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Dette grecque : la presse française oublie l'Allemagne

Par le - 06h38 - lu

La Grèce bientôt en faillite ? Ses créanciers (FMI, BCE, pays de la zone euro) ne sont pas d'accord pour débloquer une nouvelle tranche d'aide de 31 milliards d'euros, promise depuis juin. Pourquoi l'Europe ne parvient-elle pas à s'entendre sur les suites à donner au plan de sauvetage ? Dans l'imbroglio des désaccords, un "détail" est oublié par la presse française... la bataille pour les législatives allemandes prévues en septembre 2013 vient de s'ouvrir.

"Le soutien est dû à la Grèce", a déclaré hier François Hollande lors de sa conférence de presse à l'Elysée. "La Grèce ne peut pas faire davantage que ce qui lui était exigé", a ajouté le chef de l'Etat. Mais, à l'issue de la réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe lundi, Athènes attend toujours. Où sont les blocages ? La presse française ne les identifie pas clairement.

Les données chiffrées du problème sont connues. Athènes demande deux ans supplémentaires afin de ramener son déficit à 3 % du PIB. Mais plus de temps veut dire plus d'argent. Qui va payer ce surcoût, estimé à 32,6 milliards d'euros, selonLe Figaro.fr? Les articles se contentent le plus souvent de faire la liste des divisions, sans en expliquer les raisons.

Le Monde pointe des divisions entre le FMI (Fonds monétaire international) et les pays membres de la zone euro. "Les Européens et le FMI divergent sur la meilleure façon de financer ce surcoût, afin de réduire l'endettement du pays sur les dix prochaines années. Ni les uns, ni les autres ne souhaitent remettre au pot", explique le quotidien.

Dans son papier, Le Monde souligne le désaccord entre les pays européens et le FMIpicto

Grèce le monde

Pour la patronne du FMI, Christine Lagarde, la meilleure façon de réduire l'endettement est de "restructurer la dette détenue par les créanciers publics du pays – les Etats de la zone euro et la BCE, qui continuent de refuser cette perspective", explique le quotidien. SelonLa Tribune, dans ce scénario visant le public, c'est la BCE qui se retrouve en prémière ligne : "les regards se tournent vers Mario Draghi, le président de la BCE, qui détient environ 50 milliards d'euros d'obligations grecques... mais ne veut pas entendre parler d'un « hair cut »". Par "hair cut", entendre, en langage financier, "restructuration". Un mot qui signifie, pour les créanciers, s'asseoir sur une partie de leurs créances.

Les pays de la zone euro, qui détiennent de la dette grecque, traînent des pieds aussi devant une une telle perspective. "Une solution (...) serait pour les seize compagnons de galère de la Grèce de renoncer à leurs gains sur ces créances", avance La Tribune. Mais à l'issue de la réunion de lundi, il n'en a pas été question. La décision d'accorder une aide à la Grèce a été reportée au 20 novembre, date d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe. Bref, selon la presse française, les plans de la fameuse troïka (BCE, FMI, Commission européenne) n'ont pas réussi à enrayer les déficits et personne n'est prêt à faire des efforts supplémentaires.

L'allemagne entre en période électorale

Pourquoi ces réticences ? Le puits sans fonds de la dette n'explique pas tout. En lisant entre les lignes, on devine que les pays européens eux-mêmes ne sont pas d'accord entre eux. Le Figaro mentionne des divisions "entre les dix-sept capitales de l'euro". Dans le papier du Monde, on apprend qu' "au grand dam des Grecs, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, réclame la mise en place d'un compte séquestre pour gérer les finances du pays". On savait Berlin rigoureux, voire rigide sur les déficits. Et si cette attitude plutôt constante était aussi conjoncturelle ?

En Allemagne justement, la campagne pour les législatives vient juste de s'ouvrir. Ce n'est pas un journal français qui évoque le sujet mais le quotidien berlinois Taz, cité par le site Eurotopics. "Depuis le mois d'octobre déjà, Schäuble sait que le prix du sauvetage de la Grèce coûtera encore plus cher. La directrice du FMI, Christine Lagarde, l'en a même informé par écrit: la dette s'accroît de manière vertigineuse malgré, ou plutôt à cause de la politique d'austérité ; il est impossible de sauver la Grèce sans nouvelles décotes de la dette ou aides supplémentaires de plusieurs milliards. Mais Schäuble et sa chancelière préfèrent jouer la montre au début de la campagne électorale des législatives. Cette tactique menace le sauvetage de la Grèce et la crédibilité de l'Allemagne et de la zone euro tout entière. Merkel et Schäuble doivent enfin admettre que leur politique vis-à-vis de la Grèce a échoué et que la facture est salée", analyse le quotidien. En période de campagne électorale, il ne fait pas bon mettre à contribution le porte-monnaie de ses électeurs.

Lire aussi la chronique de Daniel Schneidermann: Allemagne, l'innommée perpétuelle


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