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Fillon, Lacharrière : échanges de bons procédés (Le Monde)

Par le - 16h29 - suivi

Retour de flammes pour la Revue des deux Mondes ? Pris dans la nasse du Penelope Gate, l’antique revue qui a grassement rémunéré l'épouse de François Fillon pour un emploi dont la réalité semble se dérober, a bien tenté d'ouvrir un contre-feu médiatique, comme nous l'expliqions hier. Ainsi, dans son numéro d’avril, en kiosque mardi, la directrice de la revue Valérie Toranian et son compagnon, l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert se sont fendus de deux tribunes incendiaires. Objectif : dénoncer les "calomnies" du Monde et de ces récents articles (ici et ici) sur "la tourmente" que traverse la Revue des deux Mondes aux prises avec les soupçons d’emploi fictif de Penelope Fillon.

Mais si le tandem Toranian-Giesbert n’a pas apprécié que Le Monde s’interroge sur l’indépendance politique et le virage à droite pris par la revue depuis leur reprise en main, les snipers Toranian-Giesbert ne devraient pas davantage goûter l’enquête que Le Monde consacre ce mercredi au patron de la Revue des deux Mondes, l’ami de Fillon et milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière.


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Ce long article se penche sur cette "figure incontournable du capitalisme français", propriétaire depuis 1991 de la revue, PDG de la holding Fimalac et proche de François Fillon. Une relation amicale tissée d'échanges de bons procédés. Comme le Canard enchaîné l’indiquait déjà le 8 mars, Lacharrière a en effet prêté à son ami Fillon quelque 50 000 euros en 2013, sans exiger d’intérêts. "Une somme remboursée depuis, a indiqué son avocat. Le bienfaiteur avait aussi mis à la disposition de l’élu son jet privé", souligne Le Monde qui rappelle par ailleurs que la holding de Lacharrière s’était également adjoint les services de la société de conseil personnelle de Fillon, F2C.

Dans cet article intitulé "Marc Ladreit de Lacharrière, l'ami public n°1", Le Monde revient longuement sur le parcours du patron de la Revue, ses années passées aux conseils d’administration des plus grands groupes (Renault, L’Oréal), son rôle d’"homme de confiance" de la famille Bettencourt, la constitution de son empire Fimalac, mais aussi sur son acquisition de l’agence de notation Fitch puis de la société d'enquêtes d'opinion, Sofres. Autant de leviers d’influence. "Jamais un dirigeant du privé n’a autant excellé dans l’art de réseauter", explique Le Monde.

L'ami adoubé par fillon

Concernant les liens entre Fillon et Lacharrière justement, Le Monde rappelle - comme il l’avait déjà révélé le 6 février - que les enquêteurs s'interrogent aussi sur l'élévation en 2010 de Ladreit de Lacharrière au grade de grand-croix de la Légion d'honneur. La règle veut que ce soit le Premier ministre qui défende auprès du président de la République le nom des heureux promus. "C’est donc, comme la règle l’exige, sur le «rapport» de François Fillon que Nicolas Sarkozy a signé le décret du 31 décembre 2010, qui distingue Marc Ladreit de Lacharrière", raconte Le Monde qui s’étonne cependant : "s’il est une chose qui intrigue, c’est la rapidité avec laquelle le chef d’entreprise a gravi les marches de l’ordre : il s’est élevé de chevalier à grand-croix en vingt-quatre ans."

Pour comparaison, Le Monde rappelle que rares sont ceux qui ont reçu si vite tant d'honneurs. Exemple : L’ancien "patron des patrons", Yvon Gattaz, aura dû patienter trente-huit ans. Quant à la résistante et déportée Geneviève de Gaulle-Anthonioz ? Elle a attendu cinq décennies avant de devenir première femme grand-croix en 1997. De plus, explique Le Monde, "François Fillon aura adoubé son futur client [Ladreit de Lacharrière] deux fois, en le faisant officier en 1994, alors qu’il était ministre de l’enseignement supérieur du gouvernement Balladur, puis grand-croix en 2010". Une distinction que Fillon lui remettra d’ailleurs lui-même par délégation du président de la République cette année-là, "ce qui est autorisé, mais plutôt rare", notent les journalistes. "Que de changements dans sa vie depuis le 25 janvier [date des premières révélations du Canard]… Désormais, certains patrons du CAC40, qui enviaient son succès et jalousaient son entregent, ricanent", rapporte Le Monde qui ajoute : "Peut-être l’homme, trente-deuxième fortune de France avec 2,25 milliards d’euros de patrimoine, selon le classement 2016 de Challenges, a-t-il clamé trop haut et trop fort, et depuis toujours, qu’il ne devait rien à personne?"

L'occasion de lire notre article : "Revue des deux Mondes contre Le Monde : massacre dans la presse"


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