Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

chronique Par Alain Korkos publié dans le dossier : Nègres, noirs, ou blacks ? discuté depuis 12:22 le 27/02/2010

Le 10 février dernier apparut sur nos écrans L'autre Dumas, une bobine réalisée par Safy Nebbou avec Gérard Depardieu dans le rôle d'Alexandre Dumas et Benoît Poelvoorde dans le rôle d'Auguste Maquet, son nègre littéraire :

Et avant même la sortie de ladite bobine, une polémique éclata :
Un acteur blanc peut-il incarner Dumas le quarteron ?
C'est la question que posait Benoît Hopquin dans Le Monde du 12 février, article dans lequel il narrait « l'agacement de certains spécialistes et biographes du romancier », ainsi que l'étonnement de deux journalistes, Serge Bilé et Emmanuel Goujon qui se demandaient, sur le site de l'Association de la Presse Panafricaine : « Que n'aurait-on pas dit à l'inverse si, pour les besoins d'un film, Denzel Washington avait incarné Jean Moulin, si Pascal Legitimus avait donné son visage à Molière, et si Sonia Rolland s'était prise pour Jeanne d'Arc ? »

Vendredi 26, Le Monde publiait un Point de vue consacré à ce même sujet...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par sleepless

Re:

Tout le monde connaît les dégâts du racisme, l'oppression et les saloperies commises au nom de nombreux dogmes, lois ou autres moyens de coercition (je suis dans l'adaptation en BD du bouquin de Zinn, c'est assez violent de revoir tous les "grands" moments de la construction de l'Amérique).

Supposons que le téléfilm ne passe pas sous silence le métissage de Dumas (et encore...).

Quand je lis ça :

" Que n'aurait-on pas dit à l'inverse si, pour les besoins d'un film, Denzel Washington avait incarné Jean Moulin, si Pascal Legitimus avait donné son visage à Molière, et si Sonia Rolland s'était prise pour Jeanne d'Arc ? "

Je tombe de ma chaise...

Le problème avec ce genre de réflexion, c'est que, si on applique le raisonnement jusqu'au bout, jamais un acteur noir (ou de couleur, ou de ce que vous voulez) ne pourra jouer un rôle du répertoire (hors Othello, et encore, z'avez vu Laurence Olivier, Orson Welles ?)...
Ce qui revient à retenir le fait qu'il est d'abord noir (ou de couleur, ou de ce que vous voulez) avant d'être un acteur.
On n'en sort plus.

Oui, on grimait les musiciens, on pratiquait la ségrégation.
Il y a encore beaucoup de chemin à faire dans les esprits, mais ça s'améliore quand même.
On est au XXIe siècle, merde.

Un acteur est un acteur.
Un exemple parmi tant d'autres : demandez à Todd Haynes, qui a fait interpréter Bob Dylan par... Cate Blanchett dans I'm Not There.

Je trouve qu'on est vraiment dans l'air du temps, du débat de machin nationale, là...
Purée, il faut quoi, demander à Depardieu de faire une recherche généalogique ?
Et qui aurait dû selon les critiques, interpréter Dumas ?
Pas un noir, bien sûr, un quarteron.

Vous voulez recevoir un scénario ? VOS PAPIERS !!!...
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Par Julien D.

Et les gros picards nobles ?

J'approuve sincèrement votre chronique Maître Korkos, mais je me pose quelques questions supplémentaires. En effet, Alexandre Dumas est né, selon sa biographie, à Villers-Cotterêts en 1802. Et là, mine de rien, je me dis qu'il est avant tout Cotterézien (Eh oui, c'est comme ça qu'on appelle les habitants de la ville). Pour voir plus large, on peut éventuellement dire que Dumas père était un picard puisque la commune de Villers-Cotterêts est située dans la belle région de Picardie. Par ailleurs, sa notice biographique m'apprend qu'il descend d'un marquis désargenté ayant émigré en 1760 à Saint Domingue, et là mine de rien, je me rend compte que Dumas père avait du sang noble. C'est pas rien non plus ça.
De plus son portrait par Carjat que vous avez mis en ligne me montre assez bien qu'il était gros (le seul point positif pour Depardieu).
Donc si nous nous résumons, pour éviter toute forme de discrimination dans l'interprétation du personnage, il nous faut trouver un acteur vaguement noir, vaguement noble, un peu picard, un peu gros et qui porte bien la redingote (question de crédibilité). Aussitôt surgit la question de l'époque et je ne peux m'empêcher de penser que faire incarner un homme de lettres du XIX ème siècle par un acteur du XXI ème siècle s'apparente à une discrimination anti-vieux. Les hommes du XIX ème siècle étant malheureusement tous morts, il serait néanmoins salutaire de prendre un acteur le plus vieux possible. Un centenaire ferait idéalement l'affaire, étant plus proche dans son être de l'homme du XIX ème siècle qu'était incontestablement Dumas.
Mais l'insatisfaction demeure et je me demande finalement si la seule façon d'incarner Dumas n'est pas que chacun joue son rôle à l'écran. Cela rend malheureusement la fiction impossible. Mais, étant un peu gros moi-même, je me réjouis qu'on ait pris un acteur enveloppé pour incarner le personnage, c'est déjà ça. En tout cas, la lutte n'est pas fini, courage ! Et nous viendrons à bout des discriminations. Pour que chacun soit dans son rôle dans des catégories bien étanches : les quarterons avec les quarterons, les marquis avec les marquis, les picards avec les picards, les cotteréziens avec cotteréziens, les gros avec les gros, les vieux avec les vieux, les hommes avec les hommes, les gays avec les gays, les lesbiennes avec les lesbiennes, les parisiens avec les parisiens, les sportifs avec les sportifs, les journalistes avec les journalistes et les vendeurs de de crêpes avec les vendeurs de crêpes ( à ne pas confondre avec les vendeurs de gauffres ).

Pfff...vaste problème que soulève votre chronique en fait.
Mais, en tout cas, de très belles et très consensuelles perspectives de luttes pour les prochains millénaires...

[www.youtube.com]...
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Par Bill Hicks

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Bonjour,

je pense qu'il y a différents problèmes qui s'emmêlent, au point que certains crient au scandale sur tout et que d'autres ne refusent absolument à voir un quelconque problème.

Je pense que si tous les "types" étaient représentés au cinéma ou à la télé de façon équitable, ça ne poserait aucun problème que, par licence artistique ou point de vue, on puisse choisir Bibi, la chanteuse pour jouer le rôle du fils Sarkozy; au pire, ça ferait un mauvais film.
Mais il se trouve que le cinéma et la télévision nient trop souvent la réalité (et je ne parle pas que de couleur) pour nous embuer la tête à coup de clichés; et on est tellement pressé tout le temps qu'on en oublie de regarder le monde, le vrai pour ce qu'il est..
Et on prend la fiction pour la réalité. Les média nous bourre l'inconscient collectif de mensonges.
Donc si le cinéma ou la télé était représentatif de la société actuelle, et que noir, jaune, rouge, métis etc... étaient normalement représentés à l'échelle de la société, personne n'aurait crié au scandale pour Depardieu dans le rôle de Dumas; on aurait souri de ce choix qui, pour le coup, nous aurait apparu comme audacieux.
Là, il nous semble normal car nous sommes ignorant.
Alors, après on peut se dissimuler derrière des "Depardieu est bankable" et rationaliser la chose; mais en gros, on se sent con parce qu'on ne savait même pas que Dumas était un peu noiraud, ce qui est juste un fait, point à la ligne, et qui ne devrait même pas se discuter.

Donc, disons que le choix de Depardieu soit vraiment artistique (ahaha... je ne peux m'empêcher de pouffer), pour jouer Alexandre Dumas...
Depardieu a-t-il fait ses recherches? (Ah oui, en France, on a Depardieu, aux zétazuny ils ont De Niro, Sean Penn...)
Il se trouve qu'il joue un personnage historique dans un film qui se veut historique.
Oui, c'est vrai, le sujet n'est pas "le-racisme-qu'a-subi-Dumas-durant-sa-vie".
OK, d'accord; c'eût pourtant été une merveilleuse occasion de parler de quelque chose que 2% seulement de personnes devaient savoir... mais la production a préféré ne pas utiliser cette partie de la vie de Dumas qui aurait pour le coup fait sensation. On peut se demander pourquoi: c'est quand même assez énorme de découvrir que le père de Dumas était noir, non? Combien le savait?
Je suis métis et je l'ai appris il y a 2 ans...
Eh bien, le doute m'a repris (et il a fallu que j'aille vérifier) quand j'ai vu, non pas que c'était Depardieu qui jouait le rôle de Dumas, mais quand j'ai vu qu'on ne lui demandait même pas d'avoir les cheveux noirs, ce que Dumas avait.
Là, c'est tout simplement cacher volontairement quelque chose... mais quoi? Des choses qui pourraient faire désordre...?

Parce que j'ai trop de respect pour la transmission artistique pour croire qu'ils ont fait ce film sans aucune recherche sur leur sujet...
Donc, ils savaient TOUS que Dumas était quarteron et qu'il avait souffert de racisme.
Que ça ne soit pas le sujet, OK, d'accord; ça n'était pas une raison pour laisser Depardieu faire du Depardieu avec son personnage: Non Dumas n'était pas blond et oui, il était plus halé que Géraaaard. Alors, ben oui, Gérard, il aurait déontologiquement fallu insister pour passer tous les jours au poste maquillage un peu plus longtemps -sauf bien sûr si on avait décidé de faire une fable sur Dumas et qu'on décide d'un parti-pris, ce qui n'est pas le cas: on a choisi de se focaliser sur un aspect de sa vie (OK, c'est un choix - pour pas repousser les potentiels frontistes cinéphiles peut-être?) mais ça n'est pas une raison pour mentir et transformer; y a une différence quand même.
Quel honte y avait-il à mettre un Dumas proche de ce qu'il était, même en utilisant Depardieu?
Sinon, en quoi le fait de le mettre en blond a-t-il contribué à ajouter une tension dramatique et donc amélioré l'histoire?
En rien, au contraire... ça banalise, ça lisse: c'est tout propret, complètement aseptisé et c'est historiquement faux... ça porte un nom, ce genre de procédé, non?

Et pour couronner le tout, ce film tombe en plein relents de débat sur l'identité nationale dont on se serait bien passé

Et le mélange de ces 3 problèmes distincts ( non représentation équitable de la société dans les média qui se substituent de plus en plus à l'inconscient collectif / négation de faits simples dans un récit qui se veut historique / contrainte propagandiste de ne pas échapper au pseudo débat sur l'identité nationale ) crée un bourbier qui, en lisant plusieurs post, je l'avoue par moment m'a soulevé le coeur (ah, ben, j'suis sensible...)
Oublie-t-on qu'on peut aussi faire mal par omission, par négation des faits?
Le gamin noir ou jaune (pas représenté "normalement" ou pire "stigmatisé" dans les média) a besoin de tout ce qui lui permet d'échapper aux clichés assénés par la télé-cinépathite. Dumas, Colette (ça, je viens de l'apprendre via ce forum), ou Pouchkine avaient du sang noir et n'étaient pourtant pas footballeur ou sans papier ou mourant de malnutrition dans un recoin du monde, eh bien, pour ce gamin -qui regarde trop la télé, je vous l'accorde- ça offre des contre-perspectives, et ça dit -puisque oui, il faut encore le dire, "tu es un être humain comme les autres, la case couleur n'engendre pas toute une avalanche de prédispositions".

S'il n'est pas essentiel dans ce choix de narration de savoir que Dumas avait du sang noir, ça n'est pas une raison pour le cacher!
Vous avez choisi Depardieu, eh bien OK, mais assumez: maquillez le (très légèrement) et mettez lui une perruque noire plutôt qu'une perruque blonde! (Oui, on vous serait certainement tomber dessus quand même, mais au moins vous auriez pu vous défendre de l'accusation de nier une réalité)

Et pour une fois qu'il y avait la possibilité d'un rôle important pour un comédien dont la population sous-représentée au cinéma ou à la télé, quel gâchis!
Poelvoort semble, de l'avis de tous, surplomber Depardieu. Eh ben alors, exit Depardieu!: il y a des comédiens métis, noirs ou arabes, corpulents et truculents; c'est juste qu'on ne les voit pas à la télé, mais ils existent et ils sont bons!
Il vous faut une 2e tête d'affiche? mettez Marion Cotillard (ou Audrey Tautou) à la place de Mélanie Thierry et vous avez de la tête d'affiche et internationale en plus. Poelvoort/Cotillard, c'est bankable!


Non, il y a du manque de bollocks & du je-m'en-foutisme (c'est pas pour les 2% qui sont au courant qu'on va s'emmerder si Géraaard veut aller prendre son picon rapidos après le tournage plutôt que d'être en démaquillage) qui ne font pas honneur ni à Dumas, ni au cinéma français, (ni à l'idée sous entendue de la France, de son identité ou du public en général - mais ça, c'est pas nouveau)

PS: Cela dit, peut-être que grâce à ça, plus de gens que prévus vont savoir que Dumas avait du sang noir, ce que nous devrions tous plus ou moins savoir, (tout comme je sais que Napo était corse, petit, aux cheveux noirs) sans pour autant, évidemment, le limiter à cela.

NB: et puis, je suis content de pouvoir dire à certains de mes amis comédiens qui se trouvent être "non blanc" qu'ils pourront maintenant, soutenus par la vaste majorité des asinautes, aller postuler pour jouer des rôles historiques comme Jeanne d'Arc, Marie Antoinette, Napoléon, Zola, Verlaine, Piaf... ;-)
Dommage que les prods ne vous entendent pas......
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Tous les commentaires (194)
Par Djobi

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

mouais, en tout cas sur la photo d'époque, Dumas ressemble plus à Depardieu qu'à Denzel Washington...
Par Mon Nombril

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

D'accord avec Djobi.
Je ne verrais probablement pas ce film, mais l'erreur serait soit nié dans le film qu'il était quarteron et a pu en subir des brimades, pas qu'un acteur berrichon l'interprète.
D'ailleurs Maquet est-il belge, blond, grand et dépressif ?
Élisabeth Taylor en Cléopâtre ?
Charlton Heston en Moïse ?


La question est : Depardieu est-il crédible en Dumas ? Rien à voir avec l'origine ethnique ( les races n'existent pas ) et le taux de mélamine.
Par aux abonnés absents

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
... La question est : Depardieu est-il crédible en Dumas ? Rien à voir avec l'origine ethnique ( les races n'existent pas ) et le taux de mélamine.

Cinquante ans de carrière, il est forcément crédible. Vous feriez mieux d'admettre que vous auriez été dérangé par la vue d'un Dumas incarné par un homme à la peau noire, si claire soit elle. La remarque est valable pour tout le monde ici.
Par Gavroche

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Si effectivement la question est "Depardieu est-il crédible ?", oui, il est crédible comme tête d'affiche, et rien que son nom va rapporter du pognon... Quant à savoir s'il est crédible comme acteur, là, j'ai des doutes...

Je ne sais plus sur quel forum quelqu'un avait comparé son interprétation de Cyrano avec celle de Daniel Sorano... Pour moi, y'a pas photo.

Récemment, Depardieu a trouvé Frêche plus "sympathique" que Martine Aubry...
Par Gavroche

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Extrait de Wiki :

Dumas étant quarteron, il fut souvent en butte aux sarcasmes racistes de ses contemporains.

« Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ?

- Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit. »


Un site entier sur Alexandre Dumas
Par Elihah

@ gabroche en a parte

Ha non ha non, j'avais pas comparé, j'avais dit que je regardais les deux, qq'un-e m'a répondu sur sa préférence pour Sorano, j'abondai, me semble t-il, mais je n'ai rien contre celle de dipardiou car en fait c'est le seul rôle où je le supporte, vu qu'il est obligé de s'effacer derrière le personnage.Au delà de son boulot d 'acteur, je n'aime pas le bonhomme, d'ailleurs.
Par Juléjim

Re: @ gabroche en a parte

"Depardieu est-il crédible en Dumas ?" J'ai vu le film et la question que je me suis posée n'est pas tout à fait celle-là. Car il n'y a pas que Depardieu dans ce film comme "grand acteur". J'en vois au moins quatre : Benoit Poelvoorde, Mélanie Thierry, Catherine Mouchet et Dominique Blanc. Tous les quatre excellents. Et si l'on ne se concentre que sur le duo Depardieu/Poelvoorde, le 2e est tellement bon dans ce rôle pathétique qu'on peut en effet se demander si le 1er était un choix au niveau du challenge imposé par Poelvoorde. En tout cas, c'est ce que je me suis demandé moi. Le problème avec Depardieu étant que l'image que l'homme s'est forgée déborde, au point de quasiment la masquer, celle de l'acteur. Quoi qu'il fasse.

PS : pendant que j'y suis et le sujet s'y prêtant je voudrais faire de la pub pour le bouquin de Lilian Thuram "Mes étoiles noires", que je suis en train de terminer. Je le conseille à tous ceux qui souhaitent lutter contre les préjugés raciaux et autres discriminations. La démarche de l'auteur me semble intelligente, généreuse, documentée et d'une grande clarté. Qu'on se le dise.
Par Gavroche

Re: @ gabroche en a parte

Le "petit panthéon portatif" de Lilian Thuram me semble fort intéressant. Merci Juléjim.

Quant à moi, je viens de terminer "La gauche, les noirs et les arabes" de Laurent Lévy, qui était sur France Culture ce matin. Aux éditions La Fabrique. Je conseille aussi ce livre à tous les asinautes. C'est édifiant.

A mebahel ... D'abord, j'm'appelle pas gabroche ! Nanmého... Et moi non pus, j'aime pas "dipardiou", même en Cyrano ! Et j'irais pas voir ce film, épicétou.
Par Mon Nombril

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
Cinquante ans de carrière, il est forcément crédible. Vous feriez mieux d'admettre que vous auriez été dérangé par la vue d'un Dumas incarné par un homme à la peau noire, si claire soit elle. La remarque est valable pour tout le monde ici.


Aucune chance que j'admette un sentiment que j'ignore. Je ne vois même pas pourquoi je serais dérangé par une couleur de peau. C'est un drôle d'idée de penser cela et plus encore de la prêter à " tout le monde ".
Il se trouve effectivement que l'image que je peux avoir de Dumas est compatible avec celle de Depardieu (voir les photos que maître KA a mises dans sa chronique ) mais il s'agit là d'une question de silhouette, de densité physique Mickaël Jackson dans le rôle, j'y aurais moins cru.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:40 le 27/02/2010 par Mon Nombril.
Par Gerard

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Excuse-moi, Misfit, mais à quoi reconnaît-on un homme noir à la peau si claire soit elle ????
Par Nikko

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Pour Cléopatre, elle était grecque, après qu'Alexandre le grand ait conquis l'Egypte et que Ptolémée y ait pris le pouvoir
Par Doudou

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
mouais, en tout cas sur la photo d'époque, Dumas ressemble plus à Depardieu qu'à Denzel Washington...


