Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

chronique Par Daniel Schneidermann discuté depuis 09:19 le 14/11/2016

Qu'on se rassure ! claironnent les radios du matin, le mur édifié tout au long de la frontière mexicaine ne sera pas un mur tout du long. Ce pourra n'être, par endroits, qu'une "clôture". Quant aux expulsions d'immigrés illégaux, on n'expulsera finalement que les délinquants : pas plus que trois ou quatre millions de personnes, loin des onze millions promis. Finalement, il ne reviendra pas sur le mariage gay. Pas un mot, en revanche, dans cette première longue interview accordée depuis son élection, sur le réchauffement climatique. D'où l'on déduit que Donald Trump continue à penser que le réchauffement est bien un canular chinois. Que l'on soit, selon le mot de Stéphane Foucart, du Monde, entrés dans le "Trumpocène", ne semble pas déranger l'intervieweuse de CBS qui a interrogé Trump une heure durant. Le Trumpocène, "cette ère où la folie d'un seul homme pourra avoir une influence durable et irréversible sur la planète entière...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par tchd

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Comme d'habitude, nos médiateurs ont l'indignation sélective.

Ne devrait-on pas être troublé tout autant par cette photo et les compliments qui l'accompagnent.

Même lieu, même cadrage:

Deux immondes beaufs devant les dorures de la Trump Tower...
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Par Catala93

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Oui, personne ne comprend et ne peut prévoir la suite. Cette prise de pouvoir du populisme clinquant dans le pays le puis puissant du monde, au mépris de l'intérêt général est unique dans l'histoire des démocraties occidentales. Todd est un bon analyste des phénomènes démographiques et sociologues, mais après avoir écouté sa longue intervention,il ne décrit qu'une partie des problèmes. Sur le plan politique, ce n'est pas une référence. On rappelle qu'il a vu Hollande en porteur de solutions et d'espoir en 2012 sur ASI ! Soyons clairs, nul n'a aujourd'hui la boite à outils pour faire face à cette gigantesque vague identitaire et populiste. Sortir un nom ou un parti de la boite comme sauveur providentiel est un réflexe dérisoire de peur et de cécité. Tout reste à faire et il y a du boulot. Ne pas abandonner les nations aux dirigeants qui les utilisent pour assouvir leurs pulsions de pouvoir et de haine....
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Par Olivier ANSELM

Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

Touché (ému, inquiet) ce matin par l'aveu de découragement de Daniel Schneidermann. Hé, ce n'est pas le moment des hauts-le-coeur, mais du haut-les-coeurs ! Moi, c'est ASI qui m'a donné durant des années le courage de parfois regarder dans les yeux une actualité nationale ou internationale qui me flanquait un cafard noir, alors pas question de flancher maintenant, hein !

Bon, à ce propos, Daniel, et si pour résister à la dépression post-votum-media-triste vous vous recentriez sans peur ni reproche sur votre coeur de métier, c'est-à-dire l'analyse et la critique des media, au lieu d'identifier un peu trop rapidement le produit (l'immonde Trump ?) et l'emballage (l'immonde traitement médiatique !) ?

Entendons-nous bien, comme pour Todd, ma seule tasse de bourbon dans cette élection américaine, c'était à la rigueur Bernie Sanders. Je ne serrerais pas la main de Trump s'il se présentait chez moi. Mais qu'importe. Ce qui importe, précisément, c'est la politique qu'il (= son équipe et lui en ligne de mire) va mener ou pas. Certes, petites phrases, affichages et postures font partie de cette politique ; elles disent des vérités tout en nous dissimulant l'essentiel. L'essentiel, c'est ce que les medias devraient traquer et débusquer; ce qu'ils ne font pas ou si mal, et c'est pourquoi vous êtres là, Daniel et ASI, indispensables, non pour faire seuls et mieux ce que ne font pas les autres, mais pour être au sens de Socrate le taon dans la cité, celui qui empêche les autres de ronronner des fadaises (en prétendant gouverner, ou informer), celui qui excite et énerve jusqu'à ce que dans l'agitation les masques tombent.

Face aux prétendus démocrates raisonnables et propres sur eux, vous savez sans souci déjouer les illusions (feintes ou débiles) du discours médiatique. Hypocrites, ils veulent nous faire croire qu'ils ne sont que raisonnables et bien intentionnés ? Vous faites tomber les masques. Avec Trump, comme avec celles et ceux qui lui ressemblent, la manœuvre médiatique est inversée mais votre boulot reste le même ! Parce qu'ils y trouvent leur compte, à la fois Trump et les médias présentant Trump jouent des cartes qui sont tout le contraire du "politique raisonnable et propre sur soi", mais cela n'en est pas moins un masque ! Non pas que Trump soit au fond "raisonnable et propre sur lui", bien sûr, mais que derrière ce traitement médiatique il y a forcément une politique, une idéologie, un business, une lutte des classes (économique, culturelle, sociale, philosophique...).

A mon avis, cela arrange Trump qu'on le prenne pour un salaud ou un satire, comme cela arrangeait Hollande qu'on le prenne en 2012 pour un ennemi de la finance ou un fin manoeuvrier de gauche. Masque, masque, masque ! Allez, Daniel, haut-les-coeurs ! Je suis toujours avec vous sur ce coup-là, plus que jamais !

... et invitez, pourquoi pas, Todd à en discuter ;-)....
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Tous les commentaires (145)
Par Bernie73

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

L'élection de Trump correspond exactement à la montée de Marine Le Pen
Le peuple appelé des voeux de JL Mélenchon n'existe pas, mais pourquoi donc ?
Plein de raisons bien sûr
- Le manque d'alternative crédible :
un système qu n'est plus représentatif et qui nous propose en boucle les mêmes sans renouvellement d'idée

- La fermeture systématique du débat par les grand éditorialistes
et d'une manière générale la façon dont les média rapportent de la politique :
jamais de débat d'idée, juste des sentences et des petites phrases commentées en boucle
Des positionnements tactique discuté pendant des heures.

Et je le répète une information qui porte uniquement sur l'émotion (faire réagir) et jamais (ou rarement) réfléchir
c'est une éducation de longue date
Tout ça nous mène à un vote d'instinct, plus de réflexion sur le bien commun, quelle solution apporter à un problème en se situant d'un point de vu collectif.

"Juste mon nombril, mes peurs, ma rage et mes idées préconçues"
Ou comment le peuple se suicide en donnant les clés à l'archétype de l'anti-peuple



Modifié 1 fois. Dernière modification le 09:44 le 14/11/2016 par Bernie73.
Par Germain RITAL

Re: UBUquïté du pouvoir ?

Citation:
Daniel Schneidermann
La conjugaison des deux, le titre et la photo, confirment qu'on a basculé dans un autre monde. Un monde qui défie ma compréhension. Un monde que je n'ai pas envie d'analyser. (...)Je me sens aussi largué qu'un journaliste du New York Times, c'est dire.

Obscénité et cruauté, constitueraient selon Jarry les deux attributs du pouvoir. La réalité attesterait-elle médiatiquement et mondialement aujourd'hui ce qu'il figura théâtralement pour "la Pologne" seulement en son temps? La farce d'Ubu roi serait-elle devenue, plus encore que la "dystopie" du 1984 d'Orwell (limitée à seule cruauté et négligeant l'obscénité) la vérité désormais mondialement affichée du pouvoir: son ubuquïté?
Par Germain RITAL

Re: UBUquïté du pouvoir ?

N. B. Mon précédent commentaire (10:18) n'aurait pas dû être placé là où à cette heure il l'est: non sous le tout premier (que je n'avais pas lu), mais en réponse directe au 9:15 de ce matin.
Par cg

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Spontanément j'ai envie de vous répondre : le suicide !
Vous me semblez désespéré mais vous n'êtes pas le seul.
J'ai mis un commentaire sur la belle chronique d'Alain Korkos et j'évoquais le passage sur LCP d'un très passionnant documentaire
sur la crise de 29 qui s'est terminée par la deuxième guerre mondiale.
Courage parce que les similitudes entre cette période et l'actuelle ne manquent pas.
Par Ervé

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Une grande bouffée d'air frais, cette élection, selon certains experts en géopolitique de ce forum.
Les leaders d'extrême-droite invités par Trump ou Bannon. Farage est le premier, les autres suivront.
Trump osera-t-il peloter Marine Le Pen ?
Par Ervé

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Rire pour ne pas pleurer ?
Même plus le goût, ni la force.
Par palu

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

plutôt la marion, qui est disponible
Par cg

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

J'ai oublié un conseil, écouter "you want it darker" ou mieux encore Bach, Vivaldi, Haendel ou Mozart pour vous apaiser et échapper à tout ce merdier.
Bref vous mettre dans une bulle.
Par tchd

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Comme d'habitude, nos médiateurs ont l'indignation sélective.

Ne devrait-on pas être troublé tout autant par cette photo et les compliments qui l'accompagnent.

Même lieu, même cadrage:

Deux immondes beaufs devant les dorures de la Trump Tower
Par Julot Iglésias

Le monde en noir et blanc.

Cette image (Trump et Netanyahou) n'intéresse pas DS car elle n'alimente pas sa phobie des concombres. Trump qui serre la main d'un juif , ça ne "fait pas sens". On ne peut rien en déduire. Trump qui serre la main d'un facho, c'est beaucoup plus intéressant pour le matinaute.
Même si Trump précise qu'il ne construira pas son fameux mur (qui a pu croire un instant à cette farce), même s'il apparait que beaucoup de ses promesses ne pourront pas être tenues et n'étaient que des arguments de campagne mensongers, Trump est classé à tout jamais dans le camp des méchants.
En lisant les papiers concombrophobes de Daniel jour après jour, on le sentiment qu'il possède une moyen infaillible de détecter "les fachos". Il possède un test aussi sûr que celui qui permet de détecter le virus VIH. Séropositit ou séronégatif. Tout ou rien. On se souvient de quelle magistrale façon Daniel avait "outé" Pierre Péan au cours d'une fameuse interview qui s'était achevée par le départ de Péan. DS avait réussi à lui faire prononcer le mot fatal, le mot "cosmopolite", si mes souvenirs sont exacts. Daniel avait décroché la timbale. Ils n'était pas peu fier de lui, manifestement. Le test était suffisant et imparable, "cosmopolite" étant le mot que les antisémites utilisaient avant la Shoah pour évoquer les juifs. Péan était donc antisémite, donc facho. Pour les concombrophobes, le nazisme (mort, me semble-t-il, en 1945) peut renaitre spontanément à tout moment.



Modifié 3 fois. Dernière modification le 10:58 le 14/11/2016 par Julot Iglésias.
Par tchd

Re: Le monde en noir et blanc.

Pour info, Netanyahou n'est pas un "juif" mais un premier ministre en exercice. Une nuance qui semble vous échapper mais qui change tout.
Par Julot Iglésias

Re: Le monde en noir et blanc.

Pour info, Nigel Farage n'est pas "un facho", mais un député européen en exercice. Une nuance qui semble vous échapper et qui change tout.

Pour être plus clair, cette photo (Trump-Farage) illustrant la chronique de Daniel ne peut pas avoir d'autre fonction, me semble-t-il, que de montrer deux fachos copains comme cochons. Si vous lui voyez un autre ens, je suis prêt à vous entendre.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 11:14 le 14/11/2016 par Julot Iglésias.
Par fer

Re: Le monde en noir et blanc.

Explication de texte pour ceux qui font exprès de mal comprendre :
d'un côté, Netanyahou 1er ministre en exercice rencontre le président élu des Etats-Unis : cela fait partie du jeu diplomatique normal (même si l'ordre des rencontres a son importance évidemment). Pour info : Hollande avait déjà parlé au téléphone avec Trump l'avant-veille.
d'un autre côté, un simple député européen (il y a en a 700 environ), président par interim d'un parti qui n'a aucune fonction officielle et pour seul fait d'armes d'avoir contribué au BREXIT. Une telle rencontre n'a rien d'habituel dans l'ordre diplomatique ou protocolaire.

Mais bon, on comprend bien la stratégie malsaine : non, le sujet n'est pas le néo-fascisme de Trump ou de Farage (c'est vrai quoi, l'extrême-droite n'est pas un sujet actuellement, ni aux USA, ni au Royaume-Uni, ni en Hongrie, ni en Autriche, ni en Turquie, ni en France, etc. etc. etc. ad nauseam), le sujet c'est l'éternel tarte à la crême du lobby israélien (waouh le scoop ! Aux USA TOUS les présidents y participent ! grand scoop : Trump aussi !))

Car, pour nos néo-rebelles de l'anti-politiquement correct, s'attaquer au néo-fascisme c'est tellement convenu, c'est même un truc des élites bobos et des médias consensuels. Alors que la vraie rebellitude c'est de faire de Trump le vecteur punk de l'anti-mondialisation. Oui, Trump, ce type raciste, machiste, bourré de thunes et totalement égocentrique.

Moi ça me fout les jetons de trouver autant de commentaires à la Julot tant sur mediapart que sur Asi. On voudrait valider le discours de jonctions des extrêmes (gauche et droite) qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Par Tigi

Re: Le monde en noir et blanc.

Citation:
Explication de texte pour ceux qui font exprès de mal comprendre :
d'un côté, Netanyahou 1er ministre en exercice rencontre le président élu des Etats-Unis : cela fait partie du jeu diplomatique normal

Non, la légende de la photo est : "Le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le candidat républicain à la présidence, Donald Trump, à New York, le 25 septembre 2016. "
Par fer

Re: Le monde en noir et blanc.

Ca ne change rien à la banalité de cette rencontre dans le contexte américain déjà connu.
Et ca rend d'autant plus hors-sujet d'évoquer cette photo vieille de plusieurs semaines contre la photo avec Farage toute récente.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

A noter qu'avant les élections, Netanyaou a rencontré Trump ET Clinton.

Quelle aurait été la différence si c'était Clinton qui était élue, à part les drapeaux vs les dorures bling-bling ?

[www.chiourim.com]

"il a été précisé qu’elle avait confirmé son engagement en faveur d’une ‘solution de deux Etats’ et de négociations directes entre les deux camps 'assurant l’avenir d’Israël en tant qu’Etat juif, sécurisé et démocratique sur des frontières reconnues, et octroyant aux Palestiniens l’indépendance, la souveraineté et le respect'.
Par ailleurs, Hillary Clinton s’est élevée contre toute tentative de délégitimaiton d’Israël, incluant dans sa condamnation les actions de boycott du mouvement BDS."

Je dois pas être doué au jeu des sept erreurs.
Par tchd

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Véritable ami" ( "a true friend" ), la formule est forte, non ?
Par kadife

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je m'inquiète pour Emmanuel Todd.
Récemment entendu sur France cul', il est de plus en plus aigri, paranoïaque et mégalo.
Comme toujours mais avec de moins en moins de prudence, il annonce avoir trouvé la pierre philosophale, LE facteur décisif qui explique tout chez tout le monde dans le monde entier.
Il devrait se retirer à la montagne et se calmer un peu.
Par evemarie

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

a part dire quoi faire a todd , c'est quoi votre info ? quel est ce facteur décisif, qu'a t'il dit ? Todd est mal, parcequ'il a appelé de ces voeux l'election de Hollande et il s'aperçois que lui est bien protégé , mais pas le peuple qui a de petit revenu, et qui est plus nombreux que son peuple a lui de petit intello, macho, qui protège leur patrimoine en Bretagne , leur vacances au USA ... Il a raté le décrochage de 50% de la population , lui le démographe, alors il a les boules, prophète ailleurs mais pas en son pays , faut dire qu'il décris la société Française comme égalitaire pour les femmes, il voulait meme (dit sur ce site) des quotas pour que les mâles puissent rentrer dans les grandes écoles parce que les filles sont meilleures !!! Délirant comme Trump. Le mecs a tout faux , et ne comprend pas a quel point la société des intellos est loin de la société du plus grand nombre.
Par kadife

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je voulais juste passer ma mauvaise humeur (c'est une des fonctions des forums) sur ce couillon de Todd, pourtant adulé par une bonne partie de ce forum et de la gauche en général, qui à mes yeux se laisse abuser par son arrogance de cuistre.
D'accord avec vous sur l'aspect nombriliste (donc bourgeois et macho) de ses opinions. Concernant les facteurs uniques régulièrement avancés par Todd pour expliquer intégralement tel ou tel phénomène social, il y a eu entre autres les structures familiales pour expliquer les évolutions sociales (il aurait fallu lui dire que corrélation n'est pas causalité) et le "catholicisme zombie" (quelle formule de charlatan...) pour expliquer le Jesuischarlisme.
En ce moment, c'est la sortie de l'euro qui semble être pour lui l'alpha et l'omega de toute politique. Pas un mot sur la crise écologique, sociale, sur les dominations de race, de genre... Non, c'est l'euro. En y ajoutant une pincée de protectionnisme, "c'est évident !" (sic), l'essentiel de nos problèmes seront résolus.

