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Le Monde : un journaliste écouté par la justice

Par le - 15h34 - lu

Espionner les journalistes du Monde est un sport que la justice affectionne manifestement. Une nouvelle incartade est révélé par le quotidien. Cette fois, la Justice ne s'est pas contentée d'éplucher les "fadettes" de journalistes, mais a écouté pendant un mois les conversations d'un journaliste, Gérard Davet. Le quotidien envisage de porter plainte.

Après l'affaire Bettencourt, c'est celle du «gang des barbares» qui a poussé la justice à malmener le secret des sources. Me Catherine Cohen, avocate du journal, a découvert des écoutes sur le journaliste Gérard Davet. C'est en consultant le dossier de son client avant son audition du 4 juillet dernier comme témoin assisté de l'affaire Halimi qu'elle a découvert le pot aux roses. Pour Le Monde, qui publie un édito sur le sujet cet après-midi, c'est clair, "un degré supplémentaire a cette fois été franchi dans les modalités de surveillance".

A l'origine, un papier signé Gérard Davet et Piotr Smolar, publié le 21 mars 2006 et intitulé "Meutre d'Ilan Halimi: le récit des géôliers". L'article exposait des passages entier de l'audition de Youssouf Fofana et de ses complices dans l'assassinat de Halimi devant la "crim".

Dans un papier publié sur le site du journal, Franck Johannès rappelle: "L'un des gardés à vue, Samir Aït Abdelmalek, le bras droit de Youssouf Fofana, a porté plainte avec constitution de partie civile le 10 avril 2006, en estimant qu'"eu égard à la précision des propos rapportés par les journalistes, ceux-ci avaient nécessairement eu communication en violation du secret de l'enquête et de l'instruction de procès-verbaux issus de l'enquête".

Cinq mois plus tard, la juge Michèle Ganascia a repris la plainte et s'est empressée de charger l'Inspection générale des services (IGS) de "procéder à toutes auditions, perquisitions, réquisitions et saisies utiles".

libé espionnages

Du coup, les factures téléphoniques entre le 15 février et le 25 mars 2006 des deux journalistes du Monde sont épluchées. Résultat: Davet a passé une multitude de coups de fils à Me Balan, avocat de l'une des jeunes femmes du gang des barbares. Lorsque la juge Ganascia convoque Balan en mars 2009, il nie en bloc avoir dévoilé des pièces au journaliste du Monde.

L'enquête aurait donc pu en rester là. Sauf que, raconte Le Monde, la juge a décidé de faire écouter toutes les conversations, professionnelles ou privées de Davet par un offcier de l'IGS, Patrick Nieto.

De son côté, Davet a bien reconnu avoir eu accès à la procédure mais assure n'avoir pas eu de copie. Indépendamment de l'enquête, c'est surtout la remise en cause du secret des sources journalistiques que déplorent les deux avocates de Davet et du Monde. Le journal souligne que la justice a encore bafoué "la garantie essentielle d'une information indépendante, dont le principe a été constamment rappelé par la Cour européenne des droits de l'homme". Elles devraient donc déposer une demande de nullité de la procédure, avant de porter plainte.


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Ce n'est pas la première fois que les appels de Davet sont observés par la justice. Déjà dans le cadre des "fadettes" liées à l'affaire Bettencourt début 2012, il a fait partie avec Fabrice Lhomme (ex-Mediapart et actuel Le Monde) et Fabrice Arfi (Mediapart) des journalistes espionnés par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Suite à quoi Christiane Taubira a fait adopter un projet de loi pour renforcer la protection du secret des sources en France. Ce n'est, semble-t-il, pas encore gagné.

Dans un autre article, Le Monde rappelle que la juge Ganascia est citée à comparaître devant le conseil supérieur de la magistrature dans une affaire d'enquête irrégulière.

Par David de Araujo


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