Alexandre Dumas se décrivait lui-même dans ses Mémoires comme un "nègre aux cheveux crépus" qui parlait "avec un accent légèrement créole". Alors ne soyez pas plus Dumasiens que Dumas lui-même.

Le merdier du spectacle est tenu par des bons blancs qui n’utilisent les noirs que pour incarner un voleur, un délinquant ou un drogué ou au mieux un indigène.
Alexandre Dumas n’est pas noir mais français, d’accord, , pourquoi éluder sa couleur ?
Ne me dites pas que c’est parce qu’il n’y a pas de bons comédiens noirs ou métis.
Non c’est bel est bien, l’ethnocentrisme qui est derrière le choix des comédiens.
Un blanc américain pourrait jouer Mohamed Ali ou Jimmy Hendrickx ?
Il faut arrêter de raconter n’importe quoi.
Par punaiz

Beh oui, doudou

Vous pouvez avec bonheur lire la totalité des posts de ce forums (comme je l'ai fais ainsi que plusieurs autres car en ces temps de congés parisiens @si laisse plus de temps pour aller dans le fond des forums), et vous trouverez des nuances d'arguments, certains confirmants qu'un blanc (américain ou Chinois) pourrais jouer Mohamed Ali, et qu'un noir Français (il y en a pleins, contrairement à ce que vous semblez écrire dans votre "Alexandre Dumas n’est pas noir mais français, d’accord, , pourquoi éluder sa couleur ?", il n'est pas à mon sens autre chose que Français, noir de peau ou pas) pourrais jouer Charlemagne (qui lui même était plutôt Allemand comme tout le monde le sait).

Ouf, elle était bien longue et désorganisée cette phrase là. La mienne s'entends, je ne vous agressais pas, là. Et dire que j'avais promis de sortir... si, si, tout en bas.
Par Patrick C.

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Pour aller dans le même sens de ces vieilles traditions si positive, il me semble que pendant longtemps les rôles de femmes étaient interprétées par des hommes (pas seulement en France). Sinon en France, nous avons eu un président du sénat noir et on l'a presque oublié ses photos paraissent blanchies (sûrement à cause du temps).
Par Anthropia

Magnifique Rue Cases-Nègres

Oui, ce sujet m'énerve aussi, Alain.

Oui, je pense que ne pas savoir que Dumas était quarteron (ou que Pouchkine l'était aussi) est une grave lacune dans la culture.

Savoir que mes bons moments d'enfance à lire les mousquetaires me vient de lui, compose mes sensations d'appartenir à une nation plurielle.

Avec notre culture post-coloniale et ce gouvernement qui fait la chasse à l'identité, cela laisse des traces.



[anthropia.blogg.org]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:46 le 27/02/2010 par Anthropia.
Par Gavroche

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Du très grand Korkos, merci.

Du coup, comme à chaque fois, ça m'a fait repenser à plein de choses, à Billie bien sûr, et à tous les musiciens de jazz, Miles, évidemment, qui tournait le dos, mais aussi à Charlie Mingus, qui a écrit "Moins qu'un chien", mais aussi Chester Himes, un des plus grands écrivains que je connaisse...

Je digère tout ça et je reviens.
Par Gamma gt

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Bon, Alain, mais tu triches d'emblée,
tu nous mets du Billie,
comment après avoir un regard "objectif" sur ta chronique,
qui est exceptionnelle comme d'hab...
tu m'influences, comment comparer Billie avec le reste ?
comme Gavroche, je digère...
il me faut du recul.
gamma
PS :
à Anthropia, moi aussi j'ai lu Dumas tout gosse, et je ne savais pas
qu'il était quarteron ( je ne connaissais même pas ce mot ).
La question, si j'avais su, cela aurait changer ma vision de
ces romans, non, je ne pense pas !
Par charlie.lapared

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Oui, moi aussi, bercée par Billie ...
et pan, un uppercut dans la tronche : la petite annonce de location d'une maison à Saly,
Fatou incluse !
On ne pourrait pas l'engueuler, l'auteur de la petite annonce, déjà ?
Par Georges MARCHANDIAUX

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Strange Fruit.... la version de Nina Simone n'est pas mal non plus ...
Par Emilie

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

A quand un arrêt sur images consacré à la façon dont les média français évoquent Napoléon en omettant systématiquement que ce "grand homme" ( kof ! kof ! excusez-moi, je m'étrangle...) est aussi celui qui a RÉTABLI l'esclavage en Guadeloupe et à Saint-Domingue après huit ans d'abolition ? A quand une émission ou un article dans un grand médium français pour rappeler à tout le monde que Louis Delgrès, héros mulâtre de la résistance Guadeloupéenne, qui préféra la mort à l'esclavage, est un aussi grand héros national que Jean Moulin ?
Par Alex

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
à la façon dont les média français évoquent Napoléon en omettant systématiquement que ce "grand homme" ( kof ! kof ! excusez-moi, je m'étrangle...) est aussi celui qui a RÉTABLI l'esclavage en Guadeloupe et à Saint-Domingue après huit ans d'abolition ?


Parce que petite dinde cher enfant, juger un personnage historique au gré de vos valeurs contemporaines relève de l'anachronisme le plus total.
Par Djac Baweur

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Et "petite dinde", ça doit se juger au gré des valeurs de quelle époque ?
Par Emilie

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Merci Djac. Mieux vaut ne pas répondre à ce genre de commentaire qui manque considérablement d'argumentation.
Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

et "cher enfant " au masculin qui plus est, c'est pas un peu paternaliste et condescendant (synonymes ?)
Par Emilie

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Hi hi hi ! Bien vu Byson.
Dinde, pourquoi pas ? Mais petite ! Mon mètre soixante-treize est tout offusqué !
Par pow wow

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ne vous offusquez pas, en soi, les "valeurs d' alex" c'est un oxymore.
Par ceci n'est pas un pseudo

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

d'autant plus que lorsque napoleon rétablit l'esclavage, la Martinique est domination anglaise et n'a pas connu cette régression, contrairement à la Guadeloupe.
Ce qui, en effet, n'en déplaise à ce cher enfant d'alex, a des conséquences dans notre actualité immédiate, guadeloupéen et martiniquais n'ont pas le même ressenti vis-àvis de l'histoire de l'esclavage et del'exploitation de l'homme par l'homme aujourd'hui.
La lutte contre la pwofitation est guadeloupéenne, que je sache.
Par Gavroche

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ouais, ben elle devrait être universelle !

Si en France on avait un LKP à la place de la cégète...
Par MonaO

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Une idée de pancarte pour le 27 mars : NON A LA PWOFITATION
Par Meanm

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Alex manie la mauvaise foi à géométrie variable. Certaines vérités étouffent certes mais elles valent d'être rappelée néanmoins.
Dire d'un personnage historique qu'il ne saurait être jugé à l'aune des valeurs contemporaines, est la plus belle idiotie que j'ai lue depuis des lustres. Faut-il juger Hitler à l'aune des valeurs en cours de 1939?
L'affaire DUMAS est significative du manque de courage doublé de cynisme de certaines personnes qui pratique le terrorisme intellectuel dès qu'une perspective à contre-courant du conformisme ambiant est en vue.
Que DIEUDONNE dans un spectacle habille un révisionniste de pyjama de camp de concentration et tout le monde hurle au demeurant avec raison ; mais que Claude RIBBE ou d’autres (LOZES,….), interprètent derrière l'affaire DUMAS une tentative d'escroquerie morale et nous voilà avec haussements d'épaule pour fustiger cette susceptibilité.
Le problème n’est pas la qualité d’acteur indiscutable de DEPARDIEU héros national dans son domaine comme Johnny H. avec la scène musicale.
Je crois qu'il n'est jamais tard pour reconnaître ses lacunes, il n'est jamais tard d'apprendre que Napoléon ne fut pas que ce grand visionnaire et que le rétablissement de l'esclavage dont il s'est rendu comptable est une tâche indélébile que l'histoire et donc la rétrospective permet de juger comme inacceptable, n'en déplaise à Alex.
Par Emilie

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

D'autant que des historiens crédibles s'accordent à dire que le fait que Joséphine de Beauharnais soit une créole "béké" n'est pas totalement étranger au rétablissement de l'esclavage, au retour à l'état servile d'hommes et de femmes qui pendant huit ans (si je ne m'abuse) ont joui du statut d'êtres humains à part entière et de citoyen français, et de leurs enfants nés entre temps (même si ce n'est sans doute pas le seul paramètre).
Et tout cela ne nous dit toujours pas pourquoi les média occultent systématiquement cette sombre page de l'histoire napoléonienne.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:04 le 27/02/2010 par Emilie.
Par Alex

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
Dire d'un personnage historique qu'il ne saurait être jugé à l'aune des valeurs contemporaines, est la plus belle idiotie que j'ai lue depuis des lustres. Faut-il juger Hitler à l'aune des valeurs en cours de 1939?


L'analogie avec Hitler, c'est toujours très drôle ; la pensée hellénique sur laquelle repose les fondements de notre civilisation est également le fruit d'une bande d'esclavagistes....donc il faut en conclure que sommes tous nazis dans le fond ?

Par ailleurs, les contemporains d'Hitler n'ont pas eu besoin de vous pour qualifier ses actes de crime contre l'Humanité...
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Il est rare de lire autant d'insipidité et de mensonges en si peu de lignes.
Belle performance, Alex, d'habitude, pour vous chauffer, il vous faut au moins quatre lignes.
Par Marion

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

On peut le juger au gré des valeurs de l'époque : les révolutionnaires avaient abolis l'esclavage, au Royaume Uni, plein de gens luttaient pour son abolition (traite abolie en 1815. Ba oui à l'époque ça choquait "déjà" l'esclavage !
Par Alex

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ce qu'il faut pas lire comme conneries...

Les valeurs de l'époque étaient à mille lieues des vôtres ; l'abolition de l'esclavage ne relève d'ailleurs pas uniquement d'un problème "moral" ....et si vous les lisiez, la pensée des anti-esclavagistes de l'époque vous ferait hurler au racisme, au fascisme et que sais-je encore.

De même pour tous les grands hommes de gauche du début du XXème siècle...
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

"Ce qu'il faut pas lire comme conneries... "
Commencez déjà par ne pas les écrire.

"la pensée des anti-esclavagistes de l'époque vous ferait hurler au racisme, au fascisme "
C'est vrai ça, les salauds... ils avaient de drôles d'idées "à mille lieues des vôtres"...
Par Pythias

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
Citation:
à la façon dont les média français évoquent Napoléon en omettant systématiquement que ce "grand homme" ( kof ! kof ! excusez-moi, je m'étrangle...) est aussi celui qui a RÉTABLI l'esclavage en Guadeloupe et à Saint-Domingue après huit ans d'abolition ?
Parce que petite dinde cher enfant, juger un personnage historique au gré de vos valeurs contemporaines relève de l'anachronisme le plus total.



Devons-nous, mon cher petit poulet, juger Montaigne comme anachronique pour avoir le premier dénoncer l'esclavage des noirs ? Adorable chapon, devons-nous éclater de rires en songeant à ces encyclopédistes convaincus que l'esclavage était une abomination ? Et, délicieux gallinacé à la tendre chair, la décision de la Convention d'abolir l'esclavage à quelle valeur anachronique serait-elle du ? La socièté des citoyens de couleurs serait-elle une vue de l'esprit de pieds tendres du XXI° siècle ?

On peut parler d'anachronisme si on évoquait l'esclavage antique, où d'athéïsme au moyen-âge, mais sûrement pas lorsque l'on critique la réhabilitation de l'esclavage aux Antilles par Napoléon. Nos valeurs actuelles en ce domaine était partagées par les hommes de l'époque.
Est-ce plus clair en votre poulailler ?
Par Gavroche

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Babou, je trouve que vous n'êtes pas gentille de comparer de gentils gallinacés qui ne vous ont rien fait à ... je ne sais comment le qualifier ... Je croyais que c'était une espèce en voie de disparition
Par Pacontente

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

A la Réunion aussi. Le 20 décembre est un jour férié en mémoire de l'abolition de l'esclavage, qui avait été rétabli nous dit- on en cours d'histoire (c'est du vécu) pour des motifs économiques et non racistes. La fête de la Liberté n'est un jour férié légal qu'à la Réunion, pas en métropole.
Par MonaO

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

C'est Joséphine qui a réclamé le rétablissement de l'esclavage : sa famille ne pouvait pas faire fonctionner leur plantation de la Martinique sans cela . L'abolition posait des problèmes de main d'oeuvre à tous les propriétaires békés .
Il a cédé à tous les caprices de safemme , tout en établissant le code napoléon qui scellait le patriarcat jusqu'à nos jours .

Depardieu a été choisi parce qu'il remplit les salles , mais il est mauvais acteur , il n'est jamais habité par les personnages interprètés .
Par Tom-

Pizzaïolo

Si, dans le rôle du gars qui fait des pâtes après avoir ramassé la nana qui se viande en scooter, moi, je l'avais trouvé très bien. Clairement au dessus de ses collègues pour ce qui concerne la profondeur de interprétation.
Par Djac Baweur

Re: Pizzaïolo

N'oublions pas l'épaisseur admirable qu'il donne au personnage d'Obélix.
Par Tom-

Re: Pizzaïolo

Ca se voit comme le pif au milieu de la figure. En gros, il sort de la masse.
Par Ervé

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Pas d'accord avec vous, Mona, pour une fois.
Je reconnais que Depardieu s'est parfois vautré, surtout ces dernières années, mais au début de sa carrière il enchaînait des rôles très différents avec un immense talent.
Par Ervé

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Et accessoirement, les blaireaux du CRAN ne perdent jamais une occasion de se ridiculiser.
Par MonaO

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

J'avoue , Ulysse , que je ne suis pas très logique , et certainement de mauvaise foi ! :-))

Peut-être que je regrette la flamme de ses débuts , la grande claque au socialement correct et son érudition gourmande d'autodidacte fabuleux .
Par Ervé

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

On doit être beaucoup à préférer ce qu'il fut à ce qu'il est devenu.
Par charlie.lapared

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ah, ouiai... vous trouvez aussi ? Moi je trouve que Depardieu, à part une fois où Pialat a réussi à museler la grande gueule pour lui faire jouer un rôle de flic paumé, je trouve qu'il fait tout le temps son Depardieu. Il n'arrive pas à la cheville de feu son fils !
Et hier soir, en fin de César, il a été pathétique... gros lard se réfugiant du côté des animateurs lorsqu'Adjani a fait son numéro de pleureuse zémue (vite consolée)...
Par aux abonnés absents

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Merci d'avoir amené le sujet sur le devant de la scène, Alain. J'ai bien essayé mais on m'a répondu, en substance, que "bof, ça n'a pas d'importance".
Par Damien

Pub

Quelqu'un a-t-il eu l'occasion de se pencher sur cette pub pleine de références (à ce qu'il paraît parce que moi j'ai bien du mal à m'y retrouver).
Par aux abonnés absents

Re: Pub

Elle me paraît être bourrée de références ... à d'autre pubs ! ;)
Par Gamma gt

Re: Pub

Et différents films ou dessins animés,
à regarder plusieurs fois, pas moi
certaines scènes m'ont "interpelé"
mais pas moyen de me souvenir qui quoi où ?
c'est énervant,
je dirais que cela ressemble aux jeux d'énigmes !
j'aime pas, car j'ai la tête qui explose très vite,
je m'abstiens !
gamma
Par charlie.lapared

Re: Pub

Le poisson m'a fait penser à Kusturizca... euh il doit y avoir une séquence "Alice au pays des merveilles"... et d'autres aussi... mais c'est dimanche ;o)).
Par Elihah

continuum de couleur?

Merci pour cette kro, effacer d'un trait de dipardiou cette composante/identité de la vie et l'œuvre de Dumas me paraissait quand même un peu forte de café. Car au lait, évidemment (ce qui est une hérésie, dans les 2 cas).


The Minstrel in the Gallery looked down upon the smiling faces.Humph pardon je m'égare.
Par galanga

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

J'ai peut-être rêvé, mais les amerlocks n'avaient-ils pas fait un film sur Jimi Hendrick en le faisant jouer par un acteur blanc ?

Et Othello (ou le "Maure de Venise"), est-ce que c'est toujours joué par des blancs maquillés ?
Par Tiphaine

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Non, pas du tout, la preuve : la version d'Oliver Parker en 95 [www.imdb.fr] dans laquelle Laurence Fishburne (de Brooklyn) incarne Othello, et d'autres encore tels qu'ici : [www.guardian.co.uk]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:13 le 27/02/2010 par Tiphaine.
Par Tiphaine

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Je ne sais pas si ça élargit le débat, mais pour ne pas en rester à l'écrivain Alexandre Dumas, comme s'il était une exception, sachez que Colette - l'écrivain, hein, pas le magasin fashion-snob-parisien... - avait également des origines Noires par sa mère, "Sido". Ce qu'elle n'a jamais caché d'ailleurs, mais "ses biographes l'ont fait pour elle"... (cit. "Colette", de Claude Francis & Fernande Gontier, Perrin 1997)
Henri Landois, grand-père maternel de Colette, était quarteron (vous parlez d'un terme vous !) comme Dumas père. Un temps lancier dans l'armée de Napoléon avant de retourner au négoce paternel. Son propre père, Robert Landois, mulâtre, était à 20 ans, en 1787, établit à Charleville comme épicier-négociant en gros & demi gros, et membre de la puissante Guilde des Epiciers. Tout ce petit monde a épousé des Françaises-bon-teint-de-souche.
Quant aux Landois (ou Landoy) en question, il s'agissait de huguenots champenois réfugiés en Martinique dès le milieu du XVIIème siècle.