Pourquoi continuer à inviter un mec qui se fait mousser à chaque interview car il a "prévu", "scientifiquement", la chute de l'URSS et qui prédit la même chose aux USA depuis une bonne quinzaine d'années (on attend toujours).
Et qui a aussi prédit, le coeur gonflé d'enthousiasme, que le hollandisme serait "révolutionnaire"...
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Le coup de saton dans le piédestal de Todd ne peut lui faire que du bien, ceci dit, parmi nos "élites" intellectuelles, il est loin de faire la plus mauvaise analyse.

Comme Assange est trop Bourdieusien, Todd est trop Toddien. Chacun analyse la situation avec les outils à sa disposition. Demandez son avis à un boucher, il vous fera une analyse géopolitique sous un angle de boucher, comme demandez son avis à un marteau, tous les problèmes sont des pointes. Parfois on a la surprise de voir que le marteau tape juste ! :-)
Par kadife

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Assange est trop bourdieusien" : ça se discute.
Il s'agit d'une saillie de Daniel lors de l'émission de vendredi dernier censée illustrer le fait qu'Assange était persuadé que la candidate de l'oligarchie gagnerait nécessairement. Mais en l'occurrence l'opinion d'Assange relève plus d'une sorte de structuralisme déterministe bas du front que d'un bourdieusisme. L'oeuvre de Bourdieu est souvent résumée par les journalistes paresseux en un "les structures sociales se perpétuent de manière déterministe, les rejetons des riches seront riches, ceux des pauvres seront pauvres", et c'est dommage qu'@si reprenne ces poncifs.
D'ailleurs, à quand une émission sur le discours médiatique dominant à propos de Bourdieu ? En invitant les amis d'Acrimed, ça serait magnifique. (même si cela pourrait réveiller des souvenirs douloureux chez daniel)...

"Todd est trop toddien" : c'est bien ça. Nombriliste, simpliste, arrogant. Et infiniment moins subtile que Bourdieu.
Par Catala93

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Oui, personne ne comprend et ne peut prévoir la suite. Cette prise de pouvoir du populisme clinquant dans le pays le puis puissant du monde, au mépris de l'intérêt général est unique dans l'histoire des démocraties occidentales. Todd est un bon analyste des phénomènes démographiques et sociologues, mais après avoir écouté sa longue intervention,il ne décrit qu'une partie des problèmes. Sur le plan politique, ce n'est pas une référence. On rappelle qu'il a vu Hollande en porteur de solutions et d'espoir en 2012 sur ASI ! Soyons clairs, nul n'a aujourd'hui la boite à outils pour faire face à cette gigantesque vague identitaire et populiste. Sortir un nom ou un parti de la boite comme sauveur providentiel est un réflexe dérisoire de peur et de cécité. Tout reste à faire et il y a du boulot. Ne pas abandonner les nations aux dirigeants qui les utilisent pour assouvir leurs pulsions de pouvoir et de haine.
Par Jean-Ali-Lévy-Feuerbach

Re:

On peut déjà aller voter à la primaire de droite pour éliminer un candidat de la même "trempe" que " trump" ...( et lui foutre une trempe )



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:17 le 14/11/2016 par Jean-Ali Lévy-Feuerbach.
Par evemarie

Re:

Non ne pas voter a leur primaire, c'est anti démocratique, qui va vérifier que les votes ne sont pas grugé comme en 2012 celle du PS ? Arrêtons l'Americanisation de la société , vous allez voter a droite une fois ? alors il y aura une deuxième fois , si au deuxième tour en 2017 y'a que de la droite , on ne vote pas , on va pas encore une fois se soumettre aux oligarques et a leur chien de garde ?
Par Julot Iglésias

Encore et toujours la peur des concombres !

Au deuxième tour, en cas d'affrontement entre Sarkozy Sarkozy et Marine Le pen, je voterai pour celui des deux qui me parait le moins nuisible. Je voterai donc pour Marine Le Pen. Je le ferai à contre-coeur (mon candidat favori étant Jean-Luc Mélenchon), mais je voterai contre Sarkozy, représentant du capitalisme mondialisé. S'abstenir, c'est voter pour Sarkozy.
Je demande à ceux qui sont choqués par mes propos de se poser cette simple question : "Avez-vous souvent entendu, ces derniers temps, les représentants de la vraie gauche (qu'ils soient des hommes politiques comme Jean-Luc Mélenchon ou des intellectuels comme Frédéric Lordon, Alain Badiou ou Aude Lancelin) attaquer l' "extrême droite" ou se scandaliser de l'élection de Donald Trump ?" Je ne crois pas. Il est réconfortant de constater que les représentants de la vraie gauche ne se laissent pas manipuler pas des images (Trump serrant la main de Farage) et savent désigner leurs vrais ennemis et le vrai danger. Je en suis pas dans leur tête et je ne sais pas ce qu'ils diraient s'ils étaient aussi libres de parler que ne l'est est le citoyen lambda que je suis, mais j'ai ma petite idée sur la question. Il est difficile de mesurer l'autocensure à laquelle ils sont contraints. Car être vu et catalogué comme "un facho" constitue une menace telle, la force des préjugés est telle qu'aucune personnalité vivant de son image et de sa réputation ne peut prendre le risque d'un suicide professionnel ou politique. La paysage politique ne pourra pas changer aussi longtemps que des braves gens comme Daniel Schneidermann contribueront à entretenir des phobies sans fondement.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 14:07 le 14/11/2016 par Julot Iglésias.
Par fer

Re: Encore et toujours la peur des concombres !

Ok jonction des extrêmes, évoquée plus haut, validée ici explicitement.

Franchement à pleurer.
Par Julot Iglésias

Re: Encore et toujours la peur des concombres !

Citation:
jonction des extrêmes

La droite, la gauche, l'extrême droite, l'extrême gauche. Il ne vous est jamais venu à l'esprit que cette classification pouvait être sans fondement.
Ces catégories n'existent pas. Ces classements sont grotesques. Ils ne représentent rien.
Par Faab

Re: Encore et toujours la peur des concombres !

Ils représentent des traditions idéologiques ayant leur cohérence pour qui veut bien encore clarifier sa pensée, chose qu'un tas de politique évitent de faire pour ne pas avoir à s'engager, pour pouvoir jongler avec les opinions et récupérer ce qu'ils peuvent : tant mieux si l'un est séduit par un programme social et ne s'embarrasse pas des applaudissements du Ku Klux Klan...
Rien de bien nouveau en fait, un peu d'histoire : La République opportuniste (1879-1899), période de la colonisation et de la recomposition de la droite pour l'émergence d'une droite républicaine.

Tous les "ni... ni..." qu'on entend aujourd'hui doivent correspondre à cette nécessité de recomposer le champ politique après la fin du monde soviétique. Reste à savoir sur quelles coordonnées, clivages, cela peut se faire. A mon avis, l'essentiel se passe dans le rapport au monde, national/international, ceux qui vont prendre prétexte de la lutte contre le néolibéralisme mondialisé pour remettre à l'honneur "la terre et les morts", la pensée du nationalisme ethnique/territorial, et ceux qui vont rester sur des conceptions de "révolution mondiale" ou d'universel, une exigence altermondialiste au sens premier, un autre monde à inventer, dans la diversité d'une humanité désormais concrètement réunie, plus difficilement assignable à un mythe d'autochtonie, par-delà les conservatismes voulant garder un ancien monde.

Et sans doute que ce rapport à la terre, au home sweet home, peut produire des troubles y compris chez des pacifistes animés d'une pensée bucolique mais dans un esprit de village, de communauté locale, perturbés par l'irruption de l'étranger : le sentiment de perte peut être violent quand on a soudain l'impression de ne plus être chez soi, envahi d'auvergnats comme disait Brice (pas de Nice mais proche d'Estrosi à un moment).

Et du coup, essai de classification socio-psychologique :
- gauche : politique de transformation, orientée vers l'avenir, l'autre, la différence
- droite : politique de conservation, orientée vers le passé, soi, l'identité
- extrêmes : radicalité dans un sens ou l'autre

Derrière : paradoxes de gens se disant de gauche parce qu'ils sont ouverts au monde mais ne veulent pas entendre parler de transformation du modèle néolibéral, et de gens se disant de droite parce qu'ils sont centrés sur l'identité mais veulent transformer ce modèle "mondialiste" qui les met à mal.
Parce qu'au fond, quand on est centré sur soi, on s'en moque un peu que le modèle néolibéral fasse des dégâts ailleurs du moment qu'on n'est pas soi-même touché, de même que des gens de gauche oublient un peu vite les dégâts locaux parce qu'ils croient a un progrès global par le libre échange.
Par tony

Re: Encore et toujours la peur des concombres !

Citation:
Au deuxième tour, en cas d'affrontement entre Sarkozy Sarkozy et Marine Le pen, je voterai pour celui des deux qui me parait le moins nuisible. Je voterai donc pour Marine Le Pen.


Votre liberté de choix vous appartient, mais votre jugement est largement critiquable. Ce n'est pas parce que Sarko représente le pire de la droite libérale-sécuritaire qu'il faut nécessairement se jeter dans la gueule du loup FN: il n'est pas du tout évident que Le Pen soit moins nuisible que Sarkozy, c'est juste deux variantes d'un même populisme réactionnaire.

Surtout, votre "démonstration" visant à déduire du fait que des intellectuels représentant la gauche authentique ne s'attaquent pas au FN avec la même hystérie que la "droite complexée" du PS serait un argument favorable au vote Le Pen contre Sarkozy au second tour est un peu tordu.

Vous ne pouvez ainsi que réjouir tous les Joffrin qui fondent tout leur discours sur l'équation Mélenchon=Le Pen et les fameux "extrêmes qui se rejoignent" qui paralysent complètement la parole de gauche. Ne leur faites pas ce cadeau.

Que ces intellectuels dénoncent la manipulation anti-Le Pen comme moyen de maintenir la fausse alternance PS/LR permettant au systême plouto-oliguarcho-eurocrate de se reproduire, ne signifie pas pour autant qu'il ne s'en inquiètent pas: essentiellement, comme dit Lordon, quand on est de "gauche", "on ne mange pas de ce pain là."
C'est irrémédiable, définitif et non négociable.

Vous avez choisi d'en manger, pourquoi pas, mais ne venez pas chercher frauduleusement en renfort des intellectuels de gauche pour justifier votre choix.
Par Julot Iglésias

Paradigmes obsolètes.

Il mes semble que vous avez mal lu mon message et que vous y avez vu des affirmations qui n'y sont pas.

1- Sarkozy ne symbolise pas pour moi une forme de "populisme réactionnaire", mais le capitalisme mondialisé décomplexé. Je ne pense pas que le fait de fêter sa victoire en 2007 sur le yacht du Bolloré soit un geste particulièrement populiste. Si j'ai cité Sarkozy plutôt que Juppé ou Fillon, c'est que Sarkozy est particulièrement répugnant dans son genre et que son absence de morale et de scrupules le rendent capable de tous les comportement extrêmes.

2- Je ne fais aucune "démonstration" (pour reprendre votre terme) en faisant observer que certains de partisans de la vraie gauche ne manifestent pas de façon obsessionnelle une aversion pour ce que certains désignent par le terme un peu vague de fachosphère. Je fais simplement observer une réalité. Je serais un peu obtus si je pensais que ma sympathie pour l'attitude de Frédéric Lordon, par exemple, est la preuve que mon opinion est la bonne. Pour la petite histoire je note en passant (même si ça ne "démontre" rien) que dans l'interview qu'il a accordée tout récemment à Judith Bernard dans "Hors Série", il cite spontanément Alain Minc comme ennemi idéologique, plutôt que Marine Le Pen ou Donald Trump,

3 - Le fond de mon message réside dans l'observation que l'image que nous nous faisons de la droite nationaliste est chargée d'aprioris et de superstitions. La répugnance que nous inspire ce courant politique est en grande partie irrationnelle. Elle remonte probablement à l'époque (l'entre deux-guerres, pour parler simplement) qui a vu l'affrontement entre le totalitarisme communiste et le totalitarisme fasciste. Pour les partisans de la vraie gauche de cette époque (les communistes), l'ennemi était le fascisme. Aujourd'hui, le communisme est mort et le fascisme est mort, mais nous ne nous sommes pas débarrassés des schémas d'analyse établis à l'époque où ces courants existaient. Etre anti-fasciste aujourd'hui me parait aussi obsolète stupide qu'être anticlérical. C'est fantasmer sur des ennemis inexistants. Cette fascination morbide pour le fascisme-zombie est particulièrement visible chez Daniel Schneidermann, qui nous fait très régulièrement des poussées de fièvre sur ce thème.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 23:07 le 14/11/2016 par Julot Iglésias.
Par Tigi

Re: Paradigmes obsolètes.

Citation:
Je serais un peu obtus si je pensais que ma sympathie pour l'attitude de Frédéric Lordon, par exemple, est la preuve que mon opinion est la bonne. Pour la petite histoire je note en passant (même si ça ne "démontre" rien) que dans l'interview qu'il a accordée tout récemment à Judith Bernard dans "Hors Série", il cite spontanément Alain Minc comme ennemi idéologique, plutôt que Marine Le Pen ou Donald Trump,

Rien d'étonnant.
Lordon est un intello, les ennemis idéologiques dignes de lui ne peuvent être que des intellos.

Alain Minc, donc, ok.

Mais Marine Le Pen ou Donald Trump...

Cela ne signifie pas que Lordon n'éprouve pas d'aversion pour ces deux là.
Simplement qu'il choisit des cibles qui lui semble intellectuellement être dignes de lui.
Par tony

Re: Paradigmes obsolètes.

Citation:
Sarkozy ne symbolise pas pour moi une forme de "populisme réactionnaire", mais le capitalisme mondialisé décomplexé.

Je pense pourtant que vous avez tord de cantonner Sarkozy au "capitalisme mondialisé": Sarko, c'est aussi l'immigration, les "valeurs" catholiques, l'obsession sécuritaire, la "racaille", le "Kärcher", la "valeur travail", la "France qui se lève tôt", la critique de l'"assistanat", des fonctionnaires, des syndicats...bref tout ce qui concourt à diviser les travailleurs en prétendant défendre leurs intérêts (étrangers contre français, chômeurs contre actifs, chrétiens contre musulmans, travailleurs du privé contre travailleurs du public etc...).
De ce point de vue il s'agit clairement d'un populisme de droite extrême - sinon d'extrême droite - dans la droite ligne du poujadisme.

En ce sens Sarko-Le Pen, comme avait dit Duclos en 1969 entre les deux tours des présidentielles à propos de Pompidou et Poher, c'est « bonnet blanc et blanc bonnet ».
La seule différence entre les deux est que Sarko représente la frange libre-échangiste/européiste/pro-Otan et Le Pen la frange protectionniste/anti-euro/anti-Otan de ce "populisme réactionnaire".


Citation:
2- Je ne fais aucune "démonstration" (pour reprendre votre terme) en faisant observer que certains de partisans de la vraie gauche ne manifestent pas de façon obsessionnelle une aversion pour ce que certains désignent par le terme un peu vague de fachosphère. Je fais simplement observer une réalité.

Pardon mais vous jouez sur les mots. Je ne pense pas me livrer à une surinterprétation: si vous posez cette question, juste après avoir exposé votre intention de voter Le Pen au second tour, c'est bien que vous avez une intention - appelez la "démonstration", illustration, contextualisation, explication, argumentation, justification...cela n'a rien d'un "pur" constat dans le déroulement de vos propos (existe-t-il d'ailleurs de purs constats dans le débat politique?).

Citation:
3 - Le fond de mon message

Si tel est le fond de votre message, je suis plutôt d'accord.

Mais vous m'accorderez que, pour quelqu'un de gauche (et contrairement à ce que vous dites ce n'est pas un "paradigme obsolète"), ce n'est pas parce que le nouveau FN, ce n'est plus le fascisme à la papa et qu'il n'y a pas de raison d'en avoir peur - pas plus que de Sarko ou de Juppé en tout cas - que c'est une raison pour se mettre à voter pour ce parti à l'héritage aussi glauque et aux thématiques qui sentent toujours aussi mauvais, fût-ce au second tour face à Sarko.

