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"En marche" : plutôt à droite le nouveau mouvement de Macron (Mediapart)

Par le - 17h48 - vu

"Ni à droite, ni à gauche", le nouveau mouvement lancé par Emmanuel Macron mercredi 6 avril à Amiens ? Mediapart a mis à mal le storytelling du ministre de l'Economie en révélant que l'adresse légale de son association baptisée "En Marche" était le domicile privé du directeur de l'un des principaux clubs patronaux.

C'était "l'info" politique du mercredi 6 avril. En déplacement à Amiens, le ministre de l'économie Emmanuel Macron a annoncé la création d'un nouveau mouvement politique baptisé "En marche". Se défendant de vouloir se présenter en 2017, Macron a espéré, mercredi, parvenir à "construire quelque chose d'autre", à "essayer d'avancer face aux blocages de la société". Tout en précisant que ce mouvement était "ouvert", "pas à droite, pas à gauche." Pour illustrer ses propos, un nouveau site internet et un clip d'une minute et quarante secondes pour "en finir avec l'immobilisme", ce "mal français".

Un ministre d'un gouvernement socialiste qui lance un mouvement, ni de gauche, ni de droite. La formule avait toutes les chances de plaire aux medias français. Et ça n'a pas loupé : la petite phrase de Macron a été reprise dans les JTs de 20h de TF1, et France 2, avant de tourner en boucle sur BFM TV et iTélé.

Sauf que voilà : il semblerait que "En Marche" penche plutôt à droite. La preuve ? L'association a bénéficié de l'appui logistique de l'un des clubs patronaux les plus influents, l'Institut Montaigne, fondé en 2000 par Claude Bébéar, créateur du groupe international français spécialisé dans l'assurance, Axa.

Comment Mediapart a-t-il soulevé le loup ? En se rendant tout simplement sur la page "Mentions légales" du site internet que le ministre de l'économie a ouvert pour l'occasion. On y découvrait que "le directeur de publication" du site internet n'est autre que Véronique Bolhuis, compagne de Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne. Mieux : l'association a pour domiciliation l'adresse du domicile privé de Bolhuis et Bigorgne.

Autant d'informations que les équipes de Macron n'avaient visiblement pas prévu de rendre publiques. "Quelques instants après la mise en ligne de notre article – pas plus de cinq minutes –, le site Internet d'Emmanuel Macron a, certes, modifié le texte figurant dans les mentions légales : le nom de Véronique Bolhuis a disparu comme l'adresse précise", souligne le co-fondateur de Mediapart Laurent Mauduit, captures d'écran à l'appui.

On comprend mieux pourquoi le président du Medef, Pierre Gattaz, a si chaleureusement accueilli, ce matin sur France Inter, la création de ce nouveau mouvement, jugeant "rafraîchissante" la proposition du ministre de l'économie.


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