Je me permets un petit témoignage perso.
Petite, je raffolais des histoires de "cape & d'épée", donc des Trois Mousquetaires en particulier, et mon père, prof de français et histoire-géo, m'a toujours parlé de Alexandre Dumas père en faisant par la même occasion référence au fils Alexandre Dumas auteur de son côté de La Dame aux camélias, ainsi qu'au grand-père, grand général noir de l'époque révolutionnaire. C'était au début des années 80. Si mon père en parlait avec moi il devait bien le faire aussi avec ses élèves. Pourtant c'était, comme on dit, un prof " de la vieille école", tout ce qu'il a de plus français et rose, avec tous les préjugés que ces termes peuvent inspirer à certains...
Par galanga

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ainsi donc, si je calcule bien (1/4 = quarteron, divisé par 2 = grand-père), Colette était hexadecaroon.
En ce qui me concerne, je n'ai appris qu'Alexandre Dumas était quarteron que lorsque Chirac a voulu le mettre au Panthéon. Je n'en avais JAMAIS entendu parler à l'école ni ailleurs, et pourtant j'ai fait ma scolarité à L'ile de la Réunion.
Par Tiphaine

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Comme quoi, c'est vraiment variable... Mon père considérait que c'était important à dire, que c'était naturel.
Et si on quitte la littérature purement française, on doit aussi citer un autre Alexandre : Pouchkine (1799-1837), dont un arrière-grand-père maternel était Africain, major-général & gouverneur russe, Abraham Petrovitch Gannibal (Petrovitch, car le tsar était son parrain). Une histoire étonnante dans l'Europe de ce temps là : [fr.wikipedia.org]
Dommage que les jeunes à l'école soient pour la plupart tenus dans l'ignorance de ces destinées, avec toute la charge culturelle que cela comporte. Pouchkine, Dumas & Colette étaient très fiers de ces métissages !
Par Gamma gt

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
Dommage que les jeunes à l'école soient pour la plupart tenus dans l'ignorance de ces destinées, avec toute la charge culturelle que cela comporte. Pouchkine, Dumas & Colette étaient très fiers de ces métissages !


Les jeunes, pas que les jeunes, je ne savais pas comme galanga,
et pourtant, j'en ai lu des bouquins, comme Napoléon qui était mon idole
jusqu'à 14 ans, les livres d'histoire ne disaient "mot" à l'école !
et même dans mon entourage, faut dire que l'on pense plus à faire des conneries,
que d'écouter les "vieux" :
j'étais con!
ce qui ne veut pas dire que je ne le suis plus;-)
gamma
Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ben moi non plus je ne savais pas, et puis en fait je men tape, ça me fatigue de me poser ce genre de questions, les ancêtres des ancêtres, ils ne m'intéressent que s'ils m'offrent des crêpes avec du chocolat chaud. -o)

Tout ça pour dire que je n'ai jamais aimé l'histoire, tout comme Sarko n'aime pas la Princesse de Clèves. Devrais pas m'en vanter.


Maintenant il faut écouter les jeunes, mon Vieux ! :o)) Paske toi et moi sommes des has-been, surtout moi :o))
Par aux abonnés absents

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Les dictateurs n'aiment pas l'Histoire ; pensez donc, elle leur donne tellement de leçons à ne pas suivre ! Alors ils réécrivent les livres pour qu'elle ressemble à l'idée qu'ils veulent s'en faire. Avec l'assentiment de ceux, comme vous, qui, bien que n'étant pas des dictateurs, n'aiment pas l'Histoire.

Vous oubliez une chose : on a besoin de l'histoire du passé pour construire un avenir pour nos enfants. Ça fait un bon moment que l'Histoire est sacrifiée à l'école ; le résultat c'est que notre société tourne en rond et la jeunesse d'aujourd'hui doit perdre son temps à se construire un présent, au lieu de bosser à leur avenir. Ils sont paumés, sans racines. Étonnez vous après ça que le communautarisme se répande comme une traînée de poudre ! Les communautés, elles, sont soudées par leur histoire commune.
Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Je n'ai pas dit que j'avais raison misfit de ne pas aimé l'histoire (du moins c'était du temps de ma scolarisation) et ça m'intéresse un chouïa maintenant juste effectivement pour comprendre le présent, mais pas plus.

Tout ce que je voulais dire, c'est que je me fiche complètement des mélanges entre les couleurs humaines, c'est tout juste si je les vois. A partir du moment où le premier homme qui s'est baladé sur la planète, il a fait des enfant avec les femmes qu'il a trouvées sur son chemin. Et en plus jai un autre défaut, je me fous totalement de la généalogie (tellement à la mode) où alors il faudrait pouvoir remonter au début des temps. :-) Je me contente de savoir qui étaient mes bizaïeuls. D'ailleurs je me dois de faire attention sur ce site, à continuer de ne pas reconnaître, un Arabe d'un Juif, un pas très blanc, ou pas très noir ou à moitié indien, asiatique, etc ..... Il y a de moments où les obsessions de savoir la provenance de l'Autre, sa religion, uniquement pour la critique ou la méfiance m'emmerdent profondément. D'ailleurs, je me mets régulièrement au vert de certains sujets sur ce site, je me demande pourquoi ??? ..........

Je crois savoir que le berceau de l'humanité se trouve en Afrique, que les premiers hommes étaient noirs. Je trouve les métisses ou mulâtres très beaux, ou très belles, après, les quarteron (nes) trop clairs. :-)) J'ai failli tomber par terre de joie pour leur beauté, quand j'ai vu des petits métisses avec leur maman blanche, en alllant au marché avec ma mère à l'âge de 4 ans.

Pour revenir aux choses sérieuses, quand j'ai étudié Dumas père et fils, je n'ai pas souvenir que mes profs aient parlé du métissage, (oubli volontaire ou pas) ça ne m'aurait pas intéressée, (je crois).



Modifié 3 fois. Dernière modification le 17:05 le 01/03/2010 par Bysonfutée.
Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

M'escuz d'avance de me répondre. Me vient une idée en écoutant Emmanuel Krivine, aucun rapport avec mon idée, si ce n'est une association d'idées en rapport avec l'Art : l'humanité est une palette de couleurs. C'est pas Maîre Korkos qui va me contredire. :-)
Par Tiphaine

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Mouais...
Mais visiblement vous vous sentez obligés d'intervenir sous ces commentaires là précisément pour nous dire que vous vous en foutez de l'histoire, etc.
Là, ça ne vous fatigue pas d'intervenir pour délivrer l'important message qui fait avancer d'un grand pas le forum : "j'men tape..."
Il semblerait que ça vous embête que d'autres que vous, eux, s'y soient intéressés, et évoquent les héritages métissés (et ignorés du plus grand nombre) de figures de la littérature occidentale, voire mondiale ; des héritages culturels qui ont forcément pesé, en positif (ce que vous appelez vulgairement de la "généalogie"... ce qui est réducteur & inexact).
Oui, c'est ça, ça vous dérange, c'est pour ça que vous vous sentez obligés de commenter. De commenter un peu comme on baillonne... Tout ça pour venir ensuite piteusement nous assurer que, oui, bravo le multiculturalisme et le brassage des populations... alors que les messages après lesquels vous êtes intervenus ne prétendaient pas autre chose.
Mais ça ne vous vient pas à l'esprit qu'il y peut-être tout simplement des gens qui seront surpris et ravis - parce que concernés - d'apprendre que Dumas, Colette ou Pouchkine avaient des origines Noires qu'ils ne reniaient pas, au contraire ?! Et de ça, on ne s'en fout pas, on ne s'en tape pas, on ne s'en fatiguera pas.
Ce n'est pas parce qu'à vous, vous en particulier, la culture & l'histoire vous sortent par le nez, qu'il faut pour autant baillonner l'envie de de connaître et d'apprendre d'autrui...
Par aux abonnés absents

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Tiphaine, je n'ai baillonné personne, la preuve vous commentez et c'est tant mieux, j'ai commencé mon post, en disant que je n'avais pas forcément raison ...... Ensuite j'ai modéré mon peu de goût pour l'histoire, NON la culture et l'histoire ne me sortent pas par le nez. J'apprends beaucoup sur ce site, je regrette parfois que la culture et l'histoire ne me soient davantage entrés dans le crâne. Je crois que vous n'avez pas saisi l'humour de mon post, pô grave.

Je vais m'arrêter, je ne vous dis par comment me sortent des commentaires comme le vôtre ......

Je nai agresser personne.

A vous la caricature.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:55 le 02/03/2010 par Bysonfutée.
Par Alex

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Assez ironique de voir tous les tenants de la bien-pensance n'ayant de cesse de sacraliser l'anti-racisme...finalement défendre avec ferveur le "one drop rule".

Mais bon si sieur Patrick Lozès trouve qu'Alexandre Dumas lui ressemble je ne veux pas le vexer hein...

Je note par contre que ça ne gêne visiblement pas grand monde qu'Idris Elba (Stringer Bell dans The Wire) s'apprête à jouer Heimdall dans Thor mais sans soute qu'un noir pour incarner un personnage de la mythologie nordique, c'est beaucoup plus convenable qu'un blanc pour incarner un quarteron.

Cadeau bonus : petite photo de Jessica Szohr qui elle aussi est carteronne...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:29 le 27/02/2010 par Alex.
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Oui hein ce racisme anti-blanc est intolrérable, bravo Alex.
Vous avez le sens de la priorité des combats.
Pôvcon Brave garçon.
Par Gohar

Couleur invisible

"La discrimination commence toujours par l'invisibilité, la négation de l'existence de l'autre dans notre récit national."

Pour poursuivre cette réflexion, (re)plongez dans le magnifique Homme invisible, pour qui chantes-tu ? (en v.o. : Invisible man) de Ralph Ellison, roman ultra-connu aux zétazunis et trop méconnu chénou. Un pavé indispensable à lire en écoutant, si possible, Charles "less than a dog" Mingus.
Par azerty

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Polémique illégitime:

- lorsqu'un individu a 3 grands-parents sur 4 blancs, il est blanc (de peau). Vérifiez autour de vous.

- l'idée de vouloir faire de Dumas un noir (de peau) me renvoie à la "one-drop-rule", loi utilisée aux Etats-Unis pour réglementer la
ségrégation dans le Sud du pays: une seule goutte (même supposée, même fantasmée) de sang noir permettait d'exclure son détenteur de la société blanche.

Dumas était un blanc de peau, perçu comme noir de sang et raillé pour cette raison, en vertu des préjugés de son époque.

Et voilà que des voix s'élèvent au nom des mêmes préjugés ?!

...

Ce n'est pas ce militantisme nationaliste et aveugle qui contribuera à modifier l'image des Noirs dans notre société. Les polémistes se trompent.
Par Stéphanie

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Pour moi aussi cette polémique est illégitime. Elle signifie que pour certains un individu est réductible à sa couleur de peau. Or Depardieu est tout à fait crédible en Dumas. Il en a déjà la stature, la forte personnalité...Les auteurs ont avant tout choisi un acteur (et pas n'importe lequel). Personne ne s'est ému qu'Isabelle Adjani interprète la reine Margot, malgré un père d'origine algérienne ! Dumas avait plus de sang blanc que de sang noir, il avait les yeux bleus, la peau claire... Je parle en connaissance de cause, je suis métisse et mes neveux, quarterons, ont la peau blanche. De plus, il ne se voyait certainement pas comme un représentant de la communauté noire. Un seul de ses romans, à ma connaissance, traite de ce sujet (Georges). Il était généralement assez discret sur le sujet. Il fut certes victime de remarques racistes, mais il fut aussi très aimé en son temps, il fut l'ami de Nerval et d'Hugo (entres autres)... Par contre j'aimerais voir un film sur le père de Dumas, général métis sous la révolution et l'empire. Et là engager un acteur blanc n'aurait effectivement pas de sens.
Par sleepless

Re:

Tout le monde connaît les dégâts du racisme, l'oppression et les saloperies commises au nom de nombreux dogmes, lois ou autres moyens de coercition (je suis dans l'adaptation en BD du bouquin de Zinn, c'est assez violent de revoir tous les "grands" moments de la construction de l'Amérique).

Supposons que le téléfilm ne passe pas sous silence le métissage de Dumas (et encore...).

Quand je lis ça :

" Que n'aurait-on pas dit à l'inverse si, pour les besoins d'un film, Denzel Washington avait incarné Jean Moulin, si Pascal Legitimus avait donné son visage à Molière, et si Sonia Rolland s'était prise pour Jeanne d'Arc ? "

Je tombe de ma chaise...

Le problème avec ce genre de réflexion, c'est que, si on applique le raisonnement jusqu'au bout, jamais un acteur noir (ou de couleur, ou de ce que vous voulez) ne pourra jouer un rôle du répertoire (hors Othello, et encore, z'avez vu Laurence Olivier, Orson Welles ?)...
Ce qui revient à retenir le fait qu'il est d'abord noir (ou de couleur, ou de ce que vous voulez) avant d'être un acteur.
On n'en sort plus.

Oui, on grimait les musiciens, on pratiquait la ségrégation.
Il y a encore beaucoup de chemin à faire dans les esprits, mais ça s'améliore quand même.
On est au XXIe siècle, merde.

Un acteur est un acteur.
Un exemple parmi tant d'autres : demandez à Todd Haynes, qui a fait interpréter Bob Dylan par... Cate Blanchett dans I'm Not There.

Je trouve qu'on est vraiment dans l'air du temps, du débat de machin nationale, là...
Purée, il faut quoi, demander à Depardieu de faire une recherche généalogique ?
Et qui aurait dû selon les critiques, interpréter Dumas ?
Pas un noir, bien sûr, un quarteron.

Vous voulez recevoir un scénario ? VOS PAPIERS !!!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:04 le 27/02/2010 par sleepless.
Par Raphaël MICHEL

Re:

Bravo!
Rien à ajouter!
Par Léophil

Re:

Par charlie.lapared

Re:

Tardivement, mais ai voté ;o)
Par Elihah

Re:

Sleepless: vouais, pas faux.
La question que je me pose est celle de la transmission: qui sait, dans la jeune génération, que Dumas a été raillé pour ses origines et comment cela a pu influer sur son travail ?
Au final, on serait dans la dimension pédago ou non d'une œuvre - cinématographique, en l'occurrence.

Edit: ha ben je viens de voir le comm de Paméla, dessous..



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:18 le 27/02/2010 par mebahel.
Par Paméla

Re:

@ mebahel : Peut-être n'avez-vous pas vu l'émoticone ;-)

Ça manque toujours d'humour dans ces chroniques. ;-)

Un article à lire ici
"L’objet du film n’est alors absolument pas le métissage de Dumas, ce n’est d’aucune manière l’enjeu de ce récit attaché à rendre compte de problématiques d’ordres radicalement différentes. Certes, on peut regretter que le métissage de Dumas soit ainsi passé sous silence mais Depardieu a toute légitimité pour jouer ce personnage. Non seulement il en a la carrure, mais l’acteur est aussi lié à Dumas de façon assez évidente du fait de certain de ses choix de carrière."
et ici
"Le problème n’est pas tant qu’un acteur blanc puisse incarner Alexandre Dumas. Depardieu est excellent dans son personnage et semble effectivement bâti pour le rôle. Ce qui aurait été bien plus ambigu c’est que l’on grime la peau de l’acteur.
Et puis, encore une fois, le métissage de Dumas n’est absolument pas le sujet du film. La polémique enfle cependant mais elle est reflète un mal bien plus profond et très souvent tu que le cinéma français continue de ne pas vouloir soigner vraiment. La sous-représentation des acteurs arabes, noirs ou métisses dans le cinéma français est régulièrement soulignée dans ces pages.
Que Dumas soit incarné par Depardieu, ce n’est pas scandaleux en soi, c’est simplement symptomatique de l’état d’un cinéma qui ne mérite pas qu’on le qualifie de tricolore."
Par Elihah

Re:

Si si je l'avais vu, à la fin de votre phrase, je cite:
"Pas encore vu le film, mais Depardieu, je le vois très bien dans le rôle de Dumas : il fallait un acteur qui ait une "gueule": il était possible de le grimer pour lui donner un quart de couleur ;-)"
Vala vala.
Par sleepless

Re:

Salut mebahel :

Citation:
La question que je me pose est celle de la transmission: qui sait, dans la jeune génération, que Dumas a été raillé pour ses origines et comment cela a pu influer sur son travail ?
Au final, on serait dans la dimension pédago ou non d'une œuvre - cinématographique, en l'occurrence.

Les questions que je me pose suite à cette question sont :
Comment l'ancienne génération a-t-elle pu savoir ?
Le savait-elle ?
Plus ou moins que la jeune génération ?
Grâce à quoi ?

Je pense que la plupart des gens ayant étudié une œuvre de Dumas le savent.
CQFD.

D'accord pour la valeur pédagogique de l'art (cinématographique), même si c'est parfois le charger d'une fonction qui n'est pas forcément la sienne.
Mais on ne peut lui demander de remédier aux défaillances de l'école, de l'éducation, alors qu'il ne pourra qu'y pallier dans le plus grand nombre de cas.
On peut le déplorer, on ne peut pas lui en vouloir.

Beaucoup seront déjà surpris d'apprendre que Dumas a eu un nègre.
Et je ne sais toujours pas si le côté métisse de Dumas est évacué totalement du film.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:08 le 27/02/2010 par sleepless.
Par Elihah

Re:

"Comment l'ancienne génération a-t-elle pu savoir ?
Le savait-elle ? "
Bah, pour moi, bêtement: en famille et au bahut, donc ça supposait d'y aller et d'y avoir des cours de français qui incluaient Dumas et un-e prof et des remps qui disaient les choses à dire.Bcp de conditions donc.


Et je suis bien d'accord:le ciné (ou tout autre forme d'art et/ou d'expression) n'est pas censé avoir pour but premier une vertu pédagogique.
Tout étant une question de limite: où place t-on le curseur entre fiction et broderie à partir d'une réalité...étoussa.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:15 le 27/02/2010 par mebahel.
Par sleepless

Re:

Citation:
Bcp de conditions donc.

Ouais, c'est quand même dingue de se dire que ça fait beaucoup de conditions...
Par Elihah

Re:

En effet.. c'est ce que je me suis dit en écrivant le comm, en fait..
La transmission d'un peu de culture, tout un domaine de réflexion...
Bah c'est déprimant, tiens.
Par DanetteOchoc

Re:

Ben non, on peut avoir étudié une œuvre de Dumas et ne pas savoir - en ayant après la lecture obligatoire lu avidement tout un tas d'autres bouquins de cet écrivain génial -.

Et du même coup tomber de sa chaise en prenant connaissance de la polémique.
Ah bon, il était descendant d'un noir ?
Et se demander comment on pu passer à côté d'un truc pareil.
Demander à son compagnon, métisse, s'il savait.
S'entendre répondre : "évidemment que je le savais".
Lui demander : "mais comment tu le savais ?"
"Je suis noir - expression consternée qui signifie en même temps l'évidence -. Quand j'ai entendu mon prof de français dire que Dumas était quarteron, ça m'a frappé, très fort"
Et moi : "ben merde".

Et puis deux minutes après : "Et Pouchkine aussi."
"Pouchkine quoi ?"
"Ben Pouchkine avait un arrière grand-père africain".

Merde.

D'où je déduis que j'eus le cerveau sélectif, dans ma jeunesse. Enfin, je suppose. D'où, étrangement, une certaine culpabilité (mais comment j'ai fait pour passer à côté merde est-ce qu'on retient en priorité ce qui nous touche du fait, notamment, de notre origine ? je suppose que c'est plus compliqué que ça).

