Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

13h21 flash

Pujadas écarté du 20 H de France 2 : choc à France Télévisions

Par
la rédaction le 17/05/2017

Exit Pujadas ! La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a confirmé ce matin à la rédaction de France 2 ce que le présentateur avait lui-même annoncé : toute l'équipe du 20 heures "semaine" de France 2 a été écartée. La veille, Michel Field, le directeur de l'information de France Télévisions avait publié une tribune dans Libération, dans laquelle il semblait mettre en cause la qualité du travail de ses propres équipes.

Toue l'équipe du 20 Heures de France 2, y compris le présentateur David Pujadas, a appris ce matin qu'elle ne serait pas reconduite à la rentrée. Ce dernier devrait être remplacé par Anne-Sophie Lapix, actuellement présentatrice de C à vous sur France 5. 

La décision, brutale, est annoncée alors qu'une tribune du directeur de l'information de France Télévisions, Michel Field, dans le quotidien Libération invite à une remise en cause des journalistes, dans un contexte de défiance accrue des citoyens envers la profession. Field va jusqu'à s'interroger sur l'existence d'une "idéologie spontanée du journalisme aujourd'hui qui présuppose les réponses aux questions qu'il pose" et épingle "le manque de diversité sociale et géographique dans le recrutement des grandes rédactions ; l’affaiblissement des «capteurs sociaux» ; les nouvelles pratiques du métier où le rapport au monde se fait plus par la médiation numérique que par la fréquentation assidue du terrain ; l’absence d’approche contradictoire des grands enjeux économiques et sociaux". Un message subliminal à sa propre rédaction ?

Dans la matinée, devant la rédaction de France 2, Delphine Ernotte et Michel Field ont été sommés de s'expliquer sur l'éviction de Pujadas et la tribune de Field. Ernotte aurait démenti toute implication politique de cette décision, assurant à propos de Pujadas :"C'est ma décision. Il incarne le 20h depuis seize ans c'est normal que je me pose la question de l'incarnation. Ce n'est absolument pas un désaveu." Elle aurait également ajouté que son choix "n'est pas lié au nouveau président de la République." 


Abonnez-vous !
|

17h19 @rrêt sur images

Macron, modèle générationnel des journalistes ?

Par
la rédaction le 16/05/2017

Les journalistes français se retrouveraient-ils en Emmanuel Macron ? C'est la théorie d'Ana Navarro, correspondante de l'hebdomadaire portugais Visao, invitée sur notre plateau la semaine dernière. "A l'époque où Macron a été nommé ministre à Bercy, je fréquentais un peu certaines rédactions parisiennes. Et j'ai été extrêmement surprise de voir une sorte de transfert d'image, des journalistes de sa génération qui s'identifiaient avec lui (...) C'est un mec plus jeune, quelque chose à quoi ils voulaient ressembler". Comment expliquer ce "transfert" ? Navarro a demandé à ces journalistes, qu'elle ne cite pas, ce qui les poussait à être si "acritiques", ou "séduits" par le personnage ? "La première réponse, c'était : « Il est jeune. Il peut y arriver à son âge, donc ça me donne un espoir à moi aussi»".

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission : "Macron, c'est le Michel Drucker de la politique"

Abonnez-vous !
|

18h04 Hors Série

"Il y a un racisme de pauvres et un racisme de riches" (Tevanian/Hors-Série)

Par
la rédaction le 15/05/2017

Analyser le vote FN comme une expression de classe du racisme ? Invité de Hors-Série, l'essayiste et militant associatif Pierre Tevanian invite à déconstruire le vote "ouvrier" Front National. Sur sa proportion dans le vote total d'abord : "Quand le FN fait 35% pour les ouvriers, c'est pas 35% des ouvriers qui ont voté. D'abord, il y a beaucoup d'ouvriers qui sont étrangers. Beaucoup sont non-inscrits, et certains sont abstentionnistes", explique Tevanian.

Mais aussi sur sa signification. Selon Tevanian, le vote Front National est certes l'expression d'un indéniable racisme, mais qui s'exprime aussi de bien d'autres manières dans la société. "Effectivement, des tas de gens qui ne votent pas FN ont d'autres moyens de pratiquer le racisme que n'ont pas ceux qui votent FN et en particulier les ouvriers, les gens de peu, les chômeurs." La discrimination, par exemple, est "massive" et est le fait d'"employeurs, de bailleurs, de propriétaires." Comment, alors, analyser le racisme sous toutes ses formes ? En n'oubliant pas, explique l'essayiste, "qu'il y a bien d'autres actes racistes au quotidien, qui sont le fait de gens qui peuvent être socialistes, fillonnistes, macronistes, mélenchonistes."

L'occasion de voir l'intégralité de l'émission, sur le site de Hors-Série : "La mécanique raciste"

Abonnez-vous !
|

17h57 suivi

BFM Business : le prophète de malheur Delamarche écarté

Par
Anne-Sophie Jacques le 15/05/2017

"Je suis viré de BFM Business" : Olivier Delamarche, analyste financier, a annoncé dimanche 14 mai avoir été écarté de l’antenne où il intervenait tous les lundis depuis 2009.

Olivier Delamarche

Sur le blog Les éconoclastes – dont il est auteur en compagnie notamment d’Olivier Berruyer, actuaire en bisbille avec Les décodeurs du Monde – Delamarche regrette cette mise au ban: "il fut un temps où BFM Business acceptait la contradiction et l’analyse divergente dès lors qu’elle était sourcée et à dose homéopathique", écrit-il. "Désormais elle fait «marche arrière», elle ne vendra que la lessive maison. Probablement l’air du temps !" Une référence au mouvement En marche et à son candidat fraîchement élu. Très récemment encore, Delamarche disait tout le mal qu’il pensait d’Emmanuel Macron avec qui "nous allons droit dans le mur" selon lui.

Ce catastrophisme est la marque de fabrique de cet ancien gérant-associé de Platinium gestion, un gestionnaire de fonds qu’il a quitté en début d'année. Invité de notre émission lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle… de 2012, Delamarche apparaissait déjà mi-goguenard, mi-désabusé. Interrogé également par Maja Neskovic quelques mois auparavant, l’analyste étayait ses prédictions pessimistes à coup de longs soupirs.

