacceptables.

C'est tout bonnement lamentable.
Par antony

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

dès l' école la France pousse les poètes à se suicider, ça donne un pays de jolie clones, au mieux ils peuvent émigrer
Par antony

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

mais parfois des forces inouïes rompent la corde, à mes amis qui sont partis, nous vaincrons
Par CharlyAM

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Merci à l'équipe pour cette émission,
merci à Danièle Linhart pour le décortiquage de ces formes de management,
du grand @si.
Par Alain G. DAUDIER

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Du grand @si. De l'@si d'utilité publique.

Mais comment en faire profiter des proches qui sont rétifs à un abonnement @si (même offert en cadeau) et qui pensent que tout cela (la souffrance au travail en raison des nouvelles formes de management) est exagéré ?

Une suggestion : @si ne pourrait-elle publier le verbatim de chaque émission ?

Bravo ! Merci ! Continuez…
Par Yoan Hentgen

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

bouhouhouuuuuuuu ;( ;( Mais où est passée la question habituelle de fin d'émission de DS : "vous voulez ajouter quelque chose? Un regret? Un remord? Non? Et bien merci à vous!" ;( ;(

Emission très intéressante, ce plateau contraste avec celui de la semaine dernière: un seul invité?! S'il vous plaît ne recommencez jamais cela!! Au pire invitez le concierge du coin ou le fils de la soeur de la cousine de l'amie qui est sataniste! :D

NON NON NON aux nouvelles techniques managériales!!!
Par Christophe Conan

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Le suicide est d'abord un "fait social"

C'est le premier fait social qui ait intéressé la sociologie. (DURKHEIM E., « Le suicide », Presses universitaires de France, Paris 1897.) Durkheim fut donc le premier à travailler sur les suicides en tant que fait social, sont livre est fondamental pour la sociologie.

Ce qui est intéressant pour votre émission, c'est de travailler tout simplement sur la logique sans s'embarasser (au sens méthode comme au sens émotionnel) des considérations personnelles ou psychologiques. Sans doute moins bien pour l'audimat, mais tellement mieux pour la réflexion. J'irai même dans un premier temps à mettre de côté des considérations plus ou moins risquées sur le travail.

Durkheim a notamment montré le lien entre le suicide et la contrainte sociale, via une réflexion sur le suicide des mères. Constatant que dans les pays où les mères devaient s'occuper de leurs enfants un certain jour. Ce jour là, les suicides des mères étaient moins nombreux.

En france, le passage (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... ) du jeudi au mercredi, comme jour de repos des enfants, a, par une chutte des suicides du mercredi et un retour à la normale le jeudi, coroboré cette hypothèse.

J'en déduit que la "contrainte sociale" particulièrement "avoir à garder des enfants" diminue le taux de suicide.

Alors, nous dit on, les statistiques nationales sont supérieures à celle de France Télécom ?

Peut-on se contenter de çà sans aller un peu plus dans les détails ?

D'abord est-ce que les salariés se suicident plus ou moins que lles autres populations ? Au vu du raisonnement de Durkheim, j'ai tendance à penser moins. Mais je n'ai pas trouvé de chiffre. (j'ai trouvé notamment çà : [www.sante.gouv.fr])

Est-ce que les statistiques correspondent "toutes choses égales par ailleurs" ? En controlant la variable du sexe car les hommes se suicident beaucoup plus que les femmes, mais pour un nombre casi égal de tentatives, donc les femmes se "ratent" davantage. En controlant également la variable de l'âge, car par exemple les 45-54 ans se suicident 40 % plus (c'est la classe d'âge où il y a le plus grand nombre de suicides, devant les "jeunes" et oui !) que les 54-64 ans ?

Votre tres intéressante émission aurait supportée quelques chiffres de plus.
Par Annie Sétoualé

Regarder son avenir

Lorsque j'ai entendu la description des situations de travail de FT ou du Pole emploi, moi j'ai vu mon avenir dans la fonction publique.
Le fonctionnaire, ce privilégié insupportable tant décrit par certains dans les forums, va devenir grâce à la révision générale des politiques publiques un salarié jetable comme un autre. J'en vois déjà se réjouir, tant le nivellement par le bas à le vent en poupe à notre époque.
Entretien d'évaluation, objectifs à se donner soit même (vicelard) sans aucune idée sur les moyens, poste supprimable et pareil, il faudra se trouver un emploi. Je ne sais plus combien de temps on nous donne, mais à l'issu de la période, sans résultat, t'es viré.
Ici, à La Réunion,, la situation est rendue encore plus critique puisqu'on est à 10000 km de la Métropole, et qu'une perte d'emploi ça voudra dire la plupart du temps un déménagement coûteux, l'explosion des liens de famille pour aller là où il reste encore du boulot . De Saint-Denis de La Réunion à Paris, c'est pas la même chose que de Saint-Denis dans le 93 à Marseille.
Et c'est donc ce stress permanent qu'on veut nous imposer, ce stress, qui est la base du management moderne, l'insécurité permanente, qui comme la dit la journaliste conduit plein de gens chez le toubib et contribue à la mauvaise santé de la sécurité sociale. C'est cette idéologie pour laquelle ont voté 55% des Français. Cette idéologie dont je ne veux pas. Je ne vois pas en quoi on n'est plus efficace dans le stress permanent. C'est absolument n'importe quoi et contraire à tout ce qui est observé.
Mais qu'importe, la persistance dans l'erreur de tous ces grands mamamouchis du management, elle, n'est jamais sanctionnée. Jamais. Tous ces grands pontes de l'évaluation, qui créent des situations de travail qui génèrent mille fois plus de freins, qui ne connaissent pas le mot "équipe"ou "synergie" ou qui les prennent pour des gros mots, ces gens là, ceux qui décident que votre vie sera un enfer car il sont persuadés que seul l'enfer vous rendra efficace, ces gens là, se pensent au dessus de tout.
J'exècre cet état d'esprit où le seul objectif est d'arriver devant l'autre. C'est un objectif petit, une vue à court terme, la seule que savent avoir nos gouvernants actuellement. Au lieu d'arriver à du mieux, on arrive à la sclérose totale, puisqu'on agit plus qu'en fonction de la performance des autres, et non pas vers un objectif collectif. L'explosion de la sécurité au travail c'est tout simplement aussi l'explosion de l'entreprise. On ne se bat pas pour une entité qui vous maltraite. Faut pas se plaindre de la disparition de l'esprit d'entreprise, lorsque l'entreprise se fiche de vous.
Bref, je suis très inquiète sur mes prochaines années professionnelles.
Mais par contre une chose que je sais, c'est que je ne laisserai pas mon employeur détruire ce que j'ai construit ici. Si je perds mon emploi, je n'irai pas m'exiler à pétaouchnoque. Je cesserai d'être fonctionnaire et je ferai autre chose. Je trouverai, je me battrai pour ça, mais ce n'est pas eux, jamais, qui décideront à ma place d'où je vais vivre.
La mobilité choisie, oui. La mobilité subie, non.
Avec les tordus qu'on a au pouvoir, je me dis qu'un jour, je me trouverai dans une situation catastrophique. Dans la fonction publique, il faut décourager les gens avant qu'ils aient atteint le bon nombre d'annuité. Mon avenir, je préfère ne pas y penser, à cause de ça. A cause de ce nuage sombre qui se profile pas si loin somme toute.
Alors cette émission, même si je la trouve salutaire, elle me fiche le cafard, car nul ne devrait se voir révéler son avenir, surtout lorsqu'il est si peu engageant. Et c'est pourtant la sensation que j'ai eu aujourd'hui. Voir mon avenir, mon futur enfer ...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:12 le 23/05/2009 par Annie Sétoualé.
Par -Fanny-

Re: Regarder son avenir

L'avenir n'est pas si sombre, Annie, puisque vous êtes prête à vous battre et à refuser qu'on vous fasse tourner en bourrique. L'essentiel est là, je crois, définir ses limites et être capable soit de lutter contre ce système qui tente de vous les faire dépasser soit de partir avant d'y laisser trop de plumes... A ce sujet, une (vieille) chronique de Mona Chollet sur Arte radio (la chronique numéro 17).
Par Annie Sétoualé

Re: Regarder son avenir

Oh que si Fanny. Le chômage rien que d'y penser ça me rend dingue. Je l'ai connu. Longtemps. Trop longtemps. Ca me bouffait de l'intérieur.
Et me dire que pour préserver ce que j'ai construit ici, je vais sans doute me retrouver dans cette situation qui me terrorise, j'ai pas de quoi sauter au plafond. Je choisi mon enfer, mais ça reste un enfer.
Je ne pardonnerai jamais à ces gens qui pour des raisons idéologiques risquent de foutre ma vie en l'air, et celle de plein d'autres gens.
Oui, je me battrais, pour sortir la tête de l'eau, pour rebondir, parce que sans ça, ça a quel sens la vie ? Mais franchement, je m'en passerai bien. Ma vie actuelle me plait. Et si je rêve de changements, parce que j'ai toujours eu un peu la bougeotte, ce ne sont surement pas de ceux là !
Par Raph

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Excellente emission qui arrive parfaitement a illustrer "a la tele" et sans tomber dans les pieges de l'emotionel un sujet delicat.
Le theme est tres present dans la societe et il y avait matiere a faire une bonne emission d'analyse et de debat. C'est fait.

Les chansonniers, comme d'habitude, s'etaient deja empares du sujet... pour ceux que ca interesse je recommande Mademoiselle K (a l'ombre)

"Si t’as le malheur d’exister
d’être un peu lent et vieillissant
tu resteras pas faut pas rêver
on aime que c’qui est performant"

[www.deezer.com] k a l'ombre
Par Lorie

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Annie,vous venez de faire,malheureusement,une description exacte de notre société pourrie!Employons-nous pour que ça change sinon nous allons vivre dans l'enfer(si ce n'est déjà commencé).Je vote pour vous.
Par Annie Sétoualé

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Merci Lorie :-)
Par Elihah

ceux qui ne se suicident pas tiennent mais à quel prix?

Je vous recommande la lecture des travaux C.Dejours.
Qui explique comment se met en place la banalisation du mal (et non pas la banalité du mal de Arendt) dans le monde de l'entreprise.
L'aspect viriliste du travail (accepter de faire du mal à l'autre par ex), la façon dont la peur de devenir un outsider (par oppsition à insider) permet tous les abus etc...
Et un article ici
mais une simple recherche sur son nom est intéressante.
Je suis bien contente qu'il ait été cité par la sociologue.

Je suis enseignante.Oui une feignasse,donc. Méprisée par son ministère et à qui on rajoute des tâches dont celle de faire tenir le lien social.
Et qui voit son métier devoir se convertir au 'résultat', et surtout au résultat chiffré (ex: au bout de l'an il me faut 14% de plus de réussite dans la division que l'an dernier, pour une autre classe, donc donc! yihou!) et compétitif, or pour l'éducation/la pédagogie/la vie des élève et vu tout ce qu'on sait sur la psycho développementale, la construction en communication/partenariat de pairs et en spirale des savoirs et sur leur utilisation en et hors contexte, il va falloir m'expliquer mieux.
Me réformer. Me virer, peut-être, parce que je ne peux pas penser l'élève en termes de chiffre et l'instruction en termes de martelage de technique sans raisonnement, comme requis dans les niouprogs.
Et je fais partie de gens qui 'tiennent' en se faisant aider par ailleurs.Croyez moi on est énormément nombreux à le faire, dans ce métier.

Bon, pardon pour la digression: merci pour cette émission.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:23 le 23/05/2009 par mebahel.
Par Philippe

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Ce n'est pas nouveau. Confère ce livre écrit en 2004 qui relatait déjà toute la problématique de cette entreprise.

[www.amazon.fr]

Je vais m'enpresser de regarde cette émission. Je suis tout particulièrement touché, car j'ai un ami qui s'est suicidé en 2006 chez FT.
Par Bondurant

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Tres bonne émission mais fin encore trop brutale a mon gout.
Par Mimibanshee

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Ceux qui se suicident, ainsi que ceux qui tombent malades, ou qui se tapent des accidents de travail et se retrouvent par la suite en reconversion en Centre de Rééducation Professionnelle où je travaille.
Ce sont souvent les plus investis dans leur travail.

Alors plutôt que de leur apprendre un nouveau métier, on ferait bien de les accompagner par rapport à cette question de l'investissement.

Merci Asi, je suis très touchée par le sujet.
Par Fabrice Neyret

regards sur l'émission "suicide au travail"

Bonjour !

voici quelques remarques "zetetiques" sur cette emission interessante.
Comme d'hab, je me concentre sur ses limites et problemes, et non sur ce qui va.

Prealable: il ne s'agit pour moi ici ni de nier ni de minimiser le sujet de fond. Juste de pointer les arguments sur lesquels il est faux de s'appuyer, et qu'on a pourtant entendu, ou voisiné.


* Du bon usage des statistiques

Souvent pas le fort d'ASI, et moins encore des journalistes en general, cet aspect fragile a oscillé au long de l'emission.

- J'ai été content de voir que Dan avait pensé a comparer la stat de suicides chez FT a la stat nationale, la premiere etant... inferieure.

- Mais si ca avait été le contraire, ca n'aurait pas suffit:
il y a quelques annees, la "mode mediatique" etait a "l'épidémie de suicides" chez les gendarmes. On s'appuyait alors notamment sur les stats, pres du double de la stat nationale. Sauf que... une stat n'est valable que si l'on compare ce qui est comparable. Comme le démontait S.Gasquet dans son bouquin "Plus vite que son nombre", si on comparait a une population nationale plus masculine et autour 20-55 ans (plus conforme a la sociologie gendarme), on tombait.. a peu pres sur le meme taux que chez les gendarmes (car femmes, enfants, viellards, se suicides moins).
- Du coup, la réponse du representant de l'observatoire du stress a la "contre preuve" ci-dessus a été d'invoquer une segmentation sociale plus étroite des suicidés de FT. Il n'en restait pas moins possible de comparer a une population nationale équivalente (en sexe, tranche d'age, métier)... ça à été completement zappé.
NB: mais ca ne mesurerait que l'existence d'un "syndrome FT" spécifique, alors qu'il y a peut-etre un "syndrome techniciens de 50 ans" qui n'emergerait pas de cette comparaison la. Ca n'en reste pas moins une question importante, pour ne pas se tromper de couplable (une société, ou la Société).

- Pour etre valable, il faut avoir suffisamment de cas. comme les journalistes (et vous) oubliez toujours de citer la marge d'erreur, ça enleve tout repere de fiabilité. Vous avez cité cet eccueil au debut... pour completement l'oublier dans toute la suite.
Cf notre article au sujet des 3 cancers pédiatriques de Ruiz imputés à une antenne relais par une assoc "citoyenne" (version courte dans notre newsletter [www.zetetique.fr] ; un article revu et allongé est en parution imminente).
- A plein de moments, on a frolé ou passé la ligne jaune de l'argument "voyez: 6 suicides en 2008", "3 en quelques mois".
ça, c'est du total n'importe quoi.
- on site des nombres de cas sur 3 mois, un an, 15 mois, mais des causes depuis 20 ans: il semble donc facile d'avoir assez de cas pour faire une stat: prendre une duree significative, 10-20 ans ! sinon on tombe dans le syndrome "loi des séries" ou on invente des causalités.
- le ponpon pour la journaliste, sur la fin, qui enchaine toutes les betises et pseudoarguments (exactement les meme qui "prouvent" l'efficacité de medecines non conventionnelles ou de mediums, soit dit en passant).
genre "voyez, l'article et sorti, et apres, il y a eu 2 cas". "ya pas de stat, mais je me suis bien rendu compte". et a un autre moment "ce qui a du sens ici, c'est l'emotion, on ne va quand meme pas parler de chiffres".
Bien d'accord avec Daniel (ouf, il le dit, mais sans insistance) que c'est l'analyse chiffree et l'enquete socio qui permet d'objectiver, et pas l'emotion, d'un cas particulier.

- Quant à expliquer la discretion ensuite par un soudain comportement responsable des journalistes qui voudraient eviter une contamination... j'en doute autant que Daniel !

- Les stats sont un excellent moyen d'objectiver le fait qu'il y a qqchose d'anormal, avant meme de savoir quoi (meme principe que l'épidémiologie, cf syndrome de la guerre du golfe): il n'y a pas a delimiter a priori les causes "perso" et les "professionnelles" (c'est a faire apres, et surtout pas avant, c'est ce qui entraine tous les biais). l'eccueil est d'avoir assez de cas, de disposer des chiffres pour la population test, mais aussi pour la population de reference.


* Les suicides... et le reste ? Cas professionnels... et les autres ?

- Pour autant, quand les stats ne peuvent rien prouver (par ex parceque les nombres sont trop faibles), il y a d'autres outils de suivis, dont plusieurs on également été un peu cité (type symptomologie).
Dommage que, comme rappelée brièvement par la scientifique a la fin, vous n'ayez pas developpé, car des indicateurs plus larges (et donc plus fiable (mais a comparer sur population témoin similaire)) que le suicide, il y en a plein ! turnover, absenteisme, médication, depressions... La focalisation sur le suicide du coup evite de traiter le reste du stress, accentue l'emotion, l'image choc et le simplisme au détriment de la réflexion, et limite aux situations extremes sur lesquelles il est justement plus difficile d'avoir des chiffres surs: c'est contreproductif.

- Ce qui m'a choqué dans le dernier reportage, c'est la phrase "mais lui, ça n'est pas un suicide comme les autres, il est d'origine professionnelle". Parce qu'un suicide du a la pauvreté, a la précarité, au racisme, au surendettement, a l'echec scolaire, il est "normal", et "acceptable" ?
C'est un effet de focalisation aussi artificiel qu'irrationel et journalistique. du genre qui peut inventer des boucs emissaires et causalités imaginaires, qui dispensent d'aller chercher des causes plus profonde. (NB: ce qui n'empeche pas un eventuel probleme specifique a FT).


* De l'openspace et son oppression

Là, il y a eu un biais d'ensemble du plateau, agravé par Daniel, pris d'un petit "syndrome Finkelkraut" (a savoir "le micro-environnement que je connais est représentatif du monde"):

Tout openspace n'est pas un enfert, tout openscape ne resulte pas d'une tentative de destabilisation et pressurisation des employés !
Bien que, reciproquement, il puisse etre parfois un outil accompagnant ce "style" de management (attention à ne pas confondre corrélation/causalité, cause/consequence, implique/estImpliqué, erreurs logiques trop classiques chez le quidam, le journaliste et le politique).
Quelques exemples de situations inverses:

- Dans plusieurs professions (en particulier celles ayant sieges sociaux en region parisienne), les cadres ne sont que partiellement au bureau, et partiellement chez des clients ou en mission la plupart du temps, ce qui peut conduire a plus de la moitié de bureaux vides en permanence.