Ce qui ne m'empêche pas, in fine, de penser que n'importe qui peut interpréter n'importe quel personnage, même historique. C'est une licence de la fiction, et de la liberté d'interprétation des acteurs. Sleepless, merci pour ton billet. A voté !
Par Djac Baweur

Re:

Pour me faire l'avocat du diable (enfin, si tant est que Korkos soit un diable...)(un diablotin, à la rigueur)(et je dis avocat du diable, parce que sur le fond ton argumentaire ici me convainct), on peut tout de même remarquer qu'en terme de visibilité médiatique (tous médias confondus), les noirs sont notablement sous-représentés par rapport à leur existence réelle dans la population, et qu'il y a une image "lisse" et blanche de la société majoritairement représentée dans les pubs, les séries télés, etc... qui pourraient indiquer que le chemin dans les esprits n'est peut-être pas encore si avancé que tu le dis.
Par sleepless

Re:

Citation:
le chemin dans les esprits n'est peut-être pas encore si avancé que tu le dis.

Quand même, un peu, non ?
Sans remonter au début du XXe, en comparant avec la deuxième moitié, le chemin parcouru est considérable...
Il y a encore beaucoup à faire, oui.
Et ce genre de polémique n'aide pas.

Sinon, jolie chronique sur les minstrels, c'est sûr.

Tiens, à propos de Lady Day.
Quelle était la chanteuse noire préférée à Hollywood dans les années 40 ?
Lena Horne
Pas la meilleure, ni la plus swingante des chanteuses jazz, ça non.
Mais celle dont la silhouette, la peau et les traits étaient assez éloignés de la représentation que l'on se faisait à l'époque à Tinseltown du "bon noir", ce qui a permis d'en faire une quasi vedette.
Parce que la représentation du noir à l'écran, dans ces années-là, c'était plutôt de cet ordre.

Sept acteurs noirs détenteurs d'un Oscar, le premier attribué seulement en 1939 (Hattie McDaniel, donc) le suivant en... 1963 (Sidney Poitier) et la quasi totalité pour des seconds rôles...



Modifié 2 fois. Dernière modification le 16:49 le 27/02/2010 par sleepless.
Par Djac Baweur

Re:

"Quand même, un peu, non ? "

Bien sûr.
Et je suis persuadé que ce qui subsiste n'est pas du racisme pur et dur, au sens du XIXe.

Mais bon, il reste un certain imaginaire qui s'affiche, tout de même, qui se montre, et qui plutôt comme ceci que comme cela, un imaginaire en blanc. Cet imaginaire reste questionnable, critiquable.

Je veux dire, si cette question de Dumas joué par Depardieu est assez vaine, on est d'accord (en effet, trouver un acteur quarteron, ça serait pas simple, etc...), si ce genre de dénonciation ne fera pas parcourir le reste du chemin, et si la malheureuse habitude a été prise de tomber à tire-larigot sur des accusations de racisme (d'antisémitisme, etc...) à la première occasion sans distinction, il ne faudrait pas que, d'un autre côté, par réaction, on oublie que cet imaginaire existe, et qu'on fasse comme si tout allait bien. C'est un peu comme Badinter et le sexisme, en fait ; hop, on fait comme si tout allait bien, les violences faites aux femmes, l'image de femme-objet ? A pus, finit, on est au XXIe siècle, le chemin est parcouru, youpi, on est libre...
Bah pas quand même, hein.
Par sleepless

Re:

Citation:
il ne faudrait pas que, d'un autre côté, par réaction, on oublie que cet imaginaire existe, et qu'on fasse comme si tout allait bien. C'est un peu comme Badinter et le sexisme, en fait ; hop, on fait comme si tout allait bien, les violences faites aux femmes, l'image de femme-objet ? A pus, finit, on est au XXIe siècle, le chemin est parcouru, youpi, on est libre...
Bah pas quand même, hein.

Entièrement d'accord.
Par Djac Baweur

Re:

Bon ben ça vaut bien une bière ça.
Par Elihah

Re: glou

Vouaille.Tout pareil.
Et blanche la bière.
(arf aaaaattation, je cause que de la bière hein...)
Je vous prend tous au mot pour la prochaine fois.
Par pow wow

Re: glou

Quelle bande de pochetrons.
Par Djac Baweur

Re: glou

Alloooooors làà, paas du chtouuut, ôsieur *hips* poowooo

n'iiimpforte quoiii *hips*



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:21 le 28/02/2010 par Djac Baweur.
Par pow wow

Re: glou

Daniel ferait mieux de fermer son site et d'ouvrir un bistrot, il y a des golden testicles à se faire avec les @sinautes. Moi qui ne bois que du jus de choux de Bruxelles parce que Christ est mon berger, je suis zoutré. Complètement zoutré.
Par punaiz

Mon berger

Mais vous savez pas que Christ n'a été inventé que pour vous faire réagir face aux caméras qui vous suivent?
En fait le monde entier a depuis longtemps reçu les preuves de l'existence divine, seul vous êtes conservé dans l'ignorance afin d'étudier (la télé, quelle belle invention pour les scientifiques, tout de même) vos réactions d'humain de laboratoire à cette insupportable incertitude.

Désolé d'avoir lâché la nouvelle, en espérant que vous aurez le temps de la lire avant que la censure de la production ne frappe aussi mon post sur ce site, mais je trouve qu'en entrentenant cet horrible doute en vous, la télé dépasse les bornes. Là c'est trop.

Euh, dites le, si je vous canule...
Par Marion

Re:

Pas d'inquiétude Denzel Washington a pu jouer un rôle du répertoire : dans Beaucoup de bruit pour rien, de K Branagh ! Je ne crois pas que ça ait fait du bruit pour rien justement, à l'époque. Après l'instant de surprise, il y est magnifique !

C'est quand même fou qu'on ne laisse pas la liberté aux créateurs du film : ils ne font pas un documentaire sur Dumas ! Ils ont le droit de parler des instants de sa vie qui les intéressent, pour parler de l'œuvre de Dumas, on est quand même pas obligé de rappeler qu'il a été victime d'injures racistes, il ne se résume pas à ça ! Dans un documentaire sur sa vie ça serait différent.
Par Julot Iglésias

Brando en Zapata

S'il est vrai que Dumas a été victime de brimades à caractère raciste, ce qu'il faut savoir c'est s'il est question de cela dans le film. S'il n'en est pas question, le fait que le personnage soit interprété par un blanc est secondaire. Et dans ce cas, il aurait absurde de faire interpréter le rôle - pour la seule raison de "ressemblance avec l'original" - par un Noir.

Un autre cas, dans l'histoire du cinéma, est au moins aussi étrange: Marlon Brando, lorsqu'il interprète Emiliano Zapata dans le film d'Elia Kazan, est tellement grimé (faux nez, fausses paupières) qu'il est beaucoup plus "indien" que le véritable Zapata ...
Par charlie.lapared

Re: Brando en Zapata

Marlon Brando avait un peu de sang indien (Native American Indian) dans les veines... mais en effet, il était un peu trop "noirci" pour le film...
Au Mexique, les campesinos indigènes (ce qu'était Emiliano Zapata) hâlent vite en travaillant sous le dur soleil de la campagne mexicaine. Zapata était assez "tanné".
Par Paméla

Re:

C’est en visitant la maison d’Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts, il y a quelques années, que je me suis rendu compte de son ascendance noire : je l’ignorais totalement. Un grand portrait de Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit le général Dumas trônait dans le salon.

Et quid des rôles de femmes tenus par les hommes au théâtre?
Dans l’antiquité, aucune femme n’a jamais pu jouer sur scène : ce sont les hommes munis de masques qui interprétaient le rôle des femmes.
Dans le théâtre élisabéthain, dans le théâtre français jusqu’à Corneille, les femmes n’avaient pas le droit de jouer sur scène.
C’était pas de la discrimination, ça ?

Pas encore vu le film, mais Depardieu, je le vois très bien dans le rôle de Dumas : il fallait un acteur qui ait une "gueule": il était possible de le grimer pour lui donner un quart de couleur ;-)
Par * * * Stanley MILGRAM™ * * * Soumis à aucune autorité

"That's Entertainment!"

Vous aller dire que je cherche des chinoiseries...
Rappelons que dans la série télé "Kung-fu" le rôle d'un chinois est joué par David Carradine, qui n'a jamais eu la jaunisse !

En tout cas, une chose est sûr, le ''nègre'' de Dumas était blanc.
... qui a supplanté Bruce Lee, car plus politiquement correct visuellement parlant à ce moment-là.
Il fallait absolument qu'il soit le valet d'un personnage principal bien américain dans Le frelon Vert pour apparaitre sur les écrans, et alors que c'était lui qui se tapait tout le boulot.
Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

J'ai bien aimé la chronique, le forum me surprend, probablement par ce que je manque de références historiques? mais Monsieur Korkos, ça m'étonnerait, alors pourquoi lui tomber presque tous sur le poil ?

Question : un quarteron qui fait un enfant avec une femme (blanche jusqu'à quel point, parce que tous les blancs ne sont pas du même blanc), comment appelle-ton cet enfant ? et puis on continue comme ça pendant combien de générations ? N'est-ce pas un peu couper les cheveux en quatre ?

D'accord on est au XXImème siècle, ce n'est que le début, je constate que ça ne commence pas très bien pour les Noirs et les Arabes. Qu'en sera-t-il à la fin du siècle, aucun d'entre nous ne sera ici pour le voir, parlerons -nous encore des Blancs, des Noirs, des Jaunes ..... et des Femmes ? :-) Ou sera-ce un monde merveilleux de bisounours sans sexe et sans couleur, c'est ambigü, mon propos là, ché pas comment le dire, tout simplement plus personne ne se préoccupera plus de la couleur des Humains, ni de leur sexe, un monde d'égalité totale et fraternelle ? Et pis compliquons encore : il n'y aura plus de batailles de religions entre elles, et avec les athées ? I have a dream, bus it's a dream.

Le bien-pensante vous salue bien.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 15:27 le 27/02/2010 par Bysonfutée.
Par sgd

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

On appelle cet enfant un octavon - Byson Le langage du métissage a créé un nombre de vocables impressionnants....

Sur la réflexion sur les qualifications du métissage, je vous donne ce lien suivant .... . réflexions de Raphaël Confiant qui est un chabin *


*Un chabin désigne souvent un nègre à la peau claire, souvent des yeux clairs et quelques fois des "taches de rousseur".
Par bysonne

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Merci sgd, je viens de lire ce lien. c'est réconfortant de constater qu'avec la créolité, finalement on efface un peu les origines blanches, noires, jaunes. Je m'étais demandé à quoi servait ce terme de quarteron (que je connaissais pas). Parce que perso j'en ai rien à faire de savoir pourquoi une personne n'est pas tout à fait blanche, tout à fait noire, jaune et dans quelles proportions, je trouve cela aberrant, inintéressant. Si j'ai une goutte de sang noire, qui sait ? Personne ne le voit, et moi-même je n'en sais rien. :-)
Par Elaeudanla

Quelques photos

Un quarteron est-il noir ou blanc ? Vaste (et vaine question) non?...

Si la question de l'identité noire d'un individu ne se résume pas à la couleur de peau, loin s'en faut, et si d'autres traits physiques - comme le nez, les cheveux, la bouche - entrent en ligne de compte, il est clair que la règle du one-drop-rule qui servait de justification pseudo scientifique au racisme ségrégationniste américain est tout aussi absurde.

Petite pause people et allitération en [p]


En cliquant ci dessous, vous verrez les photos de quatre des enfants de Yannick Noah, tous quarterons, donc.

Joalukas Noah
Yéléna Noah
Joakim Noah
Eleejah Noah


Cette polémique me rappelle l'arrêt brutal des représentations de Retour au désert de BM Koltès à la Comédie Française, il y a quelques années, parce que l'ayant droit de l'auteur avait été choqué que le rôle d'Aziz fût joué par un comédien qui n'était pas arabe - Michel Favory en l'occurence, qui est d'origine berbère.
Un peu gênant, quand même...
Par Sémir

Tarzan, l'image des Noirs et des Arabes...

Voici ce que j'en pense :

1/ Alexandre Dumas était plus Blanc que Noir
2/ Auguste Maquet est le vrai auteur des Trois Mousquetaires et ce n'est pas Alexandre Dumas
3/ Alexandre Dumas est au Panthéon aujourd'hui et son "nègre littéraire" est enterré anonymement au Père Lachaise...
4/ Donc le vrai scandale réside plutôt dans le fait que Maquet a été spolié

Par contre, votre sujet sur les Minstrels est très bien.

Cela me rappelle les films de Tarzan (avec Johnny Weissmuller) où on voyait "les canibales", ces "sauvages" issus de la tribu des "Zambilé".
Une scène parmi plusieurs m'est toujours restée en tête.

=> On y voyait Tarzan et Jane, des "Blancs" à moustaches fines et armés de carabines et des "Porteurs", des Noirs indigènes traversant "la barrière du Moundja" (qui est une montagne).
=> Tout à coup, un indigène transportant un lourd coli sur la tête tombe de la barrière et on entend un cri du pauvre porteur.
=> Jane se retourne vers le Chef Blanc à moustache fine et dit "qu'est ce qui s'est passé ?"
=> Réponse du Chef Blanc à fine moustache et carabine en bandouillère : "oh, mauvaise nouvelle, nous avons perdu un coli de cartouches".

Ces films passaient encore dans les années 1980 en France.
C'est plus tard que j'ai compris qu'il y avait des scènes très limites (et bien sûre c'est un euphémisme).

Ca me rappelle aussi des films américains (comme par hasard après la Guerre des 6 Jours et celle du Kippour) où un nombre innombrable de films avec des "arabes du dimanche" c'est à dire en fait des blancs grimés en Arabes.

Pour faire arabe, il faut juste avoir un teint un peu basané + une grosse moustache + surtout une serviette à carreau en guise de Keffieh.
On le voit encore dans les téléfilms suivants : les Mystères de l'Ouest ou Mission Impossible... qui passent encore sur Paris Première.

Maintenant c'est plus élaboré encore mais on voit encore l'escroquerie. Par contre, le public non averti n'y voit plus que du feu..

Je vous invite à lire Culture et Impéralisme d'Edward Saïd.

SEMIR
Par Stéphanie

Re: Tarzan, l'image des Noirs et des Arabes...

Citation:
Voici ce que j'en pense : 1/ Alexandre Dumas était plus Blanc que Noir 2/ Auguste Maquet est le vrai auteur des Trois Mousquetaires et ce n'est pas Alexandre Dumas 3/ Alexandre Dumas est au Panthéon aujourd'hui et son "nègre littéraire" est enterré anonymement au Père Lachaise... 4/ Donc le vrai scandale réside plutôt dans le fait que Maquet a été spolié


Faux ! Maquet était un collaborateur de Dumas, il s'occupait notamment de la documentation historique. Dumas réécrivait tout. Il suffit de comparer un chapitre des 3 mousquetaires écrit par Maquet, puis réécrit par Dumas. Les personnages prennent vie, c'est le style qui fait l'écrivain ! Les oeuvres personnelles de Maquet sont aujourd'hui oubliées. Cela dit, les meilleurs romans de Dumas ont été écrits en collaboration avec Maquet. Le film montre bien comme ils étaient complémentaires. La rigueur de l'un alliée au génie de l'autre...
Par Sémir

Re: Tarzan, l'image des Noirs et des Arabes...

Tout le débat est là :
=> selon moi le vrai artiste est Maquet car c'est lui qui écrit l'histoire
=> selon toi le vrai artiste est celui qui fait le style

SEMIR
Par Tatanka

Re: Tarzan, l'image des Noirs et des Arabes...

Toi t'aime pas Djoni, il n'a pas écrit une seule de ces chansons MDR :-)))

Autrement à en croire les photos de Dumas (Mousquetaire) aujourd'hui il serait classé "black" même en tenant compte de la tendance à l'européanisation des traits (un classique) dans les dessins.
[www.dumaspere.com]
Voir la couverture du livre de Bernard Fillaire
Par Tom-

Billie Holiday

Z'êtes vil Maître K. Billie Holiday me tord les tripes à chaque fois.

[www.youtube.com]
Par Gamma gt

Re: Billie Holiday

Bienvenue au club;-)
gamma
Par Varlin

À propos de la défense de Causeur par ASI

Je sais que je suis hors sujet, mais comme on ne peut commenter les "vite dit et gratuit", je ne peux m'empêcher de réagir à la défense du site Causeur par ASI. Oui, le MRAP dérape. Mais on ne peut exonérer Causeur d'être devenu le lieu de rendez-vous des bougnoulophobes et des identitaires de tout poil. À force de faire dans le "politiquement incorrect" (le concept est d'une stupidité sans nom : Le Pen est politiquement incorrect), Causeur adopte souvent des points de vue flattant tout ce qu'il y a de franchouillard, à la manière d'un Zemmour. Ce qui fait accourir ventre à terre les identitaires, les fdesouche et Cie, qui se lâchent sur les forums de Causeur.
ASI devrait analyser ça de plus près avant de voler au secours de son ancienne chroniqueuse.
Par Alex

Re: À propos de la défense de Causeur par ASI

Il en faut très peu pour vous choquer si Causeur est à classer dans le politiquement incorrect...

Et Eric Zemmour autant qu'Elisabeth Lévy sont absolument détester par les identitaires et autres lunatiques adeptes des théories du complot zonant sur F.Desouche....car voyez vous ils sont juifs.
Par Tom-

Re: À propos de la défense de Causeur par ASI

Vous avez des types qui font des appels à la guerre ethniques dans les commentaires de Causeurs. Ils sont responsables de ce qui se publie jusque dans leurs commentaires et ils laissent faire tranquillement. Alors sur jeuxvideo.com aussi, y a des commentaires racistes. Mais il se trouve que c'est pas l'objet du site. Alors que chez causeur, l'immigration maghrébine est une obsession. J'en ai rien à foutre qu'il y ait des rédacteurs juifs à causeur. Depuis quand être juif ça préserve de la connerie ?
Par Alex

Re: À propos de la défense de Causeur par ASI

Et depuis quand évoquer l'immigration et ses effets est un délit ?
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: À propos de la défense de Causeur par ASI

Depuis quand avez-vous des problèmes d'hallucinations ?
Où est-ce que Tom- a écrit que c'était un délit ?
Du reste, vu comment la France a cessé de s'emmerder avec les droits humains fondamentaux, notamment en matière d'immigration sans parler des entraves à la liberté de la presse (vive la droite dure), on est en droit de se demander si les effets de la lutte contre l'immigration à la Bessortefeux ne relève pas du délit, ou plutôt du crime organisé.
Mais selon Elizabeth Lévy, il est tellement facile de "s'indigner" pour des broutilles.
Par Gamma gt

Re: À propos de la défense de Causeur par ASI

Je ne fréquente plus causeurs, point.
gamma
Par sgd

Re: peau blanche masque noir

Armstrong, je ne suis pas noir
Je suis blanc de peau
Quand on veut chanter l'espoir
Quel manque de pot
Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau
Rien, rien, rien ne luit là-haut
Les anges... zéro
Je suis blanc de peau

Armstrong, tu te fends la poire
On voit toutes tes dents
Moi, je broie plutôt du noir
Du noir en dedans
Chante pour moi, Louis, oh oui
Chante, chante, chante, ça tient chaud
J'ai froid, oh moi
Qui suis blanc de peau

Armstrong, la vie, quelle histoire
C'est pas très marrant
Qu'on l'écrive blanc sur noir
Ou bien noir sur blanc
On voit surtout du rouge, du rouge
Sang, sang, sans trêve ni repos
Qu'on soit, ma foi
Noir ou blanc de peau

Armstrong, un jour, tôt ou tard
On n'est que des os
Est-ce que les tiens seront noirs
Ce serait rigolo
Allez Louis, alléluia
Au-delà de nos oripeaux
Noir et blanc sont ressemblants
Comme deux gouttes d'eau
Oh yeah !