Est-ce ce pessimisme et cet anti-macronisme affiché qui a conduit BFM Business à l’écarter? Pas du tout explique le directeur de la rédaction de la station Stéphane Soumier sollicité par @si: "tant qu’il racontait n’importe quoi, ça ne me dérangeait pas. Mais il s’est mis à dénigrer publiquement BFM Business, et là ça ne passait plus". Selon Soumier, Delamarche s’en est pris à l’éditorialiste maison Emmanuel Lechypre, en le qualifiant d’incompétent, mais aussi au modèle économétrique mis en place par BFM Business pour évaluer le programme économique des candidats à la présidentielle. Sur Twitter, quand BFM Business a publié les projections en cas de victoire de Marine Le Pen (à savoir -5% de croissance, +5% d'inflation, +3% de chômeurs), Delamarche a demandé s'ils n'avaient pas non plus les résultats du Loto.

Olivier Delamarche

Si Soumier lui reconnaît une forme d’expertise, il ajoute cependant que la fin du monde annoncée depuis de longues années par Delamarche n’a toujours pas eu lieu. Aussi le directeur de la rédaction a-t-il décidé non pas de le virer – Delamarche n’était pas salarié de l’antenne – mais de ne plus l’inviter. Les autres membres des éconoclastes sont toujours les bienvenus, ajoute Soumier.

Contacté également par @si, Delamarche raconte avoir été informé de son éviction par Cédric Decoeur, rédacteur en chef adjoint d'Intégrale Placements sur BFM Business, mais semble peu bouleversé : "je m'en fous comme de ma première chemise, dit-il, et je ne suis pas fâché de ne plus avoir à faire 400 kilomètres pour me rendre à Paris le lundi". L'analyste, qui vit dans le Jura, estime cela dit que son discours dérange car il n'est pas dans la ligne de BFM Business. Il précise qu'il continuera de participer aux émissions des éconoclastes enregistrées pendant un déjeuner dans un restaurant puis diffusées sur Youtube... avant d'éventuellement lancer sa propre chaîne.

Abonnez-vous !
|

14h15 lu

CNews écarte Audrey Pulvar des interviews politiques

Par
la rédaction le 15/05/2017

Ecartée de CNews par sa direction, Audrey Pulvar est de retour à l’antenne. Suspendue le 27 avril par sa direction qui lui reprochait d'avoir manqué à son "devoir de réserve" en signant entre les deux tours une pétition appelant à voter Macron contre Marine Le Pen, la journaliste de CNews a repris ses fonctions ce dimanche. À un détail près: elle se voit pour l'heure écartée des interviews politiques.

"C’est la décision de la direction jusqu’à nouvel ordre. On est tombés d’accord sur notre désaccord mais on a trouvé cette solution", explique  au Parisien la journaliste dont l’émission Dimanche Politique a été rebaptisée Dimanche Pulvar. "On va continuer à parler de l’actualité politique et des faits de société majeurs avec des philosophes ou des économistes. Sauf que là, je suis privée d’invité politique", précise Pulvar.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Le Parisien, 14 mai 2017

La chaîne a confirmé depuis à l’AFP que la journaliste "ne ferait plus d’interview politique, pour protéger la rédaction et pour éviter d’être taxée" de partialité. CNews précise que la mesure n’a pas vocation à durer "ad vitam aeternam", mais qu’elle devrait s’appliquer durant la période électorale. Ainsi, à l’approche des législatives, la journaliste se voit également écartée des éditions spéciales de la chaîne. "Je voulais couvrir la passation des pouvoirs ce dimanche, mais ce n’est pas possible. En signant cette pétition, je savais qu’il y aurait des conséquences, pas forcément agréables", glisse Pulvar au Parisien.

"je m'étonne d'avoir été assez seule dans la profession"

Pour autant, la journaliste ne regrette "absolument pas" d’avoir pris position contre le FN, "un parti qui reste d’extrême droite, raciste et xénophobe" insiste-t-elle, "Au contraire, je m'étonne d'avoir été assez seule dans la profession.(…) alors qu'en 2002 des journalistes s'étaient clairement engagés contre."

Après sa suspension fin avril, Pulvar avait rapidement réagi sur Twitter : "Tous les jours des journalistes-éditorialistes d'extrême droite déroulent le programme du FN dans des médias généralistes. Ça ne gène personne". Dans un communiqué, SOS Racisme avait appelé la chaîne d'info en continu à revenir sur sa décision. La journaliste avait également reçu le soutien d’élus de tous bords, dont Yannick Jadot, Gérald Darmanin, ou encore Najat Vallaud-Belkacem.

L'occasion de lire notre article : "Entre-deux tours houleux dans l'audiovisuel"

Abonnez-vous !
|

16h01 @rrêt sur images

Macron : "Les médias français préfèrent accompagner que critiquer"

Par
la rédaction le 13/05/2017

Les journalistes français, un peu trop proches du pouvoir ? C'est l'avis de Scott Sayare, journaliste américain, invité cette semaine sur notre plateau pour discuter du cas Macron, et des nombreux signaux envoyés par le nouveau président depuis son élection. Réagissant au documentaire diffusé lundi sur TF1, Les Coulisses d'une victoire, il déclare : "Je vois dans ce documentaire un problème qui est un problème global à mon sens des médias français (...)Vis à vis du pouvoir, au lieu d'interroger ou de critiquer, ou de challenger, on préfère accompagner. Il y a quelque chose dans le rite républicain, le spectacle noble de l'exercice du pouvoir, quelque chose qui attire la presse française".

L'occasion de voir notre émission en intégralité : "Macron, c'est le Michel Drucker de la politique"

Abonnez-vous !
|

22h32 vu

Israël : la première chaîne de télé apprend sa fin en direct

Par
Juliette Gramaglia le 11/05/2017

Coup de massue pour l'audiovisuel public israélien. La première chaîne de télévision du pays, ainsi que la radio publique, ont appris mardi soir qu'elles cesseraient d'émettre dès le mercredi matin, après décision du Parlement. Une victoire pour le gouvernement israélien, le premier ministre Benjamin Netanyahou en tête, qui tentait de se débarrasser de ces deux institutions depuis plusieurs années pour les remplacer par d'autres chaînes publiques.