- La rationalisation (allant de paire avec la montée du prix du m2 à Paris et à Londres) à conduit parfois aux bureaux partagés, aux bureaux non-attribués, et aux openspaces (en particulier dans le cas précédent).

- Quand on travaille essentiellement sur écran, avec ses données sur un serveur, il n'y a pas du tout la meme nécessité d'un poste fixe (meme si tout-un-chacun prefere sans doute "habiter" et personnaliser son espace, des posts-its et brouillons jusqu'a la photo du petit dernier, et stylo favori).

- En informatique, l'auteur americain de la celebre methode "extreme programming", preconise le travail par paires, en openspace (avec qq bureaux annexes pour reunions ou coup de fils perso). Mais c'est le meme qui preconise de ne pas abuser des heures sup, de prendre ses week-ends et des vacances (si si, un américain !), et d'instaurer un climat de confiance faute de quoi les delais et problemes sont imprévisibles.

voila voila pour cette livraison...
Par Anthropia

Les travalleurs du lointain

Ce qui me gêne dans l'émission, c'est la confusion faite entre les postes sédentaires, un comptable a toujours son bureau dans une entreprise, et les postes migrants, un consultant qui passe 140 jours par an en clientèle est bien évidemment beaucoup dehors, celui-là a alors un portable ordi, un portable, et se branche sur rendez-vous au bureau libre du département auquel il est rattaché, il prend rendez-vous avant parce qu'on ne sait jamais quels jours il va avoir à passer au bureau, il travaille par ailleurs 218 jours, - les 140 à l'extérieur, restent 78 jours de bureau, qu'il passe souvent à domicile s'il a un rapport à écrire. Qu'on ne lui donne pas à l'année un bureau pour, metttons 20 jours par an, ne me surprend pas, idem pour un commercial.

Ensuite oui il y a bien un problème avec les open space qui laissent peu de place à l'intimité.
Oui il y a un problème avec les salariés supposés faire du créatif, car on n'est pas totalement créatifs 230 jours par an, ça c'est épuisant, c'est le cas du Technopole Renault, obligé de créer à toutes vitesses de nouveaux modèles et d'élaborer des pages et des pages de fiches techniques documentaires pour préparer la sortie du modèle.

Enfin, dans le cas de structures publiques devenant privées, telles que France télécom, le problème est tout autre : les "techniciens" dont parle le syndicaliste sont des "fonctionnaires" qui ont appris un travail technique et qui se retrouvent à faire un travail relationnel, ils n'ont pas été formés, ce n'est pas des compétences qu'ils ont à la base, et par ailleurs, ils ont "acheté" une sécurité de poste (je ne dis pas emploi), qu'ils ont perdue, au moment où de plus, ils perdent leur savoir-faire : c'est les mettre dans une impasse, sois autonome (pas d'ancien pour les conseiller), fais quelque chose que tu ne sais pas faire (contrairement aux petits jeunes qui montent), et si tu ne le fais pas bien, tu seras poussé comme une boule de billard, au petit bonheur la chance dans l'entreprise. Le contrat de travail est profondément entaillé : ils sont entrés pour certaines raisons qui ont disparu à un âge où ils ne peuvent plus changer de profession.
Par ailleurs, le problème de France Télécom est aussi lié à des définitions de poste étroites, on a peu de marge de manoeuvre, ils n'en ont donc jamais eue avant, et maintenant ils doivent tout à coups être autonomes, tout en respectant un cadre hyper-rigide, des règles complexes. Mission impossible.

Cette émission m'a énervée parce qu'elle n'est pas assez documentée sur les modèles d'organisation (et ce que vous ne feriez pas pour le système financier, j'ai souvenir d'une excellente émission sur Clearstream, vous vous le permettez pour les entreprises), on mélange tout et on casse du sucre sur les entreprises à mauvais escient, alors qu'il est des tas de cas où on pourrait le faire de manière honnête. je m'inscris donc en faux, parce que l'argumentation n'est pas poussée jusqu'au bout.


[anthropia.blogg.org]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:12 le 23/05/2009 par Anthropia.
Par yannick G

Re: Les travalleurs du lointain

Message 3/5max du 23/05/09.

Citation:
Ce qui me gêne dans l'émission, c'est la confusion faite entre les postes sédentaires, un comptable a toujours son bureau dans une entreprise, et les postes migrants [...] Qu'on ne lui donne pas à l'année un bureau pour, metttons 20 jours par an, ne me surprend pas, idem pour un commercial.

Je n'ai pas souvenir que la confusion ait été faite sciemment, Anthropia. Pour ma part, j'ai parfaitement compris que l'accent était mis sur ces postes fixes qui sont traités comme des postes itinérants. Cette technique est souvent défendue par la hiérarchie pour des raisons économiques, pas la peine de payer de l'espace inoccupé, mais c'est aussi et c'est là que c'est pernicieux, un moyen de ne pas développer le sentiment de propriété attaché à tout lieu, ma chaise, mon bureau.

Ce n'est pas la première fois que j'entends cet argument ou plutôt cette critique de ce type de management, et je ne vois pas au nom de quoi je pourrai l'invalider.

Pour les open space, il n'y a qu'à revoir Brazil de Terry Gilliam, The Apartment de Billy Wilder, Trafic de Tati, la série anglaise The Office, etc... pour noter que cette dérive là est notable depuis des lustres.

Il est à souligner que les dirigeants, eux, s'isolent le plus souvent, une façon de marquer leur statut privilégié, soit un traitement de l'espace de type archaïque, pour ne pas dire animal, les chefs marquant leur territoire de façon plus nette (cloison plus haute, fermé par une porte, ou des stores) que les subalternes, livrés à tous les vents, au propre comme au figuré. Et après ça, certains veulent nous faire croire encore que l'entreprise est un territoire amical... Si ce n'est la jungle, c'est bel et bien la savane.

yG
Par Didier Michel

Re: Les travalleurs du lointain

Je suis d'accord avec vous : on tourne à la caricature faute de connaissance précise de certains sujet. SI DS ne sait pas ce qu'est un cadre itinérant (qui passe l'essentiel de son temps hors de son lieu de travail) et se demande comment on peut ne pas avoir le même bureau tout les matins, ce n'est pas très grave mais quand la psy-gaucho de service déblatère sur le sujet en disant que c'est pour déstructurer le cadre de l'employé et pour lui pourrir la vie, c'est tout de même un peu gros. Il manque un "avocat du diable" dans cette émission (vu que le diable est l'entreprise de l'avis de tous les invités) qui rappelle un peu comment ça se passe dans la vraie vie.

Le "hot desking" (vu que c'est de lui qu'on parle) est vécu souvent comme un progrès pour des gens qui n'avaient auparavant qu'un coin de table près des wc faute de venir souvent dans leur établissement et qui peuvent bénéficier d'un environnement de travail moderne pour peu qu'ils le réservent pour le jour de leur passage. Parfois on propose à des salarié la formule du travail à domicile qui leur permet de travailler de chez eux (en s'épargnant les temps de transport) et lors de leur passage dans l'entreprise ils doivent utiliser le hot desking.

Pour les openspaces, quand je suis passé d'un bureau à 5 (j'avais le tort d'être jeune embauché) à un vrai open space bien aménagé j'ai poussé un soupir de soulagement ... même si les salariés de longue date qui s'étaient arrogé avec le temps un bureau à 2 on grogné jusqu'à leur départ en retraite.

Je veux bien qu'on parle des défauts des openspaces, du hot desking et du travail à domicile mais si c'est pour sortir les mêmes bêtises que sur "Envoyé Spécial" , je ne vois pas trop pourquoi le site s'appelle "Arret sur Images".
Par yannick G

Re: Les travalleurs du lointain

Message 1/5max du 26/05/09.

Citation:
Je suis d'accord avec vous : on tourne à la caricature faute de connaissance précise de certains sujet.

Parce que, comme Anthropia à qui j'ai répondu, vous considérez un peu trop vite que cette pratique n'est réservé qu'aux itinérants.

Citation:
quand la psy-gaucho de service déblatère sur le sujet en disant que c'est pour déstructurer le cadre de l'employé et pour lui pourrir la vie, c'est tout de même un peu gros.

Peu importe que cela soit intentionnelle ou non, le résultat est là, et l'entreprise sait bénéficier de ce fait, de cette dégradation de la relation au travail (augmentation du stress lorsque sa place se doit d'être en plus réservé, sans garantie), puisqu'elle permet à l'employé d'être malléable et donc plus flexible, à toute demande, y compris celle de partir.

Je vous rappelle que ces techniques de désindividualisations sont les mêmes que celles pratiquées au sein de ce corps qui a pour fonction principale de dépersonnaliser l'individu, l'armée (dortoir, uniforme, etc.) pour mieux en faire de la chair à canon ou comme on dirait en entreprise, une variable d'ajustement.

Citation:
Il manque un "avocat du diable" dans cette émission (vu que le diable est l'entreprise de l'avis de tous les invités) qui rappelle un peu comment ça se passe dans la vraie vie.

Pourquoi, vous avez une expérience exhaustive de la vraie vie ? Pour l'heure, vous n'avez que la vôtre (appeler comme vous le faites un bureau, un espace à cinq personnes au lieu d'un mini open space, c'est pour le coup très très subjectif).

Citation:
Je veux bien qu'on parle des défauts des openspaces, du hot desking et du travail à domicile mais si c'est pour sortir les mêmes bêtises que sur "Envoyé Spécial" , je ne vois pas trop pourquoi le site s'appelle "Arret sur Images".

A vous lire, dés lors que cela ne correspond pas à votre vécu, votre ressenti, ce sont des bêtises. D'ailleurs, vous vous empressez de discréditer les témoignages de vos collègues

Citation:
même si les salariés de longue date qui s'étaient arrogé avec le temps un bureau à 2 on grogné jusqu'à leur départ en retraite.

qui ne sont pas d'accord avec vous sous couvert qu'ils sont plus anciens.

yG

ps : Il y a toujours une façon rationnelle de présenter des décisions iniques. Ce matin, Florence Arié nous en apporte une preuve supplémentaire en rapportant les propos toujours "mémorable" de Frédéric Lefevre :

Citation:
Entendu ce matin à Fce Info: un amendement déposé par F.Lefevre a été rejeté en commission, mais pourrait être encore discuté.
Ce nouveau DROIT (sic) devait permettre aux salariés de travailler à domicile pendant leurs arrêts-maladies afin (je cite Lefevre de mémoire) de "sécuriser leur emploi car chacun sait qu'au retour d'un arrêt long ou d'un arrêt-maternité, le salarié ne retrouve pas toujours toutes ses missions ou s'aperçoit qu'une prtie a été prise en charge par des collègues."

C'est à gerber d'être pris pour de tels abrutis par de tels...
Par Didier Michel

Re: Les travalleurs du lointain

Cher monsieur G. ,

il est vrai que la seule expérience que j'ai de la vie est la mienne mais dans le cas qui nous occupe elle me suffit pour juger de la partialité ou du manque d'information des intervenants du débat ... il se trouve que je connais de "l'intérieur"" l'un des exemple qui est brièvement évoqué pendant le débat et je n'ai pas reconnu la réalité que j'ai vécu à travers les paroles des intervenants qui ne semblent connaître que ce qu'ils ont lu depuis leur bureau (individuel, fixe et bien situé comme il se doit).

Je n'ai encore jamais (je le confesse) entendu parler du hot desking pour une autre population que les itinérants ou les travailleurs à distance. Si cela existe vraiment, pourquoi pas ? Finalement c'est l'égalitarisme poussé jusqu'à son terme : plutôt que de favoriser pour toute la durée de son contrat de travail un salarié en le mettant dos à la fenêtre par rapport à un autre dos au couloir près des WC, chaque matin c'est la redistribution (sans impot) ... le grand matin plutôt que le grand soir ! Vu qu'il faut citer des politiques , c'est Besancenot qui trouverait ça bien (même si il affecterait de faire croire dans un premier temps que tout le monde peut travailler simultanément près de la fenêtre) !

Plus sérieusement ça ne choque vraiment personne que les 5 intervenants de l'émission entonnent ensemble la même complainte ? N'y aurait il pas eu besoin d'un point de vue venant de l'autre côté du mur des lamentations ?
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Les travalleurs du lointain

Citation:
Plus sérieusement ça ne choque vraiment personne que les 5 intervenants de l'émission entonnent ensemble la même complainte ? N'y aurait il pas eu besoin d'un point de vue venant de l'autre côté du mur des lamentations ?

cher Monsieur Michel pour cela il vous suffit d'allumer votre télévision.
Par yannick G

Re: Les travalleurs du lointain

Message 1/5max du 27/05/09.

Citation:
Si cela existe vraiment, pourquoi pas ? Finalement c'est l'égalitarisme poussé jusqu'à son terme : plutôt que de favoriser pour toute la durée de son contrat de travail un salarié en le mettant dos à la fenêtre par rapport à un autre dos au couloir près des WC, chaque matin c'est la redistribution (sans impot) [... ] c'est Besancenot qui trouverait ça bien (même si il affecterait de faire croire dans un premier temps que tout le monde peut travailler simultanément près de la fenêtre) !

Sans vouloir faire qu'un jeu de mot, c'est surtout l'égalitarisme du tous dans la même merde, près des WC, comme vous dites, dont il serait alors question. Pas sûr que Besancenot se laisserait duper aussi facilement par cette rhétorique, en tout cas, moi pas. Il existe des personnes dont le métier consiste justement à aménager les locaux professionnels pour que de telles disparités de confort de travail n'aient pas lieu, à charge aux entreprises d'investir dans leur propre ergonomie et de ne pas faire subir à tous leur manque d'intérêt pour ce réel problème.

Vous voulez du concret, du personnel, soulignant comment la facilité, le manque de réflexion et d'investissement peuvent pourrir les conditions de travail, et bien voilà. Je me souviens, il y a une douzaine d'années, dans une cantine scolaire dans laquelle je travaillais alors, que l'arrivée d'une machine à carte pour noter les présents a dégradé les conditions de travail d'une partie du personnel.

Comment est-ce possible ?

C'est tout simple, avant la machine, les surveillants chargés de pointer les élèves disposaient d'une chaise et d'une table pour poser le cahier de contrôle et l'affaire suivait son cours, tout le monde au sein de la cantine y trouvait son compte.

Une fois la machine arrivée, la table et la chaise ont subitement disparu, alors qu'un surveillant a été maintenu au même endroit pour contrôler cette fois que les élèves passent bien la carte devant la machine. Celui-ci devait désormais être debout, non pas parce que la fonction l'exigeait, mais tout simplement parce qu'il n'y avait plus de chaise à la place où elle aurait dû être.

Ce n'est pas la fonction, ni la place qui justifiait qu'il soit debout, j'ai donc de mon propre chef réintégré une chaise à cette fonction. Jusqu'au moment où une autre catégorie du personnel de cantine a trouvé cela inégalitaire, eux étant obligé par leur fonction même d'être debout, comme avant et au tout début. Ces derniers en égalitariste de base n'ont rien trouvé de mieux que de faire grève pour ôter aux surveillants la chaise en question. La direction s'en est à ce moment mêlé, et malgré son manque total d'argument rationnel a tranché... plus de chaise pour les surveillants. Voilà un exemple d'égalitarisme en entreprise, juste un exemple qui montre qu'aussi bien verticalement (la hiérarchie) qu'horizontalement (certains de vos collègues), l'égalitarisme mène "parfois" au nivellement par le bas.

Citation:
Plus sérieusement ça ne choque vraiment personne que les 5 intervenants de l'émission entonnent ensemble la même complainte ? N'y aurait il pas eu besoin d'un point de vue venant de l'autre côté du mur des lamentations ?

Ben non, car, justement de l'autre côté "du mur des lamentations", il n'y a aucune complainte envers les conditions de travail en elle-même, on accepte, voire, comme vous ici, on trouve cela cool, et on traite de dinosaure, euh, de proche de la retraite, ceux qui s'attachent à préférer un bureau à deux qu'un open space. On ira jamais dire qu'on les jalouse, ce n'est pas top, mais plutôt que ces derniers ont des privilèges indus auxquels ils sont accrocs, alors que nous autres, on est raisonnable et on accepte les nouvelles conditions...

Je connais la chanson, désolé, elle sonne toujours aussi faux à mes oreilles.

yG
Par Annie Sétoualé

Openspace

J'aimerai venir moi aussi sur cette histoire d'openspace. Ce que j'en ai entendu dans l'émission m'a un peu choquée.
Mais d'un autre coté, soyons honnête, ça exprime exactement les a priori que j'avais dessus avant d'en investir un.
Au départ, j'étais dans un bureau de deux personnes, moi comprise. Je n'avais pas d'affinités particulières avec le collègue, mais ce n'était pas une sale ambiance non plus. Nous cohabitions sans plus. Puis la personne est partie et je suis devenue une gèneuse : on voulait récupérer mon bureau et me mettre ailleurs. J'ai eu le choix entre un sous-sol sans lumière et un open-space. J'ai rejeté avec force la première proposition, qui représentait ni plus ni moins pour moi une sorte de purgatoire.
Je suis donc allée dans l'openspace : 8 à 9 personnes selon les moments, avec juste quelques panneaux vitrés dans leur partie supérieure, pour construire des bulles.
La qualité de l'openspace dépend grandement des personnes qui s'y trouvent. Ca peut devenir un endroit de mal-être quand tout le monde se mefie de tout le monde et ou le mode de relation est la défiance. C'était limite ça au début, mais les panneaux "bulle" permettaient un isolement suffisant pour que ça ne devienne pas insupportable. Globalement la situation était la même qu'avec le collègue avec lequel je n'avais aucune affinité particulière. Pas de connivence, pas de guerre.
Et puis les personnes tournent et tout peut changer au tout. Grâce à l'openspace, alors que quatre métiers différents se cotoient dans le bureau, nous avons appris les uns des autres et construit une manière de travailler ensemble qui n'existait pas avant. Parce qu'étant dans le même espace, nous entendions sur quoi bossait les autres. Savoir et comprendre ce que font vos collègues permet d'avancer bien plus vite et de synchroniser des actions qui s'impactent l'une et l'autre. Au fur et à mesure, une certaine complicité s'est développée. On a des moments de franche rigolade, et ça bosse énormément aussi. Bref, bosser heureux en openspace c'est possible.
C'est ça que risque de détruire la révision générale des politiques publiques, cette synergie, cet esprit d'équipe qui a enfin emergé, cette sensation d'appartenance à un tout. Car quand les salaires dépendront du classement du chef, l'ambiance va se dégrader à la vitesse grand V (les primes, c'est 30% de nos salaires). Il sera nécessaire de faire valoir son action par rapport à celle des autres. Ce qui n'a aucune importance actuellement. Actuellement ce qui est important c'est le service rendu. Demain, ce sera le futur classement de sa pomme.
Il n'y a pas de quoi sauter de joie. J'ai simplement envie de hurler à la bêtise idéologique, qui ne peut qu'être contre-productive. On le sait déjà. On n'en a des exemples. Mais qu'importe, on y va quand même.
Lamentable !
Par PJLSM

Re: Openspace

Franchement, on ne vit pas dans le même openspace. Dans mon entreprise, un openspace c'est 10 à 12 barres de 4 personnes dans une seule pièce. Je crois que l'openspace peut-être bénéfique pour toute une équipe qui travaille sur le même projet. Quand l'openspace regroupe à quelques mètres trois équipes différentes, dont certains membres passent la majeure partie de leur journée au téléphone (dans le cadre de leur profession), quand la chaleur monte rapidement l'après-midi en raison de la proximité de tous les ordinateurs, que les gens d'un même projet ont tendance à s'interpeller plutôt que d'aller discuter en salle de réunion (fort rares, très petites et pas du tout climatisées), je peux vous assurer qu'à la fin de la journée, il fait bon rentrer chez soi.