Claude Nougaro
Par sgd

Re: peau noire masque blanc

Joseph Zobel - RUE CASES-NEGRES Présence Africaine écrit en 1950 Extrait p 222/223
.
Le style « Rue case –Nègres », qui caractérise tout ce qui dans ce pays est destiné au peuple ou conçu par des gens de couleur, me peine et m’indigne.
Toute entreprise dans un tel pays ne devrait-elle pas viser aussi à promouvoir le peuple !
Carmen, Jojo et moi, nous nous plaisons de même à commenter les films que nous venions de voir et jamais nos discussion n’étaient aussi passionnées que lorsque le film comprenait un personnage nègre.
Par exemple, qui a créé pour le cinéma et pour le thé^tre ce type de nègre, boy, chauffeur, valet de pied, truand, prétexte à mots d’esprit faciles toujours roulant des yeux blancs de stupeur, affichant un inextinguible sourire niais, générateur de moquerie ? Ce nègre d’un comportement grotesque sous le coup de botte au cul que lui administre fièrement le Blanc, ou lorsque ce dernier l’a eu berné avec la facilité qui s’explique par la théorie du « nègre-grand-enfant. » ?
Qui a inventé pour les nègres qu’on montre au cinéma et au théâtre ce langage que les nègres n’ont jamais su parler, et dans lequel, je suis certain, aucun nègre ne réussirait à s’exprimer ? Qui, a pour le nègre, convenu une fois pour toutes de ces costumes à carreaux qu’aucun nègre n’a jamais fabriqués ou portés de son choix ? Et ces déguisements en souliers éculés, vieil habit, chapeau melon, et parapluie troué, ne sont-ils avant tout le sordide apanage d’une partie de la Société que, dans les pays civilisés, la misère et la pauvreté font le triste bénéficiaire des rebuts de la classe supérieure ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:45 le 27/02/2010 par sgd.
Par sgd

Re:

cadeau bonux et haîtien

Choucoune d'oswal duran à écouter là .../
poème à lire par là

"Yon p'tit blanc vini rivé :
P'tit' barb' roug', bell' figur' rose ;
Montr' sous côté, bell' chivé...
- Malheur moin, li qui la cause !...
Li trouvé Choucoun' joli :
Li parlé francé, Choucoun' aimé-li...
Pitôt blié ça, cé trop grand la peine,
Choucoun' quitté moin, dé pieds-moin lan chaîne !"


explication :c'est l'histoire d'une belle jeune fille d'Haïti qui délaisse son amant haïtien (un métis) afin d'épouser un blanc (européen). Son but est de réaliser le projet social de sa famille : améliorer la race .



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:53 le 27/02/2010 par sgd.
Par marcel verplaetse

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Je me rappelle d'un documentaire que j'avait vu à la TV sur
Nat King Cole (le père de Nathalie Cole) grand pianiste et
chanteur .
A un moment la direction du tournage de certaines séquences
jugeait Nat , trop "nègre" et avait blanchi sa peau avec des crèmes
oui Alain , l'inverse de ce que vous montrez , les blanc qui se fardent
de cirage !!
C'était terrifiant de voir ce que l'on était capable de réaliser comme
astuce !
Merci Sgd pour Nougaro ! Il nous manque à tous je crois .
Par Julien D.

Et les gros picards nobles ?

J'approuve sincèrement votre chronique Maître Korkos, mais je me pose quelques questions supplémentaires. En effet, Alexandre Dumas est né, selon sa biographie, à Villers-Cotterêts en 1802. Et là, mine de rien, je me dis qu'il est avant tout Cotterézien (Eh oui, c'est comme ça qu'on appelle les habitants de la ville). Pour voir plus large, on peut éventuellement dire que Dumas père était un picard puisque la commune de Villers-Cotterêts est située dans la belle région de Picardie. Par ailleurs, sa notice biographique m'apprend qu'il descend d'un marquis désargenté ayant émigré en 1760 à Saint Domingue, et là mine de rien, je me rend compte que Dumas père avait du sang noble. C'est pas rien non plus ça.
De plus son portrait par Carjat que vous avez mis en ligne me montre assez bien qu'il était gros (le seul point positif pour Depardieu).
Donc si nous nous résumons, pour éviter toute forme de discrimination dans l'interprétation du personnage, il nous faut trouver un acteur vaguement noir, vaguement noble, un peu picard, un peu gros et qui porte bien la redingote (question de crédibilité). Aussitôt surgit la question de l'époque et je ne peux m'empêcher de penser que faire incarner un homme de lettres du XIX ème siècle par un acteur du XXI ème siècle s'apparente à une discrimination anti-vieux. Les hommes du XIX ème siècle étant malheureusement tous morts, il serait néanmoins salutaire de prendre un acteur le plus vieux possible. Un centenaire ferait idéalement l'affaire, étant plus proche dans son être de l'homme du XIX ème siècle qu'était incontestablement Dumas.
Mais l'insatisfaction demeure et je me demande finalement si la seule façon d'incarner Dumas n'est pas que chacun joue son rôle à l'écran. Cela rend malheureusement la fiction impossible. Mais, étant un peu gros moi-même, je me réjouis qu'on ait pris un acteur enveloppé pour incarner le personnage, c'est déjà ça. En tout cas, la lutte n'est pas fini, courage ! Et nous viendrons à bout des discriminations. Pour que chacun soit dans son rôle dans des catégories bien étanches : les quarterons avec les quarterons, les marquis avec les marquis, les picards avec les picards, les cotteréziens avec cotteréziens, les gros avec les gros, les vieux avec les vieux, les hommes avec les hommes, les gays avec les gays, les lesbiennes avec les lesbiennes, les parisiens avec les parisiens, les sportifs avec les sportifs, les journalistes avec les journalistes et les vendeurs de de crêpes avec les vendeurs de crêpes ( à ne pas confondre avec les vendeurs de gauffres ).

Pfff...vaste problème que soulève votre chronique en fait.
Mais, en tout cas, de très belles et très consensuelles perspectives de luttes pour les prochains millénaires...

[www.youtube.com]
Par Florence Arié

Re: Et les gros picards nobles ?

Ceci rejoint un peu l'idéal de carte où figureraient TOUS les éléments du terrain, représentés grandeur nature.
Par Julien D.

Re: Et les gros picards nobles ?

Oui et c'est une forme de discrimination très perverse. Sous couvert de défendre une identité particulière, on y enferme les êtres humains. Un exemple particulièrement frappant est l'odieuse insulte qui veut qu'un noir puisse être qualifié de Bounty si jamais il s'avise de s'intéresser à autre chose que la culture africaine.

La seule forme pertinente de lutte contre le racisme est de refuser de considérer que les gens appartiennent à des catégories statiques. C'est à eux de se définir librement et la représentation que nous pouvons en avoir est à chaque fois particulière et individuelle.

Selon moi, le présupposé psychologique de la rencontre avec autrui, c'est d'être capable de s'étonner, c'est d'aborder les êtres humains en gardant toujours une naïveté première qui est la condition sine qua non pour qu'ils puissent former librement, et pour nous, une image d'eux-mêmes. C'est d'ailleurs bien pour ça que la naïveté (pas la niaiserie, hein ? pas la niaiserie) est séduisante car elle crée une écoute, un espace de disponibilité et de liberté pour l'interlocuteur.

Tout ça n'a rien à voir avec le fait d'enfermer les gens dans des catégories raciales au prétexte de les défendre.
Mauvais combat que celui-là. Et mauvaise carte....les gens sont vivants.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:14 le 27/02/2010 par Julien D..
Par punaiz

Oui, mais non

Ce que je comprends dans la chronique n'est pas que certains ont raison de s'offusquer qu'un blanc joue un ... métis (foin de quarteron, de toutes façon le terme n'a aucune espèce de valeur ajoutée, je rejoins Byson sur ce coup là bisous byson) n'est pas tant parce qu'un choc pourrais avoir lieu sur nos écran plats 16/9ème couleur et bientôt 3D, mais bien parce que depuis de siècles les abus racistes entâches notre iconographie, et que du coup il conviendrait d'être plus attentif dans un cas qui est susceptible d'occulter les couleurs de peau que dans tous les autres cas.

Bref, il convient de combattre le racisme de façon pro-active (un peu comme les hollywodiens qui mettent toujours un copain sympathique noir accroché à un héros Blanc cas échéant).

Sans prendre parti, je pense que le forum est globalement hors sujet. Ce qui ne l'empêche pas d'être intéressant, c'est vache, paskeu du coup on est obligé de tout lire. Pff
Par Ellis

Re: Et les gros picards nobles ?

La proposition farfelue de Borges a été prise au sérieux par Umberto Eco (dans Pastiches et postiches)... Un très bon souvenir de lecture !

http://cybergeo.revues.org/index5233.html



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:14 le 27/02/2010 par Ellis.
Par asinus erectus

Re: Et les gros picards nobles ?

Citation:
En tout cas, la lutte n'est pas fini, courage ! Et nous viendrons à bout des discriminations. Pour que chacun soit dans son rôle dans des catégories bien étanches : les quarterons avec les quarterons, les marquis avec les marquis, les picards avec les picards, les cotteréziens avec cotteréziens, les gros avec les gros, les vieux avec les vieux, les hommes avec les hommes, les gays avec les gays, les lesbiennes avec les lesbiennes, les parisiens avec les parisiens, les sportifs avec les sportifs, les journalistes avec les journalistes et les vendeurs de de crêpes avec les vendeurs de crêpes


...et le CRAN avec les racistes.
Par BLG

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Outre le fait que ces professionnels de l'anti-racisme m'insupportent au plus au point et qu'ils ont besoin pour exister de continuer à polluer les médias de leur indignation artificielle (un grand merci au passage à Korkos de porter, sans modération aucune, leur parole sur @si...), il faut bien reconnaître que ce choix d'un acteur blanc occulte de fait le racisme dont a été victime Dumas dans sa carrière. On pourra sûrement rétorquer que ce n'est pas là le sujet précis du film et que cela n'aurait peut-être occupé qu'une part marginale du propos de l'œuvre si l'acteur avait été noir.

Toutefois, il me semble qu'il s'agit d'un film (mais je ne l'ai pas vu, donc je peux me tromper) dont la thèse est que Dumas n'est en fait pas l'auteur de ses plus grands chef-d'œuvres. Que n'aurait-on pas entendu de la part de ces mêmes professionnels de l'indignation communautariste à outrance si l'auteur ainsi déshonoré et discrédité, au moins partiellement, ou du moins dont on remet en question le mérite ou le talent, avait de plus été noir ?! Je n'ose l'imaginer...
Par Tiphaine

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Un autre beau portrait photographique d'Alexandre Dumas : [www.paulfrecker.com]

Dommage, les photos d'alors était seulement en noir & blanc... Tout ça me rappelle la chanson de Nougaro inspirée de "Go down moses" de Louis Armstrong.
Par Marushah

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Le problème, c'est pas de savoir si Depardieu est crédible, si on peut/doit faire jouer un noir par un blanc, un blanc par un noir, grimé, pas primé. On peut faire tout ce qu'on veux, si c'est bien fait, si ca apporte quelque chose.

Le problème, c'est que pas grand monde (pas moi, il y a peu, par exemple) sait que Dumas est (un petit peu) noir. Et faire savoir ce genre de chose, ou au moins, ne pas faire passer l'image inverse, est, disons, d'utilité publique, pour en finir avec l'image du noir, "corps étrangé" à l'"identité national", pauvre, analphabète, "grand enfant"... etc.
Par mozinor

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

merci pour cette chronique interessante - les castings de depardieu sont parfois improbables:
on la vu incarner le personnage "a la pierre richard" dans "tais toi" face a jean reno,
alors que 20 ans plus tot, c'est lui qui incarnait l'autre personnage, celui du costaud dans les comperes/les fugitifs/ la chevre .

on est a une epoque ou les producteurs attendent que l'acteur bankable signe le contrat pour ensuite reflechir a quel film ils vont bien pouvoir monter. pour ça que cette polemique sur le choix de depardieu pour l'autre dumas est un peu absurde, vu que sans depardieu , il n'y aurait surement jamais eu d'autre Dumas , et on aurait tres bien vecu sans .
Par Julot Iglésias

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation:
les castings de Depardieu sont parfois improbables:

Ce qui fit le génie de Depardieu, c'est justement qu'il est crédible dans tous les rôles. Un flic, un loubard, un paysan, un homme ordinaire, un truand, un bourgeois, un pauvre type, etc ...
C'est pratiquement un cas unique dans le cinéma français.
Par Michel Carayol

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Patrick Lozès, qui ne semble guère connaître les réalités sociales des sociétés dites "multi-ethniques", est décidément obsédé par la question des "statistiques de la couleur". Alexandre Dumas était un "quarteron" au sens que ce terme avait dans la classification raciale de Saint-Domingue au XVIIIè siècle. Les portraits que nous avons de lui ne font guère apparaître des traits fortement typés dans sa physionomie. Si son père était né esclave à Jérémie et devenu général d'Empire, son grand-père, marquis Alexandre-Antoine Davy de la Pailleterie était un authentique noble, alors que sa grand-mère, Cesette Dumas était une esclave noire ou mûlatresse. Alexandre, pourvu d'un humour qui semble manquer à Patrick Lozès, ne cherchait nullement à cacher les légères marques de son métissage comme en témoigne l'anecdote qu'il est amusant de rappeler. A un "fâcheux" comme aurait dit La Bruyère, qui dans un salon lui demandait insolemment : "Cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres?", Alexandre répondit : "Mais très certainement, mon cher monsieur; mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre (ce qui est faux, voir ci-dessus) et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, monsieur, ma famille commence là où la vôtre finit".
Par mozinor

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Que pense Patrick Lozès du choix de Will Smith pour incarner le celebre James West des mysteres de l'ouest ? ;=))
Par sleepless

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Bien vu, j'l'avais oublié, celui-là.
(faut dire que le film n'est pas terrible, non ?)
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

C'est peu dire.
Ça ma presque donné envie de revoir en boucle Howard le canard (¤<>¤).
Par sleepless

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ah oui, mais là tu touches à la quintessence du nanar, à la crême du ratage, à la substance même du navet, au parangon du n'importe quoi, à la synthèse du contre-exemple, au substrat de la bouse...
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Rhôôôh tu dis ça comme si son créateur et le producteur avaient renié ce bijou du septième art...

EDIT: la prochaine fois qu'on se tope, je te ramène Bad Taste.
Comme tu vois, j'aime les performances cinématographiques ^^




Modifié 1 fois. Dernière modification le 00:19 le 28/02/2010 par Fan de canard.
Par sleepless

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Okay, mais faut que je retrouve Toxic Avenger, alors.
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Accompagné d'une bonne Valstar doublé d'un père Julien en canette (le préféré de pow wow), ça devrait passer tout seul.
J'en salive d'avance !
Par pow wow

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ça y est, les canettes, ça le reprend!

De la Valstar verte j'espère, mmmmm c'est aussi gouleyant que la Ennequenne.
Par djinneo

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Le zèle des crif, cran, et autres associations korkosienne m'afflige.
Par Compunet

Re:

cinématographiquement parlant, (et bien que je n'ai pas vu le film je sais pas glop !!) je ne trouve rien à redire quant au choix d'un Depardieu : il ressemble à la photo de Dumas, (mais ça n'est sans doute pas l'essentiel pour le choix) ; pour un réalisateur c'est le gage que l'on parlera effectivement de son film ; mais surtout Depardieu est, selon moi, un excellentissime acteur ; des Valseuses à Tenue de soirée en passant par Cyrano, Jean de Florette, Tous les matins du monde, plus récemment Quand j'étais chanteur, etc, etc, etc.......

même dans les rôles d'Obélix, Boudu, Quentin ou Félix dans le Placard, je le trouve bon (non non pas la peine de sauter au plafond !!:))
bon ben y'a vraiment trop de films à citer !
faut dire que, boulimique ou pas, avide ou pas, Depardieu ose tout et il a raison, les plantages ont tout simplement glissé sur lui sans l'abimer !!...

tiens, et si on accordait au cinéma ce qui ne choque pas en littérature et qu'on appelle la licence poétique.... ça pourrait s'appeler par exemple la licence cinématographique ??

nb : petit clin d'œil à l'excellent Denzel Washington, cité dans la chronique, le Don Pedro, Prince d'Aragon, de Kennett Branagh dans Much ado about nothing...
Par aux abonnés absents

Autre chose

On est dimanche et il est pratiquement onze heures du matin : où est la chronique de Gilles ? Supprimée ?
Par JREM

Re: Autre chose

Publiée à 11h18. Quel scandale! Tous des "grasmatinautes" même le dimanche!
Et en plus Le droit à la paresse est devenu leur livre de chevet.
Par djinneo

Re: Autre chose

Citation:
Et en plus Le droit à la paresse est devenu leur livre de chevet.