Fermée en direct. La première chaîne de télévision publique israélienne, l'équivalent de France 2, a cessé d'émettre mardi soir. Donnant à voir une scène plus qu'inhabituelle : la présentatrice du journal télévisé de 20 heures, Geula Even, s'est retrouvée à lire en direct le communiqué du parlement israélien annonçant la fermeture de la chaîne, qu'elle venait de recevoir. Contenant à grand peine ses larmes, Even a tenu à remercier ses collègues: "A la fin de la journée, beaucoup de gens vont perdre leur emploi", a-t-elle ajouté. "J'espère qu'ils trouveront un autre travail, et que l'audiovisuel public continuera à être fort, même s'il existe sous une autre forme". Avant d'annoncer qu'ils ne diffuseraient plus que des clips jusqu'à la fin de la soirée – et l'arrêt définitif de la chaîne, qui sera toutefois remplacée lundi par une nouvelle chaîne de télé publique.

D'après le site d'information Times of Israel, les employés de Aroutz 1 ont été pris de court par l'annonce, "pensant que la dernière diffusion devaient avoir lieu le 15 mai", soit près d'une semaine plus tard. La journaliste Marissa Newman rapporte que le dernier journal télévisé de la première chaîne publique s'est clos avec une vingtaine d'employés entonnant, face caméra, l'hymne national Hatkivah, plusieurs d'entre eux ne retenant pas leurs larmes. La radio publique Kol Israël, annonçait au même moment mardi soir sa disparition à effet immédiat.

Des médias publics dans le viseur du gouvernement

Cette fermeture brutale des deux médias regroupés sous l'Autorité de radiodiffusion d'Israël (la Rachout Hachidour) marque la victoire du gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui avait l'audiovisuel public dans le viseur depuis plusieurs années. Certes, ce dernier a déploré mardi soir la brutalité de l'annonce qui mettait fin à la Rachout Hachidour mais, rappelle Libération, "le premier ministre israélien ne cache pas l'aversion que lui inspirent les journalistes en général, et les programmes d'investigation en particulier". Il n'est pas seul dans ce cas: la ministre de la culture, Miri Regev, "s'est clairement prononcée en faveur du contrôle de l'audiovisuel public par le pouvoir", rappelle le correspondant à Tel-Aviv du quotidien, Nissim Behar.

L'Autorité de radiodiffusion d'Israël, "déficitaire et mal gérée" note Behar, était en crise depuis des années. Elle avait souffert de réductions de budget et de personnel (le journal de 20 heures fonctionnait avec un effectif réduit, rappelle le Times of Israel). En 2013, Netanyahou avait déjà tenté de la remplacer par une autre structure, avant d'abandonner "parce que ses dirigeants étaient moins favorables au pouvoir que [Netanyahou] ne l'imaginait", raconte le correspondant de Libération.

Quel avenir désormais pour l'audiovisuel public israélien? A partir de lundi, la nouvelle structure en gestation depuis de nombreux mois, abandonnée par Netanyahou, puis relancée, et qui porte désormais le nom de Kan, devrait prendre la place de la défunte Rachout Hachidour. D'après le journal Haaretz, cité par la BBC, 440 employés de l'ancienne structure, sur plus de 1 000, ont été réengagés. Le flou semble encore régner sur la manière dont s'organiseront ces nouvelles chaînes. Une seule certitude, pour le correspondant de Libération : "Le gouvernement y aura des représentants".

Abonnez-vous !
|

12h51 entendu

Départ de Cohen d'Inter : un auditeur s'en prend au journaliste

Par
Juliette Gramaglia le 11/05/2017

"Les auditeurs d'Europe 1 méritent mieux qu'un défenseur invétéré des pouvoirs quels qu'ils soient, comme vous êtes". L'attaque, frontale, vient d'un auditeur de la matinale de France Inter, et est dirigée contre Patrick Cohen. La raison  ? Le journaliste de la matinale, qu'il présente depuis 2010, va bientôt quitter la radio publique, a-t-on appris mercredi par l'intermédiaire du Monde. Il rejoindra à partir de septembre la radio privée Europe 1.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Un départ inattendu, et peu apprécié chez ses collègues d'après Libération. "Lors d'une réunion avec sa rédaction mercredi après-midi, la directrice de France Inter, Laurence Bloch, a fustigé «l'OPA hostile» de Lagardère [propriétaire d'Europe 1 et récemment auto-nommé PDG de la radio, ndlr] à l'encontre de sa station. Et a dû contre-argumenter face à une bonne partie de ses journalistes, qui demandent la mise à l'écart immédiate de Cohen". Pourquoi vouloir un retrait de l'antenne ? Outre le sentiment de "trahison" rapporté par "une figure" de la radio à Libération, il y a la crainte des "auditeurs qui vont lui demander à l'antenne pourquoi il s'en va", continue cette même personne.

La crainte des journalistes de la radio serait-elle devenue réalité ? Ce jeudi matin, un auditeur de France Inter s'en est directement pris à Cohen. "Je suis un auditeur de France Inter depuis de nombreuses années", a commencé l'auditeur, un certain Jean-Louis, "Je suis un peu triste depuis hier: Monsieur Cohen, vous avez annoncé votre départ, ou plutôt, votre départ a été annoncé", continue-t-il, avant de lancer son attaque, assurant que les auditeurs d'Europe 1 "méritent mieux qu'un défenseur invétéré des pouvoir quels qu'ils soient".

Ce qui a visiblement déplu à l'auditeur: un édito de Patrick Cohen le matin même sur la candidature aux législatives à Marseille de Jean-Luc Mélenchon, dénoncé comme étant une "tirade" contre le candidat de la France Insoumise. "Vous êtes toujours près des pouvoirs et des puissants. Je ne suis pas inquiet pour la suite, madame Salamé [qui va remplacer, avec Nicolas Demorand, Cohen à la matinale, ndlr] est sur la même ligne que vous, tous ces gens seront bien défendus". Cohen, lui, s'est défendu de toute "tirade" contre Mélenchon: "J'ai seulement rappelé les conditions dans lesquelles Jean-Luc Mélenchon s'était présenté à Hénin-Beaumont il y a 5 ans", a-t-il rétorqué, avant de regretter que l'auditeur n'ait pas de question à poser à son invité.

Outre le journaliste de la matinale, Europe 1 devrait voir à la rentrée prochaine l'arrivée de Frédéric Schlesinger, directeur des antennes et des programmes de Radio France, et du directeur adjoint Jean Beghin. Schlesinger devrait devenir vice-PDG de la radio privée.

Abonnez-vous !
|

12h50 suivi

Fuite / Gare du Nord : enquête ouverte contre J.-P. Ney

Par
la rédaction le 10/05/2017

Gare bouclée. Lundi soir, la gare du Nord, à Paris a été le théâtre d'une importante opération policière : des dizaines de policiers en armes ont bouclé la gare et fouillé un train entier venant de Valenciennes, à la recherche de trois fichés S. Sans rien trouver. L'origine de cette opération fiasco ? Un nouveau tweet de "l'expert" Jean-Paul Ney, qui divulgait les fiches internes de la police. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit".