Mais bon, ce n'est pas encore la mine.
Par Annie Sétoualé

Re: Openspace

C'est clair qu'il n'y a pas qu'un type d'openspace. Et le notre s'il est "open" reste tout de même restreint (8 à 9 personnes). J'ai eu l'occasion de visiter la rédaction d'un quotidien de l'ile une fois : une salle immense peuplée d'ordinateurs, avec ou non des gens derrières - les autres étant sur le terrain je suppose - c'est impressionnant. Je ne sais pas comment on vit dans ce type de grand espace, avec pas même un panneau comme chez nous pour se délimiter un petit espace.
Le téléphone est effectivement un problème, mais nos métiers à nous n'impliquent pas qu'on y passe énormément de temps.
Chez nous (l'informatique) ça sonne surtout quand il y a des gros problèmes ;-)
Votre remarque sur la clim me fait sourire : ici on est content de rentrer chez nous pour avoir plus chaud. On est sur un circuit de clim qui était destiné avant aux livres. En milieu tropical, ça veut dire frais et très ventilé (à cause des champignons). On a nos paletots à portée de main tout le temps, même lorsque dehors, il fait une température à crever. Elle n'est pas règlable (la clim), c'est un circuit général. Je me demande bien quelle température il ferait là-dedans si tous nos matériels n'étaient pas allumés ! Je dis souvent en plaisantant, qu'on nous prend vraiment pour des pingouins ;-)
Ceci étant dit, nous sommes en instance de déménagement et nous avons demandé dans notre prochaine location à avoir un bureau fermé à partager entre tous, pour recevoir tranquillement les gens de l'extérieur sans gèner les autres. Parce que ça pour nous c'est actuellement un problème. Plus que le téléphone ...
Par antony

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

il y a aussi tous ceux qui ont raté un virage ce matin, c' est de la faute du petit dernier qu' a vomit son petit déjeuné, 2 minutes de retard à la pointeuse et ils te retirent un quart d' heure, travaillez plus qu' ils disaient vous serez heureux
Par Patrice Guyot

Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Ils ont un “Observatoire du Stress” chez France Télécom ?

Quel luxe ! Qui paie cela ?

Et chez @si vous en avez un ? Non ! Chez moi non plus… C’est chiant d’être pauvres !

Je dois dire que je suis assez révulsé par cette émission.

D’abord parce qu’une fois de plus elle ne répond pas à la vocation d’Arrêt sur Images : il est à peine question du traitement de ce sujet par lémédia…

Ensuite parce que tous les fondamentaux sont escamotés : qu’est-ce qu’un suicide, quelles sont les catégories parmi lesquelles se recrutent les vrais bataillons de partant pour des prairies plus vertes (ou pour le néant selon les options religieuses…)

Parce que nous faire consommer des Kleenex sur les 7 suicidés de France Télécom, soit 0,063% des suicides (environ 11.000) en France pour une entreprise qui emploie près de 200.000 personnes, soit 0,8% des salariés (qui sont environ 25.000.000 en France, faites le calcul tout seuls) c’est tout simplement indigne.

J’avais déjà écrit ICI, 3 jours avant l’émission tout le mal que je pense de cette vision étriquée et profondément égoïste sur le problème des suicides… Mais vous ne devez pas lire beaucoup les fora, pas plus que vous ne répondez aux rarissimes MP qui vous sont adressés, c’est dommage !

Entrons dans le vif du sujet : les conditions de travail sont-elles trop dures chez FT ? Quiconque les a fréquentés ne peut que s’étrangler de rire ! On se suicide aussi à l’ANPE, la fusion avec les ASSEDIC est trop déstabilisante… Ah ! Bon ! Et chez les chômeurs reçus comme des chiens par des fonctionnaires arrogants après des heures d’attente, en réponse à des convocations comminatoires, on ne se suicide pas 10 ou 100 fois plus ?

Mais qui en parle ? Pas vous en tout cas !

D’ailleurs, le suicide c’est quoi ? Pas un mot dans votre émission (c’est peu)…

C’est une impossibilité de vivre (particulièrement les heures qui viennent) et c’est toujours le signe d’un déficit de volonté, de courage, c’est dans tous les cas l’accumulation de problèmes qu’on se sent incapable de surmonter.

Sans parler des tentatives, généralement soigneusement avortées qui sont, elles, des appels au secours…

Sur le premier fil traitant de ce passionnant sujet on me dit que France Télécom est privatisé… C’est vrai à la bourse, mais il reste 75% de fonctionnaires, et c’est une catastrophe : l’état n’a rien à faire dans les télécommunication (à part réguler la concurrence et imposer des règles éthiques)

De plus comment justifier la cohabitation entre “l’aristocratie” des fonctionnaires (emploi garanti à vie et retraite en or massif de bonne heure) et les “esclaves” du privé qui font le même boulot dans des conditions merdiques, sans garanties et sans avantages ?

Vous n’en parlez pas et c’est dommage ! Parce que le vrai sujet est là…

Un suicide c’est toujours un drame, pour celui qui s’en va, perdu devant l’horreur du monde qu’il faudrait affronter – mais on ne sait plus comment faire - et pour ceux qu’il laisse derrière lui, vaguement coupables de n’avoir pas compris, de n’avoir pas su aider…

Était-il si urgent de se passionner pour les très rares suicides (si on excepte les problèmes familiaux il ne reste quasiment plus rien) dans la fonction publique alors que le phénomène ne cesse de s’aggraver parmi les vraies victimes de cette société infecte ? (11.000 morts ce n’est pas rien !)

Les catégories à plaindre ne sont pas celles-là, Daniel, très bien protégées par leur nombre, leur pouvoir de nuisance, leur connivence avec le pouvoir et leurs syndicats archi-revendicatifs…

Que dire de ceux qui ont besoin de leur permis de conduire pour survivre et se le font piquer par une administration aveugle (et ivre de son pouvoir) ?

Vous feriez mieux de vous interroger sur le sort (totalement occulté par lémédia) des dizaines de milliers de petits entrepreneurs qui déposent leur bilan et se retrouvent sans la moindre allocation face à des créanciers qui ne songent qu’à récupérer leurs prétendues créances (URSSAF en tête) quitte à pousser le malheureux au suicide…

Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Et même avec un solide mépris des chiffres on peut facilement se demander ce qui est plus important, d’autant que le black-out total sur ce sujet mérite des investigations, non ?

Peut-être n’auriez-vous pas créé votre entreprise si vous aviez su ce qu arrive depuis 20 ans à la plupart de ceux qui l’on fait en espérant (bien naïvement échapper au chômage)

Je vais vous dire ce qu’il leur est arrivé : ils ont disparu des écrans radar (médias, statistiques du chômage) et beaucoup ont disparu de la surface de la terre, croquant gaillardement les racines de pissenlit après un suicide, un divorce, un infarctus, un bon cancer ou une cirrhose du foie…

Mais ne traitez surtout pas cela, les 7 suicidés de France Télécom c’est beaucoup plus important : ce sont quand même des fonctionnaires, il ne faut pas l’oublier !

***



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:14 le 23/05/2009 par Patrice Guyot.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Citation:
Ils ont un “Observatoire du Stress” chez France Télécom ?

Quel luxe ! Qui paie cela ?

Et chez @si vous en avez un ? Non ! Chez moi non plus… C’est chiant d’être pauvres !

vous êtes patron d'une boite de plus de 10000 salariés? Y a t il des syndiqués dans votre entreprise? FT n'est pas un service public, c'est une entreprise qui fait des bénéfices et dont l'état est actionnaire majoritaire pourquoi insinuez vous (vous faite bien de seulement l'insinuer d'ailleurs) que cela pourrait être payé par les contribuables?

Citation:

Je dois dire que je suis assez révulsé par cette émission.

D’abord parce qu’une fois de plus elle ne répond pas à la vocation d’Arrêt sur Images : il est à peine question du traitement de ce sujet par lémédia…


Fort heureusement ce n'est pas vous qui définissez la vocation d'@si. Le fait qu'elle vous ait révulsé me parait un très bon signe, cela signifie qu'elle était très pertinente. Faites nous encore plein de petites émissions qui révulsent PG, et avec un peu de chance il ne renouvellera pas son abonnement et cessera de poster tout le temps le même post anti fonctionnaire primaire, en évitant systématiquement de dialoguer avec ceux qui prennent la peine de lui répondre. La vérité qui vous a été dite plusieurs fois, si vous vouliez une bonne fois pour toutes l'admettre c'est que FT ne fait pas partie de la fonction publique, ses salariés ne sont pas des fonctionnaires, cette entreprise est bénéficiaire et rapporte de l'argent à l'état, comme la poste et la SNCF d'ailleurs. Pourquoi venez vous ici éteindre la lumière pour plonger le monde dans l'obscurité en continuant à diffuser vos mensonges, ce que vous faites généralement, c'est de l'intox, je trouve que c'est extrêmement grave. Alors si vous vouliez bien cesser de répandre ces mensonges pour maintenir la confusion dans l'esprit des gens, vous feriez pour une fois oeuvre d'humanisme. Pour se faire il faudrait vous replonger dans vos humanités (vous pourriez commencer par la collection des Lagarde et Michard, si ça vous prend un peu de temps, ne vous inquiétez pas on se passera difficilement de vos contributions mais je pense qu'on devrait survivre en attendant votre retour)
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Citation:
Vous feriez mieux de vous interroger sur le sort (totalement occulté par lémédia) des dizaines de milliers de petits entrepreneurs qui déposent leur bilan et se retrouvent sans la moindre allocation face à des créanciers qui ne songent qu’à récupérer leurs prétendues créances (URSSAF en tête) quitte à pousser le malheureux au suicide…

Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Et même avec un solide mépris des chiffres on peut facilement se demander ce qui est plus important, d’autant que le black-out total sur ce sujet mérite des investigations, non ?

Peut-être n’auriez-vous pas créé votre entreprise si vous aviez su ce qu arrive depuis 20 ans à la plupart de ceux qui l’on fait en espérant (bien naïvement échapper au chômage)

Je vais vous dire ce qu’il leur est arrivé : ils ont disparu des écrans radar (médias, statistiques du chômage) et beaucoup ont disparu de la surface de la terre, croquant gaillardement les racines de pissenlit après un suicide, un divorce, un infarctus, un bon cancer ou une cirrhose du foie…



voilà ce que vous devriez faire M Guyot plutot que de vomir de longue sur les fonctionnaires. Ne voyez vous pas, que salariés, petits actionnaires et petites entreprises sont tous dans le même camp, celui des exploités. qu'attendons nous pour nous unir et mettre à bas cette société ultra libérale qui faut-il le rappeler existe chez nous depuis Miterrand et a bénéficié du même appui par tous les partis qui se sont succédés au pouvoir depuis, PS, UDF(transformé en mi MODEM mi UMP), RPR (transformé en UMP). Qu'attendons nous pour arrêter de juger leurs discours pour enfin regarder leurs actes?
Mais le fonctionnaires dans tout ça? et bien il faut le reconnaitre ils ne sont pas tous exploités mais il ne vous aura pas échappé que pour nombre d'entre eux, ce fut un choix, pour ne parler que de moi, j'ai fait les classes préparatoires aux grandes écoles à une époque ou un diplome d'ingénieur me promettait un salaire annuel 4 à 5 fois supérieur à celui que je gagne, j'ai fait un choix, j'ai choisi la fonction publique, j'ai privilégié la sécurité de l'emploi à mon portefeuille. J'ai donc passé un concours de recrutement ouvert à tous les citoyens, ce choix sur ma promo de maths spé nous ne sommes que 3 à l'avoir fait sur 52. Et ce choix parfois je le regrette amèrement non à cause de l'argent mais à cause de l'opprobe qui s'est abattue sur les fonctionnaires et en particulier les profs, cette opprobe m'a poussé à la dépression comme par hasard après qu'un de mes collègues de travail se soit tiré une balle dans la tête, un type formidable, très investi dans son travail, tout le temps à monter des projets, à participer à tout ce qu'il n'était pas obligé de faire, un jour il a remis à sa collègue son trousseau d'une cinquantaine de clés pour les installations sportives, le foyer, et tout un tas de choses, et puis on ne l'a plus jamais revu. Comme par hasard après aussi qu'un membre de ma famille très très proche se soit pendu avec une ficelle de saucisson. Votre échelle d'importance des suicidés me choque horriblement, elle est insupportable, comme si il y avait des morts plus importantes que d'autres...
Par Patrice Guyot

Re: Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Non ! Je n'ai pas d'échelle d'importance des suicidés, il n'y a pas de morts plus importantes que d'autres...

Je me fiche royalement de vous choquer !

D'autant que vous démontrez dans vos divers posts que ce qui vous intéresse ce sont les malheureux fonctionnaires dont une proportion infime se suicide (mais cela vous ravage) tandis que les gens du privé, les petits entrepreneurs acculés à la ruine par des charges invraisemblables, les chômeurs - qui ne sont jamais des fonctionnaires - se suicident par milliers en vous laissant d'une totale indifférence.

Il serait temps de s'unir, nous sommes d'accord, mais il faudrait admettre que les morts de fonctionnaires ne sont pas les seules à poser des questions... C'est un préalable non négociable !

Quant à Quijoda, il y a longtemps que je refuse de répondre aux gens dépourvus d'encéphale, 75% de fonctionnaires chez FT c'est un fait, pas une opinion. Et ses divers délires ma laissent froid.

Prenez donc des cours d'informatique Quijoda, cela nous épargnera de devoir nous infuser vos balises ! Ce court message est le premier et le dernier que vous recevrez de moi.

"Faut pas parler aux cons, ça les instruit"

Michel Audiard

***
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Citation:
, 75% de fonctionnaires chez FT c'est un fait, pas une opinion.


ce n'est pas un fait ni une opinion, c'est un mensonge, il y a 0% de fonctionnaires chez FT, mais on ne fait pas boire l'ane qui n'a pas soif. On a beau vous expliquer qu'il n'y a que 3 fonctions publiques , on a beau vous demander dans laquelle de ces 3 fonctions publiques vous rangez FT, on attend toujours la réponse. Comment appelle-t-on ceux qui font passer des mensonges pour des faits? des ignorants? des manipulateurs? pire ?
Par Patrice Guyot

On bosse fort

Contribution de la fonction publique à l'activité du pays,

Aimablement suggéré par l'excellent Alain Korkos et extrait du sublime site de Robin Maltête...

On bosse fort

***
Par Winston Smith : misanthrope

Re: On bosse fort

moi j'ai trouvé un flic qui glandouille: [pythacli.chez-alice.fr]
et juste au cas où on me reprocherait de montrer une photo de la police grecque voici ceci: [baillif.jimdo.com]
ce que vous faites Monsieur Guyot c'est tout simplement dégueulasse, si j'en avais le pouvoir je vous bannirai sur le champ.
Par MonaO

Re: On bosse fort

"Faites nous encore plein de petites émissions qui révulsent PG, "

+ 1
Par Winston Smith : misanthrope

Re: On bosse fort

amusant, je reviens d'une soirée de féria, d'où l'heure tardive de mon post quelque peu alcoolisé je le concède. je viens d'assister à une série de bastons dont l'origine s'est jouée à 1 mètre de moi ! 2 personnes se sont percutées accidentellement, l'une est tombée à terre hébétée...ses amis se sont rués sur l'autre...et là pim pam poum...qui s'est jété dans la mêlée? la police municipale bien évidemment, des fonctionnaires de la territoriale quand chacun ne songeait qu'à protéger ses fesses, pour ma part je me suis précipité vers mes 2 filles pour les protéger et après nous le déluge !, pendant toute l'heure qui a suivi la police municipale a courru dans tous les sens pour enrayer les résurgences de ce même conflit., moi je vais aller dormir mais quelque chose me dit que les municipaux ne sont pas encore couchés...
Par Pietro

Re: On bosse fort

Citation:
Contribution de la fonction publique à l'activité du pays,

Aimablement suggéré par l'excellent Alain Korkos et extrait du sublime site de Robin Maltête...