Voire peut-être même un cadeau, en vue de quelques grasses matinées crapuleuses...
Par Francès Pérance

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Citation Azerty : Dumas était un blanc de peau, perçu comme noir de sang et raillé pour cette raison, en vertu des préjugés de son époque.Et voilà que des voix s'élèvent au nom des mêmes préjugés ?!
Je ne vois pas réellement comment vous pouvez affirmer que ceux qui s’élèvent contre le fait que les origines noires de Dumas soient passées sous silence agissent au nom de préjugés raciaux. N’est-ce pas également un préjugé que de dire que parce qu’il était blanc de peau, ses origines noires n’ont plus d’importance ? Or elles composaient également cet homme métissé et si l’on veut faire un film sur sa vie je ne vois pas pourquoi on en réfute par omission les influences.
Si nier les différences entre les individus permettait d’abolir les préjugés de quelle que nature que ce soit (raciste, sexiste, religieux, …) il y a bien longtemps que nous n’aurions plus d’histoire comme celle d’Ali Soumaré, et nous n’emploierions plus l’expression "nègre" littéraire en parlant d'Auguste Maquet.
Mais force est de constater que nous en sommes encore loin.
La polémique ne tient pas du fait que Depardieu serait incapable de jouer Dumas, mais qu’un film qui se veut un portrait de Dumas se devait de retenir le fait qu’il ait été aussi noir.
Safy Nebbou aurait pu y faire référence même en choisissant Depardieu.
Il a fait un choix, se poser des questions sur ce choix ne me semble pas illégitime.
C’est comme rater une bonne occasion de ne pas se taire et, comme le dit Lilian Thuram, "la meilleure façon de lutter contre le racisme et l’intolérance, c’est d’enrichir nos connaissances et nos imaginaires."
Ainsi, à l’instar de Suzanne Citron (historienne et auteure française) ne devrions pas exiger, à l’heure où le gouvernement a décidé que l’histoire-géographie ne serait plus étudiée en terminale scientifique, que l’enseignement de notre véritable histoire soit reconnu comme un réel outil de lutte contre les discriminations :
"Cette lecture du passé français à travers la grille d'une Gaule qui préfigurerait la “nation” est obsolète et non sans effets pervers. D'une part elle conditionne spatialement le passé autour du seul Hexagone, excluant de ce passé tout ce qui géographiquement lui est extérieur, comme les Antilles ou même la Corse. Elle confère à la durée de la présence sur le sol hexagonal présumé “gaulois” une vertu quasi-magique au nom d'une antériorité généalogique qui serait synonyme de supériorité.
D'autre part, et c'est le plus grave, l'idée d'une souche gauloise ethnicise fantasmatiquement la “véritable” nation et nie la diversité raciale et culturelle qui a constamment accompagné la création historique de la France."

« Nos ancêtres les Gaulois » : ils sont fous ces historiens ! »
Tout comme certains historiens qui, suite à l’annonce le 13 janvier Sarko d’un projet de création d’un musée d’histoire de France, suggéraient que « l’histoire de la nation » avait besoin d’un « forum » plutôt que d’un sarcophage :
"L’espace public européen s’enrichirait d’un questionnement sur les processus historiques qui ont progressivement, depuis les révolutions américaine et française, généré en Europe puis dans le monde entier la conception, la forme et la multiplication des États-nations, créant parallèlement le phénomène collectif nouveau des identités nationales et de leurs revendications. Ces dernières se sont bâties sur les mythes de « peuples » primordiaux et dans l’imaginaire de nations transcendantes, sujets de récits inventés au 19ème siècle. Ces « histoires » ont été ou sont encore à la racine des nationalismes dont la résurgence ou l’émergence bloquent la réparation du présent et donc la construction d’un avenir planétaire."
Guadeloupe, Europe : l’État-nation en débat

Citation Sleepless : Il y a encore beaucoup de chemin à faire dans les esprits, mais ça s'améliore quand même.On est au XXIe siècle, merde.
Si on est bien au 21ème siècle, je ne suis pas certaine que la situation s’améliore :
La police française pratique largement le délit de faciès
Une réputation lourde à porter
Quartiers sensibles : le poids du manque d’emplois
Et les exemples de discriminations de tous types sont encore bien trop nombreux pour qu’on ne se donne pas les moyens de lutter contre. Et pour moi, lutter contre c’est déjà les dénoncer pour démontrer par la connaissance qu’elles ne sont pas fondées
Par sleepless

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Oui, Frances, on a encore du chemin à parcourir, je ne l'ai jamais nié.
D'autant qu'il faudrait être stupide pour ne pas le reconnaître.

Quand je dis qu'on est au XXIe, c'est pour rappeler que l'apartheid existait encore en 1991...
Qu'on lynchait encore des noirs aux USA en 1968...
Qu'il y avait encore des colonies jusqu'en 1980 (la Nouvelle-Calédonie en est toujours une)...
Etc.
Par Francès Pérance

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Bien d'accord mais malgré toutes ces avancées, j'ai malheureusement l'impression qu'on ne va plus de l'avant (en France tout du moins) voire qu'on est en train de reculer...
Par sleepless

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Malheureusement aussi d'accord.
Ça ne s'arrange pas en France, c'est sûr, et c'est une volonté politique, ce qui est déprimant...
Par DanetteOchoc

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Et la Guyane Française.
Que la France ne voudra jamais lâcher, du fait de son pas de tir à Kourou...
Par sleepless

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Par DanetteOchoc

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Par djinneo

anti-racisme, théorie, pratique et violence

Citation:
Et pour moi, lutter contre c’est déjà les dénoncer pour démontrer par la connaissance qu’elles ne sont pas fondées

fortement pas convaincu: démontrer ce genre de chose revient à faire tirlipimpon sur le chihuahua, un coup en l'air, un coup en bas.
Je ne nie pas qu'il existe encore du racisme latent, mais tout le monde "sait" qu'une blanche vaut deux noire, et que des abrutis appliquent cela autre part qu'au solfège. Mais même eux "savent" qu'ils ont tort.

Faire des leçons d'anti-racisme, c'est bon pour les ados prébubères qui fomentent la révolution en fumant des pétards avec un poster du Che sous le bras, avant d'aller bouffer un Mac Do.
C'est bon aussi pour les quadra bobos parisiens qui pondent des chroniques branchées et hypes. Mais là c'est plus grave.

Ca veut dire qu'ils ont (que vous avez) besoin de compensez votre passivité par des relances de polémiques complètement stériles, des coups d'épées dans l'eau, que plus vaines que ça, tu meurs d'insignifiance.

Oh... un facho ça blablate... Y'en a même de redoutables cartésiens... Et finalement, plus ça blablate et plus ça gagne du temps. Théoriser sur le sujet, revient à rentrer dans son jeu: comme avec un avocat américain.

La bataille intellectuelle, législative est gagnée. Maintenant, les petits gars, c'est la bataille de l'exécutif, de l'application et du respect qu'il faut mener.
Ca se fait pas dans des chroniques bien pensantes et mielleuses à souhait... Non, ça se fait dans la merde du métro à 23:30, ça se fait le vendredi soir à l'usine quand le caporal chef sort les planning de la semaine prochaine, ça se fait quand Tante Germaine (si gentille) sort sa blague pourrie sur le bled, ça se fait dans la rue, avec sa bite, son couteau et ses ovaires.

Et pas avec des bons sentiments, de vagues espérances, et un idéal ou même les blancs secs auraient le sens du rythme et où il leur resterait une meuf à serrer peinard.

La fraternité est acquise depuis très très longtemps. Il faudrait juste qu'on ait tous les couilles et les ovaires de s'en faire les garants dans la réalité, au quotidien, en famille, dans le métro, au boulot... Et pas en glosant lâchement: "c'est quand même tous des cons, ces connards de racistes".

Les procédures officielles menées par les chiennes de gardes, le cran, le crif, et la défense des militaires appelés ayant le pied bot je me les carre là où un nègre n'y retrouverait pas ses petits textes.
Placide, souriant, taillé comme une bouteille perrier, j'inspire plutôt la bonhommie. Mais bûcheron, talonneur, puis manut', je peux vous dire que le dernier cheminot qui m'a tenu des propos racistes et sexistes s'en souvient: à 8:00 du mat' il tient des propos pas possible sur les femmes, il enchaîne sur les noirs... Il avait beau agiter son petit drapeau rouge, je pense qu'il a compris qu'il était pas loin de passer sous un TGV.

J'ai été viré pour ça, ironie de l'histoire. Et lui reste en place. Mais je pense qu'il s'en souvient, et il a beau faire 15 ans et 10 kilos de plus que moi, c'est pas devant moi qu'il recommencera à débiter ses conneries.

Des exemples j'en ai à foison, mais celui-là m'a valu un contrat de travail, donc il est particulièrement significatif.

Et c'est pas en signant un article dans le Dauphiné Libéré, La Nouvelle République, ou Nice Matin que je lui aurais mis des bâtons dans les roues. Par contre maintenant, il réfléchit à deux fois avant d'ouvrir sa grande gueule, et avant de traverser une voie de chemin de fer dans mon département.

Les politiques -même s'ils sont tous des menteurs- ne cessent de vous transmettre ce message subliminal (dont il n'ont d'ailleurs certainement pas conscience): c'est sur le terrain que les valeurs se défendent... et pas dans les salons bien chauffés des chroniqueurs et des internautes huppés hautains et dédaigneux... voire lâches.
Par djinneo

rendre à césar, la violence de césar

on césarise C.Estwood, mais les connards populistes bouffeurs de patates comme moi sont généralement conspués.

j'en ai d'autant (rien à battre) plus de respect et d'estime pour lui.

cela dit, sa gran torino reste une voiture de beauf à l'estime de soi bancal, dont le conducteur n'a plus aucune épaisseur sans son gun merdique ou son briquet amerlocain foireux.

homme sans feu...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:13 le 28/02/2010 par djinneo.
Par djinneo

cascadeur du verbe, ascendant fourmi lâche dans la pratique

D'aussi loin que je m'en souvienne, une vie de fourmi me convient parfaitement.

Sauveur, oui. Héros, non.

D'ailleurs il parait que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Si ça se trouve, j'ai des atomes qui ont servi à la constitution d'un dinosaure et d'une abeille. Faudrait que je vérifie la durée de vie d'un atome de carbone, et que je vérifie la traçabilité des miens...

Plus je me regarde dans la glace, et plus j'ai l'impression que j'ai une sale tête de beau gosse: même pas un nez cassé. L'arcade pétée, et la cicatrice sous le menton, ça ne compte pas vraiment. L'os du nez est un peu de travers suite à un coup de boule évité plus ou moins de justesse, mais rien de bien folichon.

Plus je me regarde dans la glace, et plus je me dis que j'ai pas encore servi à grand chose.

Apparemment, c'est pourtant pas les valeurs morales qui me manquent. Mais comment expliquer alors, si j'étais si vertueux, et si le monde est si mauvais et si violent, que je garde si bien, et depuis si longtemps, mon intégrité physique ?

Il y a la démocratie, et la réalité de la démocratie. Le jour où j'apprendrais que la Police a pris en flag' un violeur, j'arrêterais peut-être d'être anar.
En attendant, même (surtout?) torché, quand j'entends crier je sors de chez moi et je cogne aux portes et aux fenêtres pour savoir d'où ça vient.
Quitte à me prendre un sale wipe-out en apprenant que la voisine gueule comme une pute quand on la tringle (ça abrège les souffrances de son mec, on va dire ^__^)

Mais faut pas croire que les mauvais garçons soulèvent de la fonte pour faire les beaux sur la plage en août.

Faites de la pédagogie, et dressez des tours d'ivoire autour de vous, voyagez dans vos beaux imprimés norvégiens hors de prix, et que la félicité soit sur vous...

Plus sérieusement, je prie pour qu'aucun d'entre nous n'ait à mettre sa vie en jeu pour une connerie de racisme ambiant. Mais je ne suis pas sûr que nous faisions le même choix si cette connerie venait à arriver en vrai.
Je veux dire que j'imagine que les bien-pensants chanteraient certainement plus facilement Brassens "mourir pour des idées, mais de mort leneeennnnteuh, meuh meuh" en se couchant proprement par terre en attendant la cavalerie de l'Etat Providence qui nécessairement arrivera trop tard, plutôt que de ne pas penser à sa belle gueule et à rentrer dans le tas.

Sans ostracisme, c'est quand même affolant comment un péteux en rangers, dreadlocks, chien-loup, veste de l'armée RDA peut avoir une grande gueule sur une caissière d'un Ed à 19:36, et peut prendre sa grande gueule pour la fermer à 19:38 quand on le bouscule un peu.
19:55 et quelques, la Police arrive... pour s'assurer que la caissière grimpe dans sa voiture sans encombre... (en même temps, il font ce qu'ils peuvent, ce n'est pas l'objet de mon propos que de souligner leur moindre compétence relative, vis a vis des témoins directs, qui ont la fâcheuse habitude de les attendre)

Je fais pas mon JP.Pernaud, ni mon N.Sarkozy. Je fais juste mon brave dans mon petit coin paumé, oublié par les stats de la délinquance présidentielle à juste raison.

C'est l'année du Tigre: alors sortez vos plus soyeux poils et vos plus doux ronronnements (c'est le pendant anar de l'éducation et de la prévention) mais n'oubliez pas vos griffes et vos crocs vigilants. Ce n'est en rien le pendant de la politique de répression de la droite, soyez rassurés.

Même si ça se résume à dresser sa crête de coq gaulois; en face, c'est généralement guère mieux. 'suffit de gueuler.

Mais gueuler sur le terrain, aux caisses, dans le bus... Pas dans une chronique.
Par Francès Pérance

Re: anti-racisme, théorie, pratique et violence

Citation:
Ca veut dire qu'ils ont (que vous avez) besoin de compensez votre passivité par des relances de polémiques complètement stériles, des coups d'épées dans l'eau, que plus vaines que ça, tu meurs d'insignifiance

Si par passivité vous entendez que je ne casse pas la gueule à celui qui a des propos que je jugerais raciste ou sexiste, alors vous avez raison. Je hais autant la violence que tout autre forme de discrimination.
Reste à savoir si votre façon de faire avec avec votre bite, votre couteau ou vos ovaires comme vous dites à servi à autre chose que de vous faire virer sans avoir rien changer dans la tête du bonhomme en face. !!!
Par djinneo

Re:

Citation:
indifférence, négation, etc...
ben justement, la bataille sera gagnée quand on arrêtera d'en parler... et surtout d'y penser.

c'est là aussi un combat d'arrière garde, et les sarcasmes au second degré du type "le noir a la musique dans le sang" est une dénonciation contre-productive... et c'est un euphémisme.
J'aurais presque la velléité d'adjoindre à ce genre de remarques pseudo-cinglante, une certaine ombre de CG.Jung...

les z'amerlocains n'ont pas dit que des conneries, ils en ont même réalisées. et même en dessinzanimés.

quand stan, kyle et kenny ne comprennent pas pourquoi Chef pète les plombs (saison4 episode 8, code 408), c'est toute une frange des nouvelles générations qui s'y reconnaît dans ses valeurs, son anti-racisme absolument candide et naturel.
Par contre faut regarder jusqu'au bout (c'est juste 20 minutes de votre temps pour comprendre 20% de la populace, ce qui est assez rentable).

Comme dans Clerks 2, tout aussi culte, où un mec veut "réhabiliter" l'insulte "face de babouin"... (qui a une certaine résonance avec l'affaire de la caricature de Michelle Obama...)

Cela dit, A.Korkos, malgré ce zèle que je ne cesse de lui (vous) reprocher reste(z) un maître qui a certainement pris "son envol" à la suite de la chronique sur les vanités.
Je n'ai peut-être pas été assez attentif, mais il semble qu'il soit branché pas mal musique, et à part quelques digressions sur la typo de BlueNote (par rapport à un chaideuvre frencay, je crois me souvenir), je dirais qu'il enverrais du bois s'il se penchait sur des pochettes de Lp.
Celle-là (clin d'oeil aux vanités, d'ailleurs cette pochette en est-elle vraiment une?) ou d'autres...
Par djinneo

Re:

Citation:
un mec veut "réhabiliter" l'insulte "face de babouin"...

K.Smith à l'oeuvre ici-même (doublage traduction de merde -enfin c'est à débattre par J.Bernard- mais c'est toujours ça)
Par Volto Tombo

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ben merde alors, faut etre quarteron pour jouer le role d'un quarteron. Donc aussi homosexuel pour jouer un homo et juif pour un juif. Quelle belle vision du monde plein de communites, de races qui doivent pas ce melanger (ou alors on compte le nombre de quart de purete). Je me demande qui sont les plus racistes dans cette polemique!
Par mozinor

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

" homosexuel pour jouer un homo et juif pour un juif. Quelle belle vision du monde plein de communites, de races qui doivent pas ce melanger (...) Je me demande qui sont les plus racistes dans cette polemique!

+ 1 , tom hanks dans philadelphia n'est pas du tout credible: il a deux enfanfs dans la vie ;)
y en a marre de l'ingérence de cet l'antiracisme institutionnel qui nous dit quoi penser depuis 30 ans.
on est pas des bourrins bourdel ! :)
Par mozinor

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

j'ajoute qu'il y a Fort a parier que la futur sortie du "Tintin" de Spielberg nous reserve une belle polemique sur le sujet
de la part du CRAN et de patrick Lozes, et meme si elle est a la base legitime, il sera interessant d'observer
la vigueur de celle ci .



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:28 le 28/02/2010 par mozinor.
Par Nonosse

Re:

Le "Paradoxe du comédien" de Ddierot revisité à l'aune des préoccupations, crispations, revendications et paranoïas contemporaines : faut-il être quarteron pour jouer un quarteron ? Et si tu l'es pas, tu peux pas jouer le personnage de Dumas ?

Et Charles Gonzalès, qui s'attache à jouer trois femmes dans sa fabuleuse trilogie seul en scène (Thérèse d'Avila, Camille Claudel, Sarah Kane) ? Charlez Gonzalèse, avec tous ses poils, sa voix de baryton-basse, sa carrure, ses larges mains, toute sa virilité ? Il met un voile sur la tête, et cela suffit, parce qu'il est comédien : nous voyons Thérèse d'Avila.

Par ailleurs, pour moi Dumas n'est pas noir.
Il n'est pas blanc non plus.
Il n'a pas de couleur en fait.
C'est un romancier prolixe, imaginatif, qui m'a fait passer des nuits blanches quand j'avais treize ans, et que le lisais en cachette "Le Comte de Monte-Cristo". Je me l'imagine aimer la bonne chair, parler fort, rire gras. Mais aussi attentif, aux aguets, à l'écoute. Précis et débordant à la fois. Etc. Là est mon Dumas. Et pour moi, le gars du CRAN qui polémique sur la couleur de peau du comédien appelé à jouer Dumas ne vaut pas mieux que le gars qui trouverait anormal que le gars qui joue le rôle soit noir (ou métisse, ou quarteron, ou ce qu'on veut). Tout ramener à la couleur de peau commence à devenir franchement lassant. Le vrai antio-racisme, c'est le changement de paradigme, pas l'inversion du paradigme.

J'suis agacé, quoi.

Vais relire Diderot. Et Dumas.
Par djinneo

Re:

Citation:
Là est mon Dumas.

J'ai vu "Princess Bride" mais je pense que ça a peu de rapport avec les 3 Mousquetaires.

Tant que J.Bernard n'aura pas fait d'émission sur RA.Dumas, il restera insignifiant dans mon panthéon personnel. :o
Par Kessidi ?

Ouf !