C'est une "armée" d'hommes de la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention) qui a investi la Gare du Nord, lundi 8 mai vers 23 heures, tout en gilets pare-balles et en armes, pour fouiller l'ensemble d'un train venant de Valenciennes. Ils étaient à la recherche, semble-t-il, de trois individus, fichés S, présumés radicalisés, susceptibles de vouloir commettre un attentat imminent sur le territoire français. L'opération a fait chou blanc.

nouveau media

L'origine de ce fiasco ? Le signalement d'une employée de la SNCF de Valenciennes, affirmant avoir reconnu les trois individus à partir de leurs fiches, divulguées sur les réseaux sociaux par... Jean-Paul Ney. Le sulfureux, auto-proclamé spécialiste du djihadisme a en effet publié sur Twitter, raconte Frédéric Helbert, grand reporter et spécialiste du renseignement sur son blog, "à l'état quasi brut", des fiches confidentielles de la police, évoquant trois individus radicalisés qui pourraient entrer en France en vue de commettre un attentat. Avec un titre au minimum inquiétant : "Terrorisme : alerte nationale. Attentat imminent selon les services de police et de contre-terrorisme. 3 hommes recherchés."

nouveau media

Or, fait remarquer Helbert, ces fiches mentionnent une "menace d'attentat", et non une menace imminente. Et indiquent qu'ils "pourraient" rejoindre la France, sans être affirmatives. Pas un détail pour les services, qui ne badinent pas avec la nuance. "Une diffusion d'individu signalée n'est jamais prise à la légère, mais c'est un point de départ d'enquête à partir de renseignements plus ou moins fiables. Parfois, c'est même un coup d'épée dans l'eau."

L'employée de Valenciennes est ainsi tombée sur ces fiches en "se "baladant" sur les réseaux sociaux. "Et là, ça fait tilt ! La guichetière de Valenciennes est persuadée d'avoir vendu des billets aux 3 jihadistes dont les fiches de signalement internes en théorie réservées aux services de police, disent qu'ils sont possiblement en route vers la France avec la possible intention d'y commettre un attentat. La femme avertit donc aussitôt", raconte encore Helbert.

violation du secret professionnel et recel de ce délit

Trois heures et des dizaines de policiers mobilisés plus tard, les policiers n'ont rien trouvé. Et ne dissimulent pas au reporter leur agacement. "Si on fait ce choix là [ndlr : d'une diffusion urgente en interne des fiches, plutôt qu'un avis de recherche public] c'est pour chasser en douce, vérifier la véracité du tuyau, et éviter de courir partout parce que des irresponsables diffusent des fiches confidentielles sur des individus qui pourraient représenter une vraie menace" témoigne un policier spécialisé auprès de Helbert. Les diffusions internes, explique un autre, servent la "cuisine interne" de la chaine sécuritaire française, contrairement aux avis de recherches publics.

Le Parquet de Paris a, selon les informations de Helbert, ouvert une enquête préliminaire pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit". La violation visant les responsables de la fuite des fiches de signalement des 3 djihadistes, et le recel, Jean-Paul Ney, qui les a diffusées. D'autant qu'à présent, les trois individus recherchés savent qu'ils le sont.

Ney, quant à lui, s'est affirmé prêt à répondre aux convocations de la justice.

nouveau media

 

L'occasion de relire la chronique de Klaire fait Grrr : "Dans l'internet de Jean-Paul Ney"

Abonnez-vous !
|

11h19 ça reste à vérifier

Débat : Le Pen inspirée par un psychiatre italien ?

Par
Juliette Gramaglia le 10/05/2017

Marine Le Pen, influencée dans le débat d'entre-deux-tours par un psychiatre italien ? Le Canard Enchaîné affirme dans son édition du 10 mai que trois conseillers de la candidate du FN l'auraient poussée à provoquer Emmanuel Macron lors du débat du 3 mai pour lui faire "péter les plombs". "Les trois conseillers n'en démordent pas : le Macron a des «failles»" explique le Canard. Et explique : "Le trio croit tenir la clé du succès après avoir, notamment, visionné l'intervention d'un obscur psychiatre italien, un certain Adriano Segatori, qui quelques jours plus tôt, a livré une analyse implacable de l'adversaire, relayée sur le Net par les amis de l'extrême droite".

Canard MLP Segatori

Que disait donc ce psychiatre, inconnu au bataillon ? Dans une vidéo de presque neuf minutes, largement diffusée sur Youtube et les réseaux sociaux, il expliquait qu'Emmanuel Macron était un "psychopathe narcissique", misogyne, dont le "développement" avait été 'bloqué" à l'adolescence, en faisant un personnage éminemment "dangereux".

Mais qui est Adriano Segatori ? Il y a quelques jours, le chef des Décodeurs du Monde Samuel Laurent rapportait sur Twitter que la vidéo du psychiatre a été postée au départ sur un site italien, destra.it (droite, en italien). Un site dirigé par un "ancien activiste de groupes étudiants de droite dure italiens". Segatori est un contributeur régulier du site, pour lequel il a notamment signé une chronique dans laquelle il reprochait à une ville italienne de vouloir retirer à Benito Mussolini, dictateur fasciste italien des années 1930, la qualité de citoyen cette ville. "En gros, nous avons donc l'avis d'un psychiatre d'extrême-droite sur une personnalité qu'il juge d'après «les images et sa bio»", concluait Laurent.

L'occasion de (re)voir notre émission, dans laquelle trois journalistes débattaient de la réapparation de "la vraie Le Pen" lors du débat d'entre-deux-tours, et des raisons possibles de son attitude provocatrice face à Emmanuel Macron : "Marine Le Pen s'est re-diabolisée toute seule"

Abonnez-vous !
|

18h18 ça reste à vérifier

"Coulisses d'une victoire" : faux raccord dans le documentaire

Par
la rédaction le 09/05/2017

Dans les coulisses des coulisses. TF1 diffusait lundi 8 mai un documentaire sur les cinq derniers mois de campagne d'Emmanuel Macron, jusqu'à sa victoire, dimanche 7 mai. On y voit bien des choses, y compris des moments de détente et de colère de l'ex-candidat heureux à la présidentielle, et d'autres personnages, ou scènes, restent immontrés, comme l'a remarqué ce matin notre matinaute.

