Chez Alain

Alain Korkos a animé pendant plusieurs années le blog "La boîte à images". Sa manie irrépressible : explorer les résonances, dans le fonds imaginaire que partagent beaucoup d'entre nous, des images d'aujourd'hui. Rythme de la chronique : chaque samedi. Sa chronique reprendra le 7 février 2017.

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La mort d'Emmett Till : autres temps, autres moeurs

Le 24 août 1955, une femme blanche nommée Carolyn Bryant accusa Emmett Till, un adolescent noir de quatorze ans originaire de Chicago en vacances dans l'État du Mississippi, de l'avoir sifflée et draguée dans l'épicerie où elle travaillait. Trois jours plus tard, le mari de la femme et son demi-frère frappèrent sauvagement le garçon au visage, l'abattirent d'un coup de pistolet dans la tête et jetèrent son corps dans la Tallahatchie River.



Les deux hommes, rapidement arrêtés, furent acquittés le 23 septembre de la même année par un jury composé de douze hommes uniformément blancs. Le 24 janvier de l'année suivante, ils accordèrent contre rétribution une entrevue au magazine Look où ils déclarèrent en toute impunité (puisqu'aux États-Unis on ne peut être jugé deux fois pour le même crime) qu'ils avaient bel et bien roué de coups et abattu le jeune Emmett Till. Et comme on n'est jamais au bout de l'horreur, précisons qu'en 2007, Carolyn Bryant avoua à l'historien Timothy Tyson que le jeune garçon ne lui avait en vérité fait aucune avance.  

Ce meurtre éminemment raciste, qui se déroula dans les premiers temps des combats des Noirs pour les droits civiques, encouragea nombre de jeunes gens à rejoindre la lutte ; on évoqua plus tard une Emmett Till Generation. Il refait surface aujourd'hui, au Whitney Museum de New York.

Ledit musée accueille en effet, au sein de sa Biennale (du 17 mars au 11 juin prochain), une oeuvre de Dana Schutz intitulée Open Casket, Cercueil ouvert, nous montrant le visage atrocement mutilé d'Emmett Till.


Revenons à ce terrible mois d'août 1955 : le shérif de Tallahatchie voulut que le corps du jeune garçon fût immédiatement enterré. Sa mère s'y opposa, exigea son rapatriement dans sa ville natale. Le shérif finit par céder, à la condition que le cercueil fût scellé. La mère accepta puis, une fois arrivée à Chicago, elle le rouvrit et convoqua la presse. « Let the people see what I have...

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