Merci à Nonosse pour ce petit message si clairvoyant ! Ce forum commençait sérieusement à me déprimer...
Par denis tamarelle

Re:

d'accord:
1) il me semble avoir vu hamlet joué par un noir et même si cela surprenait il n'y a pas eu de polémique.
2) il faudrait donc trouver un acteur 75% blanc et 25 % noir pour jouer Dumas?
c'est pas exactement ça, le racisme?
3) on peut avoir conscience des horreurs de l'histoire même récente sans passer son temps à reprendre cette division noir-blanc.
4)l'analogie avec la culture raciste américaine me semble facile et dangereuse. c'est comparer des caricatures stupides dans un contexte raciste avec un film qui n'a sans aucun doute aucune arrière pensée nauséabonde.
Par aux abonnés absents

Re:

Hamlet, James West (cité plus haut, je crois), ce sont des personnages historiques ? Dates, oeuvres, biographie, svp.
Par Yanne

black-listes

Je pense que Patrick Lozès et le CRAN sont des radicaux notoires.
Quand ils expliquent comment on exclut de l'histoire de France le fait que s'y sont trouvés très tôt des blacks, ils ont entièrement raison.

Mais dénier à Depardieu le droit d'incarner Dumas parce que non quarteron, c'est largement exagéré,
Certes, l'occasion était belle d'amener ce problème sur le devant de la scène alors qu'un film sur Dumas sortait, mais je ne pense pas que ce soit pertinent. Cela peut faire une effet repoussoir et avoir exactement l'effet inverse sur l'opinion, et ne pas arranger l'image du CRAN.

C'est en tout cas l'occasion d'une belle chronique.d'Alain K.

J'avais beaucoup aimé le film Rue Case-Nègres, l'occasion de révéler la très grande cinéaste qu'est Euzhan Palcy. Son génie pour nous faire entrer dans les émotions du jeune garçon métis, c'est du très grand art cinématographique, à l'égale d'une Jane Campion. Et une grande militante de la cause noire.
Par petit - saconnex

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

très bel article sur l'oppression économique, sociale et culturelle des Noirs aux Etats-Unis . Je ne partage cependant pas votre conclusion.Gérard Depardieu ,par sa personnalité ,sa présence , incarne vraiment Dumas.On peut reprocher au film de ne pas assez insister sur les liens de Dumas avec le monde caraïbe, mais pas à Gérard Depardieu d'incarner un Dumas plein de vie .
Par Bill Hicks

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Bonjour,

je pense qu'il y a différents problèmes qui s'emmêlent, au point que certains crient au scandale sur tout et que d'autres ne refusent absolument à voir un quelconque problème.

Je pense que si tous les "types" étaient représentés au cinéma ou à la télé de façon équitable, ça ne poserait aucun problème que, par licence artistique ou point de vue, on puisse choisir Bibi, la chanteuse pour jouer le rôle du fils Sarkozy; au pire, ça ferait un mauvais film.
Mais il se trouve que le cinéma et la télévision nient trop souvent la réalité (et je ne parle pas que de couleur) pour nous embuer la tête à coup de clichés; et on est tellement pressé tout le temps qu'on en oublie de regarder le monde, le vrai pour ce qu'il est..
Et on prend la fiction pour la réalité. Les média nous bourre l'inconscient collectif de mensonges.
Donc si le cinéma ou la télé était représentatif de la société actuelle, et que noir, jaune, rouge, métis etc... étaient normalement représentés à l'échelle de la société, personne n'aurait crié au scandale pour Depardieu dans le rôle de Dumas; on aurait souri de ce choix qui, pour le coup, nous aurait apparu comme audacieux.
Là, il nous semble normal car nous sommes ignorant.
Alors, après on peut se dissimuler derrière des "Depardieu est bankable" et rationaliser la chose; mais en gros, on se sent con parce qu'on ne savait même pas que Dumas était un peu noiraud, ce qui est juste un fait, point à la ligne, et qui ne devrait même pas se discuter.

Donc, disons que le choix de Depardieu soit vraiment artistique (ahaha... je ne peux m'empêcher de pouffer), pour jouer Alexandre Dumas...
Depardieu a-t-il fait ses recherches? (Ah oui, en France, on a Depardieu, aux zétazuny ils ont De Niro, Sean Penn...)
Il se trouve qu'il joue un personnage historique dans un film qui se veut historique.
Oui, c'est vrai, le sujet n'est pas "le-racisme-qu'a-subi-Dumas-durant-sa-vie".
OK, d'accord; c'eût pourtant été une merveilleuse occasion de parler de quelque chose que 2% seulement de personnes devaient savoir... mais la production a préféré ne pas utiliser cette partie de la vie de Dumas qui aurait pour le coup fait sensation. On peut se demander pourquoi: c'est quand même assez énorme de découvrir que le père de Dumas était noir, non? Combien le savait?
Je suis métis et je l'ai appris il y a 2 ans...
Eh bien, le doute m'a repris (et il a fallu que j'aille vérifier) quand j'ai vu, non pas que c'était Depardieu qui jouait le rôle de Dumas, mais quand j'ai vu qu'on ne lui demandait même pas d'avoir les cheveux noirs, ce que Dumas avait.
Là, c'est tout simplement cacher volontairement quelque chose... mais quoi? Des choses qui pourraient faire désordre...?

Parce que j'ai trop de respect pour la transmission artistique pour croire qu'ils ont fait ce film sans aucune recherche sur leur sujet...
Donc, ils savaient TOUS que Dumas était quarteron et qu'il avait souffert de racisme.
Que ça ne soit pas le sujet, OK, d'accord; ça n'était pas une raison pour laisser Depardieu faire du Depardieu avec son personnage: Non Dumas n'était pas blond et oui, il était plus halé que Géraaaard. Alors, ben oui, Gérard, il aurait déontologiquement fallu insister pour passer tous les jours au poste maquillage un peu plus longtemps -sauf bien sûr si on avait décidé de faire une fable sur Dumas et qu'on décide d'un parti-pris, ce qui n'est pas le cas: on a choisi de se focaliser sur un aspect de sa vie (OK, c'est un choix - pour pas repousser les potentiels frontistes cinéphiles peut-être?) mais ça n'est pas une raison pour mentir et transformer; y a une différence quand même.
Quel honte y avait-il à mettre un Dumas proche de ce qu'il était, même en utilisant Depardieu?
Sinon, en quoi le fait de le mettre en blond a-t-il contribué à ajouter une tension dramatique et donc amélioré l'histoire?
En rien, au contraire... ça banalise, ça lisse: c'est tout propret, complètement aseptisé et c'est historiquement faux... ça porte un nom, ce genre de procédé, non?

Et pour couronner le tout, ce film tombe en plein relents de débat sur l'identité nationale dont on se serait bien passé

Et le mélange de ces 3 problèmes distincts ( non représentation équitable de la société dans les média qui se substituent de plus en plus à l'inconscient collectif / négation de faits simples dans un récit qui se veut historique / contrainte propagandiste de ne pas échapper au pseudo débat sur l'identité nationale ) crée un bourbier qui, en lisant plusieurs post, je l'avoue par moment m'a soulevé le coeur (ah, ben, j'suis sensible...)
Oublie-t-on qu'on peut aussi faire mal par omission, par négation des faits?
Le gamin noir ou jaune (pas représenté "normalement" ou pire "stigmatisé" dans les média) a besoin de tout ce qui lui permet d'échapper aux clichés assénés par la télé-cinépathite. Dumas, Colette (ça, je viens de l'apprendre via ce forum), ou Pouchkine avaient du sang noir et n'étaient pourtant pas footballeur ou sans papier ou mourant de malnutrition dans un recoin du monde, eh bien, pour ce gamin -qui regarde trop la télé, je vous l'accorde- ça offre des contre-perspectives, et ça dit -puisque oui, il faut encore le dire, "tu es un être humain comme les autres, la case couleur n'engendre pas toute une avalanche de prédispositions".

S'il n'est pas essentiel dans ce choix de narration de savoir que Dumas avait du sang noir, ça n'est pas une raison pour le cacher!
Vous avez choisi Depardieu, eh bien OK, mais assumez: maquillez le (très légèrement) et mettez lui une perruque noire plutôt qu'une perruque blonde! (Oui, on vous serait certainement tomber dessus quand même, mais au moins vous auriez pu vous défendre de l'accusation de nier une réalité)

Et pour une fois qu'il y avait la possibilité d'un rôle important pour un comédien dont la population sous-représentée au cinéma ou à la télé, quel gâchis!
Poelvoort semble, de l'avis de tous, surplomber Depardieu. Eh ben alors, exit Depardieu!: il y a des comédiens métis, noirs ou arabes, corpulents et truculents; c'est juste qu'on ne les voit pas à la télé, mais ils existent et ils sont bons!
Il vous faut une 2e tête d'affiche? mettez Marion Cotillard (ou Audrey Tautou) à la place de Mélanie Thierry et vous avez de la tête d'affiche et internationale en plus. Poelvoort/Cotillard, c'est bankable!


Non, il y a du manque de bollocks & du je-m'en-foutisme (c'est pas pour les 2% qui sont au courant qu'on va s'emmerder si Géraaard veut aller prendre son picon rapidos après le tournage plutôt que d'être en démaquillage) qui ne font pas honneur ni à Dumas, ni au cinéma français, (ni à l'idée sous entendue de la France, de son identité ou du public en général - mais ça, c'est pas nouveau)

PS: Cela dit, peut-être que grâce à ça, plus de gens que prévus vont savoir que Dumas avait du sang noir, ce que nous devrions tous plus ou moins savoir, (tout comme je sais que Napo était corse, petit, aux cheveux noirs) sans pour autant, évidemment, le limiter à cela.

NB: et puis, je suis content de pouvoir dire à certains de mes amis comédiens qui se trouvent être "non blanc" qu'ils pourront maintenant, soutenus par la vaste majorité des asinautes, aller postuler pour jouer des rôles historiques comme Jeanne d'Arc, Marie Antoinette, Napoléon, Zola, Verlaine, Piaf... ;-)
Dommage que les prods ne vous entendent pas...
Par Tiphaine

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Ce dernier commentaire arrive comme une excellente synthèse !
Hé oui, Colette, la grande Colette, ce fleuron de la littérature franco-françâiiiise, à l'accent fleurant bon la Bourgogne, faite star par l'école communale, laïque & républicaine (lire l'ouvrage de Michel Del Castillo : "Colette, une certaine France"), avait aussi pour aïeux maternels des esclaves Noirs Antillais.
Et elle ne l'a jamais dissimulé.
Le pire par contre, c'est que bon nombre de ses biographes ont eu le culot de vouloir la contredire, en prétendant qu'il s'agissait d'une élucubration littéraire de sa part !
Comme quoi cette volonté de gommer - qui perdure "mine de rien" avec Dumas-Depardieu - en dit long...
Par Juléjim

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

"Et pour couronner le tout, ce film tombe en plein relents de débat sur l'identité nationale dont on se serait bien passé."

Votre contribution est superbe, Bill. Et rien que pour la phrase ci-dessus, vous avez droit à une image : dans la série "Les canulars de l'Histoire"
Par jean-bernard

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

excusez mon inculture, mais j'ignorais que dumas était métis

je ne lis jamais les critiques avant qu'aille voir les films, et lorsque j'ai lu dans le monde cela m'a fait doublement honte

1-d'ignorer que dumas etait métis ou noir
2- toujours le devoir de memoire que l'on cache...........

dimanche j'écoutais sur france inter chez paula jacques La Vénus Hottentote, c’était, vous vous en souvenez sans doute, cette jeune Africaine déportée en Europe pour y être exposée nue comme un phénomène de foire callipyge. A partir d’un spectacle qui lui sera bientôt consacré, Xavier Pestuggia fait retour sur la véritable et singulière histoire de la Vénus Hottentote.

mais c'est incroyable que la france est brouillée avec son histoire..........
Par jerome bellay

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Dumas père est né à haiti pas en corrèze de mère africaine et de père normand. Le fait que son fils soit un des plus écrivains francais à son importance et le choix de depardieu le prouve. Dumas fils a subi le racisme car il n'était pas considéré comme un blanc. Je rappelle le code noir à l'initiative de la france. Ne pas aborder dans l'histoire de Dumas cet état de chose et ne pas le représenter tel qu'il était, c'est à dire mat de peau avec les cheveux crépus, prouve à quel point aujourd'hui la couleur de peau à encore son importance. Dumas s'est inspiré de son père pour ses histoires, son père mort dans la pauvreté à cause du racisme de napoléon. Compte tenu de la situation historique son origine à donc beaucoup d'importance et un pascal légitimus un patrice eboué ou un dieudonné étaient mieux placés. Tout le monde connaît Dumas fils mais à l'école ou ailleurs ses origines africaines n'ont jamais été évoquées et c'est peut être pour ça que depardieu a été choisi pour que les gens puissent continuer à s'identifier à lui. Dieudonné veut faire un film sur le code noir et pour le réaliser il ne peut compter sur la france. Dany glover fait financer son film sur Toussaint Louverture par le vénézuela alors que l'histoire de Toussaint fait partie de l'histoire de france. Depardieu jouant dumas n'est pas si anodin que ca bien au contraire.
Par aux abonnés absents

Nous ne sommes pas des animaux !

Je voudrais rappeler à certaines personnes ici qui "se foutent" de l'origine ethnique des autres, pour qui "elle est sans importance" et qui même "ne veulent pas le savoir" que nous ne sommes pas des animaux.

Leur attitude est pire que le simple racisme de celui qui dit "j'aime pas les noirs" sans même savoir pourquoi puisqu'elle consiste à nier l'importance de l'histoire de ces personnes, ici Dumas, et de leurs familles, cette histoire qui les a formés et faits d'eux ce qu'ils ou elles sont. Ça revient à leur dire en face "tu n'as aucune légitimité humaine, tu n'es qu'un animal" puisque, de toutes les créatures qui peuplent cette planète, seuls les animaux n'ont pas d'histoire. J'arrête ici, j'ai dit ce que j'avais à dire.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:45 le 02/03/2010 par misfit.
Par MonaO

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

"... de l'origine ethnique des autres, pour qui "elle est sans importance"
Ce n'est pas moi qui ai dit cela mais je me permets de confirmer l'idée générale : peu importe l'origine ethnographique des uns et des autres , pourvu que l'intelligence du coeur y soit .
L'Histoire des uns et des autres donne de beaux sujets de conversation , pour se raconter les drôles d'histoires des vivants et des morts .

Le racisme commence là où on accuse l'Autre de raciste .

Ici , il ne s'agit que de fric à se faire sur le nom de Depardieu et celui de Dumas , père , fils et grand-père !
Dumas , Alexandre , est quelqu'un avec qui j'aurais aimé m'assoir à une terrasse , pour regarder le monde passer , en rire et en pleurer .
Depardieu , non merci .
Par bysonne

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

Je voudrais rappeler à certaines personnes qu'il y a des sujets dont on ne peut par discuter sur un forum sans s'engueuler.

Misfit, vous auriez dû vous arrêtez avant. Nous nous connaissons (enfin presque) depuis un petit bout de temps, vous aimez la bagarre, je ne la goûte que très peu.

Je vais faire une dernière pirouette, je vous rappelle que je suis une bisonne, et que c'est sans doute la raison pour laquelle je ne vois pas les couleurs. Cependant les bisons ont une histoire. Et les Chats ? l'Egypte ancienne, etc....

Salutations très distinguées.
Par Gerard

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

Qualifier la position qui refuse une classification des êtres humains par la couleur de la peau comme étant une attitude pire que le racisme, il fallait le faire. En ce qui me concerne, j'ai mis un point d'honneur à élever mes enfants de façon à ce qu'ils n'attachent pas plus d'importance à la couleur de la peau qu'à celle des cheveux.
Par Nonosse

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

Vous faites quelques contresens, misfit, il me semble.

S'agit-il de nier les origines de Dumas ? Certes non, et cela serait serait du rfévisionnisme pur et simple.

S'agit-il de nier que ces origines ont une conséquence directe sur la manière que Dumas eut d'être écrivain ? Non pplus, du moins, pas par principe. Car il s'agit alors de détailler quelles furent ces conséquences. Dans quelle mesure le métisse se donne-t-il à lire dans "Les trois mousquetaires" ? "Les trois mousquetaires" est-il un roman de métisse, et pourquoi ? Non seulement, je pense que ce bouquin ne porte en rien les traces de l'histoire personnelle de Dumas - quelle "métissité" dans son écriture ? Mais surtout, on voit à quelles dérives ce genre de questionnement, que beaucoup conduisent au nom d'une revendication identitaire contre les discrminations (voir les gendre studies, par exemple) peut mener : il y a un risque d'essentialisation, à parler d'une spacificité "noire" ou "métisse" ou "féminine" de l'écriture.

S'agit-il de dire que l'on peut parler de Dumas sans évoquer ses origines ? Oui. Tout dépend de la question à laquelle on veut répondre. Je peux vous décrire mon bureau sans jamais parler du matériau dans lequel il est fait - parce que je n'évoquerai que sa forme, ou son volume, ou sa masse, ou sa disposition dans la pièce etc. Je peux aussi parler de Dumas sans jamais évoquer ses romans - mais en ne m'intéressant, par exemple, qu'à sa vie sentimentale. Ou aux abjections racistes qu'il eut à affronter.

S'agit-il de dire qu'un Blanc peut jouer un Noir ? Oui. Je le crois. Et inversement. Sauf si la couleur de peau du personnage est essentiel à ce que l'on veut dire (voir le paragraphe ci-dessus). Lozès est grotesque quand il prend l'exemple d'un comédien blanc qui seraut appelé à jouer Obama ; car ce qui fait l'"événement-Obama" doit en partie à la couleur de peau du bonhomme. Il ne l'est pas quand il parle d'un César noir : pourquoi pas ? Idem pour une Jeanne d'Arc noire. Rien de mieux pour désessentialiser les identités.
Par bysonne

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

Merci Gérard et Nonosse.
Par Bill Hicks

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

Citation:
Merci Gérard et Nonosse. by Bysonfutée


Mais "merci de quoi"?

On a l'impression que vous avez été attaqué et que vous êtes content d'avoir renfort et réconfort.
Mais en quoi le fait d'entendre que le choix de Depardieu pour interpréter Dumas a pu heurté la sensibilité de certains est-il irrecevable, in-entendable et semble vous faire du mal...?
Personne ne vous a dit que vous, lecteurs du forum qui n'avez pas vu la possible douleur que cela pouvait provoquer, étaient racistes, non...
Mais ne niez pas que cela peut faire mal à d'autres qui n'ont pas le même passé, la même vie que vous.