On bosse fort

***

oUI LA FONCTION PUBLIQUE EST A LA MEME ENSEIGNE, pour ce qui est de mon cas j'ai déménagé 8 fois de bureau en 4 ansà 56 ans (cadre A de la fonction publique) mais ce qui n'a pas été abordé dans "le peu d'écho que suscite ce sujet" est le fait que lorsqu'il y a des dépressions dues au travail, c'est aussi un peu parce que certains dans l'entourage professionnel finalement acceptent cette situation d'individualisation et marchent dans le piège en espérant que l'orage passe à coté, voire se font les complices actifs en dénonçant ses petits camarades et se sentent quand m^me un peu coupables lorsqu'un accident arrive. Comme les syndicats qui savent et ne disent rien ( même s'ils ne peuvent faire grand chose en l'absence de réaction collective) n'avoir rien dit rend un peu complice et l'on préfère ne pas en parler.
Par Jovan

Temoignage d'un pigeon voyageur

1 - Preambule
Je travaille pour un editeur de logiciel francais.
Je suis un consultant, et j'ai eu l'occasion de voyager enormement pour mon entreprise. Je vis actuellement a New York.
Je ne tiens absolument pas a critiquer mon entreprise, mais a temoigner de mon experience sur les conditions de travail dans differents pays afin d'apporter un eclairage international et culturel. Je ne parle qu'en mon nom.

2 - Paris, France
Je viens de l'industrie. Un bureau. Les open space, j'ai deja pris l'habitude. Mes premiers jours sont etranges, j'arrive dans un open space a l'ambiance feutre. Je m'assoie a un bureau libre, duquel on me degage gentilment... puis un deuxieme.... J'ai l'impressions d'etre au milieu d'une meute de loups dominant qui se battent pour leur territoire. Cette situation est acceptable, je suis consultant, je ne passerai pas mon temps dans ce bureau. Je changerai tout le temps en fonction des clients chez qui j'interviendrais. Je suis paye pour ca, je l'accepte. Je trouve un coin.
Au bout de quelques semaines, je suis assigne a un bureau chez un client. 3 personnes, un bureau ferme. Le pied. J'oublie ces premiers jours rapidement et me concentre sur mon travail. Je changerai de bureau 3 fois en deux ans a chaque fois suite a de nouvelles affectations. Rien d'anormal, a chaque fois des bureaux fermes. De temps en temps je repasse sur le lieu de l'entreprise, je trouve un bureau libre. Il y a un telephone, je n'ai besoin de rien d'autre pour travailler. Mes papier sont a mon bureau, je ne m'inquiete pas. A mon dernier bureau j'avais vu sur la Seine.

3 - Montreal, Canada
Les entretiens annuel d'evaluation de performance, je connais. Et comme il est explique dans le sujet, je negocie mon avenir dans la societe. Et mon avenir a moi n'est pas en France. Je veux partir voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Ca sera Montreal, je suis donc mute.

Montreal en hiver c'est terne. Peu de lumiere.

Premier jour. Le batiment est en longueur. Quelques bureaux sont sur le cote. Au mileiu d'une grande salle, un open space. Et ca grouille. En amerique du nord, j'etais prevenu, on travaille dans des "cubicle" qui permettent d'etre en open space mais d'avoir une certaine "privacy". La rien de tout ca. Des bureaux en L de 1m par 1m (pardons 3 pieds carres) separes par des pannaux fins et bas. Des papiers partout de la personne qui a occupe le bureau precedement. un telephone, une chaise. Un bruit incessant des gens au telephone qui crient, parlent fort. Il n'y a pas de lumiere naturelle. En France c'est interdit par les coventions collectives. Sans cesse plonges dans une luminosite agressive, entoures de bruit... Est-ce que j'ai fais le bon choix?
Lorsque beaucoup de consultants reviennent de chez le client, il n'y a pas assez de place. Il faut donc se lever tot. Ou reserver son bureau comme chez IBM... La solution la plus efficace est de mettre tellement le Bronx sur sa table que personne ne veuilles s'y assoir. C'est pour dire.

On me presente ma manager. Elle a la fonction de "gestionaire de ressource". En gros c'est elle qui fait en sorte que je suis facture chez le client. Pas une personne qui connaisse mon metier. Une secretaire promue parcequ'elle savait faire du reporting. C'est cette personne la qui me fixe des objectifs, qu'elle ne comprends pas elle meme. Que je ne peux pas negocier. En France, c'etait tout le contraire. On parlait, mon manager d'alors fixait ce qu'il pensait etre de bons objectifs, je negociais des ressources en echanges, j'en mettais d'autres... enfin bref, j'avais l'impression d'avoir la main sur ma carriere. La non. Est-ce que je suis toujours dans la meme entreprise? Pourtant oui.
Ne pouvant parler avec ma manager direct qui ne comprends pas les challenges auquels je suis confrontes dans mon travail, je parle avec mon N+2. Qui est base a Charlotte en Caroline du Nord. Qui voyage souvent. Qui est nouveau dans ses fonctions. Bref ce n'est pas l'ideal. J'ai travaille pendant 6 mois dans ces conditions. Il y a de bons cotes, en particulier un esprit d'entraide, une emulation certaine, mais le bruit empeche de se concentrer.

3 - New York, USA
Voulant reprendre la main sur mon avenir, je m'ouvre a certaines personnes dans l'entreprise et fini par changer de poste. Et je choisi de demenager a New York pour travailler de chez moi. Les relations manageriales se passent mieux. Travailler de chez soi n'est pas facile, mais c'est la regle aux US. Moins de couts fixes. En tant que consultants, nous sommes obliger de voyager souvent, donc un bureau vide ca coute de l'argent. Chex nous un bureau ne coute rien a l'entreprise. C'est meme tou benef, vu qu'on a des reductions d'impots. Mais fini l'emulation. Et vive les conferences telephoniques.
Mais l'economie change. Vite. Notre entreprise se porte pas trop mal ,mais est affecte en debut d'annee par une chute des commandes. Notre PDG annonce qu'il fera tout pour ne virer personne. Tout le monde est rassure, mais ca continue et on ressoit des emails qui sonnent pas bon. Il va falloir degraisser, tout le monde le sens. Un matin, tout le monde est covoque dans une conference telephonique. Il y a eu une re-organisation decidee le matin a 8h. On a revu les performances de tout le monde, les capacites a s'adapter a de nouveaux challenge et on a demande a certaines personnes de partir.
Les bruits courrent vite. Voila comment ca se passe aux US. Tu travaille de chez toi, tu te connecte et la tu n'as plus access a tes mails. Tu appelle le service informatique qui t'explique qu'il y a un petit probleme mais que ca sera resolu dans la journee. a 10h, tu recois un coup de telephone de ton manager et de ta "conseillere RH" qui te notifie ton licenciement. On t'envoie une boite dans laquelle tu mets ton PC portable ainsi que toutes les affaires qui appartienne a l'entreprise. A renvoyer rapidement. Et c'est fini. 10 min. a 13h on convoque tout le monde et on annonce la nouvelle.
Ce ne sont pas des licenciements economiques, mais des licenciement pour manque de performance. Tu as droit a rien.
Je suis passe a tarvers des mailles du filet, mais j'avoue que meme en connaissance de cause (je sais ou j'habite quand meme!) ca fiche un coup au moral.
Secouer le cocotier. C'est exactement la bonne expression. On nous dis que c'est normal, que pour maintenir la reactivite des employe IBM licencie 3 a 4% de ses effectifs dans le service par an (non verifie). C'est donc un evenement normal dans la vie d'une societe. Je note qu'aucun manager n'est licencie.

4 - Seoul, Coree du Sud
Petit flash back. Envoye a Seoul pour un projet j'ai eu l'occasion de voir un peu les differences... la bas, encore moins de place que moi a Montreal. Les gens s'entassent dans des salles de reunions, quand ils ne sont pas dans des lignes. Les lignes c'est des bureaux ou tout le monde travaille les uns a cote des autres sans auncun espace prive. Mais on a une place assigne. Au bout de la ligne il y a un Line manager qui surveille tous les faits et gestes des emplyes. Combien de temps il s'absente etc. Peut-eter etait-ce particulier de l'endroit ou j'etais, mais ce fu experience assez bizarre (ca et les toilette qui te projettent de l'eau :)).

5 - Et pendant ce temps la a Paris
Afin de conserver une image sociale que mon entreprise possede a juste titre, pas de licenciement. On se sert des legisaltion locale plus souples pour degazer a l'etranger.

6 - Conclusion
Je vis tous les jours l'americanisation des conditions de travail francaises. Tout ce qui fait peur dans le sujet, ben ca existe deja ici. Et comment c'est gere? C'est externalise. La plupart des entreprises americaines souscrivent a des service d'aide psychologique anonymises que ses salaries peuvent appeler a n'importe quel moment. Pendant qu'on nous anoncait la reorganisation, on nous a d'ailleurs plusieur fois conseille de faire appel a eux.
Un article dans Rue89 faisait d'ailleurs reference a la monte de ces entreprises en France.
Je ne suis pas malheureux dans mon boulot. Je ne crois pas que mon entreprise en particulier raisone de facon asociale, je n'ai que peu a lui reprocher, et je le garde pour moi. Mais ce temoignage est pour montrer que l'organisation asservi l'humain de plus en plus et surtout en temps de crise. Les differences culturelles entre pays tendent a s'effacer pour laiser place a une machine implacable pour faire du rendement. Ce que nous avons vecu dans les annees 80 avec les ouvriers, se passe maintenant a tous les echelons de l'organization (l'oppresseur n'est plus le patron, c'est le marche...).
A cote de ca, notre societe est de plus en plus resiliente. On accepte plus maintenant qu'il y a 50 ans. Moi pas moins ni plus que les autres.
J'accepte cette insecurite parceque j'en ai fais mon mode de vie et que la plus importante des choses pour moi ne se situe pas dans mon travail mais dans les gens que je rencontre. Quand des gens sont presses par l'orgnisation, oppresse par son poids, et qui ne trouvent pas d'alternatives a la demotivation dans leur travail, alors je ne peux que comprendre qu'ils envisagent de passer a l'acte.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

merci, merci, merci et pour ne pas oublier encore une fois merci. Puis-je publier votre témoignage quelque part sur mon site web perso?
Par Annie Sétoualé

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Coiffée sur le poteau ;-)
Oui, c'est très chouette d'avoir des témoignages d'ailleurs. Merci :-)
Par Jovan

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

A une seule condition, virer toutes mes fautes d'orthographe.... deal?

Ah oui et le lien vers ce site



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:43 le 23/05/2009 par Jovan.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

marché conclu par contre je ne garantis pas les délais de livraison :p
Par Gavroche

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Merci pour ce témoignage éclairant ...

Laurence Parisot, patronne du Medef, avait lancé cette phrase :
« La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Explication de texte passionnante, ici :

http://www.mezetulle.net/article-14437136.html

Elle est pas belle, la vie ?
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

"Le plus difficile dans cette affaire est de comprendre pourquoi de tels propos peuvent être tenus sans faire de vagues."
il a bien raison Jean-Michel Muglioni...

allez hop une petite piqure de rappel: tout le monde doit savoir un minimum de choses sur ce sinistre personnage

enquete sur la présidente du MEDEF "fille d'industriel, petite fille d'industriel , 4 fois nièce d'industriel":

sa plus belle: "LA LIBERTE DE PENSEE S'ARRETE OU COMMENCE LE CODE DU TRAVAIL" mais est-ce bien une perle?

quoique celle-là n'est pas mal non plus:
"la vie est précaire, la santé est précaire, l'amour est précaire alors pourquoi le travail ne le serait pas?"

Parisot-Siège de France : c’est une société, dans la Somme, qui appartenait au père et aux oncles de Laurence Parisot. La pire boîte du coin, de réputation, avec des dépressions en série, un code du travail « à eux », un délégué syndical licencié quatre fois en quatre ans et réintégré 4 fois par les tribunaux...pas le droit d'aller aux toilettes, pas le droit de manger (8 heures d'affilée sans casse croute), pas le droit de boire, pas le droit de parler, de lever la tête, de tourner la tête à gauche et à droite,brimades pour ceux qui osent revendiquer l'application du code du travail, il y a eu plusieurs suicides. L'entreprise a délocalisé en Roumanie puis dégraissée sans prime de licenciement. Là bas, on disait aux enfants pas sages: "si tu continues tu iras travailler chez Parisot". C'est ce modèle auquel se réfère très souvent Laurence Parisot et c'est de la fortune accumulée par ce modèle dont elle a hérité pour racheter l'IFOP..
[www.la-bas.org]
Quand Parisot rachète certaines entreprises comme l'entreprise Boussac, c'est grace à une subvention publique de 39Millions de Francs, un prêt de Boussac lui même pour 17Millions de Francs et enfin une aide de la région de 4,7 Millions de Francs, Parisot a sorti seulement 2,5 Millions de Francs de sa poche pour acheter une société qui reste l'une de ses plus grosses filiales. Les mêmes dénoncent l'assistanat mais ils ne refusent pas qu'on les assiste. La famille Parisot est à la 276° place des fortunes françaises. Laurence Parisot a dirigé deux boîtes. La première, Optimum, près d’Agen, dont elle a hérité au décès de son père a failli couler sous sa direction, elle n'a jamais vraiment été présente dans cette société , elle y est venue 2 fois en 4 ans, pourtant elle a mis en avant son implantation à la tête de cette PME pour être élue à la tête du MEDEF. Parisot arrive en 2002 à la tête d'optimum. Redressement fiscal en 2003. En 2004, première année de déficit depuis l'existence de la société. En 2005 les pertes triplent ! Puis elle a vendu et les bénéfices ont repris il y a même eu 15 nouvelles embauches et optimum est désormais leader sur son secteur. Comme elle dit elle même: "tous les chefs d'entreprise n'ont qu'une envie, c'est de voir leur entreprise grandir, de la voir se développer" ou bien "Quand on est patron d'une petite entreprise,on rêve d'être patron d'une PME, quand on est patron d'une PME on reve de créer des filiales à l'étranger et de devenir une grande entreprise, et devenir plus grand , ça veut dire quoi? embaucher, embaucher..". La seconde, l’IFOP, racheté grâce à la fortune familiale - et où la quasi-totalité des employés sont en contrat précaire. Et c’est ainsi qu’on devient « la meilleure des patrons ». En fait c'est une héritière, elle n'a rien bati du tout, rien entrepris, rien créé.
[www.la-bas.org]

Alors que les suppressions d'emploi se multiplient et que la colère sociale monte dans les usines, la patronne des patrons a décidé de durcir le ton. Réclamant de nouvelles baisses de charges pour les entreprises, elle a estimé mardi que la journée d'action de grève (du 19 mars) avait "un coût en terme de démagogie et d'illusions créées". A l'en croire, la CGT voudrait "faire disparaître des entreprises". Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibaut, lui a répondu qu'elle faisait preuve " d'un archaïsme d'un autre temps". "Le Medef marche vraiment à côté de ses pompes", a renchéri dans Les Echos François Chérèque, de la CFDT.

Au début du mois de mars, elle avait déjà créé la polémique en regrettant que "les équipes du Medef Guadeloupe se sont retrouvées face à une organisation gauchiste, très politisée, qui milite pour l'indépendance de la Guadeloupe et n'hésite pas à user de menaces et de pressions qui sèment un véritable climat de terreur".

Selon elle, OBAMA N'A RIEN COMPRIS! Mercredi dernier, le président américain a annoncé le plafonnement à 500 000 dollars (388 600 euros) par an du salaire des dirigeants d'établissements financiers recevant des aides de l'Etat fédéral. Dans La Tribune, Parisot s'insurge : "C'est le risque que partent des hommes ou des femmes qui sont peut-être pour partie responsables du drame économique actuel. Mais qui sont aussi les plus compétents pour mettre en place les solutions. Il faut laisser à l'entreprise la liberté de fonctionner. C'est à cette condition qu'elle est créative et efficace." Madame Parisot ne voit donc aucun lien entre la débâcle économique créée par certains "responsables" et leurs compétences. Ni entre une aide de l'Etat et une contre-partie. C'est un peu comme si vous nous disiez que celui qui a mis la voiture dans le mur est le mieux placé pour réparer la voiture et la conduire à nouveau.

le 18 février 2009 elle déclare "les entreprises françaises n'ont pas à rougir de la façon dont elles gèrent ce partage de la valeur ajoutée"
[www.lepost.fr]

Critiquant certaines des mesures sociales envisagées lors du sommet social du 18 février, la patronne du Medef résuma ainsi sa pensée : "Il faut cesser de présenter les choses comme si on était tous en train de faire la queue devant le Pôle emploi." Assurément, personne n'avait imaginé une seconde Mme Parisot en pareille posture.
Par Gavroche

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Curieusement, les subventions publiques à ces gens là, les cadeaux faits au plus riches ne font pas bondir le sieur Guyot et ses petits copains libéraux... Seul l'argent utilisé pour payer le travail des fonctionnaires le gêne...
Par Rhlcreux

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Bonjour,

Je viens de regarder l'émission et lire les commentaires de ce forum.
Ce sujet m'intéresse à la fois en tant que salariée et en qualité de professionnelle des Ressources Humaines.

Je travaille pour OVAT, Observatoire de la Vie Au Travail. Nous menons actuellement une
enquête nationale sur le vécu professionnel dont les premiers résultats seront diffusés le 23 juin 2009,
à la suite des 3 000 témoignages recueillis en mars et avril derniers sur internet et en face à face.

A la lecture de vos commentaires très intéressants sur ce sujet, je vous propose de participer à notre enquête "Zen ou stressé au travail ?"
sur www.ovat.fr, et de nous laisser votre commentaire sur support@mars-srm.com.
Vous pouvez aussi participer à une de nos tables rondes organisées le 1er et le 4 juin 2009 à 14h00 Paris 75010 en vous inscrivant par mail crevoisier@mars-srm.com.
N.B : Le questionnaire en ligne est totalement anonyme ainsi que la participation aux tables rondes.

Sur www.ovat.fr, vous aurez accès à une évaluation immédiate et vous pourrez recevoir les résultats par mail.