On ne mange pas de ce pain là.
Par BIBI

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Rappel: un fan de Trump:Jesse Hugues, le leader du groupe Eagles Of Death Metal [www.lesinrocks.com]
Par BIBI

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

La construction du mur a commencé il y a 10 ans, en 2006. [fr.wikipedia.org].
Obama ne l'a pas fait détruire, Clinton a-t-elle envisagé de le supprimer?
Trump va continuer ce qui a été commencé par ses prédécesseurs.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:28 le 14/11/2016 par BIBI.
Par Ervé

Dégonflé

Quand on promet un mur, on construit un mur. Pas une barrière à claire-voie avec vue sur la terre promise.
Mais bon, il suffira de placer un peu plus de flics armés derrière les clotures.
Par Robert.

Israël l'a fait!

"Quand on promet un mur, on construit un mur"

Même un mur n'empêche pas de rêver.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:03 le 14/11/2016 par Robert..
Par Dogu

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Rappelez vous quenle president US est loin de disposer du pouvoir absolu. Cette histoire d'homme le plus puissant du Monde est une fable. Le president sortant n'a meme pas reussit a imposer la fin de Guantanamo ou meme le debut de commencement de son programme economique. On sort de 8 ans d'Obama : comment expliquez vous que son successeur puisse se faire elire sur des questions sociales alors que c'etait le coeur du programme d'Obama ? Normalement il ne devrait plus rien rester a Trump ! The job should have already been done !

Personellement je trouve l'analyse de Todd absolument geniale. Un. Des rares a vraiment analyser correctement ce qui est en train de se passer.
Par OuvreBoîte

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Rappelez vous quenle president US est loin de disposer du pouvoir absolu. Cette histoire d'homme le plus puissant du Monde est une fable. Le president sortant n'a meme pas reussit a imposer la fin de Guantanamo ou meme le debut de commencement de son programme economique. On sort de 8 ans d'Obama : comment expliquez vous que son successeur puisse se faire elire sur des questions sociales alors que c'etait le coeur du programme d'Obama ? Normalement il ne devrait plus rien rester a Trump ! The job should have already been done !


Obama a du composer avec le sénat et la chambre qui lui étaient le plus souvent majoritairement opposés (et qui ont fait pas mal d'obstruction).
C'est peut-être son plus gros échec, de ne pas avoir pu transposer ses succès électoraux dans les deux chambres (même si le système électoral le désavantageait).
Une inconnue est effectivement de savoir comment Donald va cohabiter avec la majorité républicaine, son hold-up sur le parti ne lui a pas donné la main sur les nominations et il ne fait pas parti de l'appareil.
Je pense qu'il ne faut pas faire preuve de trop d'optimisme : il a les manettes, le plus vraisemblable est que les républicains iront à la soupe.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Faut pas non plus faire preuve de trop de naïveté :

"Obama a du composer avec le sénat et la chambre qui lui étaient le plus souvent majoritairement opposés (et qui ont fait pas mal d'obstruction).
C'est peut-être son plus gros échec, de ne pas avoir pu transposer ses succès électoraux dans les deux chambres (même si le système électoral le désavantageait).
"

Y'a sans doute du vrai, mais le côté "j'ai pas pu tenir mes promesses à causes des républicains", c'est une jolie fable. S'il s'est permis de belles promesses c'est qu'il savait qu'elles ne passeraient pas.
C'est bon pour les élections, "votez pour moi je vais rétablir l'équilibre et permettre à tous une bonne santé et un revenu décent" puis "ah ben merde c'est con j'ai pas pu !"

As usual comme y disent…
Par palu

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Puisque le prénom Donald est utilisé, un peu de culture, au sens hérgéïen du terme (cf se remémorer la scène de l'album "le sceptre d'ottokar", où tintin dans un avion en partance pour la syldavie, parcoure une brochure relatant l'histoire de ce "pays") : bref, le prénom Donald vient du celtique da, « bon », et noal, « Noël ». Il semble qu'il y ait plus de 400 personnes qui portent ce prénom en France.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Joyeux noël, félix !!! ;-)))
Par Valentin Fluteau

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je reposte cette image là : [i.imgur.com]

Certes, elle n'est pas tout-à-fait exacte (le décompte des votes n'était pas terminé au moment de sa publication, et l'échelle des y est trompeuse).

Mais elle a le mérite de montrer visuellement une chose : le fait politique, c'est l'abstention très forte du camp démocrate. Entre 2008 et 2016, 25 millions d'électeurs inscrits en plus sur les listes électorales, et près de 10 millions d'électeurs en moins pour Clinton vs Obama.

Comme le dit justement Todd à la fin de sa conf, en substance : "je ne vais pas m'amuser à imaginer les choses terribles que pourrait provoquer l'élection de Trump, ou les catastrophes que pourrait provoquer l'élection de Clinton." Rappelez-vous, on en était là, à la veille des élections. On s'apprêtait à entrer en guerre mondiale contre "l'islamisme", à coups de bombardements massifs et répétés (d'attaques au sol ?) sur le Moyen-Orient, sans accord de l'ONU, opposition frontale avec Poutine en cadeau.

Alors, c'est quoi l'élection de Trump ? "Communauté de langage" avec le gros beauf dans son appartement en dorures, rejet du libre-échange, ou absence totale d'envie ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:35 le 14/11/2016 par Valentin Fluteau.
Par M_

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Les elections americaines fonctionnent etat par etat,

J'ai regarde au hasard deux des plus importants swing states :

Floride 2008
Obama : 4,282,367
Mc Cain : 4,046,219

Floride 2016
Hillary: 4,485,745
Trump : 4,605,515


Michigan 2008
Obama : 2,872,579
Mc Cain : 2,048,639

Michigan 2016
Hillary: 2,279,221
Trump : 2,267,798

On peut en conclure que ce n'est pas du tout si evident que ca de conclure sur cette fameuse abstention du vote democrate.

L'etat de californie est particulierement interressant car il montre la debilite de comparer les votes totaux dans l'election americaine et les fameux pourcentages totaux qui diminuent pour les democrates. La californie est un etat largement democrate, Par consequent il n'y a aucun interet a aller voter dans cet etat puisque le resultat est joue d'avance.Il en va de meme du cote republicain.

Californie 2008
Obama : 8,274,473
Mc Cain : 5,011,781

Californie 2016
Hillary: 5,589,936
Trump : 3,021,095

Il y a 4 millions de personnes qui ont refuse de faire le deplacement ici car ils savent pertinemment que leur vote ne sert a rien...
Par Valentin Fluteau

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Votre analyse est bien intéressante. Et vous avez raison quant à la valeur marginale perçue d'un vote aux États-Unis... L'électeur d'un swing state a, à mon sens, intégré (consciemment ou non, d'ailleurs) que son vote a infiniment plus de valeur que l'électeur d'un État dont la couleur est connue d'avance. D'où l'absurdité de comparer, dans l'absolu, les votes totaux aux US.

D'ailleurs, je chipote, mais il faudrait comparer en pourcentages d'inscrits pour être vraiment précis :p
Par M_

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

vous avez parfaitement raison mais je n'ai pas acces a ce chiffre facilement...
Par rirette guillermard

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je partage l'indignation sur le "mur". Quand même ne pas perdre de vue son histoire : article "Barrière États-Unis-Mexique" de Wikipédia
Par Olivier ANSELM

Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

Touché (ému, inquiet) ce matin par l'aveu de découragement de Daniel Schneidermann. Hé, ce n'est pas le moment des hauts-le-coeur, mais du haut-les-coeurs ! Moi, c'est ASI qui m'a donné durant des années le courage de parfois regarder dans les yeux une actualité nationale ou internationale qui me flanquait un cafard noir, alors pas question de flancher maintenant, hein !

Bon, à ce propos, Daniel, et si pour résister à la dépression post-votum-media-triste vous vous recentriez sans peur ni reproche sur votre coeur de métier, c'est-à-dire l'analyse et la critique des media, au lieu d'identifier un peu trop rapidement le produit (l'immonde Trump ?) et l'emballage (l'immonde traitement médiatique !) ?

Entendons-nous bien, comme pour Todd, ma seule tasse de bourbon dans cette élection américaine, c'était à la rigueur Bernie Sanders. Je ne serrerais pas la main de Trump s'il se présentait chez moi. Mais qu'importe. Ce qui importe, précisément, c'est la politique qu'il (= son équipe et lui en ligne de mire) va mener ou pas. Certes, petites phrases, affichages et postures font partie de cette politique ; elles disent des vérités tout en nous dissimulant l'essentiel. L'essentiel, c'est ce que les medias devraient traquer et débusquer; ce qu'ils ne font pas ou si mal, et c'est pourquoi vous êtres là, Daniel et ASI, indispensables, non pour faire seuls et mieux ce que ne font pas les autres, mais pour être au sens de Socrate le taon dans la cité, celui qui empêche les autres de ronronner des fadaises (en prétendant gouverner, ou informer), celui qui excite et énerve jusqu'à ce que dans l'agitation les masques tombent.

Face aux prétendus démocrates raisonnables et propres sur eux, vous savez sans souci déjouer les illusions (feintes ou débiles) du discours médiatique. Hypocrites, ils veulent nous faire croire qu'ils ne sont que raisonnables et bien intentionnés ? Vous faites tomber les masques. Avec Trump, comme avec celles et ceux qui lui ressemblent, la manœuvre médiatique est inversée mais votre boulot reste le même ! Parce qu'ils y trouvent leur compte, à la fois Trump et les médias présentant Trump jouent des cartes qui sont tout le contraire du "politique raisonnable et propre sur soi", mais cela n'en est pas moins un masque ! Non pas que Trump soit au fond "raisonnable et propre sur lui", bien sûr, mais que derrière ce traitement médiatique il y a forcément une politique, une idéologie, un business, une lutte des classes (économique, culturelle, sociale, philosophique...).

A mon avis, cela arrange Trump qu'on le prenne pour un salaud ou un satire, comme cela arrangeait Hollande qu'on le prenne en 2012 pour un ennemi de la finance ou un fin manoeuvrier de gauche. Masque, masque, masque ! Allez, Daniel, haut-les-coeurs ! Je suis toujours avec vous sur ce coup-là, plus que jamais !

... et invitez, pourquoi pas, Todd à en discuter ;-).
Par Jiemo

Re: Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

Par Valentin Fluteau

Re: Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

Bravo, c'est exactement ça
Par Pierre38330

Re: Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

Je rejoins la "troupe". Contribution à illustrer ou compléter par celle de Germain Rital, un peu plus haut.
Par evemarie

Re: Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

Inviter Todd oui super, maison minimum, pour lui demander pourquoi le NON a JLM, pourquoi les intellos ne veulent pas de lui, et qu'on ne me parle pas de sa personnalité, vu celle de Todd, brillant, excellent analyste des familles , mais macho et capitaliste (lui qui le dit, mais bien sure apres 2012 et pas pendant le débat sur ce site). Il serait intéressant que les invités qui parlent politique nous disent d'où eux même parlent, être a gauche ET capitaliste ça marche PAS, ça c'est être a droite . si en 2012 on avait su que les intello qui se disent de gauche sont en réalité capitaliste, j'aurais compris la haine que JLM leur inspire . Et j'aimerai l'a comprendre en 2017 ?
Par DétecteurdeVérité

Re: Haut les coeurs VS hauts-le-coeur

annuler



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:45 le 14/11/2016 par DétecteurdeVérité.
Par Mathieu

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Par BIBI

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

La vulgarité, la grossièreté s'étalent sans vergogne depuis des décennies sur les écrans et sur les ondes. Comment s'étonner qu'elles aient réussi à gangrener les cerveaux de ceux qui se vautrent devant ces émissions?
Par isaton

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

À nôtre niveau, on s’est déjà tapés cinq ans de Sarkozy, quatre ans de Trump à celui mondial doit pouvoir se faire, même si des dégâts...
Par clive

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Mais non c'est pas un autre monde, c'est juste à votre tour de ne pas l'aimer...
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Pas mal ! ;-)
Par Damien

Quel mur ?

A propos de cette histoire de mur... j'avais cru comprendre qu'il y avait déjà un mur entre le Mexique et les US (pas sur toute la longueur ? avec des trous ? avec des gardes frontières ? ... ?). En quoi la proposition de D. Trump diffère-t-elle de ce qui existe déjà ? On a des raisons de s'offusquer davantage par rapport à ce que ses prédécesseurs ont fait pour pourrir la vie aux migrants ?
Par DétecteurdeVérité

Re:

À la lecture de cet éditorial qui reflète l'état d'esprit qui est aussi le mien, à savoir l'étonnement de la vitesse avec laquelle un crétin peut être accueilli dans la communauté internationale, et la souplesse avec laquelle ses crétineries sont amenuisées pour devenir à peine un peu exagérées et presque excusées, ce qui me choque c'est la photo de ce pitoyable Nigel Farage, ex courtier à la Bourse, dans la cage doré de l'ascenseur de la Trump Tower. Les deux personnages ont entre autres pour point commun de se comporter d'une façon injustifiable avec les femmes, ils ont dû en tenir de chouettes propos de vestiaires à l'étage supérieur croulant sous les dorures.

Il suffit de remplacer la chevelure dorée, le costume bleu et la cravate rouge par les atours d'un bédouin pour croire que Nigel est reçu par un dignitaire d'Arabie Saoudite, même distinction des goûts en matière de décoration intérieure.

Ce n'est pas Donald mais Scrooge McDuck

Ce qui est choquant bien entendu ce n'est pas de voir un beauf, les rues en sont pleines dans les artères où les vitrines présentent sans honte des objets valant au bas mot dix SMIC, des milliers de salaires de pauvres gens ailleurs dans le monde, non cela n'est pas le plus choquant.
Le plus choquant c'est que des Américains ordinaires aient voté pour ce crétin qui sans la moindre gêne affiche ses lingots.
De la même manière qu'il était affligeant de voir des Britanniques voter pour Boris Johnson qui jouait du temps où il était étudiant à enflammer des billets de 50 livres devant de pauvres gens dans le besoin, juste pour le fun ! Et que ces deux personnages aient oser dire qu'ils parlaient en leur nom !!!!

Alors on se dit que ceux à qui, soit disant, on ne donnait pas la parole, auraient mieux fait de continuer à se la fermer !
Par Ervé

Re:

Tout aussi affligeante, l'absence de sens critique de ceux pour qui Trump est le remède, le dynamiteur du système.
La nomination d'un suprémaciste antisémite et violent comme "stratège en chef", les invitations des pires crapules extrémistes par son intermédiaire ?
Rien de très alarmant.
Farage, Le Pen, Wilders..., connais plus dès lors qu'ils deviennent les alliés du "downright moron".
Par Monsieur X

Re:

Donald Trump a multiplié par 100 le patrimoine dont il a hérité et qui a gagné la compétition politique la plus difficile contre l'une des politiques les plus expérimentées sur cette compétition, avec une équipe au sommet, la quasi totalité de la presse, des personnalité charismatique et des argentiers derrière elle, défiant tous les pronostiques et le tout pour la moitié du budget.

L'explication "Trump est un crétin" a vécu. Ce n'est même pas un crétin à la W Bush, bon politicien en campagne mais piètre leader, puisqu'il a accompli dans son business des niveaux de réussites que presque tout ceux qui le décrient sont très loin d'avoir même approchés. Et surtout, il a une vision de politique internationale très claire, et très populaire. Au moyen orient, il soutient les types en costumes contre les types en djelabah, en s'alliant au besoin avec d'autres types en costume venu du nord. A la doctrine d'hégémonie US, il considère important de savoir combien ça coute et combien ça rapporte. Certe, formulé ainsi, ça fait doctrine pour cours élémentaire, mais il faut bien avoir en tête que cette formulation vient non de lui mais de la doctrine précédente qui pronait bien, en pratique, le soutien des islamistes contre les dictateurs par principe (enfin sauf en Arabie Saoudite, cela va sans dire) et le maintien de l'OTAN comme outil d'hégémonie globale sous le pilotage des USA par principe également.

Après des années de crises, un type assez malin pour offire aux gens qui payent pour tout ça que ça s'arrête a fait candidature. Le verdict des faits est tombé: ah oui, il était effectivement malin.
Par act

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Au risque de passer pour un débile profond ce qui se passe est simple.

en fait, trump est élu, car il est ressenti comme le vrai défenseur du peuple oublié . Le peuple qui a construit la prospérité des EU et qui s'est vu dépossédé et mis au ban par une "élite" qui plus est "corrompue". A une variante prés c'est la même chose en France.

Alors après Trump, plus vulgaire que Sarkozy, plus malin que Tapie, plus crétin que Fillon et bien sur bien plus bête que Macron o Morizet ou Clinton, ça se discute.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:00 le 14/11/2016 par act.
Par shuppy

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Au risque de passer pour un débile profond ce qui se passe est simple.

en fait, trump est élu, car il est ressenti comme le vrai défenseur du peuple oublié . Le peuple qui a construit la prospérité des EU et qui s'est vu dépossédé et mis au ban par une "élite" qui plus est "corrompue". A une variante prés c'est la même chose en France.


Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:00 le 14/11/2016 par act.

Rien pour l'instant ne peut confirmer( ou infirmer ) vos propos, les chiffres de l'élection ne montre pas de raz de marée électoral en faveur de Trump
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je vais redire ce que j'ai dit ailleurs, c'est pas que Trump est "ressenti comme le vrai défenseur du peuple oublié", c'est juste que Clinton a dégoûté et effrayé les démocrates.

"Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes"
Bossuet

(Vous pourrez tous noter au passage que dans cette phrase, il n'est absolument pas dit que Dieu chérit les effets. Je dis ça pour les quelques-uns qui voudraient faire passer pour pro-Trump tous ceux qui osent critiquer Clinton. C'est un poil pénible cette tendance généralisée.)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:11 le 14/11/2016 par Al1.
Par act

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Commentaire sur la position de Alt1

L'assertion que Trump est "ressenti comme le vrai défenseur du peuple oublié" ne signifie pas que Trump est le vrai défenseur du peuple oublié". En revanche voter Trump n'est pas s'abstenir. Un tel vote signifie plus qu'une critique de Clinton
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Oui mais justement, il n'y a pas eu plus de vote Trump qu'il n'y avait eu pour Bush et consors, c'est bien l'abstention des démocrates qui l'a fait élire.

Pour autant, de même qu'il ne faut pas prendre les électeurs de Trump pour des abrutis incultes, il ne faut pas prendre les abstentionnistes pour responsables de l'élection de Trump.
Je le dis et je le répète, les deux responsables de l'élection de Trump sont Obama et surtout Clinton.

C'est pas en cherchant du côté des électeurs de Trump qu'on peut comprendre ce qui se passe.
Par act

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

mille excuses pour la mauvaise orthographe du pseudoAl1

Pour prolonger l'échange d'arguments:
i) comme d'habitude, une élection avec un résultat qui ne satisfait pas la caste dominante admet plusieurs facteurs explicatifs et parmi ceux là il y a des justifications qui la rassurent. Je pense que c'est le cas en ce qui concerne la focalisation sur la personne Clinton. Quoique il en soit, derrière la personne Clinton se cache la finance mondialisée, l'essentiel des faucons (il me semble que Mac Cain ne soutenait pas Trump) et derrière ces gens se trouvent l'approbation du libre échange (main d'oeuvre bon marché à l'intérieur et à l'extérieur des E.U) et la négation de la souveraineté des Etats constitués.
ii) il faut en outre accuser le système électoral américain qui privilégie les partis qui organisent les primaires. Par suite, les candidats non issus de primaires sont de fait disqualifiés sauf s'ils représentent un très fort courant d'opinion et de fait,les électeurs qui veulent voter se trouvent dans un choix binaire. Il faut bien reconnaître que l'abstention est pour partie une démission quand la situation est grave.

On peut laisser pendante la discussion des causes de l'élection de Trump, on risque de la retrouver en des termes comparables en France dans quelques mois.
Par fer

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Bouh Clinton "l'agent de la finance mondialisée" et de l'impérialisme américain.

--> Vive Trump le représentant du prolétariat fauché et du pacifisme américain ?!

Hmm... Franchement: y a pas un truc qui cloche dans vos raisonnements ?
Par palu

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

ce n'est pas Alt1 (le smiley) mais Al1 le pseu de l'1terlocutter d'act...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:24 le 14/11/2016 par palu.
Par RRJL

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

On se croirait sur France Inter.

Cher Daniel, s'il avait fallu démissionner de la terre, qu'attendiez-vous, avec l'Iran, la Chine, l'Arabie Saoudite ... ah j'oubliais, la Russie et Adolf Poutine.

Faudrait peut-être se ressaisir ?

Quand au réchauffement climatique, le jour où les canadiens (vous savez nos amis du CETA) arrêteront d'exploiter les sables bitumineux, je commencerais à croire qu'il y a vraiment une volonté. D'ici là, c'est du pur enfumage. Je ne doute pas qu'avec un pétrole qui serait revenu à $150 la baril, les canadiens vont fouiller les entrailles de la terre comme jamais.

La lutte contre le réchauffement, ça me fait penser aux accord de paix israelo-palestinien.

Quand au mur qui existe déjà sur 1/3 de la frontière depuis 2006, je ne vois pas en quoi une barrière c'est social démocrate mais un mur c'est fasciste.

Bref on peut ne pas être d'accord avec certaines idées de Trump mais Clinton était pour moi bien pire : proguerre, profinance, prodélocalisation.

Si on veut faire un peu d'arrêt sur image, il faudrait comprendre pourquoi seule 2% de la presse US est proTrump alors que 50% de la population l'est ? J'ai l'impression que la presse US a déjà quitté la terre et s'est déjà réfugiée sur votre planète.

Je peux vous aider à trouver la réponse : lisez le livre de Aude Lancelin ... si vous n'êtes pas proguerre, profinance, prodélocalisation -> proclinton vous ne serez pas journaliste au US comme en France.

Je vous confirme que si vous n'aviez pas un esprit un poil rebelle, vous auriez fait une très belle carrière à France Inter et au nouvelOBS.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:57 le 14/11/2016 par RRJL.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Parfaitement d'accord à part "50% de la population". C'est 25% des électeurs, faut pas non plus exagérer, et ça montre bien que c'est pas un raz-de-marée populaire cracra qui devient fachiste gnagnagna, c'est juste le résultat de la décrépitude de l'électorat Clinton.
Par RRJL

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Merci de votre commentaire.

Il faut remettre dans le contexte du propos, ok pour la population 25% proTrump et 25% proClinton et 50% OSEF MAIS la presse US est 2% proTrump et 65% proClinton soit un rapport extravagant de 1 à 30 !
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"la presse US est 2% proTrump et 65% proClinton soit un rapport extravagant de 1 à 30 !"

Oui mais ça dit quoi, pour vous, ça ?
Qu'il a gagné MALGRÉ le matraquage, ou qu'il a gagné À CAUSE du matraquage ?
Par fer

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Non mais franchemen Trump en rebelle suprême anti-système !!!
Mais vous êtes vraiment prêt à tout pour vous débarrasser du "système" ??? Même à plébisciter quelqu'un qui appele implicitement au meutre ou à la mise en prison de ses opposants politiques ? Qui dit par avance qu'il n'acceptera sans doute pas le résultat des urnes ??

Il y a un moment : il faut dire stop ! Ou alors changez de crèmerie et allez sur des sites de Dupont-Aignan voire fdesouche.

Je ne sais pas ce qui m'effraie le plus : Trump lui-même ou la cohorte d'anti-systèmes français qui se prétendent mélenchoniens mais qui sont déjà passés à l'extrême-droite sans même s'en rendre compte.
Par RRJL

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Et sinon vous avez une idée sur les thèmes de campagne de Trump ?

S'il s'agit de dire qu'il fera le contraire de ce qu'il a déclaré, je parierais aussi là dessus mais on en reparle dans 4 ans.

S'il s'agit de dire qu'il a certaines choses et le contraire, c'est vrai aussi mais pas sur tout et oui, c'est un problème, donc rendez-vous dans 4 ans.
Par M.Pat

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Contrairement à certains de ses supporters par ici Mélenchon est plutôt lucide par rapport à Trump.
Par Loran

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Il ne faut pas s’attacher aux paroles. Il faut s'attacher aux faits.

Si vous n'avez pas regardé Todd, je vous conseille de le faire.

Ca permet de comprendre : Les gens meurent...
Personne ne se laisse mourir sans rien faire. Regardez les migrants !
Par RRJL

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Evidemment qu'il a gagné MALGRÉ le matraquage, il n'y a qu'à voir en France comment la propagande a fonctionné à merveille.

C'est moins facile aux US car à un moment ou à un autre l'électeur américain aura vu une fois ou une autre Trump et ce qu'il dit réellement.

Je vous invite à faire le test autour de vous, réponse typique :

Que pensez-vous de Trump ? : Quel horrible personnage !
Pourquoi dites-vous ça ? : Raciste, homophobe, sexiste (pour une fois antisémite sera épargné), vulgaire !
Avez-vous vu un discours, un débat avec Trump ? : Non jamais

Regardons la vidéo de Trump dans le bus en 2005 et une petite vidéo de propagande sur Trump ...

Fin de la vidéo ... Ah ben, merde, je suis d'accord avec lui sur presque tout, il n'est pas du tout vulgaire, je m'étais complètement trompé mais c'est impossible pour moi d'en parler autour de moi, je vais me faire assassiner.

Ce qu'il faut comprendre c'est que dans les enquêtes d'opinion, les français sont très majoritairement anti immigration, anti guerre, anti délocalisation donc ce discours qui est le cheval de bataille de Trump, parle fortement aux français ... s'il leur parvient.
Par M.Pat

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

De la même manière que Marine Le Pen arrivera probablement en tête du 1er tour en 2017 malgré le même matraquage... Vous pourrez vous en réjouir avec la même indulgence (plutôt étonnante) que vous accordez à Trump et à son électorat.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Le pen en tête du premier tour, je ne vais certainement pas m'en réjouir. Mais au deuxième tour face à un Sarko, Juppé, Hollande, Macron, … je vais évidemment m'abstenir. Je ne désespère pas qu'un jour vous compreniez que ça n'est pas de l'indulgence pour Le Pen.

Je vous laisse chercher en attendant…
Par Tigi

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Mais au deuxième tour face à un Sarko, Juppé, Hollande, Macron, … je vais évidemment m'abstenir.

Pourquoi "évidemment" ?

Je conçois qu'on puisse s'abstenir entre la peste et le choléra.
Entre Sarkozy et Le Pen, par exemple.

Mais entre Le Pen et Macron ? Vous trouvez que ça se vaut ?
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je vous renvoie la question : entre Sarko et Macron, vous trouvez vraiment une différence ?
A part les traits de personnalité, c'est la même ligne politique.
Par OuvreBoîte

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
A part les traits de personnalité, c'est la même ligne politique.


Politique ou économique ? Sauf si j'ai manqué quelque chose Macron n'a jamais exprimé des obsessions en matière de politique pénale ou de religion, par exemple.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Chouette, je vais voter pour lui alors !!! :-DDD
Par OuvreBoîte

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Sans aller jusque là, cette petite musique qui dit à droite du FDG ce sont tous des clones qui pensent pareil sur tout est lassante.
Tout le monde c'est que c'est stupide. Vous avez complètement le droit de considérer que les trois quarts du spectre politique sont incompatibles avec vos positions mais c'est un spectre quand même.
Par RRJL

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"obsessions en matière de politique pénale"

C'est vrai que tout va bien dans ce domaine, 45% de récidive toutes catégories et 63% chez les récidivistes.

[www.justice.gouv.fr]

Je suis contre la prison ça ne marche pas (et ça coûte une blinde) mais il faudrait trouver une solution alternative et vite, car derrière ces chiffres, il y a des dizaines de milliers de gars comme vous et moi qui en prennent la gueule.

Et on ne parle là QUE des délinquants assez débiles pour se faire arrêter ET condamner ET plusieurs fois (à un moment, il faut changer de métier, homme politique par exemple).

"ou de religion"

C'est vrai qu'il n'y a pas de problème avec la religion en France, pas de jeunes filles voilées qui se trimbalent dans la rue au nom d'une idéologie ouvertement sexiste, homophobe, suprématiste ...

Chacune a ses raisons, contraintes familiales ou du voisinages , replis pour cause de non intégration professionnelle, rejet de l'homme blanc colonisateur, rejet de la société de consommation, rejet de la vulgarité et de la sexualisation de la société (jetez un coup d’œil sur les clips destinés aux jeunes).

La religion n'est pas un problème en soit mais c'est le symptôme d'un rejet de la société française et le basculement dans quelque chose de pire et qui annonce une grave fracture de la société française et une forme de guerre civile froide (j'ai bien dit froide !)

Donc si l'obsessions du FN, c'est ça, je ne leur donne pas tord.

Et si vous pensez comme moi que ces problèmes deviendraient mineurs dans une société moins inégalitaire, dans ce cas, vous devez détester l'UMP et le PS qui nous ont amené là. Donc le FN pourquoi pas, ne serait-ce que pour les faire chier.
Par OuvreBoîte

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
C'est vrai que tout va bien dans ce domaine, 45% de récidive toutes catégories et 63% chez les récidivistes.

dont les délits routiers. Dans le temps long, ça va plutôt pas mal si on compare à d'autres périodes historiques même assez récentes. Mais bon on est plutôt dans la période hystérique.
.
Citation:
Je suis contre la prison ça ne marche pas (et ça coûte une blinde) mais il faudrait trouver une solution alternative et vite, car derrière ces chiffres, il y a des dizaines de milliers de gars comme vous et moi qui en prennent la gueule.

Enfin vous je sais pas, mais moi je tombe pas tous les jours sur des criminels endurcis qui veulent ma mort.

Citation:
Et on ne parle là QUE des délinquants assez débiles pour se faire arrêter ET condamner ET plusieurs fois (à un moment, il faut changer de métier, homme politique par exemple).

Voilà. Par exemple Marine elle s'est faite chopper, deux fois, elle est toujours dehors ; au moins c'est pro.
Mais c'est vrai qu'elle a l'avantage dynastique, le casier du Menhir, ça en impose quand même. Des gens qui savent l'importance de la transmission.


Citation:
C'est vrai qu'il n'y a pas de problème avec la religion en France, pas de jeunes filles voilées qui se trimbalent dans la rue au nom d'une idéologie ouvertement sexiste, homophobe, suprématiste ...

Arrêtez avec la Manif pour tous, pour une fois qu'on les entendait plus.
(Au fait des petites stats sur ces "jeunes filles voilées" ? non ?)

Citation:
Donc si l'obsessions du FN, c'est ça, je ne leur donne pas tord.

Vous aurez tord ensemble, c'est fraternel

Citation:
Et si vous pensez comme moi que ces problèmes deviendraient mineurs dans une société moins inégalitaire, dans ce cas, vous devez détester l'UMP et le PS qui nous ont amené là. Donc le FN pourquoi pas, ne serait-ce que pour les faire chier.

je ne renoncerais jamais à faire chier le FN
Par RRJL

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Je ne renoncerais jamais à faire chier le FN"

Préparez votre pancarte "Not My President", vous en aurez besoin dans les 10 ans à venir, à moins d'un événement inattendu (donc improbable) et qui nous sortira de la spirale infernale ...
Par Romain I

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Mais bon on est plutôt dans la période hystérique.
Ça c'est bon, c'est un constat factuel, pas de soucis ?

La violence, les gens la fantasment complètement...sauf quand ils font partie d'une minorité, auquel cas ils sont "micro-agressés" en permanence par l'existence-même de l'homme blanc hétéro.
Par Tigi

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Je vous renvoie la question : entre Sarko et Macron, vous trouvez vraiment une différence ?

Oui : l'âge de leurs épouses.

Citation:
A part les traits de personnalité, c'est la même ligne politique.

La "ligne politique", c'est comme les "programmes", tout le monde ou presque s'en fout.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Citation:Je vous renvoie la question : entre Sarko et Macron, vous trouvez vraiment une différence ?

Oui : l'âge de leurs épouses. "

:-DDDDD

Citation:A part les traits de personnalité, c'est la même ligne politique.

La "ligne politique", c'est comme les "programmes", tout le monde ou presque s'en fout."

Je ne parierais pas là-dessus.
Par Faab

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Est-ce à dire que pour vous, pour "tout le monde" c'est la personnalité qui compte, pas la ligne politique ?
Ou bien autre chose ?
Par Tigi

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Prenez donc un électeur ou une électrice lambda et demandez lui ce qu'est la "ligne politique" de Sarkozy, de Juppé, de Le Pen, de Hollande ou de Mélenchon.

Vous pensez avoir quoi comme réponse ? Une réponse éclairée et documentée ? Bien sûr que non.
Vous n'aurez rien.

Demandez ensuite à cette personne pour qui elle pense voter.
Si vous êtes sympa, elle vous le dira sans problème.

La plupart des candidats eux-mêmes se foutent pas mal de ce qu'il y a dans leurs soi-disants "programmes", ce ne sont que des attrapes mouches à destination des journalistes et des gogos.

Vous avez déjà vu un politicien respecter les promesses et les engagements de son "programme" ?

La "ligne politique", l'électeur lambda s'en fout comme de l'an 40, et il a d'ailleurs bien raison.

La seule chose qui lui importe, c'est la "personnalité".

