Notre ressource unique : VOS ABONNEMENTS

Vite-Dit

Les "vite dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Jeux vidéo : la (fausse) mort de "l'un des plus gros trolls du XXIe siècle"

Par le - 16h13 - lu

C'était l'un les plus gros trolls du siècle, de ceux qui passent leur à vie à polluer le web. Et puis, en avril 2015, il a simulé son suicide, provoquant le désarroi de toute une communauté de joueurs du jeu Epic Mafia, qui reprend le principe du jeu de société Les Loups Garous de Thiercelieux. The Guardian a rencontré et retracé le parcours de ce troll professionnel, qui n'aurait jamais imaginé faire tant de peine "à des gens qu'il n'avait jamais rencontrés".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

The Guardian, 28/01/2016

Le 25 avril 2015, Eris s'est suicidé. Ou tout du moins, il a tenté de le faire croire. Comment ? En publiant une lettre de suicide sur Tumblr, et en créant un site d'information entièrement faux, supprimé depuis, où apparaissait sa nécrologie et une très courte biographie du défunt.

Qui est Eris, 32 ans, développeur informatique ? Personne, ou presque. En revanche, dans la petite communauté de joueurs du jeu en ligne Epic Mafia, où le but est de deviner le rôle des autres joueurs (villageois ou mafieux ?) c'est une star. "Le plus grand troll du XXIe siècle" même, selon les témoignages de quelques joueurs recueillis par un journaliste du Guardian, qui s'est (longuement) penché sur son cas dans un article intitulé : "La mort d'un troll".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Capture d'écran du jeu Epic Mafia

Quel genre de troll était Eris ? Le genre à aimer poster des liens, a priori innocents, menant en fait vers une photo d'une poupée My Little Pony recouverte de liquide séminal. Sur le forum du jeu, il avait répondu à un joueur afro-américain en postant une photo de King Kong. Il n'hésitait pas, non plus, à pirater les comptes d'autres joueurs, pour mettre en ligne quelques unes de leurs informations confidentielles - leur poids, leur âge, et parfois même des photos de leurs appartements.

Fin 2014, Eris est viré de ce "Loup Garou" en ligne, accusé d'avoir bloqué l'ensemble de ses modérateurs, le temps d'une journée. Six mois plus tard, Eris fait semblant de se suicider et tous les joueurs d'Epic Mafia tombent dans le panneau. "Pendant quatre ans et demi, tu as été comme un père pour moi", "Tu as été comme le grand frère que je n'ai jamais eu" : les hommages se multiplient sur le forum, où chaque jour plusieurs milliers de personnes se réunissent. Même les joueurs qui détestaient Eris y vont de leur petit message : "Je ne t'aimais pas, mais personne ne mérite ça. T'étais un putain de mec intelligent, grossier, souvent déplacé mais toujours très marrant. T'étais l'un des plus grands trolls du XXIe siècle", écrit SirAmelio. "Est-ce qu'on pourrait démarrer une sorte de collecte de fonds en son honneur ?" propose même wakemeupxo, le lendemain de l'annonce de sa mort. Le créateur du site, Lucid, en est alors persuadé : Eris s'est suicidé parce qu'il ne pouvait plus jouer. Mais une semaine plus tard, il avoue la supercherie.

Le troll qui ne voulait pas se faire troller

Interrogé par The Guardian, Eris, bien vivant, n'aurait jamais imaginé que sa mort aurait autant d'impact "sur des gens que je n'ai jamais rencontrés." Pourquoi avoir passé deux jours à créer un faux site d'information et mis ainsi en scène son propre suicide ? Pour éviter que le troll se fasse troller à son tour. Au quotidien britannique, Eris raconte que les modérateurs d'Epic Mafia l'avaient menacé de publier ses informations sur le net, afin de l'empêcher de revenir. Eris a donc pris les devants et simulé sa propre mort, pour qu'on le laisse tranquille. Qui oserait, en effet, révéler les informations personnelles d'un mort ?

Après avoir posté sa nécrologie, Eric a déconnecté son téléphone et regardé son plan se dérouler. Ensuite, il est retourné jouer à Epic Mafia. Sous un nouveau nom.


Abonnez-vous !
|

Derniers articles du dossier : Jeux vidéo : entre deux presses

nouveau media

Mélenchon fait les poches de Macron et Fillon dans un jeu vidéo

Aux sources de "Fiscal Kombat"

enquête publié(e) le 10/04/2017 par Robin Andraca

Une envie soudaine de secouer Emmanuel Macron, Pierre Gattaz, François Fillon ou Patrick Balkany ? C'est ce que ce propose un jeu vidéo en ligne lancé le 7 avril, mettant en scène Jean-Luc Mélenchon faisant les poches de plusieurs "oligarques" pour financer son programme. Un jeu conçu par une ...

couvPokemon

"Il y a une dimension transgressive dans Pokémon GO"

Véritable phénomène ou création médiatique ? Le débat

arrêt sur images, émission publié(e) le 16/09/2016 par la rédaction

C'est la deuxième panique de l'été, après la polémique sur le burkini. Il paraît que des milliers de jeunes envahissent l'espace public pour... jouer. Pour chasser des petites bêtes virtuelles de toutes catégories. Le jeu Pokémon Go est-il le dernier piège virtuel dans lequel est tombée ...

nouveau media

Twitch déclare la guerre aux spectateurs "robots"

Faux spectateurs, faux abonnés, fausses discussions...

suivi publié(e) le 21/06/2016 par Vincent Coquaz

Des robots fans de jeu vidéo ? On connaissait déjà Twitch, la plateforme qui permet de regarder et diffuser des parties de jeu vidéo en direct ou enregistrées (devenue en quelques années un véritable géant d’internet), mais on découvre aujourd’hui… ses robots. Malgré leur ...

Tous les contenus de ce dossier >