A bientôt !
Par Elihah

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Merci à Jovan pour son témoignage.
Qui me fait penser à parler de l'aide psychologique.
Il faut bien comprendre que lorsqu'elle est proposée par l'entreprise, le 'travail psy' qui y est fait consiste surtout à permettre à l'employé d'être écouté dans sa plainte, c'est important certes,
mais surtout à trouver des solutions d'adaptation dudit employé en termes de remise en cause de sa personnalité.
Comme le coaching, en somme.( je vous renvoie aux bouquins de R.Gori)Qui est au final un management de sa vie en termes de 'réussites' cadrée sur les valeurs du moment.
La psy d'entreprise sert * le plus souvent* à adapter les gens au monde et non à les accompagner dans un mieux-être épanouissement personnel et... non référencé à la demande du monde du travail.
Là aussi il s'agit de personnaliser le boulot et le ressenti, de façon qu'il n'y ait pas de remise en cause des conditions concrètes ou non (genre autocontrainte etc) par une bande d'employés.
Entendons nous bien: je ne dis pas que les psys sont forcément recrutés pour cela expressément (quoi que, ça doive arriver, que ce soit par conviction ou par intérêt, faut bien bouffer, hein) mais c'est ce qu'il se passe le plus souvent, notamment aprce que l'entreprise autour demande leur demande cela implicitement ou explicitement.
Ca renvoie aussi au pbme de la médecine du travail...
Il y a eu je ne sais plus quand, annoncé à grand coups de trompettes, un observatoire du mal être en entreprise institué par le gouvernement et blah et blah .. avec ensuite proposition de mettre des écoutes psys à dispo... le prez de cette commissionest un gars qui tient un cabinet de psy d'entreprise version coaching.
Ou comment piéger les gens, donc.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 20:59 le 23/05/2009 par mebahel.
Par Vian's

Christophe Dejour

Dans l'émission, Danièle Linhart fait référence aux travaux de Christophe Dejours.

On peut voir la vidéo d'une conférence qu'il a donnée assez récemment ici :

[www.dailymotion.com]
[www.dailymotion.com]

Il dit intelligemment des choses intelligentes, et en plus il est drôle !!!
Par Saera

Re: Christophe Dejour

Très bon complément à l'émission.
Par Pod

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Tout ça me fait penser à "l'openspace m'a tuer" un bouquin réaliste sur le néomanagement et le stress au travail.
Par Gavroche

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Concernant Besancenot "piégé" par le PS, voir en ligne le remarquable reportage de France 2 hier, samedi 23 mai (le 13 h 15 de Laurent Delahousse)... qui se met à faire du ASI...

http://13h15-le-samedi.france2.fr/index-fr.php?page=accueil&id_article=372

Où l'on s'aperçoit que le PS est tellement nul qu'au lieu d'être solidaire de la misère des ouvriers licenciés, il tape sur Besancenot pour grappiller quelques voix... Avec en première ligne la responsable de Com du PS, tout sourire... Ces gens là, tout comme Sarko, sont à vomir...

Elections, piège à cons.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

très efficace!
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Lien qui ne fonctionne pas d'ailleurs... lié à une adresse IP unique sans doute. J'aurai du vérifier avant de faire le malin.. Je vous indique pas comment le trouver, je vais me faire taper sur les doigts sinon...
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il suffit de deux clics tout juste pour la télécharger sous Safari...
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

(ou quand les nouvelles mesures de protection et de diffusion de Dailymotion sont totalement foireuses, puisqu'auparavant, on ne pouvait même pas récupérer la vidéo dans le cache de Safari, il fallait faire différemment, avec un autre navigateur. Aujourd'hui c'est super simple!!)
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 1/5max du 24/05/09.

Citation:
Je vous indique pas comment le trouver, je vais me faire taper sur les doigts sinon...

Vous allez surtout pousser Daniel au suicide, déjà qu'il parait qu'il s'investit beaucoup dans son travail...
Bon d'accord, cela serait raccord avec le sujet de cette émission, mais bon...

;) yG
Par dom

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

je comprends très bien qu'on en vienne à se suicider à cause de son travail. Le suicide m'a traversé l'esprit et pourtant ma vie personnelle était heureuse. J'ai eu un désaccord important, du point de vue moral, avec mon supérieur. Cela m'a miné : je trouvais que mon travail perdait toute utilité.
J'ai tout de suite reconnu les symptômes de la dépression et j'ai consulté un médecin qui m'a prescrit des médicaments (notamment pour ne plus faire de cauchemars "professionnels"). Quand on est en dépression, les choses heureuses de notre vie tendent à s'effacer, à pâlir et c'est ce qui rend la chose incompréhensible pour l'entourage qui n'a pas fait l'expérience d'une telle maladie. Je trouve que les psy devraient donner leur point de vue sur ce type de dépression pour qu'on ne dédouane pas trop facilement les entreprises. L'idée est trop répandue qu'il n'est pas possible de se suicider uniquement à cause du travail et que la vie personnelle a forcément à voir là dedans. Je pense que non.
Par laurents

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

deux mots concernant ce que DS dit à la fin de l'émission sur le fait que les protocoles managériaux mis en place seraient "contre-productifs" (avec les arrêts de travail, les suicides, etc.).
On a ici un bel exemple de ce qu'on appelle l'externalisation. L'entreprise ne prend en compte que ce qui lui coûte. Or tous les frais liés au stress (frais pour la sécu), aux suicides (--> ça fait des frais pour les assurances, par exemple) sont externalisés. L'Entreprise ne les prend donc pas en compte.
C'est exactement la même chose que pour les pollueurs. Ils continuent de polluer... jusqu'à qu'on les touche au tiroir-caisse. S'il est rentable de continuer à polluer, ils pollueront.

En conséquence, si étaient mis en place des protocoles qui définiraient dans quelle mesure un stress ressenti était dû au travail (on peut différencier les suicides "pur travail" des autres suicides, apparemment; j'imagine que l'on peut trouver des critères plus ou moins objectifs pour le stress "pur travail"), et qu'on faisait ensuite payer à l'entreprise qui emploie les frais qui en découlent, il ne serait plus rentable de "secouer le cocotier".
non?
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 2/5max du 24/05/09.

Citation:
En conséquence, si étaient mis en place des protocoles qui définiraient dans quelle mesure un stress ressenti était dû au travail[...] et qu'on faisait ensuite payer à l'entreprise qui emploie les frais qui en découlent, il ne serait plus rentable de "secouer le cocotier". non?

En théorie, vous auriez raison, Laurent S., si seulement nous étions dans une espace clos. Or, nous savons bien, par expérience, comment de trop nombreuses entreprises s'acquittent des diverses contraintes locales, elles poursuivent bêtement leurs externalisations dans des contrées moins regardantes. Tant qu'il n'y aura pas une uniformité légale au niveau planétaire, ce petit jeu mesquin du chat et de la souris aura encore de beaux jours.... hélas.

yG
Par Annie Sétoualé

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
En conséquence, si étaient mis en place des protocoles qui définiraient dans quelle mesure un stress ressenti était dû au travail (on peut différencier les suicides "pur travail" des autres suicides, apparemment; j'imagine que l'on peut trouver des critères plus ou moins objectifs pour le stress "pur travail"), et qu'on faisait ensuite payer à l'entreprise qui emploie les frais qui en découlent, il ne serait plus rentable de "secouer le cocotier".
non?

On pourrait aussi faire payer à ces entreprises les obsèques de ceux qu'elles ont maltraités au point que vivre était devenu insupportable.
Seulement voilà, il faudrait que l'entreprise soit capable de reconnaître ses fautes et il n'y aurait pas autant de dossiers au prud'homme, si c'était le cas. Cela veut dire que la grille de critères, si elle voyait le jour serait combattue, la réalité des critères retenus sur telle ou telle personne niée. Dans les dossiers délicats, il n'est pas toujours facile de faire éclater la vérité. J'ai eu quant à moi à défendre une fois un personnel faisant à mon sens clairement l'objet de harcèlement. Je n'ai même pas réussi à faire qualifier la chose, faute de témoin. Je n'avais que la parole de cette personne, un mal être énorme. Je me suis dit à l'époque qu'il lui aurait fallu un avocat, quelqu'un qui aurait su tirer le maximum du peu qu'il obtient. Voilà où on en est. Pour avoir la reconnaissance d'une simple réalité, il faut avoir recours à des professionnels. Je me suis sentie tellement impuissante, inutile à cette personne.
J'imagine que dès lors qu'il y a des amendes ou des pénalités en jeu, les entreprises seraient amenées à faire la guerre à ceux qu'elles suspecteraient d'être capables de craquer. L'enfer serait plus court, plus brutal, mais ça resterait l'enfer.
Nous avons à notre tête un gouvernant qui pense que la répression est la seule voie possible. L'inefficacité de son action répressive est criante, et décriée d'ailleurs jusqu'à ceux-là mêmes chargés de faire appliquer les lois.
Oui, le comportement irresponsable des entreprises vis à vis de leurs employés devrait être sanctionné, mais la sanction, on ne le sait que trop fait évoluer les comportements vers du moins visible, ça ne règle pas le problème.
Le problème, c'est un problème de société, profond. Un problème d'acceptation ou non des règles imposées. Et globalement nous laissons faire. Parce qu'on ne sait pas s'organiser. Parce qu'on s'est laissé diviser, public contre privé, "privilégiés" contre les autres. Parce qu'on est faible. Parce que la culpabilisation de ceux qui ont quelque chose par rapport à ceux qui n'ont rien ou moins, marche à fond.
Voyez qui est à notre tête : un type qui croit à fond à ce management inefficace.
Nous sommes dans un monde où la réalité se retrouve étouffée sous des tonnes de plan de com. C'est la com qui importe. Ce qu'on réussit à faire croire. Et tant qu'on ne sera pas sorti de ça, on pourra inventer toutes les règles, ça ne changera rien. C'est la société qu'on doit changer. La mentatilité, la façon de vivre et travailler ensemble. Sans projet de société plus humain, il ne se passera rien et ça continuera encore et longtemps.
La seule question est comment y arriver ? Par quels moyens ? Attendre qu'un leader politique emmerge et nous emmène vers ça ? Mais combien de temps encore va-t-il falloir attendre ce messie qui ne viendra peut-être jamais ?
Résister, combattre, rejeter les règles qui nous semblent iniques. Que nous reste-t-il pour sortir la tête hors de l'eau ? Le bien être serait-il devenu aujourd'hui un himalaya ?
Par djinneo

le point de vue de la direction...

Chers actionnaires,
Le suicide au travail est un problème très grave qui touche notre entreprise... C'est même une urgence sur laquelle nous devons concentrer nos efforts immédiatement. En effet, une société moderne ne laisse pas ses employés se suicider: c'est très mauvais pour son image. Et comme vous le savez, une perte d'estime et de confiance envers notre marque, et ce sont des dividendes et des investissements qui s'envolent.
La direction que je représente ne peux pas laisser ses employés se suicider: nous devons les virer avant qu'ils ne passent à l'acte.

Heureusement, Google, notre allié symbiotique de toujours développe un algorithme afin de déterminer quels sont les employés qui sont susceptibles de démissionner avant même qu'ils y pensent. Je vous propose que nous nous inspirions de la lumière amerlocaine, en y rajoutant notre french-touch et notre savoir-faire: c'est à dire qu'on rajoute à l'algorithme, la composante du suicide... et que c'est le gouvernement qui va payer notre nouvel outil de performances.
Comme je l'ai dit, comme ça on les vire avant qu'ils ne se suicident, du coup ce ne sont plus nos employés qui se suicident, mais des chômeurs.
*clin d'oeil*
*brouhaha rires dans l'assemblée*

Chers amis, pour ce faire je vous propose de faire voter une loi que nous ferons rédiger, par le pôle relations-externes. Nous inviterons le gouvernement à faire une proposition de loi, initiatrice d'un grand plan de santé-publique qu'on pourra appellé "le travail c'est la santé".
*clin d'oeil*
*brouhaha rires dans l'assemblée*

*clin d'oeil*
*reprend un air grave*
Bien... Si le nom de cette nouvelle réforme n'a pas encore été trouvée - on laissera une certaine marge au gouvernement sur cette question- nous avions pensé à demander des allègements de charges pour mettre en place dans notre entreprise cette politique de la santé au travail. Ce qui nous permettra de financer ce qui nous importe, à savoir la mise en application de ce nouvel algorithme de gestion des ressources humaines. D'après nos premières estimations, ce projet pourrait, à court-terme, non seulement être payé par nos réductions de charges, mais en plus on devrait pouvoir retirer quelques bénéfices supplémentaires.

Ceci sans compter les 3 plus-values à moyen termes: concernant notre image marketing, concernant l'efficacité du pôle RH, et concernant la revente du brevet de ce logiciel dans une dizaine d'année...

Merci de votre attention. Avant le vote, on va passer aux questions et aux remarques...

*un actionnaire*
Moi je m'oppose à ce que le gouvernement ait en charge de trouver le titre de notre projet. Je suis désolé, mais Séguéla a échauffé les esprits avec sa Rolex. Je dis pas que c'est grave mais on devrait marquer le coup. Si on laisse le gouvernement trouver un titre, c'est lui qui va avoir le contrat com'. "Santé au travail", c'est bien, c'est sobre, c'est spartiate, et ça fait prolo. Et surtout, ça lui fera les pieds... Sinon, oui, ça me parait pas mal...

Accordé.

Une commission gouvernementale, un rapport, des propositions de lois, notemment sur la création d'une instance de surveillance de la pénibilité au travail qui nous permettra de récupérer les infos dont nous avons besoin pour notre algo, et j'imagine quelques mesurettes pour égayer un peu de bouquet... pour procéder à un vote rapide... du moins dans notre notre assemblée...
*clin d'oeil*
*rires de l'assemblée*

qui est contre?
*rires*
Par stéphane bommert

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Infirmier depuis 10 ans dans la fonction publique hospitalière, je suis non syndiqué mais assez "fort en gueule" lorsqu'on me cherche. Je suis nomalement convoqué par mon M+1 (de la même façon qu'à FT) tous les ans pour mon entretien personnel de notation, fixer mes objectifs de l'année et argumenter sur cette notation.
Ai trouvé la solution pour ne pas stresser : JE REFUSE D'Y PARTICIPER ! Je signale donc à mon cadre que je ne viendrai pas à l'entretien, que je signe sa feuille de notation avec la note qu'elle veut mettre sans problème. Résultat : suis payé comme les autres, aucune incidence et je le vis bien (elle moins), pendant que certains de mes petits camarades courrent. Je précise tout de même que j'essaie d'être irréprochable dans mon travail, que le jour où cette cadre me descend parce que ma tête et cette méthode ne lui reviennent pas, faudra qu'elle argumente.

8 ans dans le même service, 7ème cadre !

Stéphane.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

ce qui montre bien que le meilleur garde fou contre ces dérives reste à ce jour la sécurité de l'emploi.
Par Salfra

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
ce qui montre bien que le meilleur garde fou contre ces dérives reste à ce jour la sécurité de l'emploi.

Je dois être un peu fatigué, mais pouvez-vous m'éclairer : s'agit-il d'une vacherie contre ceux qui ont la sécurité de l'emploi ou d'une revendication en faveur de cette sécurité... ?
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 3/5max du 24/05/09.

Citation:
s'agit-il d'une vacherie contre ceux qui ont la sécurité de l'emploi ou d'une revendication en faveur de cette sécurité... ?

Ayant eu l'occasion de lire ici et là quelque peu Fred B., c'est assurément la seconde option.

yG
Par Salfra

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Merci !
Sur @si, on (les intervenants) manie tellement l'ironie au énième degré qu'on (le lecteur) finit par ne plus savoir.
En fait, j'avais d'abord rédigé deux lignes absolument hilarantes pour répondre avec l'humour fin mais percutant qui me caractérise et qui me permet de jouir de la considération respectueuse de mes semblables, mais bon, j'ai eu un doute, je l'ai écrit, et depuis je ne sais plus très bien ce que j'avais pensé de si drôle...
Par PJLSM

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Faites-nous rire.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
Ayant eu l'occasion de lire ici et là quelque peu Fred B., c'est assurément la seconde option.

yG


je confirme :)
Par PJLSM

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Dupond et Dupont
Par kakii

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

J'ai ecoute avec beaucoup d'interet les intervenants de votre debat, notamment le discours qui est tenu en fin d'emission. Il y est question des conditions de travail qui, dans le management moderne, deviennent physiquement mais surtout psychologiquement de plus en plus difficiles a vivre.
Tout en denoncant l'emotion recherchee par les medias et qui focalise l'attention sur les suicides plutot que sur les conditions de travail de notre "epoque moderne", votre emission est tombee dans ce meme travers: se focaliser sur les suicides. Il serait tres interessant que vous fassiez un jour une emission sur le management moderne et sur ses sources, en mettant l'accent peut-etre sur son impact programme en ce qui concerne les services publics. Que ce soit les hopitaux, les ecoles, les universites ou la recherche, tous sont concernes par la "gestionnarisation", la mise en concurrence des individus, la rentabilite, l'evaluation permanente et l'etat d'esprit client-service qui y fleurissent depuis plusieurs annees. Et il serait utile qu'un jour l'on s'interroge sur l'origine de tout cela. Qui decide que cela doit etre ainsi? Comment se fait la construction europeenne actuellement? La marchandisation de tout n'a-t-elle pas pour corrollaire les conditions de travail modernes ou chaque individu est soumis continuellement a un stress psychologique qui lui commande de ne jamais se fixer, de ne jamais se sentir a l'aise, de ne jamais se sentir un element important et stable de son entreprise, qu'elle soit privee ou publique?
Vos emissions apportent beaucoup d'eclairages que l'on ne trouve que trop rarement dans les autres medias, notamment hors internet. Elles gagneraient encore a se demarquer des coups de projecteurs venus de l'actualite et a se mettre en selle plus souvent sur des debats de societe fondamentaux, quitte a devoir se politiser un peu lors des debats entre intervenants. Des choix de societe sont en train de se faire... Vous pouvez nous aider, nous les citoyens, qui avons encore un peu notre mot a dire.
Par alain-b

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Je conseille à ceux qui ne l'auraient pas encore vu, cet excellent film que j'ai visionné récemment "violence des échanges en milieu tempéré".
Et puis (suite logique ?), ceux du vieux pote de DS ;) "attention danger travail" et "volem rien foutre al païs".
Par Dominique Merhan

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Ceux qui se suicident sont des gens poussés à bout, aussi ceux qui sont déjà en traitement d'anti-dépresseurs (ça n'empêche rien pour peu qu'une "crise" soit plus forte qu'une autre, même entre 2 RDV chez le psychiâtre) que ce soit à cause du travail ou dans la vie privée . Pour peu que les 2 environnements de stress soient réunis, le geste est quasi inévitable ...
A quand une émission des répercutions de l'alcoolisme sur les très proches du malade alcoolique (conjoint, parent, enfant...) ?
De ça non plus, on n'en parle pas ... et pourtant ... des associations de familles perturbées existent ... prêtes à en parler : de la dépression au suicide, ou au mieux divorce, séparation ... ou ré-apprentissage de la vie avec ou sans le malade quand même aimé ! Des anciens malades (devenus abstinents) en parlent aussi avec courage . Je suis une épouse très affectée ... comme tant d'autres, je pense que justement, des journalistes pourraient nous aider à "briser" ce "tabou", et je compte aussi sur vous . J'aime mon mari alcoolique mais je viens de partir grâce à qq. sous de côté, pour éviter de me suicider à nouveau ou de le tuer, lui ! Comment font ceux ou celles qui ne peuvent pas financièrement, ou pour qui l'éducation, la culture les en empêchent ?
.... et quand je dis alcool, c'est parce que c'est la drogue en vente libre la plus populaire, celle qui touche tout le monde, et qui ne se voit pas forcément, dont on ne parle que des dégâts causés sur la route, ou du nouveau fléau sur les jeunes qui se "cassent" (à qui sera le 1°) le week end .
D'en parler ouvertement, sans jugement, (moi, j'apprends !) aiderait beaucoup de gens à sortir de cet enfer du quotidien (leur déni, entre autre) d'où comportements insensés, voire incontrôlables . Financièrement, il n'y a rien à y gagner, mais humainement ... c'est d'une utilité publique ! Faut se battre contre la culture, parfois !
Cordialement, et merci de me lire
Guylaine Merhan guylainedominique.merhan@orange.fr
Par Gavroche

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Pour ceux que cela intéresse... Une pétition est à signer en ligne, pour faire inscrire une charte du service public dans la Constitution, initiée par Michel Vauzelle, Président de la Région PACA, député à l'Assemblée Nationale et ancien Garde des Sceaux.