On n'élit pas une "ligne politique", on élit une "persona", c'est à dire un masque de théatre.
Par Faab

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Que les électeurs n'aient pas le temps (ou l'envie) d'éplucher les programmes, certes, mais considérer qu'ils ne savent pas ce qu'ils font, c'est ce qu'ont notamment dit les médias quand ils voyaient dans Trump le vote d'imbéciles. Qui est le plus gogo entre les gogos et les commentateurs ?

Quand Hollande a été élu, ça a été sur une une idée générale autour de "l'ennemi c'est la finance", l'attente d'une réelle action sur le modèle néolibéral avec en arrière-plan la dernière crise financière etc. et je crois que les électeurs PS savent pourquoi ils se sentent trahis.
Enfin, "trahis", pas tous : il y a bel et bien des "hollandistes" qui croient aux "gens responsables", aux notables, à des patrons plein d'esprit civique avec qui on pourrait faire des pactes de responsabilité. Peut-être même que c'est un des aspects majeur de Trump : le bâtisseur face à la finance.

Je crois que personne n'est dupe des masques de la politique, du fait que ce soit affaire tactique, mais ça n'empêche pas de voir aussi autre chose. Trump n'aurait pas été élu si il n'avait été que le gars qui lâche des insanités : c'est bien le fond de contestation d'un modèle socio-économique et, pour une part, la contestation de la gauche "sociétale" active pour les minorités, les égalités etc. qui est derrière.

Trump fera-t-il ce pour quoi il a été élu, on verra, mais il n'a pas été élu pour son image, c'est peut-être même contre elle que des électeurs ont dû voter, en pariant sur son honnêteté à faire ce qu'il disait (sinon, on se demande pourquoi il a eu le soutien d'évangélistes...).
Ca reste un pari, mais il y a du calcul dessous, de l'intelligence.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:30 le 16/11/2016 par Faab.
Par Tigi

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Rien qu'à gauche, il y aura au moins 5 ou 6 candidats à la présidentielle.

Je doute que l'électeur lambda ait la moindre idée de leurs "lignes politiques" ou des différences qu'il peut y avoir entre leurs "lignes politiques".
Par Faab

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Pourtant, rien qu'en lisant le forum, il me semble qu'émergent chez les uns et les autres les mêmes questions, de manière parfois implicite mais avec des clivages visibles, des options à choisir :
- la question culturelle : majorité/minorité, multiculturalisme, identité, laïcité etc.
- la question sociale : fatigue du néolibéralisme

Derrière, on aura peut-être des lignes
- à la Sanders (Mélenchon ? Montebourg ? etc.) : d'abord la question sociale et on met de côté la question culturelle

- à la Clinton (bourgeoisie SOS-racisme ? Jadot ? Je ne connais pas, Mélenchon le comparait à Cohn-Bendit) : on croit encore à du néolibéralisme "tempéré", on ne critique pas trop l'U.E., et on cherche à s'appuyer sur la question culturelle ("non aux fachos !", minorités, cannabis etc.)

- de la gauche républicaine très française (Valls ?) : la question sociale mais aussi la question culturelle dans une optique à la Chevènement, morale et laïcité anti-cléricale.

- une 4e option (altermondialiste ? islamo-gauchistes ? Jadot si il est plus gauche que Cohn-Bendit ?) : la question sociale comme point majeur, critique du néolibéralisme mais avec en même temps une position franche sur le (multi)culturel, contre les républicains et plus engagé que les neutres.
Par Tigi

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

C'est parce que vous croyez que les électeurs se déterminent principalement en fonction de "lignes politiques".
Par Faab

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

C'est surtout parce que je crois que les lignes politiques se déterminent en fonction de l'électeur lequel ne sait pas toujours qu'il en a une, qu'elle reste implicite dès lors qu'il a autre chose à faire que de travailler l'explicitation de sa cohérence intuitive.

Pour qui voudrait s'amuser (pas en français) : political compass. On répond à un quizz et ça place sur un champ politique avec deux axes : gauche/droite en économie, autoritaire-normatif/libertaire.

Le principe en image avec le placement de personnalités (Gandhi, Castro, Thatcher, De Gaulle...)

Et comme je verrais bien Trump sur la position de Mugabe : The Daily Show with Trevor Noah - Donald Trump: America's African President.
Trevor Noah est sud-africain, il a trouvé des points communs entre Trump et de brillants dirigeants africains.,
Par Tigi

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
C'est surtout parce que je crois que les lignes politiques se déterminent en fonction de l'électeur lequel ne sait pas toujours qu'il en a une, qu'elle reste implicite dès lors qu'il a autre chose à faire que de travailler l'explicitation de sa cohérence intuitive.

Vous ferez peut-être des réponses crédibles... le jour où vous croirez à ce que vous écrivez . :-)
Par M.Pat

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Entre Sarko et Le Pen je m'abstiendrai très probablement... Pour les autres non même si sur le fond ça ne changerait surement pas grand chose j'en suis conscient.
Je ne vous soupçonne d'aucune indulgence pour Le Pen à priori, juste que si elle arrive en tête ça sera grosso modo avec le même processus qui a mené Trump à la victoire et on verra bien ce qui se racontera sur ce forum...
Sans parler de vous en particulier, au nom du rejet de Clinton (pas illégitime au demeurant) dire du mal de Trump et s'inquiéter de sa victoire vous transforme illico en défenseur acharné du système.
Quand je me rappelle ce que Valls symbôle de la "drôche" tellement honnie par ici s'est pris pour ces "blancos" et que certains finaudent (RRJL, Julot...) avec Trump dont je n'ai pas le temps de reprendre quelques saillies assez merveilleuses... (sur les musulmans par exemple...)
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Merci pour votre réponse un poil plus nuancée.
"Je ne vous soupçonne d'aucune indulgence pour Le Pen à priori, juste que si elle arrive en tête ça sera grosso modo avec le même processus qui a mené Trump à la victoire et on verra bien ce qui se racontera sur ce forum... "

Bon, on ne peut pas calquer comme ça les élections américaines et françaises, mais admettons.
Je ne serai plus, c'est fini, soulagé d'avoir évité "le pire" si on évite Le Pen. J'ai voté Chirac la dernière fois, c'est fini.
Si Le Pen arrive au pouvoir, je vous dirai comme aujourd'hui "on vous aura assez prévenu !"

Pour moi il y a deux fascismes. L'extrême droite, et la droite "néolibérale, capitaliste mondialisé, financiarisé, atlantiste" raye la mension que tu veux, ou trouve d'autres termes plus précis. Et on sait tous que le premier se fait facilement l'auxiliaire du deuxième (d'abord comme épouvantail pour ramener tout le monde au bercail, ensuite comme milice disponible), Trump et Le Pen n'y dérogent pas.

Ma génération a été élevée dans la peur du premier, car mes parents étaient enfants au moment de la guerre. C'est des choses qui marquent, et pour plusieurs générations. C'est peut-être votre cas aussi. Comme Le Pen père collait parfaitement à l'épouvantail, on ne s'est guère posé de questions.

Je me souviens quand même qu'à 20 ans, voyant Madelin à la télé, j'ai dit "c'est lui le premier danger, le plus immédiat. "

Tout le monde commence à réaliser que nous sommes dans un état fasciste. Les plus pauvres d'entre nous se le prennent dans la gueule, et se trouvent systématiquement insultés quand ils le manifestent. Ensuite viennent les classes moyennes, et ainsi de suite, comme des petits soldats de plombs, les premiers tentant d'avertir les suivants qui n'y croient pas, et tout s'écroule comme un château de cartes.

Nos chers médias et politiques, main dans la main, nous ordonnent de voter utile, au nom des valeurs républicaines tralalalère, tout le monde connaît la petite musique par cœur.
C'est fini. Les pauvres n'ont plus peur depuis longtemps, les classes moyennes les rejoignent en masse.

La stratégie de Clinton n'a pas marché, elle s'est pris un gros Fuck comme dit Moore.
Et oui, en France aussi ils vont se prendre un gros Fuck.

La seule chose qui peut nous sortir du dilemme "ou bien ce système pourri ou bien le chaos", c'est le vote Mélenchon au premier tour.

Je ne partage pas tout, loin de là, je suis plus anar ( je préfèrerais qu'avant la constituante on fasse une déconstituante, pour se laisser le temps de réfléchir à l'utilité de la République), mais un anar pris dans ses contradictions, et mis devant l'urgence de réunir nos forces, résistantes avant progressistes. Parce qu'on en est là.
Par M.Pat

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

on peut arriver à échanger tranquillement parfois...
Je suis d'accords sur certains points avec vous mais surement pas pour l'état fasciste dans lequel nous serions.
Mais pour conclure (je n'ai pas le temps d'écrire plus là) nous sommes au moins d'accord que au point où on en est Mélenchon représente le vote utile.
Par Al1

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Je suis d'accords sur certains points avec vous mais surement pas pour l'état fasciste dans lequel nous serions. "
J'ai bien compris ça, mais attends de voir ! Ou plutôt ouvre les yeux !

"nous sommes au moins d'accord que au point où on en est Mélenchon représente le vote utile."

Pas seulement "au point où on en est", c'est certainement la seule chance de réunir les forces de gauche et "anarchisantes", et c'est probablement une chance historique.
Et comme toujours quand on réunit des forces différentes, ça coince, faut arriver à accepter les compromis mais pas les compromissions. Par exemple, il va falloir faire sans le politbureau communiste (et tant mieux), mais je l'espère avec beaucoup de communistes "de terrain".
Au passage, je félicite Mélenchon d'être parti "seul", il a ainsi coupé l'herbe sous le pied d'une primaire à gauche qui aurait été une forfaiture de plus des solfériniens.
Par M.Pat

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

pour les forces anarchisantes je ne peux pas trop me prononcer mais je ne suis pas certain que Mélenchon soit très client.
Qu'il soit parti tout seul en laissant un PC critique mais dépendant du PS est évidemment une très bonne chose... Wait and and see, on aura laaargement l'occasion d'en reparler.
Par pierre mas

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Mais pour conclure (je n'ai pas le temps d'écrire plus là) nous sommes au moins d'accord que au point où on en est Mélenchon représente le vote utile.

Une fois n'est pas coutume d'accord avec M. Pat!
Par M.Pat

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

incroyable !
Un vote utile pas forcément évident pour moi mais quitte à être déçu autant tenter quelqu'un qui nous propose autre chose qu'une alternance molle.
Par evemarie

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Ils se moquent de nous '"cette ère où la folie d'un seul homme ' ? Parce que ces ères ou la folie d'un groupe de mâles a conduit la planète au désastre climatique, économique et de soumission, c'est mieux ? le fachisme est la avec la Turquie etque fait l'Europe ? comme en 33.
Franchement tant que vos oligarques, nous volent, nous mentent avec de jolie mots, avec une belle gueulle (comme Obama), ça vous sied mieux, mais a nous ça fait aussi mal, la au moins même les plus éduqué souffre de honte, ils ne vont pas eux en souffrir économiquement, mais au moins les plus démunis ont eu le seul plaisir qu'ils leur reste, rendre honteux les intellos .
Par Totorugo

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Je vais vous faire un aveu. En voyant la photo dans l'ascenseur, j'ai d'abord cru que c'était Bernard Guetta et Michel Leeb...
Par kiki22

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Trumpocène ?

N'importe quoi l'Immonde est toujours l'un des plus dangereux appareil de propagande du 0,1% !

La vérité est que ce qui détruit l'écosystème et les vies des citoyens c'est l'Oligarcène l'ère de l'oligarchie financière !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:31 le 14/11/2016 par kiki22.
Par DétecteurdeVérité

Re:

Quitte à le répéter, le plus effrayant, ce sont ceux qui accompagnent Trump, cette cohorte du Tea Party qui rend ridicule les satisfactions de Todd, Slavoj Zizek, Assange et autres et soudain les faits passer, non pas pour des crétins comme Trump, (le mot de crétin étant le mot qu'on peut appliquer à quelqu'un qui soucieux d'enfoncer un clou le plus efficacement possible y place une charge atomique), mais pour des naïfs, et à ce jeux-là de dangereux naïfs.

Aujourd'hui les Todd, Zizek et Assange et autres deviennent des peinturlureurs qui tentent de mettre en perspective ce qui vient de se passer pour se justifier.
Finalement, je me demande si le qualificatif ne leur va pas aussi vu le résultat pour des millions de gens qui demain verront la déportation, seront en but au racisme quotidien exempt de politiquement correct, vivront la tragédie des grossesses non désirées, et leur enfants aussi, vivront l'insécurité à laquelle ils échappaient encore avec l'Obamacare, et surtout continueront de vivre la paupérisation ou à peine mieux. Ces penseurs ont aussi cru qu'en usant d'une charge atomique, ils hâteraient la venue d'un monde meilleur... résultat nous sommes tous irradiés.

Même Bernie Sanders notre héros d'un temps qui le lendemain de la victoire de DT dit en deux paragraphes "People are tired of working longer hours for lower wages, of seeing decent paying jobs go to China and other low-wage countries, of billionaires not paying any federal income taxes...." (ce qui rend ces gens doublement ridicules dans leur vote pour Trump un de ces "billionaires not paying any federal income taxes") et “To the degree that Mr. Trump is serious about pursuing policies that improve the lives of working families in this country, I and other progressives are prepared to work with him. To the degree that he pursues racist, sexist, xenophobic and anti-environment policies, we will vigorously oppose him.”
Bernie Sanders est encore mieux informé que nous, il sait qui sont ces gens qui entourent Trump, quel est ce milieu d'affaires qui a voté pour lui, et il joue encore à ceux qui font croire au raisonnable.
Par tony

Re:

Citation:
Aujourd'hui les Todd, Zizek et Assange et autres deviennent des peinturlureurs qui tentent de mettre en perspective ce qui vient de se passer pour se justifier.

Pourquoi auraient-ils besoin de se "justifier"? Ils ont voté Trump? Ils ont soutenu activement sa campagne?

Citation:
Finalement, je me demande si le qualificatif ne leur va pas aussi vu le résultat pour des millions de gens qui demain verront la déportation

Rien que ça! Vous pensez vraiment que Trump va expulser 3 millions de personnes? Vous avez une idée de ce que cela représente?
Quand bien même ce serait un apprenti nazi, une telle entreprise requiert l'appui de tout un appareil d'Etat, avec la complicité et l'assentiment de l'écrasante majorité de la population: vous pensez vraiment que les Etats-Unis d'aujourd'hui s'apparentent à l'Allemagne des années 30?
Et comment qualifiez vous la rafle de Calais?

Citation:
seront en but au racisme quotidien exempt de politiquement correct

A parce que le "racisme quotidien", ça passe mieux enrobé de "politiquement correct" peut-être? Vous pensez que les cibles vivantes que sont les noirs des ghettos urbains pour la police sont assassinées par des balles "politiquement correctes", qui font des trous "politiquement corrects" dans la tête?

Et quand en France les petits musulmans sont accusés de voler les pains aux chocolats des petits blancs et sont invités à prendre double ration de frites - parce que c'est ça la République! - vous trouvez que le racisme quotidien s'embarrasse de "politiquement correct"?

Citation:
vivront la tragédie des grossesses non désirées

Vous pensez que Trump va revenir sur la légalisation de l'IVG? Ce qu'en 35 ans aucun des trois salauds de présidents républicains que sont successivement Reagan, Bush père et Bush fils n'ont jamais mis en oeuvre, vous pensez que Trump va le faire?

Citation:
et leur enfants aussi, vivront l'insécurité à laquelle ils échappaient encore avec l'Obamacare

Vous pensez que l'Obamacare préserve les pauvres de l'insécurité économique?

Citation:
Ces penseurs ont aussi cru qu'en usant d'une charge atomique, ils hâteraient la venue d'un monde meilleur... résultat nous sommes tous irradiés.

Encore une fois, vous pensez vraiment que 2 intellectuels et un activiste sont responsables des résultats du scrutin? WTF?

Citation:
Même Bernie Sanders

est selon vous un "dangereux naïf" qui a "aussi cru qu'en usant d'une charge atomique, il hâterait la venue d'un monde meilleur"?
Par fer

Re:

Tony, vous devriez lire cet article :

http://www2.nybooks.com/daily/s3/nov/10/trump-election-autocracy-rules-for-survival.html

Je vous recommande en particulier la "Rule#1" et la "Rule#2"
Par tony

Re:

Citation:
Je vous recommande en particulier la "Rule#1" et la "Rule#2"


1) "Prendre l'autocrate au sérieux": pourquoi pas, mais quand bien même Trump serait un horrible nazi suprémaciste blanc et oppresseur des femmes,

- je ne vois pas bien ce qu'il y a dans son programme qui se distingue distingue radicalement du populisme réactionnaire et télévisuel des Berlusconi, Sarkozy et autres Haider, qui se sont tous trouvés à la tête de l'exécutif dans leurs pays respectifs, sans que le "bruit des bottes" ne vienne rugir sous nos fenêtres.

