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PMU Sevran : "on a été les premières choquées" (brigade des mères)

Par le - 15h56 - vu

La contre-enquête du Bondy Blog n'a toujours pas fait son chemin dans les esprits. Lundi soir, l'émission d'Arte 28 Minutes évoquait cette enquête qui démentait le reportage du JT de France 2 selon lequel les femmes étaient interdites dans un café à Sevran. En plateau, l'une des deux auteures de la caméra cachée pour la chaîne publique, Nadia Remadna, n'a pas voulu en entendre parler. Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron évoquait également à demi-mots le fameux bar PMU.

Et revoilà, encore, le PMU de Sevran. Lundi soir, Elisabeth Quin recevait dans son émission 28 Minutes (Arte) Nadia Remadna, fondatrice de l'association la "Brigade des Mères" pour parler "radicalisation". Remadna est l'une des deux femmes parties filmer en caméra cachée un bar PMU de Sevran dans lequel, affirmait le 7 décembre dernier un reportage au JT de 20 heures de France 2, les femmes étaient interdites. Un reportage depuis contredit par une contre-enquête au long cours du Bondy Blog, qui explique que ce bar a "une clientèle féminine et fidèle, dont certaines viennent tous les jours".

C'est pour évoquer ce reportage, et la contre-enquête, que Remadna était invitée. "Nadia Remadna, vous nommez les choses, vous avez dénoncé régulièrement la non-mixité dans les banlieues comme une manifestation de l'intégrisme dans certains quartiers en France", lance la chroniqueuse Nadia Daam. Et de revenir sur le reportage de France 2, qui "a marqué les esprits". La journaliste précise ensuite que la contre-enquête du Bondy Blog a tout de même "un peu démonté" la caméra cachée des deux membres de l'association. Face à la chroniqueuse, la fondatrice de la "Brigade des Mères" a l'air moins que convaincue : "Le Bondy Blog, franchement, c'est le Bondy Blog", lâche-t-elle. Une réponse peu claire, qui pourrait, peut-être, faire référence à la polémique déclenchée par les tweets à caractère antisémite et homophobe d'un ancien chroniqueur du Bondy Blog, Mehdi Meklat. Le site, comme vous le racontait @si dans son enquête, s'était rapidement désolidarisé de Meklat dans un communiqué:

nouveau media

Outre la contre-enquête citée, et que Remadna écarte rapidement, la fondatrice de l'association se défend d'avoir voulu s'en prendre à l'islam: "On n'a pas été faire une caméra cachée pour voir s'il y avait des musulmans ou pas. Nous, c'était pour la place des femmes", affirme-t-elle Et d'ajouter: "On a été les premières choquées à avoir été virées de ce café". Rien à voir avec la religion ? Dans le reportage diffusé par France 2, la militante de l'association Aziza Sayah, qui accompagnait Remadna, déclarait pourtant, après le passage en caméra cachée : "Pour moi l'islam, c'est comme le code pénal maintenant. [Il dit] faut pas faire ça, ça c'est interdit. Tout est interdit, alors qu'on est en France quand même". La voix off l'assurait : pour les militantes, l'effacement des femmes dans l'espace public était "aussi un problème de religion".

Ce n'est pas seulement sur Arte que le Bondy Blog peine à s'imposer. Lundi soir, au cours du débat sur TF1 qui a opposé cinq des onze candidats à la présidentielle, Emmanuel Macron est revenu sur sa conception de la laïcité. Le candidat d' "En Marche" a ainsi notamment déclaré: "A aucun moment, les lois de la religion, dans l'espace public, ne peuvent prévaloir sur les lois de la République. Et de la même façon que cette laïcité protège celui qui croit, elle protège par exemple une femme qui s'installe à une terrasse de restaurant lorsqu'un tel ou un tel, au nom de sa religion, voudrait l'en éloigner." Bien qu'il n'ait pas été cité nommément, la phrase fait clairement référence au bar PMU de Sevran. La contre-enquête du Bondy Blog, elle, n'a pas été citée.

L'occasion de compter le silence de Pujadas depuis la contre-enquête du Bondy-Blog.


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