Cette pétition, si elle atteint + 10 % du corps électoral, obligera le gouvernement à procéder à un référendum national (conformément aux
textes de la Constitution), soit 4, 4 millions de signatures !

Pour rappel, il y avait près de 3 millions de personnes dans la rue en mars...

La voici :


La Charte des services publics

Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution

« Le peuple français, considérant :

Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;

Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l'homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de
la République ;

Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d'égalité et de fraternité ;

Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l'existence des services
publics ;

Que le fonctionnement efficace des services publics doit donc être assuré fidèlement selon les principes de continuité du service, d'égalité d'accès pour tous les citoyens, de neutralité et de distribution équitable sur l'ensemble du territoire national ;

Que les services publics dans leur contenu doivent garantir les conditions de l'égalité républicaine dans les domaines vitaux pour tous
les individus, en ce qui concerne l'accès à l'éducation, à la formation et à l'enseignement supérieur, à un système de santé de haute qualité
sans discrimination de revenu ou de patrimoine, à un emploi et à un système de solidarité nationale assurant un niveau de vie compatible
avec la dignité humaine, à un développement dynamique et solidaire de l'économie nationale, à la sécurité et à la justice indépendante dans la proximité, à l'information libre et aux moyens de communication physiques et numériques, à la capacité de déplacement sur l'ensemble du
territoire national par des transports fiables et accessibles, à l'accès à l'eau et à l'énergie, à un aménagement responsable et durable des
territoires et de l'environnement, à des collectivités territoriales assurant une démocratie de proximité et pleinement responsables et autonomes, à une culture libre dans sa création et accessible à tous dans sa diffusion, à l'accès aux pratiques sportives ;

Proclame :

Art. 1er -- Les services publics participent pleinement des principes et valeurs que le peuple reconnaît dans la République.

Art. 2 -- Toute personne a le droit d'avoir accès aux services publics.

Art. 3 -- Il revient à l'Etat d'assurer la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l'hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d'assurer à ces dernières les ressources correspondant à l'exercice effectif de ces services et à leurs évolutions.

Art. 4 -- Les principes essentiels des services publics reposent sur l'égal accès de tous les citoyens, l'égal accès sur l'ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.

Art. 5 -- La République française reconnaît et garantit les services publics de l'éducation nationale, de la formation, et de l'enseignement
supérieur et de la recherche, de la santé et de l'hôpital, de la sécurité sociale, de l'emploi, de l'accompagnement économique et industriel, de la police, de la justice, de l'information et de l'accès aux moyens de communication physiques et numériques, de l'aménagement des territoires, de l'eau et de l'énergie, de la protection de l'environnement, des transports, de la démocratie de proximité assurée par les collectivités territoriales, de la création et la diffusion artistiques et culturelles, de la pratique des activités sportives..

Art. 6 -- Le Gouvernement met en œuvre les politiques de son choix, dans le respect de la souveraineté nationale et de la charge des missions de service public qui lui sont confiées.

Art. 7 -- La France s'inspire de son modèle républicain de services publics dans son action à vocation internationale et européenne. »


Vous pouvez aller voir et signer, là :

http://www.referendum-servicespublics.com/charte.html
Par Patrice Guyot

Sans moi !

Sans moi !

Mon Dieu ! Délivrez-nous des services publics inutiles, arrogants, dispendieux et dans l'abus de pouvoir permanent !

***



Modifié 1 fois. Dernière modification le 00:56 le 26/05/2009 par Patrice Guyot.
Par Sanchaise Raoul

Re: Sans moi !

OH OUI, Oh OUI, PG, parlez nous économie et politique, j'ai envie de rire ce soir!!
Par LPR

Re: Sans moi !

Monsieur Patrice Guyot,
est-ce que vous ne seriez pas en fait fonctionnaire, ayant tellement de temps a disposition pour intervenir sur ces forums aussi souvent ?
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Sans moi !

PG a encore oublié de prendre son cachet...
Par djinneo

Re: Sans moi !

mais toi, t'as pas oublié ton suppo': toujours sur la brèche tel un winner \o/
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Sans moi !

j'ai toujours eu un faible pour les combats désespérés Oo
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Même sur le suicide, faut faire du business, le lien vers l'émission, posté hier, a donc été gracieusement censuré dans la journée!! Bravo, quel tact, quel empathie!!

Au passage, on notera le formidable travail du webmaster d'ASI, qui présente donc la vidéo en deux tailles sur le site... provenant du même lien, sans différence de compression, juste pour répondre à minima aux désirs des abonnés!

ASI est loin dans les actes de traduire ses beaux discours et ses belles leçons qu'il donne donne aux autres!
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Oeil pour oeil....

----------------
ici edit webmaster (voir plus bas l'explication). C'est assez fou ce qu'on peut lire parfois, et c'est très insultant, comme d'habitude avec monsieur Sanchaise. :-(
----------------

La politique de répression/censure d'ASI, me fait penser à celle de notre gouvernement. Ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Fallait pas me chercher.!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:07 le 26/05/2009 par Thomas Scotto (webmaster).
Par Oblivion

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Je ne vois pas trop l'origine de votre agressivité.
ASI a placé cette émission dans les contenus d'utilité publique.
Donc nul besoin de le diffuser à grande échelle sans leur accord.
Si vous souhaitez partager l'émission, indiquez à vos proches le lien vers l'émission ici.
ASI gère la gratuité ou non de ses contenus. Vous avez payé 30 euros pour y accéder, non ?
ASI peut vivre et être indépendant de la publicité grâce à nos contributions, je vous rappelle.
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

"ASI a placé cette émission dans les contenus d'utilité publique." Je vois donc encore un peu moins l'intérêt de censurer le message contenant le lien direct!!
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

raoul , vous chippotez là :)
Par Sanchaise Raoul

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Une petite perte de liberté par ci, un petit mépris par là, une petite indifférence ailleurs, une arrogance affleurante de temps à autre, pas de quoi fouetter un chat pour chacun de ces faits pris seuls... et finalement on en arrive à la situation politique actuelle du pays.

Notre webmaster va me bloquer mon compte quelques jours, pour sabotage et atteinte à la sécurité du site?? Encore une sanction sans procès. Avant de croire à une insurrection, il faudrait peut -être réagir à tout ce qui est contraire à nos droits, dans les petites, moyennes, grandes occasions et sociétés.
Par Thomas

Explication

Bonsoir,

Quand vous ou un autre abonné donne l'accès direct aux nons abonnés à notre seul source de revenu ou la méthode pour pirater ces contenus, je vire le message. Je pense que ça n'est pas la peine d'expliquer pourquoi, on ne va pas mettre en péril notre seul moyen de rester indépendant. Nous ne sanctionnons pas, ni ne coupons la connexion, pas d'hadopi ici mais essayez de comprendre ce qui justifie cette suppression, je pense que c'est assez normal et cohérent. Cordialement.

De plus, si vous voulez un contenu en libre accès : votez pour ce contenu et il sera accessible pour tous.
Par djinneo

Re: Explication

exactement... rendons illégaux les logiciels de P2P, çay le mal...

franchement...non, mais franchement... à moins d'imaginer que nous soyions tous des taupes à la solde du grand capital des concurrents, et que notre seul but et de saboter @si en spamant ses productions...

nous sommes abonnés pour la qualité du site, et notre intérêt converge avec celui de l'équipe d'@si.

permettre à quelqu'une ou à quelqu'un de pouvoir enregistrer quelques émissions pour les emmener sur un ipod ou un archos durant ce mois fécond de WE oisifs, y'a pas de quoi fouetter un chat. Maintenant si vous considérez cela comme du piratage industriel... voilà quoi, faudrait dégonfler un pneu.

d'autre part, pour inviter une personne à s'abonner, on aura tendance à lui soumettre un contenu auquel cette personne est ultrasensible, mais ce contenu ne saurait être nécessairement en accès libre...

le week-end s'annonce chaud, plaisant et long. je le passerai loin de mon desktop, de tout hotspot, bref, de toute possibilité de streaming. mais je me vois bien, calé entre ma planche de surf, ma combi encore humide et une aile de ma fourgonette garée sur le parking de la plage, à siroter un ti'punch en regardant depuis mon mp3 d@ns le texte - enregistrée grâce à mon abonnement, et grâce à une fonctionnalité basique d'un navigateur basique.

bref, je n'ai pas suivi le début de la dispute, mais je voulais juste savoir si c'était dans les CGU, ou si c'était juste pour pourrir mon week-end.
Par Sanchaise Raoul

Re: Explication

Je crois que vous commettez une erreur. Les émissions ne sont pas votre seule source de revenu, puisque l'accès au forum et la possibilté d'y écrire font aussi partie de l'abonnement, ce qui d'ailleurs a motivé mon payement ici, et non le fait de regarder les émissions.

D'autre part, dans le domaine qui nous intéresse des droits, il existe deux politiques, vous n'êtes pas sans le savoir.Où en sommes nous donc, que font les leaders du marché? Apple a fait sauter ses DRM sur tout ce qui est vendu sur l'itunes store par exemple.(on pourrait remonter l'histoire logicielle d'Apple pour constater qu'ils ont toujours fait partie du côté libre, avec des logiciels pour la très grande majorité sans numéro de licence et très facilement copiable et réinstalable, en opposition à Microsoft. Aujourd'hui malgré tout, les logiciels Apple s'imposent. La comparaison est difficile car s'ajoute le matériel, mais la pertinence du modèle libre s'accroit dans le temps néanmoins). Faciliter la circulation du contenu de temps à autre ne me semble pas aller contre le site. J'aurai beaucoup mieux compris que vous enleviez le message sur Safari d'une facilité constante que celui d'un lien ponctuel qui faisait doublon avec la mise en utilité publique de l'émission!! Il est aujourd'hui de notoriété publique que nombre de studios font fuiter les préversions ou versions finales de leur film sur les réseaux avant leur sortie pour buzzer. Nombre de logiciels sont en version de démo complète avec numéro de licence temporaire réactualisable de manière illimitée!! Bref, il semble admis dans l'industrie numérique que la libre diffusion n'est pas un frein au développement au contraire, puisqu'elle permet de tester en grandeur nature les produits, et d'attirer des clients qui préféreront s'acquitter d'un payement plutôt que de jongler, de manipuler ou de bidouiller pour avoir du gratuit. Il y en aura toujours, mais comme pour Hadopi, ceux-ci ne payeront de toute manière jamais, et cela ne fait donc pas du manque à gagner. C'est du bouche à oreille supplémentaire qui lorsque le produit est de qualité finit toujours par être rentable.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Explication

Quand un non abonné peut voir certaines émissions d'@si gratuitement, ça s'appelle de la publicité, qui plus est gratuite !
il parait que le film le plus téléchargé est celui qui a fait le plus d'entrée dans les cinémas.
Par Sanchaise Raoul

Re: Explication

Il est affligeant de voir que le webmaster connaisse si mal en terme de marketing, le produit pour lequel il travaille. Les vidéos du site ne sont pas la seule source de revenu, et donné un lien ponctuel ne mets pas le site en péril. Dans l'abonnement d'ASI, il y a les vidéos, le forum et aussi les textes et chroniques des journalistes. Alors lorsqu'un lien est donné à titre exceptionnel, s'entendre dire que le modèle économique du site est mis en péril c'est vraiment navrant. Cela démontre qu'aucun travail de marketing sérieux n'est réalisé pour vendre le site correctement. Cela ne serait pas trop grave, si régulièrement nous n'avions droit aux états d'a^mes du big boss, nous questionnant, sans jamais en tenir compte, sur des idées et innovations éventuelles.

Alors peut être qu'après vous êtes rendu compte que le téléchargement était aussi simple, vous finirez par répondre à une demande récurrente et ancienne de vos clients, avoir un lien direct sur la page pour télécharger les émissions. Tout le monde n'a pas Safari, même si pour les autres, c'est possible en cherchant un peu dans les inspecteurs de pages. Et encore mieux, si ce lien donne directement un fichier MP4, lisible sur tous les players vidéos, au lieu du FLV, que seuls les Archos semblent pouvoir lire, en excluant de manière certaine en tout cas, le nombre grandissant et important de possesseurs d'iMachines.

En ce qui concerne une éventuelle mise aux normes du site pour un fonctionnement avec une connexion 3G, type de connexion qui est amené, à aller en forte croissance, de plus en plus de portables ou de notebook étant équipés directement d'un emplacement de carte SIM, sans parler des clefs 3G, qui se vendent comme des petits pains, on se dit qu'il y a de la marge. C'est dommage et dommageable, même si je n'ai rien à gagner dans l'affaire, nous demander notre avis sans faire un travail constant d'optimisation et d'amélioration n'a aucun sens!
Par Chaiitoun

Re: Explication du Webmaster

J'estime que le webmaster a raison : le site vit gràce aux abonnements , et donner le lien gratuitement ne poussera pas les gens à s'abonner , car trop de gens ne veulent pas payer le travail des autres.
De plus , M SANCHAISE ne fait pas partie de l'equipe de direction de ASI , et n'a donc pas de remarques à faire au webmaster ; l'equipe dirigeante lui a surement donné des consignes qui ne sont pas d'ouvrir gratuitement le site à n'importe qui. Et , s'il enfreint ces consignes , il peut surement etre licencié pour mise en péril de l'entreprise.
Enfin , si vous voulez partager le site avec quelqu'un , invitez le chez vous , ou payez lui un abonnement temporaire , je crois que c'est possible.
Par Florence Arié

encore un progrès

Entendu ce matin à Fce Info: un amendement déposé par F.Lefevre a été rejeté en commission, mais pourrait être encore discuté.
Ce nouveau DROIT (sic) devait permettre aux salariés de travailler à domicile pendant leurs arrêts-maladies afin (je cite Lefevre de mémoire) de "sécuriser leur emploi car chacun sait qu'au retour d'un arrêt long ou d'un arrêt-maternité, le salarié ne retrouve pas toujours toutes ses missions ou s'aperçoit qu'une prtie a été prise en charge par des collègues."
Par LPR

Re: encore un progrès

Ce nouveau DROIT (sic) devait permettre aux salariés de travailler à domicile pendant leurs arrêts-maladies afin (je cite Lefevre de mémoire) de "sécuriser leur emploi car chacun sait qu'au retour d'un arrêt long ou d'un arrêt-maternité, le salarié ne retrouve pas toujours toutes ses missions ou s'aperçoit qu'une prtie a été prise en charge par des collègues."

Incroyable : c'est bien connu lorsqu'on est malade et en convalescence, il ne faut surtout pas se reposer : on risquerait de guerir ...
Par LPR

hm ...

et maintenant :

"Le gouvernement s'est déclaré mardi opposé à une proposition permettant le travail à temps partiel à domicile de salariés en congé maladie, en congé maternité ou en congé parental d'éducation."


Reuters, ici sur yahoo news

Si Petitchouchou et son gouvernement s'opposent maintenant aux amendements de l'UMP ....



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:01 le 26/05/2009 par L-P R.
Par alain-b

Re: hm ...

journal de 19h france inter "F.Lefebvre peut faire une croix sur son amendement, en tous cas pour l'instant",
tout est dans cette fin de phrase.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: hm ...

ce que Mélenchon lui a mis dans la gueule! Mouarf un grand moment ! (entendu sur inter au journal de 18h00, avant l'excellent "et pourtant elle tourne" )
Par -Fanny-

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Bravo, cette émission est passionnante ! Le débat s'est assez vite éloigné de la critique des médias et pour une fois tant mieux, le sujet de la souffrance au travail est bien plus intéressant que le traitement qu'en font les médias. Les interventions de la sociologue du travail étaient très instructives. Merci à Vian's pour le lien avec la conférence de Christophe Dejours.
Par Markus

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Je me suis toujours méfié des pourcentages et encore plus des statistiques. Combien de personnes sont DCD suite à un suicide? Si l'intéréssé laisse un écrit stipulant sont intention de mettre fin à ses jours, le DC est comptabilisé. Par contre combien de noyades, combien d'accidents mortels de la circulation ne sont pas répertoriés comme suicide, et pour cause!
Par Vikor1807

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Dans mon école de commerce, quelques séances d'un cours consacré à la psychologie adaptée au management traitaient des suicides au travail. Je vais essayer de vous restituer ce qu'on nous apprenait à ce sujet.

Mes souvenirs sont un peu embrumés mais on expliquait le phénomène de "burn out" des cadres, qui entraine dépressions et suicides, par un nouveau mode de management : le management par l'imaginaire.

Pendant longtemps, on a géré les équipes en suivant exclusivement le principe suivant : si tu travailles bien, bon point (rétribution type salaire, conditions de travail...) ; si tu travailles mal, mauvais point. Depuis quelques années, pour mobiliser les troupes, un autre vecteur de motivation est apparu : l'imaginaire donc. Au lieu de placer l'employé dans un environnement qui valorise la performance au travail, les entreprises cherchent aujourd'hui à faire intérioriser aux employés l'idée selon laquelle être performant au travail est une bonne chose.

