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Espionnage : Mediapart pointe Guéant

Par le - 20h25 - suivi

Journalistes contre Sarkozy, suites et confirmation. Sur RTL, le directeur du Canard enchaîné, Claude Angeli, a maintenu ses accusations, assurant que le chef de l'Etat supervise personnellement l'espionnage des journalistes qui enquêtent sur lui. Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, a pour sa part mis en cause dans un article Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, et indiqué que selon des sources concordantes plusieurs membres de sa rédaction étaient surveillés de très près par les services de l'Etat.

 "Ecoutez, l'Elysée peut dire ce qu'il veut, les sources du Canard sont bonnes et on ne se lance pas avec un titre comme ça sans biscuit", a déclaré Angeli.  


"Il est normal que Nicolas Sarkozy soit en colère, il est normal qu'il ait envie de savoir, mais de là à mettre le contre-espionnage pour connaître les responsables des rumeurs visant son couple ou pour rechercher qui s'intéresse un peu trop aux rétro-commissions du Pakistan, à l'affaire Woerth-Bettencourt
."


Sur les deux derniers dossiers cités, c'est Mediapart qui est en pointe. Et Plenel enfonce justement le clou aujourd'hui, évoquant des confidences anonymes rassemblées par sa rédaction ces derniers jours "dans le petit monde du renseignement et dans divers entourages ministériels" : "Ces témoignages de sources au cœur de l'Etat sont trop insistants et les faits qu'ils rapportent sont trop concordants pour" qu'ils restent confidentiels.

Les accusations se multiplient donc tous azimuts : "D'abord, nous dit-on, notre journal fait l'objet depuis plusieurs mois d'un espionnage tous azimuts. Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, les deux journalistes de Mediapart spécialisés dans les enquêtes sensibles pour l'Elysée, notamment les affaires Karachi et Bettencourt, auraient eu droit, depuis mars-avril, à des surveillances téléphoniques afin d'établir une cartographie de leurs relations et contacts.

(…) Nos sources nous affirment que Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, voire d'autres membres de notre équipe, auraient eu droit au même traitement que leur confrère du Monde, Gérard Davet, ou que la juge de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, dont les "fadettes" (factures détaillées) des téléphones portables ont été explorées par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

(…) Selon d'autres sources, l'Elysée s'est également intéressé de près à nos actionnaires extérieurs minoritaires, laissant entendre à des rédactions que l'un d'eux aurait eu des ennuis avec l'administration fiscale. De même, le patrimoine privé de certains membres de notre équipe aurait fait l'objet de curiosités policières hors de toute justification légale.

Surtout, on nous affirme que cette inquisition d'Etat est impulsée et coordonnée par le secrétaire général de l'Elysée lui-même, Claude Guéant. (…) Ces mêmes sources nous affirment que la présidence aurait recours aux services d'une importante entreprise privée de sécurité et de renseignement, fondée et animée par des anciens des services étatiques (DGSE, DST et RG)."

Contacté par Mediapart, le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, dément néanmoins "toute sortie de route", écrit Plenel. Le Syndicat national des journalistes, de son côté, reste sur ses gardes : "L'Elysée a parlé d'accusation "totalement farfelue". Cette réponse n'est pas suffisante pour écarter des soupçons de plus en plus nombreux. Elle ne peut convaincre une profession dont la première mission est d'informer les citoyens, responsabilité qui prime sur toute autre", estime encore le syndicat, majoritaire chez les journalistes."


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