Oui, cela peut provoquer une douleur que certes vous ne comprenez pas (et j'ai failli dire tant mieux, ça veut dire que de ce côté-là tout va bien pour vous); mais plutôt que de réfuter, essayons de comprendre en quoi cela heurte de part et d'autre.
Car je sens bien que les réactions heurtées en premier lieu par le choix de Depardieu, heurtent à leur tour des personnes qu'à mon avis personne ne voulait heurter.
Oui, c'est plutôt Depardieu et toute la prod qu'on voudrait heurter: y m'agacent à faire semblant de ne même pas voir le problème. Oui, les comédiens et les réalisateurs, évidemment que c'est censé faire des recherches, ça fait parti de leur boulot et, en affublant Depardieu d'une perruque blonde (plutôt qu'une noire, mais pourquoi donc??? tant qu'à mettre une perruque...), ils savaient qu'ils transformaient/cachaient la réalité.
Pourquoi? Ils ne le diront jamais. Mais fort est à parier que ça n'est pas par racisme mais par manque de cojones et ça malheureusement ça n'aide pas et ça entretient un racisme latent par un sempiternel manque d'éducation.

Vous avez raison un film n'est pas là pour éduquer, mais il n'est pas là non plus pour nier -sauf s'il y a un fort point de vue qui explique tel ou tel choix artistique: dans le cas présent, aucune explication plausible: comme je le disais dans un message plus bas, une fois le choix purement "économique" de Depardieu, pourquoi ne pas assumer et lui mettre une perruque noire? pourquoi une perruque blonde????
N'insultez pas la profession toute entière en essayant de croire que ces gens-là ne font pas leur boulot et ne font aucune recherche sur leur sujet. Non: ils ont pris le risque de ne décevoir que les pov' 2% de personnes qui étaient au courant...
Je suis d'ailleurs étonné du peu de personnes qui ose avouer leur surprise quand ils apprennent que Dumas était quarteron. Si demain j'apprenais que la Comtesse de Sévigné était eurasienne, je serais étonné. Ca ne remettrait pas en compte ce que je sais déjà de cet auteur mais je serais heureuse d'en savoir plus; juste histoire d'en connaître un peu plus sur quelque chose qui fait parti de mon univers culturel. (Moi, je n'ai appris que Dumas était métis qu'il y a 2 ans, et ça m'a surpris, je me suis senti ignorantus, ignoranta, ignorantum; mais pas au point d'en faire une dépression nerveuse, mais juste étonné de mon manque de connaissance -après, j'avoue, je me suis demandé pourquoi, je ne le savais pas...)

Donc, il se trouve que Dumas était quarteron, c'est tout; y a même pas à discuter! (et stop sur "un-quarteron-ça-a-forcément-tel-et-tel-teint": les voies de la génétique sont impénétrables et les gènes récessifs -c'est comme ça qu'on les appelle- donnent des résultats différents à chaque fois, où petits enfants blonds peuvent devenir grands costauds basanés aux cheveux crépus noirs, oui, oui...)
Alors, oui, dans l'absolu, pas de problème: dans une fiction, affublez Dumas de toutes les couleurs, toutes les morphologies, toutes les époques si vous voulez, mais justifiez et/ou assumez vos choix artistiquement. C'est forcément pour dire quelque chose qu'on choisit de changer l'évidence de la réalité.
Dans le cas présent, la bankabilité de Depardieu ne l'empêchait nullement de respecter l'homme qu'il incarne et de faire tout ce qui était en son pouvoir pour se rapprocher de son personnage... mais quand on sait déjà la légèreté avec laquelle il n'apprend même pas ses textes et met des post-it partout jusque sur le front des figurants, c'est sûr que si Mr Depardieu préfere une perruque blonde à une perruque noire pour avoir moins de maquillage à mettre (ben oui, le contraste serait alors différent que sur les photos de Dumas qui elles sont en noir et blanc!) pourquoi s'emmerder, hein? En plus "personne" n'est au courant!

C'est pas raciste, c'est juste nul...

En même temps, fort content que cela ait éclaté: au moins, ça discute.

Oui, ça heurte, même des gens auxquels on ne souhaite aucun mal.
Et j'ai l'impression que c'est ça qui met certains en colère: de se sentir impuissant devant le "mal" que cela a provoqué, que vous n'avez pas vu venir et que vous ne percevez pas parce que vous n'en souffrez pas...
Vous ne savez pas quoi faire face à quelque chose que vous n'avez pas senti; mais encore une fois, ça ne veut pas dire que vous soyez des monstres insensibles mais ça ne veut pas dire non plus que ça ne fait aucun mal.
Alors c'est pas en disant "oh la la que vous êtes sensibles" qu'on arrange les choses; non: je crois que c'est en restant là, impuissant à côté de celui qui expose son malaise, en restant là, simplement présent pour l'autre, en avouant son étonnement, mais sans défiance, en écoutant et peut-être essayer de se mettre à la place de l'autre (tâche ô combien difficile s'il en est) mais certainement pas en lui tapant sur la tête et en lui disant "reprends-toi c'est n'importe quoi"...
Cette même douleur que certains ne comprennent pas, certains, essayeront de l'instrumentaliser, comme d'hab', c'est vrai... Et certains essayeront de la railler et de la nier: et ça, je trouve ça plus grave, parce qu'il y a de la douleur parfois ressentie comme honteuse derrière, alors c'est pas la peine d'en remettre une couche.

Et c'est surtout pas la peine de se prendre la tête entre gens qui semblent n'aspirer qu'à un même monde où toute cette question de couleur serait (re-)mise à sa vrai place, celle d'une caractéristique parmi tant d'autres...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:06 le 03/03/2010 par Bill Hicks.
Par bysonne

@ Bill Hicks

Bonjour Bill, en effet je me suis senti agressée par deux commentaires assez bêtement je dois dire, mais je n'ai pas particulièrement besoin de renfort ni de réconfort. J'ai répondu moi-même à ces deux aimables personnes.

pourquoi merci à Géard : parce qu'il souligne les propos outranciers de Misfit, j'aurais pû écrire + 1 Je ne sais pas s'il voulait me réconforter, je n'en ai aucune idée, la même chose pour Nonosse.

pourquoi merci à Nonosse
: parce qu'il remet le sujet dans le sujet à savoir la représentation de Dumas par Depardieu. J'aurais pû écrire + 1. J'ai dit merci également à sgd pour ses réponses à mes questions et le lien qu'elle a envoyé très intéresssant. Je dis souvent merci, trop sans doute sur un site où il de bon ton de s'écharper.

Après je ne sais si votre commentaire s'adresse à moi ou un ensemble d'autres.

Je vais répondre brièvement, d'abord sur le choix de Depardieu je n'ai pas grand chose à dire, sauf qu'en effet, il devrait être grimmé de façon plus vraissemblable par rapport à la réalité de Dumas. Ce en quoi je suis d'accord avec Korkos. Qu'on aime ou pas Depardieu, est une autre affaire. il y a des moyens de rendre crédible un acteur par rapport au rôle qu'il intérprète, c'est avant tout un acteur. J'ai en tête un téléfilm sur de Gaulle, et un autre sur Elisabeth II. C'est peut-être le choix de Gérard Depardieu qui veut être reconnu pour lui-même, je n'en sais rien, ou qui n'a pas envie de subir des heures de maquillage.

En même temps je trouve les commentaires de Sleepless très intéressants. Je vous suggère de lire les commentaires également de Nonosse de Francès Pérance sur cette page que je trouve spécialement pertinents. Pardon pour ceux que je cite pas.

Pour l'ensemble de vos commentaires sur cette page, je suis assez d'accord, sauf quand vous dites que nous ne pouvons pas ressentir la souffrance d'une personne discriminée par sa couleur de peau n'étant pas dans cette situation. Il n'est point besoin d'être dans une situation difficile pour écouter la personne qui souffre et éprouver de l'empathie pour elle.

Je n'ai absolument pas nié l'existence des races, faudrait vraiment que je sois une imbécile, je me suis expliquée de façon très désinvolte je le reconnais, tout simplement parce que j'en ai assez que l'on réduise une personne à sa couleur de peau et que sur les forums ça se termine toujours en bagarres, et que dans ces conditions, à tort sans doute ,j'utilise la dérision.

Comme le dit très bien Djinneo, le jour où il n'y aura plus besoin de parler des races, le racisme aura disparu. Mais quand ? A mon humble avis ce n'est pas pour demain ....

En fait j'aurai dû m'arrêter à mon premier commentaire, comme beaucoup d'autres ...... Mais je réponds toujours quand on me cite, sauf ce qui aurait pû m'échapper dans un forum. Le sujet des races nous l'avons tellement abordé ici, ça se passe toujours mal, en bagarres, en procès d'intention, en procès en antisémitisme. Il faut savoir que sur un forum, on est toujours plus ou moins à côté de ses pompes. Je n'ai pas usé d'arguments dautorité, j'ai écrit, très mal, un témoignagne de jeunesse, que j'avais envie de partager, échangé une plaisanterie pas très élégante avec un pote. Désolée si j'ai blessé quelqu'un. Ce n'était pas mon intention.

Sachez Bill, que j'ai des neveux métisses, j'ai des amis d'origine magrhébine, noirs, eurasiens, je comprends tout à fait ce qu'ils peuvent ressentir, sans être dans cette situation.

J'apprécie tout ce que j'ai appris sur cette page, et particulièrement votre témoignagge qui ne manque pas d'humour, et je ne dirai par merci pour :

Citation:
Bill
Et c'est surtout pas la peine de se prendre la tête entre gens qui semblent n'aspirer qu'à un même monde où toute cette question de couleur serait (re-)mise à sa vrai place, celle d'une caractéristique parmi tant d'autres..
, mais simplement : + 1 :o))
Par Bill Hicks

Re: @ Bill Hicks

Bonjour Bysonfutée,

Merci de votre réponse!

Tout d'abord, je l'avoue, j'ai rebondi sur le "merci" mais en fait ma réponse s'adressait effectivement aux forumeurs/euses en général sur ce sujet parce que, à part quelque cas très esseulés, il me semblait que les gens écharpaient leur voisin et potentiel ami au lieu de s'en prendre à ce qui fait vraiment mal et "quelque part", ça m'attriste de voir cette belle énergie se dissoudre en mauvaise cible

Alors, 2e mea culpa, j'ai dû mal m'exprimer:
Citation:
Pour l'ensemble de vos commentaires sur cette page, je suis assez d'accord, sauf quand vous dites que nous ne pouvons pas ressentir la souffrance d'une personne discriminée par sa couleur de peau n'étant pas dans cette situation.

Je crois à l'empathie, mais tout le monde n'en est pas capable, (je crois que pour les gens qui n'ont plus de rate, par exemple, c'est compliqué) de toute façon, c'est comme beaucoup de choses, ça se cultive ou pas.
Or il semble -ou en tout cas, c'est comme cela que j'ai perçu certains messages- que certains ne comprenaient pas où était le problème; or quand quelqu'un vous dit qu'il a mal, le "quel-est-le-problème?", me semble-t-il, devrait arriver en second; d'abord, on écoute et on reconnait qu'il y a dégât, même commis de façon involontaire.
Je trouve que certains messages (trop à mon goût) semblaient vouloir nier, minimiser la peine exprimée ou ridiculiser ceux qui l'avaient ressenti. Et c'est ça et ceux-là qui me dérangeaient.

Donc, entièrement d'accord avec vous:
Citation:
Il n'est point besoin d'être dans une situation difficile pour écouter la personne qui souffre et éprouver de l'empathie pour elle.
Nous sommes tous humains et nous ressentons tous les mêmes émotions: joie, peur, tristesse, languissement, colère et toute une série de variations. Et c'est ce qui fait que l'on peut comprendre autrui. On passe d'ailleurs quasiment tous par les mêmes grandes étapes: naissance, amour, trahison, amitié, perte, surprises, mort... Alors là-dedans, les religions, les préférences sexuelles, c'est comme les goûts et les couleurs, si ça nous différencie, ça n'est qu'en surface et ça ne devraient pas nous aliéner...

Merci de cette possibilité d'échange, ce fut somme toute un plaisir! :-)
Donc, au plaisir et bonne continuation!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:10 le 04/03/2010 par Bill Hicks.
Par bysonne

Re: @ Bill Hicks

Citation:
Merci de cette possibilité d'échange, ce fut somme toute un plaisir! :-)
Donc, au plaisir et bonne continuation!

La même chose :o))
Par Compunet

Re: Nous ne sommes pas des animaux !

Citation:
Je voudrais rappeler à certaines personnes ici qui "se foutent" de l'origine ethnique des autres, pour qui "elle est sans importance" et qui même "ne veulent pas le savoir" que nous ne sommes pas des animaux.

Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:45 le 02/03/2010 par misfit.



à l'ère où le combat mené contre toute forme de discrimination est particulièrement âpre, avoir à cœur de mettre sur les CV la couleur de peau de nos ancêtres ça me parait bizarroïde !!
juger les gens non pas sur leur valeur intrinsèque mais sur tout un tas d'arguments extérieurs qui feraientt office de jugements de valeurs c'est comme se préoccuper d'un Depardieu acteur, que l'on jugerait sur la couleur de la peau de ses ancêtres berrichons ou sa capacité à élever ses enfants ??
il est bon ou mauvais acteur point...
..ce qu'en l'occurrence je ne sais pas...n'ayant pas vu le film... en fait...
....bon ben je vais continuer à réfléchir à tout ça...
Par Francès Pérance

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

Quelques petits liens histoire d'alimenter ce forum déjà bien fourni !!
Le point de vue d'un sociologue :
Alexandre Dumas: «un mulâtre qui a des nègres» (1/2)
Alexandre Dumas : «un mulâtre qui a des nègres» (2/2) par Eric Fassin

Le point de vue d'un journaliste et écrivain (rassurons-nous il a vécu au 19ème siècle) :
Fabrique de Romans, Maison Alexandre Dumas et compagnie par Eugène de Mirecourt (Dumas c'est à partir de la page 6)

Le point de vue d'un écrivain, historien, philosophe et réalisateur :
"L’autre Dumas", de Safy Nebbou, avec Depardieu : un film français nul et ouvertement négrophobe par Claude Ribbe



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:21 le 02/03/2010 par Francès Pérance.
Par punaiz

Tiens, vous n'avez pas mis de lien vers BHL?

Par Paméla

Re: A propos de "nègre"

Un autre film qui aborde la situation du "nègre" en littérature, c'est celui de Roman Polanski The Ghost-writer qui sort aujourd'hui.

Le mot "Ghostwriter" est nettement plus beau en anglais (écrivain fantôme).
Par Florence Arié

Re: A propos de "nègre"

Il y a eu aussi le roman de Philip Roth, du même titre, il y a une trentaine d'années.
Par Damien (dit le Farfadet)

Races, délire et industrie culturelle

Yop. Bysonfutée voulait connaître mon avis sur la question, donc me voici.


En fait j'ai jeté un oeil au débat et c'est un peu le même problème à chaque fois : ceux qui délirent sur les races, ceux qui contre-délirent sur les mêmes races, et ceux qui rationalisent et par conséquent ne comprennent pas le délire.


L'intervention de Danette m'a plu sur un point : son copain métisse savait que Dumas était métisse, et pas elle. Et elle note que du coup elle a dû avoir la mémoire sélective. Ce point de vue est intéressant parce qu'au fond ce qu'on voit c'est surtout l'importance du problème qui n'est simplement pas le même pour tous.


Au fond, il me semble cohérent qu'un blanc dans un pays qui dégage l'image d'une majorité blanche ne comprenne pas le problème de la même manière qu'un noir vivant dans le même pays. Les justifications du délire ne se basent pas sur le même vécu, on ne témoigne pas des mêmes choses.


J'emploie le terme de délire, ce qui peut paraître étrange, j'en conviens. Ce que j'entends par là, c'est qu'à part les agressions factuelles verbales ou physiques, le racisme ne connait pas véritablement d'expansion "objective". Il existe surtout sur le plan symbolique, il est la résultante d'une structure sociale propre à des cultures qui se qualifient de blanches. La preuve en est que la question de l'esclavage produit encore le même processus alors que les noirs en France ne sont plus affiliés directement à l'esclavage (par leurs parents ou grands-parents) et que les blancs ne sont plus directement affiliés aux esclavagistes. Pour autant les uns comme les autres sont encore traversés par ces flux étranges, symboliques, qui créent cette gène qui traverse tout le forum. Le racisme, qu'il soit perçu du point de vue de l'oppresseur ou de l'oppressé, demeure en ce sens avant tout un délire. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'a aucune réalité. Ça signifie surtout qu'avant d'entrer dans un quelconque débat, il y a par avance une séparation dans les vécus mêmes.


Certes, quelle perte pourrait-il y avoir à jouer un Dumas blanc? Ça ne change rien ni à la biographie ni aux oeuvres de Dumas. Pour autant, ça change quelque chose du point de vue du délire des races, de ces flux étranges qui traversent les individus et leur apportent un équilibre dès lors transformé. Un film qui retracerait le parcours de Dumas du point de vue du racisme qu'il a enduré prendrait de ce point de vue une importance autre. Parce qu'alors c'est la culpabilité délirée du blanc qui prendrait le relai et qui viendrait hurler à la mort.

Au final, revenir au processus esthétique, c'est tenter de détacher l'oeuvre de tout ce contexte. Et pour autant, rien de tout ce qui sera dit de la sorte ne sera jamais faux. C'est un plaidoyer pour le film malgré cette tension sur la question des races. Et il est vrai que quand une pièce qui met en scène Dumas propose pour le rôle titre un acteur blanc, on n'en fait pas le même foin.


Du coup, une partie de moi se demande si ce ne serait pas l'industrie culturelle qui serait fondamentalement la cible de tout ce foutoir. Industrie qui a besoin d'employer les symboles pour faire vendre. Industrie qui donc crée des icônes et les instrumentalise. Depardieu est une icône du cinéma français, qu'on veut à tout prix comprendre comme le représentant d'une certaine culture française. Et il faut une icône pour se porter garante d'un cinéma qui instrumentalise les icônes de la littérature française. En ce sens, Depardieu légitime le film, tout en étant du point de vue du délire des races la figure peut-être la plus illégitime. Ce qui pose problème, ce n'est pas que le réalisateur soit ou non raciste. Ce qui pose problème, c'est que s'opposent deux processus : celui qui nous pousse tous autant qu'on est à délirer les races, et celui qui nous pousse tous autant qu'on est à être des consommateurs de produits culturels. La tension qui est en jeu, finalement, ce n'est jamais que celle-là, me semble-t-il.
Par Bill Hicks

Re: Races, délire et industrie culturelle

J'adore ce lapsus... "qui créent cette gène qui traverse tout le forum" ;-)
Par Damien (dit le Farfadet)

Re: Races, délire et industrie culturelle

Fichtre, en effet. Honte à moi, je pensais que la gêne s'écrivait avec un accent grave. Qui lui-même porte bien son nom pour ce coup ^^
Par ceci n'est pas un pseudo

Re: Avant Depardieu-Dumas, les minstrels, ces autres blancs noircis

je viens de voir Black dynamite, excellente parodie de la Blaxploitation qui fut l'opposé des minstrels tout en restant dans les clichés racistes.

je le recommande chaleureusement

toutenbateau
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