-et s'il s'avérait que c'était un nouveau Mussolini ou un nouveau Hitler, l'ensemble du corps social et politique, à tous les échelons du pouvoir, de la rue aux plus hautes sphères, lui barrerait la route: nous ne sommes plus dans les années 1940 où est supposée se dérouler l'effrayante uchronie - effrayante car justement plausible compte tenu du contexte historique - du "Complot contre l'Amérique" de P Roth - dont je conseille la lecture par ailleurs.

2) "Ne pas se faire avoir par des petits signes de normalité":

Ici encore, je sais qu'il y a une ambiance ici et ailleurs à l'hystérisation du personnage Trump, une sorte de fou dangereux à qui il ne faut surtout pas confier le bouton de l'arme atomique: d'une certaine manière c'est trop tard les amis...alors ces gens devraient se contenter de se planquer sous leur lit et de faire leurs prières plutôt que de protester s'ils croient vraiment à leurs craintes.

Les républicains ont toujours porté des candidats passablement "weird" au pouvoir: entre le cow-boy inculte Reagan et l'ex-alcoolique "born again" (les "repentis" de ce genre sont les pires névrosés) Bush fils sans pour autant que l'Amérique soit mise sous la coupe d'une dictature ni que le monde ne soit entrainé dans une guerre mondiale.
Par fer

Re:

Je ne souhaite qu'une seule chose c'est que je me trompe et que vous ayez raison.
Par tony

Re:

Citation:
Je ne souhaite qu'une seule chose c'est que je me trompe et que vous ayez raison.


Franchement, la question n'est pas d'avoir raison ou tord, puisque ni vous ni moi ne savons ce qui peut advenir, et même si le pire n'est jamais certain il est toujours possible...
Tenter d'être lucide, c'est par exemple refuser l'expression "dédiabolisation" en parlant du FN - ou plus généralement des partis réactionnaires au XXIe siècle: il n'y a aucun sens à dédiaboliser ce qui n'est pas le Diable. En revanche, dire cela ce n'est pas non plus prendre Trump, Farage ou le Pen pour des Bisounours ou des enfants de choeur...

De la même façon, votre "souhait", tout comme le mien, tout le monde s'en fiche: ce qu'il faut c'est faire de la politique, et dénoncer les fossoyeurs de la gauche, y compris à l'extrême gauche, qui instrumentalisent les prurits réactionnaires à la Trump/Farage/Le Pen pour paralyser toute pensée et interdire toute analyse.

C'est aussi ça qui fait crever la gauche, en plus de tous les renoncement du PS et des partis "sociaux-démocrates".

C'est ce que fait Mélenchon par exemple, lorsqu'il dénonce :

Citation:
la petite gauche hargneuse qui s’en prenait à Ignacio Ramonet il y a tout juste trois jours avant le vote sous le titre racoleur infamant « Ramonet trumpisé ». Il s’agissait de montrer que l’analyse lucide d’Ignacio Ramonet sur les ancrages populaires du discours de Trump revenait à l’approuver.
Terrorisme intellectuel ordinaire des derniers psalmodiants d’extrème gauche.

L'illustre représentant de cette "petite gauche hargneuse" est en l'occurence l'universitaire anarchiste-"Charliste" Corcuff, qui sévit depuis quelques années - après être passé par le Charlie Hebdo période Val l'immonde - sur Mediapart et passe son temps à fliquer les intellectuels de gauche qui pensent, en les hitlérisant à tout va: après Lordon, Michea et d'autres, c'était au tour de Ramonet d'être complice du "fascisme" qui vient.

Le terrorisme intellectuel d'un certain anti-fascisme frelaté, c'est aussi cela qu'il faut combattre en désamorçant ce chantage permanent au retour de l'"hydre fasciste", comme si nous vivions au milieu des années 1930.
Par Al1

Re:

Par Loran

Re:

La seule question raisonnable est de savoir comment on gère la diminution de 30% de la population qui va arriver d'ici 2100.

Todd à l'immense mérite de souligner les effets du point d'inflexion aux US sur l'élection.

Le reste c'est du flan.
Par Monsieur X

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Daniel Schneidermann
Un monde qui défie ma compréhension.

C'est peu de dire que ça se voit. Personnellement je suis tombé sur la fin sur la compréhension de cette élection selon Scott Adams, créateur de Dillbert et "hypnotiseur entrainé" et outre le fait qu'il a à peu près tout prévu dans cette élection contre les analystes, journalistes et tout ce qu'on peut imaginer de décent dans la population US.

Les raisons qu'il voit n'avaient pas grand chose à voir avec les angles habituels. Selon lui "les arguments n'ont pas d'importance". Ce qui compte, c'est l'image qu'on se fait des candidats, et celle ci est façonnée par la suggestion, c'est à dire des gens comme les spins doctors, les scientifiques cognitivistes etc dont les relais sont des gens, eh bien, comme Daniel par exemple. Pas de complot, hein, ce sont les premiers manipulés. Par exemple récemment il explique que les gens qui sont bouleversé sont ceux qui n'ont rien vu venir parceque leur représentation du monde rendait impossible d'imaginer que le pays deviendrait fasciste. Pour l'instant ils ne savent pas où ils couchent. La prédiction d'Adams (qui est sur une belle série de succès à ce niveau) est que ces gens vont se calmer progressivement au fur et à mesure qu'ils ajusteront leur perception du monde avec le fait qu'en fait ces votants ne votaient pas fasciste, et "qu'on a exagéré sur Trump". Peu de gens iront jusqu'à admettre que, selon les termes d'Adams, ils ont en fait été "hypnotisé" sur Trump. Lui démontre pourtant (il n'est pas le seul) comment la campagne de Clinton, les médias, tous ont fait le maximum pour bruler au fer dans les esprits Trump=Hitler, comme avec le bétail.

Et c'est vrai que d'ici j'ai du mal à voir comment le Trump que je vois agir et s'exprimer serait un danger plus grand, que, par exemple, Georges W Bush qui dans mes souvenirs n'avait pas attiré la moindre antipathie dans nos colonnes locales. Voilà pourtant quelqu'un qui prônait un isolationnisme géopolitique bien plus marqué que Trump, avait un programme bien plus à droite, avec des patrouilles massives à la frontière Mexicaine, forcer de parler anglais aux immigrants (oui, déjà...), et faire le tri parmi 12 millions d'illégaux entre ceux à garder et une "massive deportation" (c'est ici pour la source). Du reste je ne serais pas surpris de voir ces points assez proches de ceux défendus par bien d'autres candidats au cours des années, voire des siècles. Alors en quoi exactement Trump représenterait-il un danger sans précédent à ce niveau ?

Trump a dit assez pour être un sexiste plausible, mais alors même que dans la tape leakée le fait que la personne ne soit pas consentante est indiqué comme motif de ne pas être passé à l'acte, il a été dépeint comme un violeur. Des femmes ont sorti des accusations opportunes autour de l'élection, mais dans ce contexte politisé ça semble peu décisif quand on considère qu'il n'a jamais été condamné, ce qui n'est pas le cas de Cliton Bill, ou même qu'il n'a jamaisnégocié des charges abandonnées, comme DSK, ou même de façon que ses frasques seraient bien documentées, comme JFK (dont au passage personne ne considère pour autant que ça définit sa présidence). Par ailleurs même le WP quand il enquête se rend compte que dans sa boite, Trump est vu comme un patron plutot progressiste pour les femmes (ici). Alors en quoi exactement Trump représenterait-il un danger sans précédent à ce niveau ?

La campagne d'Hillary Clinton a produit un spot dans laquel un technicien de l'armement nucléaire dit que Trump serait un danger sur la base de... eh bien il le dit, quoi. Pourtant Trump a dit littéralement qu'il s'interdisait d'utiliser l'arme nucléaire en premier (avec une provision à mon avis pour garder un pouvoir de négociation, certes). Hillary Clinton n'a rien dit de tel, et s'en tient en fait à la doctrine Carter, qui est que les USA s'autorisent (comme dès le début en fait) l'initiation d'une attaque nucléaire. Par contre Hillary Clinton veut une "no fly zone" en Syrie, ce qui signifier presque certainement l'ouverture d'hostilité militaire avec les Russes et une voie royale vers la troisième guerre mondiale et l'apocalypse nucléaire, qui n'a pourtant pas ému grand monde ici. Peut être qu'@si avec sa série sur les médias à l'époque de la première guerre mondiale est plus sensible à la question. Quoi qu'il en soit en quoi exactement Trump représenterait-il un danger sans précédent à ce niveau ?

Quand à sa politique économique, elle est à la gauche des Républicains et représente sur bien des points une stratégie de resistance de l'intérêt général à celui de quelques uns au minimum intriguante. Je doute que même ici on trouve beaucoup de monde pour ne pas admettre que les propositions de Trump contre les conflits d'intérêts et le lobbying à Washington ne représenteraient pas quelque chose de désirable ici à Bruxelles ou même à l'Assemblée Nationale.

Bien entendu, Trump n'a écrit aucun livre ni emit aucune doctrine ni manifestée aucune obsession de suprémacisme racial. Il a ouvert des toilettes pour transexuels dans une de ses tours. Il a eu trois femmes et cinq enfants, don't aucun n'a l'air à moitié cramé comme un fils Sarkozy - en fait même Clinton a dit en débat qu'ils démontraient ses qualités humaines. Et c'est vrai que c'est dur d'imaginer le père de la femme d'affaire à succès Ivanka Trump entretenir une vision machiste de la place des femmes dans le monde de l'entreprise, par exemple.

Néanmoins, je vois à répétition des gens terrifiés que Trump soit un danger pour les femmes, les homosexuels, les minorités raciales, la paix dans le monde, et ah oui, la paix civile aux USA. C'est du moins l'argument avancé par ceux qui après avoir pris sur eux de casser les vitrines, rayer les voitures ou même tabasser les supporters de Trump (une tapée de vidéo en ligne, aucune dans l'autre sens, cherchez) au pretext que "Trump=Hitler", descendent à présent des émeutes et appellent à la guerre civile. Ok.

Bon, à moins que n'arrive les éléments manquants depuis des mois pour crédibiliser le fait que Trump représenterait un danger inédit pour les gens, je pense que l'hypothèse la plus crédible est que le vrai problème est surtout qu'il n'est pas du sérail et fait peur à l'establishement, dont l'establishement culturel dont les journalistes, même anti establishement économique, font manifestement parti.

Aux argentiers, il fait peur parce qu'il ne dépend pas d'eux. Aux préempteurs d'opinion, il fait peur parce qu'il les domine en utilisant les armes dont leur dépendance aux premiers les prive. Aux citoyens les soucieux de la soumission aux règles établis par les précédents auxquels ils se sont rangés avec empressement, il fait peur parce qu'il change ces règles. Mais attention, si Trump gagne son combat d'influenceur contre cette presse et cette oligarchie qui lui sont hostiles, cette partie la plus suiviste de l'opinion se rangera derrière lui avec le même enthousiasme qu'elle avait contre lui. Les journalistes seront au mieux économiquement détruits (c'est déjà en bonne voie) et les argentiers y perdront des fortunes (comme celles englouties dans la campagne d'Hillary Clinton). Contrairement aux scénarios de guerre civiles projetés par les anti trumps, il est probable que s'il y arrive ce soit par la voie d'une forme d'union nationale. C'est en tous cas le fil rouge de toutes ces déclarations depuis son élection. Mais bien sûr, on peut choisir d'ignorer ce qu'il dit, et dire "ah la la he ne comprends plus": c'est ce qu'on a fait jusque là, et quel succès !



Modifié 6 fois. Dernière modification le 14:11 le 14/11/2016 par Grégory Makles.
Par Monsieur X

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Petit addendum sur cette dernière partie : le fait de mettre cote à cote Sarkozy sur le yacht de Bolloré et Trump avec Farage devant la Trump tower en dit long sur l'état d'hypnose de Daniel. Parce qu'à bien y regarder, la seule chose qui lit les deux, c'est le décorum bling bling. Mais le bling bling c'est juste un élément de caractérisation dans une campagne, Daniel. Par contre, Sarkozy sur le yacht de Bolloré la semaine même ou Sarkozy prend une mesure fiscale dont Bolloré sera l'un des plus grands bénéficiaires en France, c'est un problème institutionnel. Sur une échélle de 1 à 1000, la caractérisation de spin doctor pèse un, et celle du conflit d'intérêt de l'état pèse 10 000. Tant que les journalistes se comportent en pie dont la capacité d'attention, initialement bonne, est facilement et il faut bien le dire, assez bêtement captée par tout ce qui brille, le monde dans lequel nous vivons restera ce qu'il, c'est à dire tel qu'eux le méritent. Enfin, ça c'est jusqu'à ce qu'on les remplace avec d'autres journalistes. Aux USA ils prennent Steve Bannon et Alex Jones. Si ça pouvait motiver les bons journalistes hypnotisés ici à sortir de leur transe et à redevenir effectif plutôt que d'être remplacé par un clan de nouvelles têtes plus ou moins zemourriennes, je crois qu'on y gagnerait tous au change.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:24 le 14/11/2016 par Grégory Makles.
Par DétecteurdeVérité

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Aux argentiers, il fait peur parce qu'il ne dépend pas d'eux."
Il fait si peur qu'ils ont tous voté pour lui.
Il s'entoure de :
Reince Priebus un "habitué de l'Establishment" qui a eu pour tâche de recueillir des fonds pour la campagne. Amusant de voir que la "révolution économique" est dans les mains d'un tel monsieur.
Stephen Bannon, pour le coup autant cité The Guardian "A former Goldman Sachs executive and early investor in the sitcom Seinfeld, Bannon has in recent years headed Breitbart News, which has been accused by the Anti-Defamation League (ADL) of antisemitism, and whose stories regularly traffic in racist and sexist stereotypes and conspiracy theories."

Je me demande combien de temps des entreprises comme PayPal et son cofondateur Peter Thiel vont jouer à "On ferme les frontières". Remarquez, c'est bon pour notre PayPlug
Par Monsieur X

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Citation:
Il fait si peur qu'ils ont tous voté pour lui.

Oui. Il est également brun et parle en araméen ancien. Il suffit de le dire et c'est vrai, c'est ça ?

L'intégralité des articles que j'ai lu, y compris des médias les plus pro HRC (NYT, WP, Guardian, Le Monde) reconnaissent que globalement:
- Wall Street votait HRC
- la Sillicon Valley votait HRC
- au passage, la Sillicon Valley est en Californie, et Wall Street dans l'état du Connecticut. Je vous laisse (re?)regarder les résultats dans ces états si vous aviez encore un doute.
- les républicains n'ont plus le leadership de l'électorat riche, passé largement démocrate (égalité dans les urnes à présent).
- la campagne d'Hillary a levé le gros de ses fonds sur les entreprises et grandes fortunes, là ou celle de Trump a surtout fonctionné sur les petits donateurs. Une première pour un candidat républicain.

Je vais supposer que je n'ai pas besoin de googler tout ces faits parce que vous pouvez le faire en 30 secondes chrono et que ça n'est que justice vu l'énormité de ce que vous avez affirmé. Mais si vous n'avez pas la correction de le faire, je passerai planter les clous sur le cercueil avec enthousiasme, n'en doutez pas.

Et au passage (soupir) Reince Priebus ou Steve Bannon ne sont pas des argentiers. Argentiers ce ne sont pas des gens qui peuvent se payer une maison plus belle que la votre. Ce sont les gens qui décident de l'affectation de sommes en centaines de millions minimum. Quand à considérer que la personne en charge de lever des fonds pour la campagne serait de ce club, ce sont les personnes au postes similairesdans l'équipe de campagne de Sanders ou même de Mélenchon qui doivent être bien étonnés.

Je vous propose aussi de bien noter vos assertions sur ce qui va se passer coté paypal. Si ça n'arrive pas, je vous propose d'acter que vous n'entravez pas la moitié de ce que vous croyez comprendre à ces questions et de vous exprimer à l'avenir avec plus de prudence. Je vous prends l'engagement réciproque, bien entendu.

Mes deux cents quand même: il va peut être falloir envisager d'organiser les concepts et définitions dans votre tête, non ? Un langage tellement indéfini qu'il permet de dire tout et n'importe quoi ne sert qu'à troller, mais il est impossible de débattre avec. Je récapitule donc la définition du jour: argentier s'emploie pour définir les décideurs du placement de grandes quantités d'argent. Quand vous lirez ce mot dans un édito ou un article à l'avenir (oui, ce n'est pas moi qui l'ait inventée, cette définition...), vous serez certainement un peu mieux armé pour comprendre l'article. Il se peut néanmoins qu'il manque quelques autres définitions à votre bibliothèque mentale. Ne paniquez pas: Rome ne s'est pas faite en un jour.