Plusieurs choses faciles pour cela :
- Faire en sorte que le travail prenne énormément de place dans la vie du sujet : "je n'ai que mon travail dans ma vie; pour réussir ma vie, je dois être performant au travail"==> Grosse charge de travail, horaires à rallonge, vacances et week ends en entreprise, etc.
- Forcer l'employé à s'imposer lui même sa charge de travail. Faire comme si on lui laissait le choix. (Une manipulation, peu importe le contexte, fonctionne infiniment mieux si le sujet a l'impression d'être libre dans ses choix.) Typiquement, demander le vendredi soir à l'employé de faire avancer tel dossier "s'il peut" en insistant sur le fait que "ça serait génial mais si tu peux pas je comprends". Quand l'employé décide, de lui-même, de bosser le week end, c'est gagné.
- Mythes, leader charismatiques et autres peuvent aider.


Jusqu'au jour où l'employé en question ne peut plus suivre la cadence qu'il s'est imposée. Alors fatalement, au travail, ça va moins bien. Avant, quand ça allait moins bien au travail, on ne décevait que son patron. Embêtant, mais vivable. Aujourd'hui, on se déçoit. Et comme on s'est construit autour du travail, comme on a intériorisé le fait que la performance au travail, c'est un bon moyen de réussir sa vie, et bien on a l'impression d'avoir raté sa vie. burn out.

Un cours un peu curieux, où on nous disait 2 choses à la fois : voila comment bien motiver des employés et voila ce contre quoi vous devez vous protéger.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:21 le 26/05/2009 par Victor Coen.
Par yannick G

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Message 2/5max du 26/05/09.

Merci pour ce témoignage. Pour ce qui est de votre remarque finale :

Citation:
Un cours un peu curieux, où on nous disait 2 choses à la fois : voila comment bien motiver des employés et voila ce contre quoi vous devez vous protéger.

Disons qu'ils vous apprenaient à être du bon côté du bâton. Ce qui vous évitera peut-être de le subir, mais, hélas, pas d'en user. Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied quand même, c'est une école de commerce...

yG
Par Vikor1807

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
Message 2/5max du 26/05/09.

Merci pour ce témoignage. Pour ce qui est de votre remarque finale :

Un cours un peu curieux, où on nous disait 2 choses à la fois : voila comment bien motiver des employés et voila ce contre quoi vous devez vous protéger.

Disons qu'ils vous apprenaient à être du bon côté du bâton. Ce qui vous évitera peut-être de le subir, mais, hélas, pas d'en user. Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied quand même, c'est une école de commerce...

yG


Et oui, c'est bien pour ça que ce cours nous avait semblé curieux. Mais je clarifie ma pensée sur ce dernier point (un peu anecdotique à mon sens par rapport au reste) : concrètement, le professeur désapprouvait assez clairement ces méthodes et nous invitait à faire attention dans le futur (les jeunes diplômés sont particulièrement vulnérables à ce genre de choses). Mais ce cours était curieux puisqu'il arrivait après celui sur d'autres méthodes de management plus classiques et moins dangereuses, lesquelles étaient clairement des éléments à réutiliser plus tard dans la vie professionnelle en tant que manager.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:02 le 26/05/2009 par Victor Coen.
Par Arya

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Très intéressant témoignage! J'ai l'impression que cela fait un pendant à ce qui a été dit pendant l'émission, à savoir la façon dont on individualise le travail sous tous ses aspects (charge de travail, performance...), raison pour laquelle l'employé qui va mal se sent si isolé...
Je ne savais pas que c'était théorisé à ce point (mais ça ne m'étonne pas vraiment non plus).

Tout cela allant de pair, bien sûr, avec le mythe du "winner", le type qui en veut et qui réussit, éventuellement en écrasant ses voisins, ou en se tuant à la tâche, vs le looser, qui n'est donc pas victime de ses supérieurs ou du système ou des théories de management à la c**, c'est juste un looser quoi... Il n'a donc plus qu'à se suicider s'en prendre à lui-même! Individualisme qui explique aussi, en partie, le désintérêt envers toute action collective de type syndicat...

J'en profite pour dire aussi: très très bonne émission, bravo! On en veut plus des comme ça!
Par Tony A

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Le capitalisme du XIXe siècle et de la première moitié du XXe était un concentrateur social. Même si par son idéologie et par ses lois il cherchait à empêcher l'action collective, son mode de production fabriquait des collectifs de travail et engendrait de la solidarité.
Le capitalisme d'aujourd'hui est un redoutable atomiseur, ce qu'a très bien rappelé Danièle Linhart. Il transforme deux évolutions, en soi positives, la mondialisation (un seul monde, le rêve de Marx) et les Technologies de la communication (qui devraient permettre à la cuisinière de donner son avis et de faire de la politique, le rêve de Lénine), deux belles évolutions donc, en véritable cauchemar.
Un monde qui synthétise 1984 d'Orwel (Big Brother) avec le Meilleur des mondes d'Huxley (la programmation génétique des individus) et peut-être demain celui de Jack Gordon et l'éternité de Spinrad (la vie éternelle pour une poignée de privilégiés).
Bref, un monde où le contrôle social est total parce que la solidarité de classe n'est plus un sentiment partagé que par quelques puissants.
Presque total : il reste dans quelques endroits reculés, tapis dans les bois, quelques hommes-livre qui apprennent par cœur ces œuvres vouées à l'autodafé, ces livres qui témoignent qu'un autre monde est possible. L'un se nomme La Princesse de Clèves, l'autre Le Droit à la Presse. On peut même y croiser deux jumeaux,Guerre et Paix tome 1 et tome 2...
Par Winston Smith : misanthrope

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
Bref, un monde où le contrôle social est total parce que la solidarité de classe n'est plus un sentiment partagé que par quelques puissants.


Et oui vous avez totalement raison.
Par Chaiitoun

Re: Le Droit à la Presse .....????

Ou "le droit à la paresse"

"Le droit à la paresse" a été ecrit par un gendre de Marx , qui s'est d'ailleurs suicidé , ainsi que sa femme , car , ils estimaient avoir vécu leur temps. ..... C'est un livre qui a été précurseur de "travailler 4 heures par jour" publié par la CFDT en 1968.
Dans "travailler 4 heures par jour" , il était expliqué que ce temps de travail est largement suffisant pour payer correctement le personnel (du patron aux ouvriers) et faire que l'entreprise soit rentable , et qu'il permet à tous de profiter de la vie , ce qui entraine moins de dépenses de secu , et moins de meurtres ou de délits ou d'alcoolisme ou de suicides.....BREF : la société vers laquelle on aurait du aller.
Actuellement , nous sommes en train d'aller de plus en plus ùmal , uniquement pour que quelques uns aient bien trop.
Par Boboche

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Bonsoir.
J'ai apprécié cette émission dont le thème m'intéresse beaucoup en tant qu ' élu au comité CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail) de mon entreprise (industrielle de 3000 personnels) nous sommes confrontés actuellement à une tentative de suicide avérée dont l'origine semble être (je dis bien semble être) l'environnement professionnel.
J'écris pour dire qu'il aurait été important d'inviter à votre émission un secrétaire de cette instance.
Quand il s'avère qu'il y a des risques psychosociaux, le comité CHSCT, seule instance dans le domaine, reconnue par le Code du travail, peut se saisir de l'affaire et exiger par vote en séance plénière, une enquête par un organisme indépendant et homologué par le Ministère du Travail. La Direction n'a pas le droit de refuser. (Elle peut cependant la contester: c'est ce qui a été notre cas mais elle a fini par céder). Cette enquête réalisée et présentée au comité CHSCT comporte des préconisations pour améliorer l'organisation du travail et ainsi la santé morale des personnels.
Pour les non-initiés,(le comité CHSCT est composé d'un président, représentant le Directeur, d'un secrétaire et d'élus représentants les personnels, avec, invités, le Médecin du Travail, l'inspecteur du travail, un représentant de la CRAM)
Si la Direction ne prend aucune mesure et que survient une tentative de suicide (je ne vais pas à l'extrème) dont il est prouvé que la cause avait été identifiée par l'enquête, alors là, l'affaire peut prendre une toute autre tournure et notamment devant la justice. Le Directeur ou le patron devient pénalement responsable. En général, les directions craignent plus que tout ce scénario.
Et pour éviter d'en arriver là, ils créent l'observatoire. Sans vouloir porter un jugement sur leur rôle, force est de constater que ceux-ci font généralement le jeu des directions d'entreprises car ils n'ont aucune existence légale au sens du Code du travail contrairement au CHSCT et donc aucun pouvoir. Elles (les directions) peuvent ainsi faire diversion. Il aurait fallu que la personne, par ailleurs de qualité et représentant cet observatoire,explique un peu plus son mécanisme de fonctionnement, mais le peu que j'en ai entendu, me laisse sceptique quant à son efficacité.

C'est la raison pour laquelle je suis sorti un peu frustré de cette émission.

Contrairement à ce que j'ai lu dans le forum, j'ai apprécié les interventions de la journaliste; elles ont assez bien montré, à mon sens, la souffrance mentale qui règne à l'heure actuelle dans bon nombre d'entreprises. J'ai entendu OPP (Objectif Professionnel Personnalisé), EAA (Entretien Annuel d'Appréciation) qui peuvent être très destructeurs pour le N-1 comme on dit. J'ai de nombreuses années d'élu au Comité d'Etablissement, au CHSCT, comme délégué du Personnel, et je pourrais vous en raconter des tonnes sur les relations en entreprise.
Désolé pour la longueur de cette intervention.
Par Kemmei

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Très bon plateau, et donc une émission de grande qualité.
Par michael

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

bravo pour votre émission qui vaut toutes les séances de psychanalyse du monde pour les gens qui se sentent dévalorisées , coupables
ou isolés ds leur environnement professionnel.



dommage que cette émission ne passe pas sur une chaine publique un soir à 20h30

peut etre que les comités d entreprise ( ou les chsct) pourraient également la diffuser ds toutes les entreprises .ce serait l'occasion de montrer
qu'un ce n'est pas uniquement une agence de voyages .
Par Damien (dit le Farfadet)

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Suite à impromptu en Pologne, je peux enfin regarder ce sujet après deux semaines d'absence.


Sans doute une des meilleures émissions depuis la naissance du site. On parle calmement (hormis quelques coupures deci-delà), on traite d'un sujet grave, on a invité des gens prudents avec un point de vue intéressant.


Sinon concernant les conditions de travail, je ne peux pas en parler vu que je n'ai encore jamais intégré d'entreprise joyeusement néolibérale (d'ailleurs ce n'est pas dans mes projets prochainement). Toutefois, un ouvrage des plus intéressants propose un point de vue de la question assez large, à la fois historique, social et conceptuel : La Nouvelle Raison du Monde.



La troisième partie de l'ouvrage est des plus intéressantes : tentative d'explication du modèle disciplinaire néolibéral, influence sur le salarié par divers dispositifs, certes. Mais aussi construction politique, redéfinition du modèle social, création et diffusion d'une idéologie qui s'ancre dans la psychologie même des agents de la société. Concrètement, l'enjeu d'une société néolibérale est la mise en concurrence générale de tous à toutes les échelles au profit d'une minorité. Chaque individu doit se mettre à penser uniquement de manière individuelle avec pour seul et unique but la maximisation de ses profits, d'où la disparition au fur et à mesure d'une certaine conception de la solidarité qui avait permis aux syndicats de naître, pour voir finalement apparaître une nouvelle normalisation rationnelle de la société d'un point de vue d'économique marchande.


Bon je n'ai pas la prétention de résumer le livre, il est très dense et j'ai encore besoin de le digérer. toutefois, si l'ouvrage vous intéresse, voici une série d'entretiens à son sujet avec ses auteurs :

[www.dailymotion.com]



Bon visionnage à tous.
Par Mozartissimo

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Bonjour,

autres entreprises ...mais même méthodes qui conduisent au suicide dans les banques

[www.youtube.com]


Edifiant. Il s'est suicidé dans son agence où il travaillait ...
Par aux abonnés absents

Re: Mourir au travail

Je reviens sur le titre du dossier contenant ces divers sujets : "Mourir au travail ?" ... ou "Mourir du travail ?" ? Tant de gens se suicident ailleurs que sur leur lieu de travail, à cause cependant de leur travail.

Mais qui en parle ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:39 le 09/09/2009 par The Misfit.
Par Winston Smith : misanthrope

Re:

très bonne émission sur le sujet ce soir au téléphone sonne sur france inter à écouter !
Par alun

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Par bysonne

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Excellent ce blog :-))
Par béatrice chevalier

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Je remercie tout spécialement Jovan pour son témoignage de pigeon voyageur, témoignage qui date déjà du mois de mai dernier.
Le reste me laisse sans voix......!! Ces fonctionnements où c'est "largent qui travaille" au détriment de l'humain me font froid dans le dos.
Qui réagira avant que le ciel ne nous tombe sur la tête?
Par akfak

derche?

sourire cynique de la direction chez [url=http://www.lepost.fr/article/2011/02/04/2394406_disneyland-un-salarie-tente-de-se-suicider.html#xtor=EPR-275-[NL_732]-20110205-[faits-divers]]Disney[/url]



Modifié 2 fois. Dernière modification le 09:53 le 05/02/2011 par akfak.
Par Thanatos

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Citation:
Est-ce si grave qu'un media soit plutôt à gauche ou plutôt à droite, pourvu qu'il s'intéresse à des aspects intéressants, et les traite avec souci de vérité et surtout originalité ?
Ce n'est pas ce que j'ai dis. Sinon je n'aurais pas citer les guignols et le canard enchaîné en exemple: ils sont de gauche (et non pas 50/50) et sont pourtant objectifs.

Enfin "objectif" n'est d'ailleurs pas le bon mot. Un journaliste n'est jamais objectif, il se doit simplement de servir l'information avec impartialité.

Je voulais simplement dire qu'il ne fallait pas faire d'exclusion, certainement pas prôner une dictature des quotas. Voilà tout.
Par yannick G

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Message 5/5max du 22/05/09.

Citation:
je trouve que vous avez tort de jeter la pierre sur celles et ceux qui se mettent à leur compte. Ayant franchi cette étape il y a quelques années, je peux vous en parler, ce n'est pas du tout un accord de vue avec les dits patrons, mais simplement un moyen, dans son travail, de disposer d'un rapport de force beaucoup plus favorable avec ses clients (autrefois patrons). En bref, de ne pas se faire *#**#er...

Attention, je le redis, je n'ai rien contre ceux qui se mettent à leur compte, artisans, petits commerçants, etc..., du moment qu'ils ne prennent pas leur choix pour le seul valable et qu'ils ne développent pas cette mentalité de petits patrons, fiers d'eux, qui ne doivent rien à personne, qui ont la niaque (c'était en gros le discours derrière une campagne de publicité pour les petits entrepreneurs dans ma ville l'an dernier) et qui toisent le reste de la société avec morgue.

Citation:
Vous n'avez pas tort sur la façon de voir de nos "élites", pour qui le "tous patrons" seraient un idéal. Mais attention, dans leurs rêves, il y a patron et patron. En gros, nous autres 90 % des travailleurs, serions effectivement "patrons" uniquement de nous même, c'est-à-dire pour être plus précis que le contrat qui nous lie à notre "employeur" n'est plus du domaine du droit du travail mais du droit commercial (... loi du plus fort, aucune protection, à peu près l'équivalent du salarié anglo-saxon).

Oui, l'intérêt pour la droite de nous inciter à devenir patron, c'est de diviser pour mieux régner, chacun se constituant son petit monde, coupé des autres (des monades), chacun peut donc dépérir dans son coin sans que collectivement nous ayons à débourser quoi que ce soit (Beurk, pas beau l'impôt, j'ai tellement de gros besoin personnel, il faut me comprendre), le règne de l'individualisme, vendu comme celui de la liberté, sauf que de liberté, pour la majorité, il n'y a finalement que celle de crever tout seul. Que le petit patron ait ou non les avantages du gros patron (par exemple, le petit patron de start-up aussi riche que le patron d'une multinationale), le tout via cette lutte de tous contre tous, l'objectif est d'organiser la société pour qu'il y ait le moins de redistribution possible, non pas histoire de récompenser le mérite et de sanctionner la paresse ou comme ils disent l'assistanat, mais tout bonnement de garder pour soi, soi, soi.

yG
Par philippe malavieille

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Citation:
Message 5/5max du 22/05/09.



"Attention, je le redis, je n'ai rien contre ceux qui se mettent à leur compte, artisans, petits commerçants, etc..., du moment qu'ils ne prennent pas leur choix pour le seul valable et qu'ils ne développent pas cette mentalité de petits patrons, fiers d'eux, qui ne doivent rien à personne, qui ont la niaque (c'était en gros le discours derrière une campagne de publicité pour les petits entrepreneurs dans ma ville l'an dernier) et qui toisent le reste de la société avec morgue."

une campagne de publicite est une grille de lecture de la mentalité de ces entrepreneurs un peu reductrice et caricaturale à mon sens, relisez orgueuils et préjugès !




"
Oui, l'intérêt pour la droite de nous inciter à devenir patron, c'est de diviser pour mieux régner, chacun se constituant son petit monde, coupé des autres (des monades), chacun peut donc dépérir dans son coin sans que collectivement nous ayons à débourser quoi que ce soit (Beurk, pas beau l'impôt, j'ai tellement de gros besoin personnel, il faut me comprendre), le règne de l'individualisme, vendu comme celui de la liberté, sauf que de liberté, pour la majorité, il n'y a finalement que celle de crever tout seul. Que le petit patron ait ou non les avantages du gros patron (par exemple, le petit patron de start-up aussi riche que le patron d'une multinationale), le tout via cette lutte de tous contre tous, l'objectif est d'organiser la société pour qu'il y ait le moins de redistribution possible, non pas histoire de récompenser le mérite et de sanctionner la paresse ou comme ils disent l'assistanat, mais tout bonnement de garder pour soi, soi, soi."




vos propos depassent ma comprehension limitée là j'avoue ne pas savoir quoi vous repondre tant votre vision du monde est apocalyptique. j'ai du mal à comprendre comment vous pouvez considerer que des micro entreprises soient des petits mondes coupés des autres, ces petits mondes comme vous dites ne peuvent exister que par les autres.dans un echange circulatoire de flux dont la redistribution fait evidemment partie
et par pitié l'exemple du "petit patron de start up", je suis desolé mais je ne le crois en rien representatif des entrepreneurs les plus courrants

alors à mon avis vous avez du etre traumatisé par un patron de start up de droite qui s'en est mis plein les poches après vous avoir préssé comme un citron et vous avoir volé l'idée du siècle ou un plombier de droite qui vous a facturé trop cher une fuite de robinet
allez je rigole et puis c'est bien vous faites reagir du monde sur le forum c'est bien :-)
Par PJLSM

Re: L'indépendance, la fin de la société.