Dans la famille de l'"immontré", une scène du documentaire a interpellé plusieurs twittos. On y voit Emmanuel Macron s'exclamer : "Non!" Brigitte Macron débarque, s'enquiert de ce qu'il se passe, et, après une coupe, s'approche de son mari qui consulte son téléphone. S'ensuit un dialogue savoureux, dans lequel Macron craint d'avoir mis au pressing le costume souillé par l'oeuf qu'il a reçu sur la tête, dans lequel serait resté un RIB que cherche activement son épouse. Un dialogue dans la droite ligne du Macron sympa, serviable, d'une coolitude à toute épreuve.

Sauf que les deux séquences, avant et après la coupe, ne se suivent pas. Sur la première, avant la coupe, on voit Brigitte Macron passer derrière le conseiller pour entrer dans la pièce. Dans la seconde, juste après la coupe, elle semble arriver en passant devant le conseiller, qui s'écarte pour la laisser passer. En montage cinéma, on appelle ça un faux raccord.

nouveau media

Première séquence, avant la coupe : Brigitte Macron derrière le conseiller

nouveau media

Brigitte Macron après la coupe, devant le conseiller

Il laisse penser qu'au moins une des deux séquences a été mise en scène. Peut-être ce savoureux dialogue au coeur de l'intimité de Macron ? Ou bien la brève séquence dans laquelle Brigitte passe dans le couloir, avant la coupe. Nous ne pouvons trancher : contacté par @si,  Yann L'Henoret n'a pas donné suite.

L'occasion de lire notre chronique : Macron, le sympa et l'immontrable ou de revoir notre émission "Macron, ça booste les ventes"

Abonnez-vous !
|

11h00 vu

Marianne / FN : les blacklistés, et les autres...

Par
Juliette Gramaglia le 09/05/2017

Boycotté le 23, admis le 7. L'hebdomadaire Marianne a été accrédité pour la soirée électorale du FN dimanche 7 mai, à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle. Le journaliste Louis Hausalter a donc pu, comme certains de ses collègues, voir depuis la salle de presse Marine Le Pen esquisser quelques pas de danse après son discours de défaite. Hausalter a posté sur Twitter une capture vidéo des écrans de la salle de presse, qui retransmettaient en direct ce qui se passait à l'intérieur de la salle louée pour la soirée par le parti. Et en a fait un article, le 7 mai en fin de soirée.

Il y a deux semaines, pour la soirée électorale du premier tour, Marianne rapportait une toute autre histoire : le journaliste Mathias Destal avait été refoulé à l'entrée de la soirée du FN à Hénin-Beaumont par le directeur de campagne de Le Pen, David Rachline. Destal avait pourtant bien été accrédité pour cette soirée, mais son nom avait été rayé "au stylo bic" de la liste. Dans la foulée, l'hebdomadaire avait dénoncé une "censure" du FN dirigée contre son journaliste, co-auteur d'un livre d'enquête sur la présidente du FN Marine est courant de tout... (Flammarion, 2016), co-écrit avec la journaliste de Mediapart Marine Turchi (que nous recevions sur notre plateau la semaine dernière). Après cette soirée du 23 avril, Marianne a été accrédité pour le dernier grand meeting de la candidate du FN à Villepinte le 1er mai, y envoyant un autre journaliste que Destal. Idem pour le 7 mai, où Hausalter était cette fois l'envoyé de l'hebdomadaire.

Médias blacklistés et médias solidaires

Si Marianne a pu assister à la soirée électorale du 7 mai, d'autres n'ont pas eu cette possibilité. Comme nous le racontions, plusieurs médias, parmi lesquels les exclus de longue date Mediapart et Quotidien, mais aussi Buzzfeed, Les Jours, Charlie Hebdo ou encore Rue 89, ont été blacklistés par le FN dimanche 7 mai. En signe de solidarité, Libération, Les Inrocks, Le Monde, l'agence Bloomberg et L'Humanité, qui avaient été accrédités, ont refusé de couvrir la soirée du parti d'extrême droite.

Sur notre plateau, avant la soirée du 7 mai, Marine Turchi regrettait l'absence de solidarité entre journalistes: "Ça fait des années qu'il y a des soucis. Et on a l'impression que les médias se bougent quand ça les concerne eux-mêmes", s'inquiétait-elle.

Contacté par @si, le journaliste présent à la soirée électorale, Hausalter, n'a pas souhaité s'exprimer. Pas davantage que le directeur du journal, Renaud Dély.

 

L'occasion de (re)voir notre émission avec Marine Turchi de Mediapart, Aurélien Colly de France Inter et Patrice Maggio de Var-Matin : "Marine Le Pen s'est re-diabolisée toute seule"

Mise à jour 10/05/2017, 17h11 : suite à la parution de l'article, le redacteur en chef adjoint de Marianne, Thomas Vampouille, a expliqué que l'hebdomadaire avait "fait son boulot" en couvrant la soirée du FN : "Si on se fait éjecter, on le dénonce, et sinon, on fait notre boulot. Sur le long terme, ce n'est pas viable de les boycotter ad vitam eternam." Vampouille a rappelé également que la SDJ de Marianne fait partie des signataires du communiqué dénonçant  "l'entrave à la liberté" d'informer pratiquée par le FN.

Abonnez-vous !
|

20h22 vidéo

Second tour : Cabana exaltée

Par
la rédaction le 08/05/2017

"Palpitant", "incroyable", "fracassant"... Dimanche soir, en attendant l'annonce des résultats du second tour de l'élection présidentielle, la journaliste du Journal du Dimanche Anna Cabana n'avait pas de mots assez forts sur le plateau de BFMTV pour décrire l'enjeu crucial de l'événement. Petit florilège des moments "solennels" et "importants" de Cabana.