Modifié 7 fois. Dernière modification le 04:48 le 16/11/2016 par Grégory Makles.
Par tony

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Merci pour cette excellente mise en perspective.
Par emilie bouyer

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

En 1974 ils ont contraint Nixon à démissionner, ça nous laisse quand même un espoir
.
Par Dimortelz

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Tu fais chier Schneiderman toi et ton bobo-centrisme mondano-parisien des aboyeurs du monde et libé. Le seul mérite de l'élection de trump c'est de progiter de vos mines décrpis jusqu'au pourrissement que j'éspere imminent.

Trump le milliardaire et farage le conservateur dans leur dorrure, vous narguant c'est l'illustation de mon crachat de populo au visage des parfumé de l'entre soi comme dirait Mélenchon.

Grrrrrrr !

Edit : dsl pour les fote dorto.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:04 le 14/11/2016 par Dimortelz.
Par shuppy

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

comme quoi chacun trouve son bonheur où il peut, vérifiez le sens de vent avant de cracher à la gueule des gens :)
Par Faab

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Tiens, ça serait pas ça la "trumpisation" ?
Si c'était Le Pen qui était élue et que Schneidermann disait qu'on descend toujours plus bas, vous lui parleriez de "bobo-centrisme mondano-parisien des aboyeurs du monde et libé" ? Vous êtes sûr de ne pas vous tromper de cible dans votre crachat en parlant ensuite de Mélenchon ?

Parce que Trump, c'est en gros du FN, un discours socialisant pour l'économie et pour le reste du national radical de droite, immigration, moeurs, grandeur, force etc.
C'est le pari du FN que le prolétariat choisisse la (extrême)droite populaire plutôt que la gauche embourgeoisée. Ce n'est pas nouveau, cf l'histoire des XIXe-XXe.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:04 le 14/11/2016 par Faab.
Par Dimortelz

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/temoignage-et-medias-non-la-71207

Le renvoie vers ce site plutôt que la vidéo original est une évidente provocation rouge-brune...et de toute façon son "auteur" et son bizness modèle basé sur le pillage ne met jamais le lien original ( de toute façon chuis contre la propriété privé).

Et MERDE tout se passe comme si de rien n'y était alors qu'on se pavane dans les médias tout le long de la journée avec ce décryptage à ras les parquettes "communautariste" de : Les méchants racistes blanc qui ont voté Trump et ont fait perdre la gentil Rillary !

Il en dit quelques choses de ça Schneïdy.

Au second tout on élimine le plus mauvais. Et ben voilà c'est ce qui a été fait et c'est ce qui devrait se faire en mai 2017 en France : éjecter ou Sarkozy ou Jupé ou Holland trois vermine qui nous ont suffisamment démontré toute l'étendu de leur cynisme d'aspirant autocrate.

( Reste Macron mais qui lui fera office de tête de gondole et de mascotte pour la France féodal post 2017 des seigneuries du CAC 40.)
Par JC99

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Des annees que nous acceptons le dictat du bien pensant, les lois liberticides, la censure permanente, le hollandisme et ses avatars, l'europe et la mondialisation à marche forcée, la pensée unique véhiculée par une minorité agissante plus connue sous le nom qu elle se donne : l'élite intellectuelle faite de journalistes, vedettes, hommes politiquea. Y a t il eu moyen de démissionner ? Non. C' est comme on nous l'a si bien répèté le jeu de la démocratie. On peut ne pas être d'accord mais ce n'est pas la rue qui gouverne... bref ça ne marche que dans un seul sens. Cette gesticulation médiatique est pathétique, ces critiques sur les blancs racistes et incultes, insultantes. On va chercher ce qu'en pensent les "peoples", comme Miley Cirus (anti Trump Pardi) : les arguments finissent vraiment par manquer.
Par Ervé

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Bien loin du monde selon Trump :
Une rencontre entre deux insoumis , et avec d'autres belles personnes qu'on a peu de chances de croiser sur @si.
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Merci pour cette belle bouffée de liberté.
Par Carnéade de Cyrène

Trump et la pop culture war

Pour ce qui est de la compréhension de la petite vaguelette qui a porté Trump (petite vaguelette car il ne faut pas oublié qu'il a bien moins gagné moins qu'Hillary a perdu), je pense qu'il faudrait avant tout s'intéresser à la guerre culturelle qui a fait rage ses dernières années sur l'internet et les campus anglophones.

Trump en 3 mots c'est l'héritier du gamergate (et des x mouvements similaires qui ont suivi, hugogate, comicsgate, hardcoregate, etc...). D'un public qui célèbre les trolls, le machisme et le racisme en réaction aux "excès" du politiquement correct et des "SJWs".

Tout ce qui a fait que son idéologie réactionnaire n'est pas apparue ringarde comme pouvait l'être celle d'un Ross Perot ou d'un Henri de Lesquen eh France c'est qu'il existait une jeunesse (ou pas jeunesse mais aux valeurs adulescentes) qui n'attendait que ce type de candidat pour exprimer ce rejet, et l'a dé-ringardisé à coups de memes issus de l'imagerie des sites comme 4chan, ces bas fonds de l'internet que l'autre camp méprisait, et contre lequel il ne pouvait pas répliquer, parce que faire ce genre d'humour en tournant 45 fois sa langue dans sa bouche pour ne choquer personne c'est pas évident.

C'est d'ailleurs amusant de revenir au gamergate pour constater que l'exact même aveuglement a existé vis à vis de ce genre de mouvements que vis à vis de Trump. D'abord des flots d'insultes assimilant un public dans son ensemble à sa frange la plus extrême. Ensuite, après avoir longuement démontré que les méchants sont méchants, des cris de victoire prématurés (gamers are dead, Hillary sera le 45ème président) et négations de l'importance du camp adverse ("le gamergate c'est juste 45 trolls ayant 100 comptes chacun sur twitter", "Trump sera balayé par un landslide démocrate"). Enfin la reprise par tous les grands médias / le soutien par l'institution du camp progressiste, renforçant le coté élite vs peuple. Les dignitaires du camp SJW sont allées jusqu'à être invitées à des conférences des nations unies sur le sexisme pour célébrer leur triomphe. Mais si on regarde aujourd'hui il y a toujours des forums gamergate faisant des centaines de messages par jour, mais du coté de ses opposants plus rien, et si la population des gamers pouvait voter je ne doute pas qu'elle élirait de manière aussi "surprenante" Internet Aristocrat face à Anita Sarkeesian que Trump face à Clinton (survoler le très nauséeux forum "blabla 15-25 ans" sur jeux video.com pour une illustration française - où on constatera aussi que le même public se réjouit de la victoire de Trump).

La guerre culturelle ces dernières années a ainsi été ainsi une succession d'erreurs stratégiques et de défaites présentées comme des victoires. Une nébuleuse masculiniste ultra-droitière s'organisant, multipliant les champs de bataille, et agglomérant de plus en plus en plus de dégoutés de la culture de l'outrage néo-féministe ou antiraciste.
Je ne me rappelle pas si on a déjà évoqué le Hugogate ici, qui a vu un groupe d'auteurs de SF on ne peut plus fascisants et leurs fans tenter de s'adjuger l'un des plus gros prix littéraires mondiaux en s'élevant "contre les récompenses accordées en fonction du message politique plutôt que de la qualité littéraire", et presque y parvenir une année.
Je ne sais pas non plus si on a parlé des polémiques sur les films Mad Max Fury Road et Ghostbusters, qui ont vu des hordes d'internautes s'élever contre la féminisation ou féministisation de la culture populaire, en suscitant des réactions féministes aussi nuancées que les gamergaters en leur temps. Je me souviens vaguement d'un article ici sur le shirtgate, cet outrage féministe à propos d'une chemise ornée de pin-ups porté par un scientifique, mais je ne sais pas s'il pensait à mentionner l'ampleur de la réaction masculiniste, ni que les t-shirts et chemises ornés de pin-ups, inspirés de ce modèle unique, sont devenus des best sellers par la suite.
Quant aux contre-attaques féministes ou antiracistes elles sont régulièrement tombées à l'eau au point d'avoir l'effet inverse de celui recherché, tel l'article de Rolling Stones dénonçant un viol imaginaire lors d'une fête de fraternité sur un campus pour dénoncer la culture du viol qui a donné un argument en or à ceux qui la niaient. Le mouvement "black lives matter" qui a fait naître le slogan "cops lives matter more" le jour où des snipers se sont amusés à faire des cartons sur les flics. Les maintes histoires de SJWs adeptes du "no platform" détruisant l'image de tolérance de la gauche en interdisant de campus les conférenciers ne partageant pas leurs vues, etc...

Les signes étaient là pour qui voulait les voir. Et ils expliquent pourquoi Trump a profité de son sexisme et de son racisme, et surtout d'affronter des adversaires passant leur temps à les dénoncer, plus qu'ils lui ont couté. Et comment ce voyageur temporel tout droit débarqué du fin fond des années 80 a trouvé une horde de militants jeunes et motivés pour inonder les réseaux sociaux de messages prenant sa défense (plus du double de tweets favorables à Trump que de tweets favorables à Clinton dans les 3 derniers mois de la campagne, un autre signe qu'on aurait dù voir).

Je sais ce n'est pas une explication aussi sexy que de faire des théories où les courageux prolétaires du Michigan se seraient révoltés contre la mondialisation libérale et la candidate de Wall Street, face aux honteuses tricheries conduisant à l'éviction de Bernie Sanders, ou je ne sais quoi*.... Le genre de truc permettant de se rassurer, voire de crier victoire contre les "élites", tout en refusant une nouvelle fois de reconnaitre celle de la réaction racisto-masculiniste. Mais faites un tour du coté des forums trumpistes, c'est "build the wall" et "trump the bitch" leurs slogans préférés, on y voit nettement moins de "non au TAFTA" ou de "nerf the yuan".

* je ne dis pas qu'il n'y en ai pas eu aussi, mais ce qui fait avant tout le succès d'une campagne c'est le nombre de militants motivés à répéter "mangez des pommes". Et ceux qui ont répété "mangez du Trump", des primaires républicaines au jour du vote ce n'était pas le fan club de Bernie Sanders.
Par tony

Re: Trump et la pop culture war

Cette analyse par la "guerre culturelle" n'est pas incompatible avec celle du prolétariat blanc, elle vient la compléter.
Cependant, le phénomène gamergate demeure cantonné à une niche bien particulière de jeunes gens très actifs sur les réseaux sociaux et est lié à un très fort militantisme: il ne peut à lui seul expliquer le vote Trump.

Je pense que vous inversez la causalité: le gamergate n'est que la traduction dans un milieu spécifique d'une idéologie droitière massivement répandue contre le discours "progressiste", et qui dépasse de très loin la fachosphère Internet - et dont l'équivalent serait Zemmour/Soral en France.
C'est cette réaction masculiniste-raciste-antigauchiste globale qui est responsable du vote Trump, le gamergate n'en étant qu'une manifestation particulière chez les plus jeunes.

Ceci étant dit, vous avez parfaitement raison de montrer que les dénonciations par les démocrates du discours sexiste et xénophobe n'ont aucun effet dans ce contexte de guerre culturelle: au contraire, c'est en vertu de sa xénophobie, de son sexisme et de la vulgarité du discours que Trump plaît à ses électeurs, et non en dépit d'eux.
Il s'agit bien en effet de "troller" ce qui est perçu comme le "systême" ou l'"élite" culturelle progressiste - là aussi nous avons l'équivalent en France avec la critique droitière de la "bien-pensance" de gauche.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:40 le 15/11/2016 par tony.
Par Carnéade de Cyrène

Re: Trump et la pop culture war

Je pense que la différence est justement que Zemmour/Soral sont d'emblée marqués. Personne ne va les écouter/lire sans avoir déjà une opinion sur leurs idées.

Je verrais dans la culture war à l'anglo-saxonne un truc nettement plus insidieux.
Il y a une succession de protestations instrumentalisées (et parfois organisées) par l'ED, mais qui sont avant tout des protestations de fans de la catégorie puriste si elles ont aussi un relent plus ou moins sexiste ou raciste ("Nick Fury / les 4 fantastiques noirs WTF ?", "vous avez changé le sexe de mon super-héros favori", "non Games of Thrones ne promeut pas la culture du viol, d'ailleurs si vous lisez les livres vous verrez que Dany-Drogo c'est pas un viol", "Mad Max n'est plus le héros de sa propre histoire il ne fait que suivre la greluche", "vous critiquez mon jeu vidéo favori pour des raisons n'ayant rien à voir avec son intérêt ludique", "vous avez donné le Hugo à tel auteur alors que tel autre est meilleur" etc...).

Ça s'inscrit au départ dans la tradition des débats de fans, sur la qualité/fidélité d'adaptations (Peter Jackson a-t-il trahi l'esprit de Tolkien ? il y a des dissertations de centaines de pages là dessus) ou de contenus qui leur sont destinés, qui n'intéressent que les passionnés de tel ou tel genre. C'est l'irruption de l'argument de la représentation féminine ou des minorités ("Peter Jackson devait changer des choses au texte saint de Tolkien car Tolkien néglige les femmes") et l'incompréhension que ça suscite chez un public peu intéressé par ces questions (certes généralement blanc, mâle et conservateur si on définit "conservateur" comme "indifférent à ces problématiques"), en particulier quand ceux qui les émettent ne se privent pas d'insulter le public en question, qui les font déraper et qui à force de détestation des empêcheurs de geeker en rond, poussent ce public dans les bras de sites comme Breitbart.

Un autre point d'entrée serait la "culture" des chans, celle de l'Encyclopedia Dramatica etc..., basée sur l'humour féroce, qui évoquerait si on cherchait un parallèle français celui de Dieudonné (avant sa période strictement obsessionnellement antisémite), et qui a en elle même un zeste de fascisme (pas forcément au niveau idéologique, mais dans son coté masculinité toxique, le gout de leur public à s'en prendre aux faibles/différents, avec parfois des campagnes de harcèlement etc...). Une culture très marquée par la télé-réalité, qui célèbre les clashs, et les propos les plus catégoriques/extrêmes possibles comme signes de virilité. Mais ce n'est pas le virilisme théorisé de Zemmour ou Soral, plus celui naturel d' (éternels) adolescents amateurs d'empoignades virtuelles et de bizutages.

Enfin ce public se recoupe en partie avec celui plus traditionnellement droitier des fraternités étudiantes masculines (et de leur pendant féminin les sororities), qui se sont senties attaquées "injustement" (?) par les campagnes anti-viols sur les campus, largement promues par l'administration Obama et la presse, et critiquent le virage intolérant de l'activisme de gauche avec les campagnes no-platform.

Tout ça a créé le terreau, comme je disais une contre-culture, sur lequel un arbre comme Trump a pu pousser. Je ne dis pas que ce public soit assez important pour l'avoir fait gagner tout seul, mais il me semble l'avoir été assez, via son activisme et la pénétration de ses modes de "pensée" bien au delà de ses cercles originels, pour faire la différence dans une élection gagnée de moins d'un pourcent dans certains états. Ou au moins a représenté assez pour compenser tout ce qu'il aurait pu perdre du coté de la droite religieuse du fait de ses frasques.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:18 le 15/11/2016 par Antoine C.
Par tony

Re: Trump et la pop culture war

Citation:
Tout ça a créé le terreau, comme je disais une contre-culture, sur lequel un arbre comme Trump a pu pousser. Je ne dis pas que ce public soit assez important pour l'avoir fait gagner tout seul, mais il me semble l'avoir été assez, via son activisme et la pénétration de ses modes de "pensée" bien au delà de ses cercles originels, pour faire la différence dans une élection gagnée de moins d'un pourcent dans certains états.


Globalement d'accord, mais encore une fois vous présentez les choses comme si cette contre-culture tombait du ciel et avait débarqué avec la génération du jeu video de masse, des réseaux sociaux et du "deep trash web".

L'anti-intellectualisme et l'anti-"progressisme" est une vieille tradition aux Etats-Unis depuis les années 1970-80, par réaction au rôle politique très fort des intellectuels démocrates et des universitaires dans la période qui précédait.

Une frange importante de la population américaine n'a jamais digéré les droits civiques, la reconnaissance des minorités, le "busing" (l'octroi de bourses aléatoires pour donner accès à des jeunes noirs des ghettos à des lycées des beaux quartiers)...