[quote=Attention, je le redis, je n'ai rien contre ceux qui se mettent à leur compte, artisans, petits commerçants, etc..., du moment qu'ils ne prennent pas leur choix pour le seul valable et qu'ils ne développent pas cette mentalité de petits patrons, fiers d'eux, qui ne doivent rien à personne, qui ont la niaque (c'était en gros le discours derrière une campagne de publicité pour les petits entrepreneurs dans ma ville l'an dernier) et qui toisent le reste de la société avec morgue][/quote]

Vous en connaissez beaucoup des petits patrons "qui toisent le reste de la société avec morgue" ? Et même, qui vous oblige à les cotoyer. Merci de nous servir ce gros cliché imbécile qui à la vie dure.

Tiens, par exemple moi, je n'ai rien contre le fonctionnaire du moment que ce n'est pas un fainéant qui vit au crochet de la société, contre le militaire du moment que ce n'est pas un abruti qui vote FN, contre le CRS du moment qu'il ne pense pas qu'à casser de l'arabe, contre le syndicaliste égoiste du moment qu'il ne vit pas des prébendes accordées par le patronat pour lui faire fermer sa gueule, contre le catholique intégriste du moment qu'il ne dynamite pas les cinémas, contre le terroriste islamique du moment qu'il ne tranche pas les têtes...

J'arrête, on pourrait continuer à l'infini.
Faisons un peu de décryptage, ça nous changera. Comment faut-il interpréter votre phrase ? "du moment que.." Vous émettez une réserve sur votre bienveillance à l'égard des petits patrons, vous la conditionnez d'une locution conjonctive. Cette réserve n'a d'intérêt que si la probabilité d'un lien de causalité fort sous-jacent entre la principale et la conjonctive existe. Si tel n'était pas le cas, on voit mal pourquoi vous rapprocheriez ces deux assertions. Imaginons que vous ayiez dit : "je n'ai rien contre les petits patrons du moment qu'ils mangent proprement à table", nous aurions été en droit, nous les receveurs de votre affirmation, de nous inquiéter quant à la logique de vos propos. CQFD. Pour vous, les petits patrons pourraient être tentés de toiser la société avec morgue".
On aurait tout aussi bien pu dire : "Attention, je le redis, je n'ai rien contre ceux qui mettent en avant leur idéologie, pseudo-intellectuels, petits artistes, etc..., du moment qu'ils ne prennent pas leur choix pour le seul valable et qu'ils ne développent pas cette mentalité de petits intellos, fiers d'eux, qui ne doivent rien à personne, qui ont la connaissance (c'était en gros le discours derrière une campagne de publicité pour les petits entrepreneurs dans ma ville l'an dernier), là je suis embêté, parce que c'est tellement con que je n'ai rien trouvé à lui substituer et qui toisent le reste de la société avec morgue][/quote]

Vous revendiquez votre sectarisme, soit. Mais épargnez-nous votre vision unipolaire de la société.

Pour vous, une publicité sur les entrepreneurs est le reflet de ce que sont les entrepreneurs. Vous qui êtes tant attaché aux démonstrations rigoureuses sur les concepts, vous me semblez faire preuve, en l'occurrence, d'une certaine légèreté intellectuelle.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:12 le 23/05/2009 par PJLSM.
Par Annie Sétoualé

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Agecanonix disait dans je ne sais plus quel épisode d'Astérix (Le bouclier Averne ?) :
"moi je n'ai rien contre les étrangers, mais ces étrangers là ne sont pas de chez nous" ...
Par yannick G

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Message 4/5max du 23/05/09.

Ce post ne concerne que ceux, petits pervers, qui s'intéressent à ma relation publique avec mon troll, PJLSM.

Tiens, mon troll, PJLSM, y a bien cinq minutes que je ne vous avais pas vu rôder autour de ma personne.

Citation:
Vous en connaissez beaucoup des petits patrons "qui toisent le reste de la société avec morgue" ? Et même, qui vous oblige à les cotoyer. Merci de nous servir ce gros cliché imbécile qui à la vie dure.

C'est bien, vous êtes au moins cohérent dans vos tropismes, ce qui ne les valide aucunement pour autant. Vous revenez donc avec le même genre de question que lorsque vous tentiez de dénigrer mon positionnement anti-darcos sur un autre fil, à savoir, est-ce que j'ai des enfants, là, c'est une légère variante, combien je connais de patron machin-chose... Comme si réfléchir était ressentir, savoir s'assimilait à être.

Enfin, que voulez-vous, vous n'êtes pas troll pour rien.

Citation:
Vous revendiquez votre sectarisme, soit. Mais épargnez-nous votre vision unipolaire de la société.

Je n'ai rien à vous épargner, PJLSM, bien au contraire. Enfin, puisque j'inclus des closes restrictives, comme vous le soulignez, expliquez moi donc comment je peux être dans ce cas unipolaire en intégrant la complexité que vous me déniez dans la foulée...

Citation:
Pour vous, une publicité sur les entrepreneurs est le reflet de ce que sont les entrepreneurs. Vous qui êtes tant attaché aux démonstrations rigoureuses sur les concepts, vous me semblez faire preuve, en l'occurrence, d'une certaine légèreté intellectuelle.

Non, je ne suis pas aussi con pour faire de telles généralités (et vous ? Oups, je crois que vous avez déjà répondu par l'affirmative), la preuve, je nuance, on peut être indépendant, sans développer le type de caractéristique que je fustige. Pour autant, cette publicité existe bel et bien, les liens qui y sont fait aussi, ce sont les mêmes que met en avant l'UMP lorsqu'il caresse les entrepreneurs dans le sens du poil, mais vous préférez faire du tout ou rien, histoire de ne rien dire, si ce n'est votre hostilité à mon égard, hostilité que je vous rends bien.

Sur ce, à bientôt mon troll.

yG

ps: Pour Annie, merci pour le rappel humoristique, si ce n'est qu'il ne tombe pas tout à fait dans le cadre de mon discours. L'entrepreneur n'a pas nécessairement les caractéristiques que je critique, elles ne sont pas inhérentes à sa fonction, quoi que l'on puisse les rencontrer, voire en appeler à elles pour promouvoir ce statut (cf. la campagne de pub que je mentionnais). Alors, que l'étranger de votre blague est par définition ce qui n'est pas de chez nous...
Par PJLSM

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Oupssss



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:04 le 23/05/2009 par PJLSM.
Par PJLSM

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Ca sent de plus en plus le bottage en touche. Vous nous aviez caché cet autre talent : un amoureux de l'Ovalie (je ne sais pas pourquoi, mais j'en doute un peu quand même).


Citation:
comment je peux être dans ce cas unipolaire en intégrant la complexité que vous me déniez dans la foulée

Encore une fois vous tombez dans le même travers : vous vous laissez aveugler par vos clichés. Sectarisme ne veut pas dire simplicité. Je vous arrête. On en a connu des bien plus sectaires que vous (rectification, des plus sectaires que vous) d'une effroyable complexité et même intelligence. Ca n'a rien à voir. Vous confondez complexité et orientation. Dans la direction qui est la vôtre, vous êtes très complexe.

Citation:
Comme si réfléchir était ressentir, savoir s'assimilait à être.

En clair, la réflexion ne se réduit pas à l'empathie ou à l'expérience. Oui, mais parfois, avoir été ça aide à réfléchir sur ce qu'est son voisin. On sent bien justement que vous privilégiez la réflexion et rejetez les témoignages (enfin, ceux qui vous arrangent). Tout ça se recoupe : intellectualisme (façon de parler) forcené, sectarisme, idéologie, minoration de la réalité au profit d'une pseudo réflexion. Je ne vous répondrai pas sur ce sujet dans l'instant, mais je manquerai pas de vous développer mon point de vue ultérieurement (dont vous n'aurez rien à faire, tant mieux) sur les intellectuels idéologues et la manière dont ils font avancer l'Humanité. Ma position en très ramassé (je précise, sans nuance, ma position n'étant tout de même pas aussi tranchée. Moi, c'est plutôt d'un certain scepticisme que je me réclame) :
"J'ai essayé de faire la vaisselle, une fois, en y réfléchissant très fort. Résultat : ma femme m'a fait la gueule pendant une semaine."



Modifié 2 fois. Dernière modification le 17:33 le 23/05/2009 par PJLSM.
Par PJLSM

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Citation:
mon troll, PJLSM

Je ne vous appartiens pas, loin s'en faut. Ne fantasmez pas.
Par alabergerie

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Le temps de taper ce post, eh ben ça a bavardé, nom d'un ours !

Personnellement, mes clients, qui sont des commerciaux soumis à des patrons eux-mêmes sous la menace de couperets, virgule, en pleine bataille internationale pour conserver ou gagner des Kodak, des Thales, Alcatel-Lucent, Honeywell, EADS etc. ont des ulcères, des insomnies, des arythmies cardiaques, des cauchemars, et se mangent de somptueux décalages horaires ; en outre, ils ont une forte tendance à déprimer et à ne plus croire en rien. En somme, on dirait moi mais en pire.

En plus, et là ça devient carrément bizarre : aucun n'a voté 53,06... C'est à se demander qui, bon sang, nous a mis dans cette soupière, y'en a pas un pour oser avouer le truc !

Finalement, je constate que, jusque dans les PME, la pression devient énorme, du fait des clients qui délocalisent leur sous-traitance le plus à l'est possible, et aussi du fait des patrons qui sont sur des sièges éjectables, stressés à mort, mais avec l'obligation de paraître à la fois bronzés, occupés et compétents, fouettant leurs troupes, et eux-mêmes fouettés par des confréries de vampires d'une avidité phénoménale et insensée. On ne s'ennuie pas dans cette malebolge.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:13 le 23/05/2009 par Olivier Caro.
Par alabergerie

Point S

Je me demande ce que je fais par ici, au lieu d'être en bas.
Un curseur oublié, sans doute. Tant pis !

Rien à voir avec le sujet, si ce n'est que celui-ci a été effleuré vers les cinquantièmes minutes.
Qui parle en premier des nazis et d'Hitler se tape un point Godwin.
Qui parle en premier du gand mamamouchi dont on ne doit pas prononcer le nom devrait se taper un point S ; ceci permettrait d'attirer l'attention sur les occurrences liées au grand homme, et d'en tirer, peut-être, une observation. Au fait, quelqu'un sait-il à quoi servent les point Godwin ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:29 le 23/05/2009 par Olivier Caro.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Point S

Citation:
Au fait, quelqu'un sait-il à quoi servent les point Godwin ?

A rien :) surtout qu'ils sont bien souvent attribués à tort
Par Oblivion

Re: Point S

Au début, je croyais que c'était pour acquérir une jolie moto au bout d'un certain nombre de points. Et puis on m'a expliqué que non.

Avec "Point S", je vais aussi être perturbée mais avec des histoires de pneus ce coup-ci.
Par Ajax

Re: "Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Woaaaou...
Merci, je viens de visionner deux films de Pierre Carles, "pas vu pas pris" et "enfin pris" sur google videos.
Par PJLSM

Re: L'indépendance, la fin de la société.

Merci de votre soutien.
Par Jovan

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Non ce n'est pas une SSII, mais une des fleurons de l'industrie informatique francaise, qui est je vous rassure une vraie entreprise :)
Il est vrai que dans ma fonction, certains element me rapprochent des SSII, mais au final, mon travail est bien different!
Je refuse de travailler pour des SSII ou la c'est bien pire!!
Par Jovan

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Dans une SSII, on va employer quelqu'un a la tache. Ca permet de diminuer les couts pour l'entreprise et de faire une peu de marchandage humain. Qd la tache est terminee, on change d'entreprise, si on correspond au marche, sinon dehors.

Mon boulot c'est de conseiller les entreprises sur quelle est la meilleure facon d'utiliser nos logiciels et de developper des solutions adaptees a leur besoins. Je suis mandate par mon entreprise pour que les clients tirent le meilleur benefice de nos outils. Ce qui est, en tous cas a mon avis, legerement different. Je passe pas mal de temps chez des clients, mais pas seulement. Une partie de mon travail consiste a faire de la veille technologique chez les clients et ailleurs pour detecter les nouveaux besoin et trouver la solutoin avec le business model qui va bien.

J'ai des objectifs de facturation, mais ils sont loin d'etre a 90% comme dans les SSII.

Le client ne me paie pas pour que je fasse quelque chose, mais pour que je lui donne mon avis certifie (la plupart du temps en tous cas).



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:19 le 23/05/2009 par Jovan.
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

merci ça fait du bien de lire ce genre de choses mais les salariés du privé sont eux aussi utiles, mais bon sang qu'attendons nous pour nous unir? plutot que de tomber dans le piège du diviser pour mieux régner? il nous faut un droit du travail en béton, il nous faut la sécurité de l'emploi pour tous, tout de suite ! ce ne sont pas les usagers qui sont pris en otages ce sont les hommes et les femmes pris en otages par les héritiers, les multinationales, les politiques, pourquoi ne nous levons nous pas ensemble?
je sais c'est facile pour moi fonctionnaire d'appeler les gens à se lever car j'ai peu à perdre, je sais ce qu'il pourrait en couter aux salariés du privé de se mettre demain en grève générale, c'est 400 millliards de fois plus dur pour eux que pour nous fonctionnaires, que dis-je c'est infiniment plus dur mais qu'adviendra-t-il si jamais le peuple ne se soulève?
Nous aurons ce que nous méritons, il me vient en mémoire ma scolarité de collégien et de lycéen, d'abord lorsque je fus collégien et que ma classe s'insurgeait contre un prof de français et que sitôt la menace du zéro brandie je fus le seul à tenir bon quand tous les autres courbèrent l'échine, ensuite je fus lycéen en terminale C le seul de ma classe à lutter contre le projet devaquet quand tous les autres voulaient surtout assurer leur entrée en prépa, j'ai raté 2 mois de cours, 2 mois pendant lesquels mon prof de sciences physiques fit exprès de mettre les bouchées doubles pour boucler la moitié du programme en 2 mois en précisant à mes camarades "dites lui bien que je fais exprès d'aller 2 fois plus vite pour qu'il soit largué quand il reviendra" mais je dis aussi merci à mon prof de maths qui au contraire fit exprès de ralentir la cadence pour que je ne sois pas trop largué à mon retour, il faut parfois savoir prendre des risques.
Ensuite je fus professeur et je me souviens de jour de l'an 2000 ou je fus le seul à me mettre en grève un matin à 8H00 et à affronter les intimidations de mon chef "mais enfin Monsieur B , allez tout de suite prendre vos élèves", j'ai tenu bon et à 10H00 nous étions 2 puis à 11H00 nous étions 3, quelques jours après le bahut était complètement bloqué et nous dormions sur place avec le soutien des parents d'élèves....Qu'est ce que tout cela? bien peu en regard de ceux qui ont risqué leur vie en d'autres circonstances? comme il est pathétique de voir certains collègues soutenir mordicus qu'ils ne peuvent pas s'offrir le luxe d'une grève, quand moi même j'ai fait 6 semaines de grève alors que j'avais 4 bouches à nourrir que ma femme était encore étudiante, qu'on a du se priver de vacances et bouffer des patates pendant 6 mois avec bien sur un crédit sur le dos, et que eux ne pouvaient pas faire grève (attention ils étaient d'accord avec les revendications hein!) alors que certains n'avaient pas d'enfants, que leur conjoint était salarié...mais enfin fallait bien finir de payer la piscine hein !
Mais enfin merde à la fin, quel mérite à mener un combat lorsqu'on ne court aucun risque? Mais qu'en serait-il si l'invasion allemande arrivait aujourd'hui? mais bon, je m'emporte et je raconte ma vie....désolé si c'est déplacé...mais je suis révolté par tout ce que je lis, ce que j'ai vu depuis quelques années...et encore je parle pas de la famine dans le monde avec un enfant qui meurt de faim toutes les 5 secondes alors que 20 milliards de dollars par an suffiraient à éradiquer la faim dans le monde...rien que la BCE a injecté 1700 milliards d'euros après la crise...et nous on est encore là à discutailler sur des forums...
Par MonaO

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

Vous m'avez fait penser à " dans le temps , c'était mieux ..." .

Nous avons tous pu voir dans les vieux films , années 30 , 40 , 50 , 60 , ces pool de dactylos , du temps où des millions de petites mains faisaient le travail de nos ordinateurs .
Elles étaient plusieurs dizaines ( centaines ) dans une grande salle , à taper sur leurs machines infernales .

Ce sont les employés en col blanc qui les ont remplacées , avec des ordinateurs et des téléphones .

Cela s'appelle : les progrès de l' Humanité ...
Par MonaO

Re: Temoignage d'un pigeon voyageur

" Cela s'appelle : les progrès de l' Humanité ... " dans le sens : la pénibilité du travail remonte la pyramide !
Et donc que l' humanité régresse .
La décroissance est une option absolument pas utopique , mais pleine de bon sens et d'espoir .
Par sarasvati

Re: Openspace

Tout à fait d'accord: l'ouvrier manuel des grandes industries de XIX° a été transformé en tâcheron de la cervelle logé en open space climatisé...
Ca use vite, il faut donc le renouveler souvent... Dieu merci le stock est important...
telle est la logique court termiste des mercenaires du capitalisme ultra moderne; ceci dit, ceux qui veulent durer et fabriquer de la vraie valeur ajoutée durable pour leur entreprise, ont compris que la méhode avait ses limites... Les autres, j'ai la conviction que la vie et le temps le leur apprendront, avec toute la brutalité qui sied à ce genre d'aterrissage... C'est pour mon côté optimiste
Par Winston Smith : misanthrope

Re: Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

je suis parfaitement d'accord avec vous, tout commence à l'école et en particulier avec les contenus des programmes qui ont trop dévié vers les compétences en lieu et place des savoirs mais aussi via le recrutement des profs, trop orienté pédagogie/didactique qu'il faudrait à mon avis réorienter vers une solidité des connaissances disciplinaires, mais ça c'est un long débat qui dépasse largement les clivages droite gauche. Lorsqu'on a arrive à organiser du soutien en 3° année de licence je trouve que ça se passe de commentaires...
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