Abonnez-vous !
|

12h31 suivi

"Macronleaks" : le parquet de Paris a ouvert une enquête

Par
la rédaction le 08/05/2017

Enquête ouverte sur les Macronleaks. Dimanche en fin de journée, l'AFP a annoncé que le parquet de Paris avait ouvert une enquête suite au piratage des serveurs d'En Marche qui ont conduit à la diffusion, vendredi, de neuf gigaoctets (quinze gigaoctets une fois décompressés) de documents internes de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, notamment sur le forum d'images américain 4chan. L'enquête a été ouverte pour "accès frauduleux à un système de traitement automatisé de donnés" et "atteinte au secret des correspondances".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Comme nous le racontions, la diffusion de ces "Macronleaks" était survenue quelques heures à peine avant la période de réserve imposée aux candidats et aux médias concernant l'élection, qui s'ouvrait samedi à 00h01. Le timing avait conduit l'équipe d'En Marche! à dénoncer une campagne de déstabilisation de dernière minute. Un communiqué confirmait l'authenticité des documents, assurant cependant que des fausses informations étaient mêlées à la masse de données. La Commission Nationale de Contrôle de la Campagne électorale en vue de l’Élection Présidentielle (CNCCEP) avait de son côté enjoint les médias et les citoyens, "à ne pas relayer ces contenus, afin de ne pas altérer la sincérité du scrutin, de ne pas enfreindre les interdictions édictées par la loi et de ne pas s’exposer à la commission d’infractions pénales".

Samedi, plusieurs médias se sont intéressés à la manière dont l'information s'est propagée sur les réseaux sociaux : grâce à des "comptes russophiles", des comptes proches de la fachosphère (américaine et française), mais aussi grâce à Wikileaks, a notamment expliqué le chercheur belge Nicolas Vanderbiest à Libération. On ne trouvait pas en revanche d'article sur le contenu de ces documents piratés et diffusés.

Vendredi soir, le site Numerama a cependant déjà commencé à éplucher les milliers de documents diffusés, qui semblent surtout être des mails et documents textes. Il n'y a rien trouvé pour le moment qui ressemble à un scoop : "Il s’agit de documents tout à fait banals, décrit Numerama. On y trouve des notes de synthèse, des factures, des emprunts dont les montants sont loin d’être délirants, des recommandations et autres réservations, au milieu, bien entendu, d’échanges strictement personnels et privés".

Abonnez-vous !
|

20h05 suivi

Soirée FN : médias blacklistés... et médias solidaires

Par
la rédaction le 07/05/2017

Tous les médias ne sont pas les bienvenus à la soirée de la soirée électorale du FN. Comme l’explique le site Buzzfeed, qui s’est vu refuser son accréditation pour participer à cette soirée qui se tient au Chalet du Lac, à Vincennes, une bonne dizaine de médias ont été blacklistés. Parmi eux, outre Buzzfeed : Mediapart et Quotidien (TMC), tricards de longue date comme nous le racontions dans notre émission de la semaine, mais aussi Les Jours, Konbini, Brut, Politis, Explicit, Streetpress, Charlie Hebdo, Rue89, La Télé Libre et plusieurs médias étrangers. Selon Mediapart, on trouve parmi eux Politico, la chaîne britannique Sky News ou encore des confrères étrangers et/ou indépendants (le site d'information américain The Atlantic et la Rai 3). Même Le Figaro a eu des difficultés à obtenir une accréditation. De son côté, le Bondy blog assure n'avoir jamais eu de réponse.

Interloqué, Buzzfeed a demandé des explications au responsable presse du Front National. Réponse : il n’y a pas assez de place. Or, rétorque Buzzfeed, le Chalet du Lac peut accueillir 1 000 personnes. Une décision assumée par le directeur de la communication interrogé par le journaliste du Monde : "y'a que 300 places, il y a eu 600 demandes" répond-il. La sélection se fait "en fonction de l’audience". Hasard : le site Buzzfeed, qui a été accrédité pour la soirée électorale du premier tour à Hénin-Beaumont, a publié cette semaine plusieurs enquêtes sur les propos racistes de candidats du FN aux législatives. Le voici aujourd’hui refoulé.

Solidaires, Libération, Les Inrocks, Le Monde, l'agence Bloomberg et L'humanité, tous pourtant accrédités, ont annoncé boycotter la soirée. Le journaliste de Society, dont le photographe qui l’accompagnait pour la soirée a été exclu par le service d’ordre, annonce également ne pas rester couvrir l’événement. Pour ceux qui continuent de couvrir la soirée, les conditions n'ont pas l'air optimales. Sur Twitter, la journaliste de La nouvelle édition (C8) assure qu'"au QG de Marine le Pen, les journalistes ont interdiction d'interviewer les militants. "Sinon je vous présente la sortie" nous dit la sécu".

Dans notre émission, la journaliste de Mediapart Marine Turchi regrettait cette absence de solidarité entre journalistes. Un regret entendu ?

>> L’occasion de voir notre émission avec Marine Turchi de Mediapart, Aurélien Colly de France Inter et Patrice Maggio de Var-Matin : Marine Le Pen s’est re-diabolisée toute seule

Abonnez-vous !
|

18h47 @rrêt sur images

Saluts nazis dans les rangs du FN : la télé pas intéressée

Par
la rédaction le 07/05/2017

Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, ancien dirigeant du GUD (groupe d’étudiants d’extrême droite), fait le salut nazi sur une photo… dans l’indifférence quasi générale. Comme le raconte la journaliste de Mediapart Marine Turchi, invitée cette semaine de notre émission, cette photo a été publiée en 2014 et, mis à part L’Obs, elle n'a pas été reprise. Et quand David Pujadas la montre (enfin) à la candidate du FN fin mars, cette dernière botte en touche. Ce manque de reprise a interpellé les journalistes étrangers, raconte Turchi, qui ne comprennent pas pourquoi les médias français ne s’intéressent pas plus aux hommes de l’ombre du FN, ou sur l’antisémitisme et le révisionnisme de groupes proches de Marine Le Pen.

Pour voir en intégralité notre émission avec Marine Turchi de Mediapart, Aurélien Colly de France Inter et Patrice Maggio de Var-Matin, c’est ici >>

Abonnez-vous !
|

14h54 @rrêt sur images

Couvrir le FN : défaut de solidarité entre journalistes

Par
la rédaction le 06/05/2017

Le Front national choisit les médias autorisés à suivre Marine Le Pen ? La coupe est pleine. Comme nous le racontions ici, 36 sociétés de journalistes (dont celles de BFMTV, l’AFP, Le Figaro, Le Monde, Europe 1, France Inter…) ont dénoncé dans un communiqué "l’entrave à la liberté d’informer par le FN". C’est bien, se réjouit sur notre plateau Marine Turchi, avant de regretter néanmoins le manque de solidarité et d’indignation de la part de ses confrères, qui ont tendance à réagir uniquement quand ils sont concernés. La journaliste de Mediapart, invitée de notre émisison de la semaine, raconte que, dans les années 90, quand le journaliste John-Paul Lepers pose une question à Jean-Marie Le Pen en conférence de presse, puis la repose devant le silence de ce dernier, sa question est reprise par un autre journaliste puis, devant le silence persistant du leader du FN, tous les journalistes posent leur stylo et sortent de la salle. Une initiative impossible aujourd’hui, déplore Turchi.