Est arrivé là-dessus la montée des "cultural studies" dans les années 1990, qui a donné un vernis universitaire et donc une légitimité intellectuelle à cette reconnaissance des minorités, au féminisme radical etc...et finalement au "politically correct" qui a été très mal pris par cette frange réactionnaire: non seulement on utilisait leurs impôts pour aider les noirs, mais en plus ils devaient subir, selon leur propre représentation, un discours officiel qui les faisait passer pour des oppresseurs (blancs, mâles, chrétiens) et des colonisateurs.

Or ces franges réactionnaires étaient aussi des prolétaires: c'est le profond décalage entre un discours académique (en plus d'êtres des gros ploucs incultes, vous êtes de sales exploiteurs racistes et sexistes) et la réalité des conditions matérielles de la plupart de ces gens qui explique le succès de la haine anti-"social justice warriors" apparue bien plus tard dans les années 2000.
Ce prurit réactionnaire est un gros "troll", et se présente comme la revanche des "mal pensants", avec la culture de l'humour, de la dérision et de la provocation qui fait passer cela pour de la rébellion, et attire de ce fait beaucoup de jeunes, mais il s'appuie sur un ressentiment ancré dans la génération d'au dessus.

C Lasch décrivait déjà en 1991 comment l'arrogance des intellectuels démocrates et des "liberals" (les gens de gauche) et l'hypocrisie de la bureaucratie défenseuse des faibles a fait basculer les classes laborieuses et la frange dominée des classes moyennes - auparavant au coeur de son électorat - vers la réaction:

Citation:
Le recours à des stratégies procédurières dans le but de défendre les droits des minorités éloigna les libéraux [entendre la gauche] des circonscriptions électorales des classes laborieuses, qui constituaient autrefois le coeur de la majorité du New Deal. Prônant les idéaux de l'individualisme, de la mobilité sociale, et de l'épanouissement personnel, les libéraux défendaient les défavorisés avec l'accent de la haute société. Leurs efforts bien intentionnés pour venir au secours des noirs, des femmes, des homosexuels, et des autres victimes de la discrimination légale, empestaient le paternalisme. Leur confiance dans le bien fondé de leurs intentions, dans leur statut moral de défenseurs des minorités opprimées frisait la vertu sûre de son bon droit. Leur foi dans l'expertise administrative offensait ceux qui plaçait la leur dans le bon sens. Leur altruisme extrêmement rationalisé finit par générer [...] "un rejet en bloc des théoriciens et bureaucrates du gouvernement fédéral."
En 1968, lorsque Wallace démontra de manière convainquante que les votes prolétaires dans le Nord annonçaient une nouvelle géographie politique, les Américains "en avaient assez", selon lui, "de ces pseudo-intellectuels qui se pavanent et veulent leur en imposer, qui rédigent des directives (...) leur signifiant qu'ils ne sont pas assez sensés pour savoir ce qui est le mieux pour leurs enfants et pas assez sensés pour construire leurs propres écoles, leurs hôpitaux, et leurs institutions d'administration locale.
(in Le Seul et Vrai Paradis).

Tous les éléments du vote Trump étaient déjà là dès la fin des années 1960: cela montre que le vote Trump va puiser dans des racines bien plus profondes que la seule "contre-culture trash 2.0", qui demeure un phénomène récent et très circonscrit.
Par Carnéade de Cyrène

Re: Trump et la pop culture war

Je ne voulais pas dire que ces tendances n'existaient pas avant, mais que ce que les épisodes récents de la guerre culturelle les ont dé-ringardisées en leur permettant de toucher un autre public n'ayant plus rien à voir avec l'image traditionnelle des rednecks de la Bible Belt utilisée pour caricaturer ces tendances (un peu comme le beauf de Cabu ne correspond pas trop au public d'Alain Soral).

Précisément, via les escarmouches culturelles sus-mentionnées, une partie (probablement loin d'être majoritaire, mais pas négligeable) du public marqué par la culture geek, peut être baigné d'un certain racisme/sexisme latent et enfants des réacs d'antan, mais peu religieux, technophile et plus éduqué (si pas dans des filières genre cultural studies, évidemment), qui se serait plutôt classé du coté des libéraux il y a 15 ans (ou plus généralement se seraient peu investi en politique).
Après d'un autre coté, les choses s'équilibrent peut être, ce même public comptant aussi d'avantage de militants "SJW" qu'avant. Mais la nouveauté est la manière dont il est de plus en plus traversé d'affrontements politiques.

Par exemple pour m'être passionné pour Asoiaf (la série littéraire dont la série games of thrones est inspirée) et avoir pas mal suivi ces dix dernières années les forums consacrés, où des questions relatives au féminisme, aux crimes de guerre, à l'esclavage/colonialisme, etc... sont devenus des débats récurrents (débats entre gens qui ont lu x fois les 4000 pages de la série, ne manquent pas de références littéraires en fantasy etc... donc pas trop des rednecks analphabètes en général). J'y constate surtout une très grosse polarisation ces dernières années avec le développement simultané d'une tendance à l'interprétation politique qui était peu présente chez les fans de fantasy (enfin la réapparition plutôt d'une critique politique radicale, qui avait été le fer de lance de la critique des classiques par la nouvelle vague Moorcock/Zelazny dans les années 70, mais ne constituait plus trop le cœur des débats dans la génération Harry Potter) et d'une tendance très virulente à son refus, voire à la justification ridicule des aspects les plus contestables de la société décrite ou actions les plus criminelles des personnages (on ne compte plus les défenses de l'esclavage, apologies du viol, etc...) en réaction. Les deux groupes ne se rejoignant finalement que dans la même tendance à ignorer l'intention clairement affichée de l'auteur (à savoir une dénonciation d'une société patriarcale et inégalitaire poussée jusqu'à la caricature, et la description de ses effets sur ses personnages), soit pour déplorer ses excès soit pour les défendre sans distanciation.

Je ne m'étonnerais pas que toute une jeunesse, baignant dans des sous-cultures diverses de ce style (il faut voir le nombre de messages sur des forums consacrés à telle œuvre littéraire de genre, telle série télévisée, tel comics, le temps et la méticuleuse passion que les fans y consacrent), soit en train de se construire politiquement à travers ce genre d'affrontements bien plus qu'un intérêt pour la politique du monde réel. Et j'ai le sentiment que la gauche, ayant souvent tendance à traiter ces contenus "escapistes" par le mépris, n'en sort que rarement gagnante.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:11 le 16/11/2016 par Antoine C.
Par Carnéade de Cyrène

Re: Trump et la pop culture war

Je sais j'aurais pas dû faire un pavé, mais je suis un peu déçu que personne ne s'intéresse à cette contextualisation (même si la vidéo postée par Djac va dans le même sens).
Je pense que l'existence de ces mouvements avant l'élection de Trump offrirait pourtant des pistes de réflexion intéressantes.

- l'importance de l'anti-féminisme* d'abord (bien plus que le racisme par exemple qui vient plus en deuxième couche) comme source des mouvements / de l'environnement culturel qui a dé-ringardisé Trump : le point d'entrée dans la nouvelle fachosphère** américaine c'est l'opposition aux "SJW", typiquement des féministes qui veulent influencer la culture populaire en s'attaquant à ses messages ou icônes (héros de jeux vidéos, comics ou films, paroles de chansons sexistes, etc...) et donnent le sentiment de "se méler de tout" à un public peu politisé, pris de haut en général par ce genre d'intervenantes.
Ce public, qui se regroupe sur les espaces dédiés à la libre expression totale (4chan, 8chan, reddit) pour dire tout le mal qu'il pense des SJW, est orienté vers et reçoit le soutien systématique de la nébuleuse de sites ultra-droitiers dont Breitbart est le centre, qui entretient des liens consanguins avec la blogosphère masculiniste (The Red Pill, les blogs de PickUpArtists, pro MRA, etc...). C'est là que s'opère la conversion de gens à l'origine principalement soucieux de défendre des contenus culturels qu'ils apprécient ou un droit à l'insolence politiquement incorrecte "pour le Lulz" vers l'adhésion à tout un corpus de haînes (des libéraux, des médias, des élites, des migrants, des musulmans, etc...). On passe ainsi d'un public (la jeunesse des chans) qui, du temps du gamergate se défendait absolument de toute arrière pensée politique et même niait son propre machisme ("it's just about corruption in the video games industry"), voire se présentait de gauche, au public soutenant massivement Trump, voire bien plus loin à sa droite, que l'on peut peut y trouver aujourd'hui (évidemment il reste, chez les gamergaters historiques, un groupe qui n'a pas suivi cette évolution et s'est réellement dédié à combattre la corruption du journalisme vidéo-ludique ; on pourrait citer le blogger TotalBiscuit, soutien de Bernie Sanders).

- le coté bien moins anecdotique de ces combats que ce qu'on aurait pu croire. Certes ce n'est que mon avis, mais je ne pense pas que sans l'activisme de tous les instants de ses jeunes fans ayant appris à haïr les libéraux lors de telle ou telle bataille la culture war, Trump serait aujourd'hui le 45ème président des Etats-Unis. S'il n'y avait eu que la vieille droite traditionnelle/religieuse à faire campagne pour lui il se serait ringardisé aussi surement qu'un Pat Buchanan ou n'aurait pas survécu aux scandales relatifs à son propre comportement. Quant à la sphère médiatique qui l'a appuyé, Breitbart en premier lieu c'est son soutien aux mouvements comme le gamergate, ou son suivi obsessionnel de l'affaire de l'article de Rolling Stones sur un faux viol, ou nombreux articles sur les excès du no platform, peu évoqués par de plus grands médias, qui lui ont permis de toucher un public non déjà convaincu par l'idéologie réactionnaire dans son ensemble, et en particulier la jeunesse.

- le besoin de la gauche de se réconcilier avec la (ou de recréer sa) contre-culture si elle veut faire mieux à l'avenir. La floraison de la gauche dans les années 60 s'est faite quand la contre-culture (aka culture jeune et iconoclaste choquant le bourgeois) était dans son camp. Pour une partie non négligeable de la génération actuelle, celle qui se retrouve sur les chans, le progressisme est surtout assimilé à des discours moralisateur naïfs à relents puritains, le genre qu'on a servi aux gaters comme aux fans de Trump (tandis qu'une plus petite partie reproduit jusqu'au ridicule les pires excès de ces discours).


* j'emploierai féminisme ici pour ses expressions modernes, parce qu'on m'a dit que parler de "néo-féminisme" pour la 3ème+ vague c'est le mal
** nouvelle fachosphère qui est elle même le point d'entrée de la vieille que constituent des forums comme Stormfront ou autres mouvements ouvertement néo-nazis, que l'on croise aussi sur les chans, mais surtout les forums à sujet clairement politique (/pol/)

[Edit : écrit avant que le message ait eu une réponse ;) ]



Modifié 2 fois. Dernière modification le 17:59 le 15/11/2016 par Antoine C.
Par Djac Baweur

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Les américains ont certes Trump, mais ils sont aussi des comédiens/reporter qui savent remettre les choses à leur place et foutre les coups de pied aux culs qui se méritent.

EDTI : autant pour moi, le gars en question est anglais !



Modifié 2 fois. Dernière modification le 00:59 le 15/11/2016 par Djac Baweur.
Par Djac Baweur

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Le lien précédent ne marche pas : visible ici !
Par Loran

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

"Un monde qui défie ma compréhension. Un monde que je n'ai pas envie d'analyser. "

Vous avez surement raison car l'analyser c'est effrayant.

Le retournement de la courbe de la mortalité du groupe blanc dominant, analysé par Todd, est le point de bascule du Peak des couches moyennes (dominantes en nombre) aux US (à cause du peak oil / peak all).

La mondialisation auquel Clinton appartient, n'est possible que dans le monde d'avant.

Nous venons de basculer dans un monde qui exige ]une réduction d'au moins 30% de la population humaine d'ici 2100.

Yves Cochet, qui est conscient, défend une approche optimiste (voire utopique), ici par exemple.

Pour ma part, je salue sa lucidité (sur tous les sujets), mais je ne crois pas qu'il soit possible de gérer la somme des problèmes physiques qui se posent, avec en plus la création d'un nouvel imaginaire collectif.
Le futur s'il n'est pas encadré rapidement ressemblera probablement plus à Guerilla d'Obertone qu'aux communauté locales autogérées de Cochet.

C'est cette conscience liée au vécu mais diffuse qui mène au pouvoir Trump, Poutine ou Erdogan.
C'est une certaine forme de cynisme désabusé couplée à la réaction constitutive des sociétés humaines de défense de sa communauté, sa famille.
C'est parce que la bascule n'est pas vécue et parce que la culture a développé une relation forte aux idées (plus qu'aux faits) que l' "élite" est perdue.
Les idées sont décorrélées des faits. Il faut un certain temps pour que les modèles soient réactualisés et assimilés (Stickyness) par les (nouvelles) élites.

Orlov qui a vécu la chute de l'URSS décrit très bien ce fonctionnement. Et notamment le fait que les déclassements (qui s'accompagnent d'une augmentation de la mortalité) sont invisibles aux yeux de ceux qui ne les vivent pas.

Les temps qui viennent sont pourris, Malthus avait raison, à la fin ce sont toujours les lois physiques qui gagnent.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 16:30 le 15/11/2016 par Loran.
Par BIBI

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

Ce midi sur France-Culture, rappel de ce que les Etats-Unis ont fait subir à l'Afghanistan; 17 000 civils morts, des dizaines de milliers de blessés. Utilisation de la torture, prisons secrètes en Pologne, Lituanie, Roumanie. La CPI va-t-elle les poursuivre pour crimes deguerre?[www.franceculture.fr]; c'est à 11min53s

Les Etats-Unis et la CPI:
[www.acontresens.com]

Les motifs d'indignation existaient bien avant l'élection de Trump, qui vient parachever le tableau apocalyptique.
Par Monsieur X

Re: Trumpisation, trumpocène, deuxième semaine

En toute justice, il le parachèvera ou non selon ses propres accomplissement. Tout ces prédécesseurs ont juré leurs grands dieux qu'ils étaient trop trop gentils et fait une saloperie après l'autre, contre divers peuples de la terre, y compris le leur. Arrive un type qui affiche clairement qu'il n'en a rien à carrer de passer pour un gentil. C'est sur que c'est tiré par les cheveux de se dire, "on ne sait jamais, peut être qu'en pratique lui sera gentil, du coup", mais est ce vraiment plus fou que de voter pour la énième candidate du club des gentils gentils qui font des trucs horribles une fois élu ?

Il a fermé Guantanamo Obama ?
Il a arrêté de massacré des civils en quantité au moyen orient ?
Il a réduit les inégalités et améliorer le statut des noirs aux USA ?
Il a réduit les inégalités tout court, en fait ?

Il me semble que c'est précisément l'inverse. Il faut vraiment ne pas se moucher du coude chez ces gens là pour donner des leçons. Vous allez voir qu'Hollande va attaquer un mec de droite sous sa soumission à la finance et au monde des affaires d'ici l'élection, tant qu'on y est.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 05:00 le 16/11/2016 par Grégory Makles.
Par Faab

Re:

Pour la suite des opérations Wikipedia fait dans l'actu en listant les membres du cabinet de Trump au fur et à mesure : Proposed cabinet of Donald Trump.

Pour l'ambiance après Bannon : Mike Pompeo, membre du Tea Party qui devrait devenir directeur de la CIA.
Anti-avortement, "rejects many concepts about global warming", membre de la NRA, contre l'Affordable Care Act ("Obamacare"), contre l'étiquetage OGM, supporter du programme de surveillance de la NSA (et peine de mort pour Snowden...), opposé à la fermeture de Guantanamo, a critiqué la fermeture par Obama des prisons secrètes de la CIA etc.

Tiens, c'est l'heure du thé, petite chanson à boire (à noter : le commentaire d'un Donald J. Trump sous la vidéo)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:05 le 20/11/2016 par Faab.
Par Faab

Re:

Mise à jour : au poste de Secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, patron de Exxon Mobil, décoré par Poutine en 2013.
Perso, je vois bien se confirmer une géostratégie d'alliance USA-Russie, alliance de néoconservateurs s'arrangeant pour une bipolarité sur base de puissance militaire et énergétique, et peut-être avec des renversements d'attitude de la Russie vis-à-vis des autres BRICS. Si il y a un deal avec les américains, ça peut être pour une avancée de la Russie dans une logique Nord vs Sud, au détriment de l'Asie, l'Amérique du Sud et l'Afrique.
En s'accaparant les ressources pétrole/gaz mondiales, USA et Russie auraient un moyen de pression important sur la Chine qui en manque.
Comment placeraient-ils l'U.E. ou la Turquie dans tout ça, l'Otan, difficile à dire, mais Total risque d'avoir des soucis.
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