Pour voir en intégralité notre émission avec Marine Turchi de Mediapart, Aurélien Colly de France Inter et Patrice Maggio de Var-Matin, c’est ici >>

Abonnez-vous !
|

21h07 vous n'êtes pas obligés

Marine Le Pen traite Fillon de "merde"...

... et le journaliste italien balance

Par la rédaction le 05/05/2017

On n'était pourtant qu'à quelques heures de la fin de la campagne. Mais pour Marine Le Pen, c'est loupé : selon un journaliste du Corriere Della Serra, elle aurait traité François Fillon de "merde" dans un entretien "off", non enregistré. Oups. La candidate a démenti, suivie par une cacophonie de justifications et de démentis de la part de ses soutiens, mais le journaliste, lui, maintient.

Dernier couac de campagne pour Marine Le Pen ?  Elle aurait traité François Fillon de "merde", auprès d'un journaliste italien du Corriere della Sera, vendredi 5 mai. L'extrait est tiré d'un entretien mené jeudi à Ennemain, dans la Somme, lieu du dernier meeting de la candidate :

"- Journaliste : Fillon, par contre, en invitant à voter pour Emmanuel Macron, a parlé de la "violence" et de l'"intolérance" du Front National. Pourquoi ?

- Marine Le Pen bougonne. Elle cherche une expression, un raisonnement. Puis elle explose : Parce que ce sont des merdes. Excusez-moi, mais aucun autre terme ne me vient à l'esprit."

nouveau media

Les proches démentent, avec des versions différentes

Les proches de Marine Le Pen se sont empressés de démentir. Mais les versions qu'ils donnent, pour accuser le journaliste du Corriere d'avoir mal entendu, se contredisent. Frédéric Chatillon, ancien de la "Gud connexion", par ailleurs mis en examen dans l'affaire du financement des campagnes électorales du Front National, a assuré sur Twitter qu'il avait assisté à la conversation, et que Marine Le Pen avait dit "Fillon a appelé à voter Macron car il est dans la merde."

nouveau media

La faute, donc, au journaliste qui parlerait mal le Français ? C'est bien ce qu'avance Chatillon, qui précise que la conversation était informelle, "un verre à la main", "sans traducteur". Problème : le journaliste italien, contacté par Le Monde (voir ci-dessous), parle "parfaitement Français."

nouveau media

Mais comme le remarque Le Lab d'Europe 1, le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline, relate tout autrement la conversation. Contacté par Le Monde, le sénateur affirme que la candidate "n'a jamais tenu ce style de propos (...). J'ai assisté à la conversation, elle a parlé de «trahison de ses électeurs». Il a mal compris. De toute façon, on portera plainte pour diffamation. Une manip' de plus de fin de campagne."

le journaliste maintient

Rachline ne s'arrête pas là. Il affirme dans la foulée, cette fois sur Twitter, que le journaliste italien "confirme" la méprise. Or, c'est faux. Au Monde, celui-ci confirme sa version, et explicite le contexte de l'entretien. "Il ne s'agissait pas d'un entretien formel, officiel. Elle m'a dit que si je voulais parler avec elle après son meeting, je devais la rejoindre à la mairie. Je n'ai pas enregistré notre entretien. Mais j'ai écrit exactement tout ce qu'elle m'a dit."

De surcroît, il soutient que l'insulte s'adressait bien spécifiquement à François Fillon : "Quand elle parle "des merdes", elle s'adresse à Fillon, pas à ses électeurs, ni à Macron, même si le pluriel peut paraître bizarre. Mais je ne suis pas non plus dans sa tête." Il conclut : "Le démenti du FN ne change rien. Je maintiens que ces propos ont été dits."

Abonnez-vous !
|

15h10 lu

Débat présidentiel : TF1 s'emmêle les pinceaux sur les droits télé

Par
Manuel Vicuña le 05/05/2017

Après le débat Macron-Le Pen, les sites d’infos priés par TF1 de retirer les extraits vidéo ou de passer à la caisse ? C’est ce qu’assure ce jeudi le site de Marianne, au lendemain du débat présidentiel diffusé par TF1, France 2, les chaînes d’info en continu et Dailymotion. Comme le raconte le rédacteur en chef adjoint du site de Marianne, Thomas Vampouille, les services commerciaux de TF1 ont entrepris de contacter les rédactions d'information, dont l'hebdo, pour leur faire savoir que "le débat d’hier soir co-produit par TF1 et France 2 ne peut pas être repris sous forme d’extrait ou en intégralité par les journaux et médias sur INTERNET".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Pour appuyer cette interdiction, le service commercial joint une note des productions au sujet des conditions d’utilisation de l’émission et de ces extraits. On peut y lire : "Diffusion en direct autorisée pour toutes les chaînes de télévision et les radios. Interdiction de mise en ligne en direct sur internet de la totalité ou d'extraits. Interdiction de diffusion en différé ou de rediffusion sur tous supports. Droit à l'information : 10 minutes pendant 48h, embargo fin de diffusion, avec la mention 'images France 2 – TF1'."

"Excès de zèle"

Qu’est-ce à dire? Que durant 48 heures, les médias non détenteurs des droits sont autorisés à reproduire des extraits de moins de 10 minutes. Pas au-delà. Soit. Sauf que cette interdiction est illégale. En réalité, tout dépend de la durée des extraits. La loi dispose en effet qu’au titre du droit à l’information, l’utilisation d’extraits courts (moins de 30 secondes selon l’usage) est autorisée et ce sans limite de temps, à la différence d’extraits plus longs.

A la différence du service commercial de TF1, France Télévisions ne s’y est pas trompé. Contactée par Marianne, la production côté service public explique: "La note de la production était extrêmement claire : la diffusion de l'intégralité du débat était interdite sur Internet mais ça, c'était hier soir. L'utilisation d'extraits courts, c'est du droit à l'information et c'est valable pour les médias, télé comme Internet".

Pourquoi, cette injonction du service commercial de TF1? Contacté par @si, Vampouille y voit "un gros excès de zèle" du service commercial de TF1 "qui a surinterprété les règles". Il explique: "j’ai eu le service communication de TF1 qui n’était pas du tout au courant. Dans tous les cas, ça semble peu vraisemblable, on n'avait encore jamais reçu de demande de ce genre". À Marianne, pas question donc d'enlever le court extrait vidéo du débat présent sur leur site. De fait la majorité des rédactions ont reproduit des extraits courts du débat, par ailleurs largement accessible depuis les réseaux sociaux. A Libé, le directeur des éditions Johan Hufnagel explique ne pas être au courant de ce mail de TF1, pas plus que le rédacteur en chef du Monde.fr, Michaël Szadkowski.

Abonnez-vous !
|

18h40 lu

Pseudo-compte aux Bahamas de Macron : propagation d'une intox

Par
Juliette Gramaglia le 04/05/2017

Du forum 4chan au débat présidentiel. Mercredi soir, Marine Le Pen, lors du débat télévisé, a laissé entendre qu'Emmanuel Macron détenait un compte offshore aux Bahamas. Elle a ainsi relayé une rumeur, née sur le forum d'images américain 4chan en fin de journée, puis propagée sur plusieurs sites et par Twitter, et qui s'appuie sur des documents à la fiabilité plus que douteuse. La candidate du FN a admis jeudi ne pas avoir de preuves pour étayer son accusation.

C'était la dernière intox du débat de l'entre-deux-tours. Mercredi 3 mai, Marine Le Pen a conclu l'un de ses (nombreux) échanges tendus avec Emmanuel Macron par cette pique : "J'espère qu'on n'apprendra rien dans les quelques jours et quelques semaines […] J'espère qu'on n'apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas". L'attaque faisait suite à une discussion sur les affaires visant le FN. Macron venait d'évoquer l'enquête sur les emplois fictifs présumés d'assistants parlementaires européens du FN. Face à l'attaque de la candidate d'extrême droite, son adversaire l'a accusée de verser dans la "diffamation".

Parisien Macron Bahamas intox

Article du Parisien, 4 mai 2017

D'où vient cette accusation de compte offshore ? D'une rumeur, lancée mercredi en fin de journée en anglais dans la section "pol" (pour "politiquement incorrect") du forum d'images américain 4chan. Comme l'expliquent plusieurs médias français ce jeudi, parmi lesquels le Huffingont Post et Le Parisien, "l'information" est apparue aux alentours de 19 heures : Macron posséderait une société écran à Niévès, un paradis fiscal, et cette société serait liée à une banque pratiquant l'évasion fiscale dans les Îles Caïman. Le message est accompagné de plusieurs photos de documents qui prouveraient l'existence de cette prétendue société offshore. L'utilisateur anonyme enjoint les internautes à partager l'histoire avec le mot-clé "#MacronCacheCash".

Rapidement, sur 4chan, plusieurs internautes dénoncent cependant un montage photo grossier sur les documents. Comme le raconte notamment Marie Turcan, de Business Insider, qui explique : "Si on zoome sur différentes parties d'un des deux documents, on voit ainsi que certains mots et numéros de téléphone n'ont pas la même police, taille et lisibilité que d'autres éléments du document".

Zomm 4chan photoshop

Zoom sur un des documents de 4chan, par Marie Turcan

Autre indice de falsification : La Providence, la prétendue société offshore, qui porte le même nom que le lycée où Macron et son épouse, à l'époque sa professeure, se sont rencontrés. Cette prétendue société a une dénomination différente selon les documents : sur l'un, il s'agit de "La Providence LLC", sur l'autre de "La Providence Ltd". Et enfin, la signature présentée comme celle de Macron dans les "preuves" ne ressemble pas à celle que l'on peut consulter sur sa déclaration d'intérêt et de patrimoine.

Signature Macron 4chan

Signature d'Emmanuel Macron sur les documents publiés dans 4chan

Signature Macron décla patrimoineSignature du Macron dans sa déclaration de situation patrimoniale
à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP)

De comptes TWITTER pro-Trump au Discord pro-FN

Mais toutes ces incohérences n'ont pas empêché, comme souvent, la fausse info de se propager. Très vite, l'intox est relayée sur le site US complotiste Desobedientmedia par William Craddick, qui avait notamment propagé la rumeur infondée qui prétendait qu'une pizzeria new-yorkaise était au centre d'un vaste réseau de pédophilie lié à Hillary Clinton. L'article sur Macron est partagé plusieurs milliers de fois sur Twitter, d'abord en anglais, notamment par un compte américain pro-Trump très suivi, Jack Posobiec. Puis en français, grâce entre autres au compte "Gare au Gorille".

D'après Nicolas Vanderbiest, chercheur belge auteur de plusieurs études sur la propagation de l'information en ligne, de nombreux comptes ayant relayé l'intox font partie des "comptes les plus influents dans la propagande russe (RT/Sputnik) identifiés dans [son] étude" sur l'influence russe dans la campagne présidentielle française. C'est-à-dire qu'il s'agit de comptes diffusant très activement les articles de RT et Sputnik, les deux médias pro-russes bien connus des asinautes. Le mot-clé "#MacronGate", utilisé pour partager l'intox, connaît un pic d'utilisation massif aux alentours de minuit mercredi, toujours d'après Vanderbiest.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Pic d'utilisation du mot-clé "Macrongate" sur Twitter

Une fois que la rumeur a atteint la France, elle se propage sur le forum 18-25 de jeuxvideo.com, mais aussi sur le forum Discord pro-FN "La Taverne des patriotes". Le message qui y circule est clair : il faut rendre l'histoire virale. Même si, et certains militants de Le Pen en sont conscients, les documents avancés comme "preuves" n'ont rien de vrai. "Bien sûr que c'est fake news et alors ? La cible c'est pas Macron c'est les gens qui lui font confiance", poste par exemple un utilisateur de la "Taverne des Patriotes", repéré par le Huffington Post. Quelques heures après son apparition, l'intox connaît une popularité record grâce à la candidate du FN elle-même, qui l'évoquera sur le plateau du débat.

Jeudi matin, interrogée par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, Le Pen a admis qu'elle "n'avait pas de preuve" pour étayer son attaque de la veille, tandis que le vice-président du FN Louis Aliot se référait à "deux sites américains" qui ont diffusé l'histoire. Macron, lui, a annoncé dans la journée de jeudi qu'il portait plainte contre X pour "propagation de fausse nouvelle destinée à avoir une influence sur le scrutin" et pour "faux et usage de faux". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.

Abonnez-vous !
|